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    La revue de la presse russe du 21 juillet 2005

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    Moscou - RIA Novosti

    NOVYE IZVESTIA/VREMIA NOVOSTEI

    Vladimir Poutine s'oppose au financement de la politique russe depuis l'étranger

    La Russie empêchera le financement depuis l'étranger des organisations non-gouvernementales, a déclaré mercredi le président russe, Vladimir Poutine, au cours de sa rencontre avec les membres du Conseil pour la promotion des institutions de la société civile et pour les droits de l'homme.

    Des politologues russes de renom ont commenté cette déclaration du président dans les pages des quotidiens généralistes Novye izvestia et Vremia novosteï.

    Dimitri Orechkine, directeur du groupe d'analyse Mercator :

    La Russie n'a pas à établir l'origine du financement des organisations non-gouvernementales. Si elles sont d'obédience terroriste, c'est une chose, mais s'il s'agit d'organisations de bienfaisance, religieuses ou scientifiques, alors c'est leur affaire à eux. C'est comme ça dans le monde entier. La tendance est claire : le pouvoir craint de plus en plus l'étranger.

    Lev Ponomariov, directeur exécutif du mouvement Pour les droits de l'homme :

    Si Vladimir Poutine a en vue le financement de l'étranger des partis politiques, il a tout à fait raison. Mais s'il parle de l'activité des organisations non-gouvernementales, qui revêt souvent un caractère politique, alors, une telle position menace de détruire la société civile en Russie au lieu de la renforcer. Les organisations russes de défense des droits de l'homme sont à 90% ou à 95% financées depuis l'étranger, et dans les nouvelles conditions, elles seront obligées de se dissoudre.

    Valentina Melnikova, secrétaire responsable de l'Union des comités de mères de soldats (UCMS) :

    Bien que l'UCMS ne soit pas une organisation politique, mais une association d'organisations non-gouvernementales, on nous reproche depuis longtemps d'être financés depuis l'étranger. Si un jour, le financement de l'étranger est coupé, ce sera une catastrophe, car en Russie, les entrepreneurs ne donnent pas d'argent aux projets non commerciaux, surtout après l'histoire de l'ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski.

    Alexandre Aouzan, président de l'Institut Contrat social :

    Le président a proclamé ce qui est consacré dans la Constitution russe, et n'avait aucunement en vue de prohiber le financement des activités non commerciales.

    EXPERT

    Est-il possible qu'un musulman devienne président en Russie?

    Compte tenu de l'évolution démographique et confessionnelle actuelle, la question de savoir si un musulman peut devenir président en Russie cessera probablement d'être purement spéculative dans un avenir prévisible, pense Valeri Egozarian, directeur du Centre d'étude des relations internationales de l'Institut de projets sociaux, dans l'hebdomadaire politico-économique Expert.

    Il ressort d'un sondage d'opinion effectué par l'Institut que le nombre d'électeurs russes qui prennent en considération l'appartenance confessionnelle du candidat peut constituer environ 25 millions de personnes, soit près de 22 % de l'électorat.

    La part des musulmans ne cesse de s'accroître en Russie: de 1989 à 1999, elle est passée de 8 % à 10 % de la population (contre 6 % en 1959). De plus, environ 20 millions d'immigrés illégaux séjournent en Russie. La proportion de musulmans d'Asie centrale et d'Azerbaïdjan est immense parmi eux.

    Il se peut que les indices formels qui permettent de considérer la Russie comme une puissance chrétienne disparaissent bientôt. Si les rythmes actuels de l'accroissement du nombre des musulmans se maintiennent en Russie, dans 100 ans, leur proportion s'accroîtra de deux fois. Vers 2100, les musulmans pourront constituer 16 à 18 % de la population de la Fédération de Russie (environ 20 millions). Si le nombre d'orthodoxes continue de diminuer, alors, pendant la même période et peut-être même plus tôt, les deux parties de la population de la Russie - les orthodoxes et les musulmans - seront égales.

    L'expérience mondiale montre que, lorsqu'un groupe de la population du pays atteint 10 à 12 % du nombre total des habitants, ses intérêts doivent être représentés au pouvoir, sinon la recrudescence des conflits interethniques ou interconfessionnels deviendra inévitable. L'expert trouve des exemples probants dans les dernières décennies aux Etats-Unis et dans plusieurs Etats postsoviétiques (la Kirghizie, la Moldavie, la Lettonie et l'Estonie).

    Depuis quelques années, une partie des musulmans de Russie, regroupés d'après l'indice confessionnel, est très active en politique, et leur nombre ira croissant, prévoit l'expert. Par conséquent, l'hypothèse selon laquelle la Russie pourrait se doter d'un président musulman cesse de relever de la fiction.

    BIZNES

    La non-réalisation du programme de destruction d'armes chimiques coûterait cher à la Russie

    Le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie, Viktor Khristenko, soumettra jeudi au gouvernement une nouvelle rédaction du programme de destruction des armes chimiques.

    D'ici à 2012 la Russie dépensera pour la destruction du plus important arsenal d'armes chimiques au monde 171 milliards de roubles (un peu plus de 6 milliards de dollars). La non-réalisation du programme pourrait remettre en question des rentrées annuelles de l'ordre de 7,5 milliards de dollars, annonce le journal d'affaires Biznes.

    Le programme en question, échelonné jusqu'à 2012, prévoit la destruction en Russie de tous les types d'armes chimiques ainsi qu'une partie des usines où elles étaient fabriquées. L'autre partie sera recyclée dans la production civile.

    Le programme coûtera au trésor russe 171 milliards de roubles. Cet argent servira à détruire 40.000 tonnes d'armes chimiques. Pour détruire leurs 21.000 tonnes d'armes chimiques, les Etats-Unis dépenseront 24 milliards de dollars.

    Au 1-er janvier 2005, sur ces 171 milliards de roubles 25,05 avaient déjà été dépensés, dont 21,46 provenaient du budget fédéral et 3,59 de l'assistance étrangère. Dans les 171 milliards de roubles, l'aide étrangère est de 10,52 milliards de roubles.

    Selon l'assistant du ministre de l'Industrie et de l'Energie pour le complexe militaro-industriel, Vladimir Liachtchenko, la Russie avait fait appel à l'aide étrangère principalement dans la deuxième moitié des années 90 du siècle dernier, dans le contexte d'une grave crise financière. Aujourd'hui nous sommes pleinement en mesure de réaliser le programme nous-mêmes et de montrer au monde que nous ne sommes pas à genoux, a dit Vladimir Liachtchenko.

    De l'avis du directeur du département du complexe militaro-industriel du ministère de l'Industrie et de l'Energie, Youri Koptiev, si le financement public est régulier, la Russie remplira la totalité des clauses de la convention dans les délais. Dans le cas contraire des sanctions seront prises à son égard. Par exemple, ses exportations d'engrais chimiques, qui ont été chiffrées à 7,5 milliards de dollars cette année, pourraient être limitées.

    GAZETA.RU

    Un tribunal restitue ses actions à Sibneft

    Le tribunal Basmany a levé mercredi le séquestre qui frappait 14,5 pour cent des actions de la société pétrolière Sibneft. Ce gel avait été décidé il y a un an pour couvrir la dette de Ioukos. On estime sur le marché que cette décision de justice résulte d'un lobbying du patron de Sibneft, Roman Abramovitch (jusqu'à mercredi 57,5 pour cent des actions lui appartenaient), qui s'apprête à vendre la compagnie au monopole public Gazprom, annonce la publication Internet Gazeta.ru.

    Ioukos avait acquis les actions de Sibneft après une transaction portant sur la fusion des actifs, au cours de laquelle en échange de 8,8 pour cent de ses actions Ioukos avait obtenu 34,5 pour cent des actions de Sibneft. Après le début de l'affaire Ioukos, les propriétaires offshore de Sibneft ont intenté un procès de résiliation de marché, mais les choses n'ont pas abouti suite au séquestre du paquet d'actions décidé par le Parquet général.

    Maintenant 14,5 pour cent des actions séquestrées ont été restituées à Sibneft. Selon Lev Snykov, analyste de la société d'investissement FIM Securities, les autres 20 pour cent des actions Sibneft, appartenant à Ioukos, sont placées sous double séquestre: les valeurs ont été séquestrées une seconde fois le 6 juillet dernier sur demande de Rostneft. Pour le patron de la société publique, Sergueï Bogdantchikov, la chose était nécessaire pour faire aboutir les poursuites en justice engagées contre Rosneft par Iouganskneftegaz (une filiale de Ioukos).

    Mais il ne s'agit là que d'un prétexte officiel. Alexeï Makarkine, directeur général adjoint du Centre des technologies politiques, est convaincu que la véritable raison du second séquestre des 20 pour cent d'actions doit être recherchée dans la lutte que se livrent Gazprom et Rosneft pour la prise de contrôle de Sibneft.

    Sur ce plan la restitution à Sibneft de 14,5 pour cent de ses actions est curieuse: en effet, si Rostneft avait pris le contrôle sur ce paquet d'actions, sa part dans Sibneft lui aurait permis de bloquer les décisions de la majorité au sein du directoire. Du moment que Gazprom et Rosneft contrôlent les groupes concurrents du Kremlin, une telle évolution des événements aurait conduit à des conflits perpétuels dans la gestion des actifs.

    Lev Snykov est persuadé que la restitution des actions à l'actionnaire principal Sibneft réduit le risque d'absorption de Sibneft par la société publique.

    NEZAVISSIMAIA GAZETA

    Le chiffre d'affaires du marché de la corruption en Russie a atteint 3 milliards de dollars

    Ces quatre dernières années, le chiffre d'affaires du marché de la corruption en Russie est passé de 2,8 milliards de dollars à 3 milliards de dollars, ce dont témoigne le rapport publié mercredi par la fondation INDEM intitulé "Dynamique de la corruption russe: 2001-2005", lit-on dans le quotidien Nezavissimaia gazeta.

    Les experts de la fondation non gouvernementale expliquent la stabilité relative du marché par deux processus parallèles qui se déroulent dans la société. D'une part, la pression exercée par les fonctionnaires corrompus sur la population s'est accrue de trois fois (dans les polycliniques, les écoles et sur les routes, cet indice a constitué 25,7% en 2001 et déjà 35% en 2005) et le montant moyen du pot-de-vin en dollars a doublé. D'autre part, la demande de corruption, ou la disposition des citoyens à distribuer les pots-de-vin, s'est réduite substantiellement en passant de 74,7 % en 2001 à 53,2% cette année.

    "Le plus réjouissant, c'est que les simples gens non seulement ont commencé à donner moins de pots-de-vin, mais qu'ils apprennent à régler leurs problèmes sans cela", estime Gueorgui Satarov, président de la fondation. Cependant, estime le président de la fondation INDEM, la diminution de la corruption dans le domaine de la Santé publique cache un "tableau dramatique": les gens ne recourent pas à la médecine payante, car ils manquent d'argent, mais, pour la même raison, ils ne peuvent pas bénéficier de la médecine gratuite, car ils n'ont pas d'argent pour distribuer des pots-de-vin.

    L'"accroissement fantastique" du marché de la corruption dans le domaine de l'appel sous les drapeaux est considéré dans le rapport comme le symptôme le plus alarmant: "Ce marché a connu une hausse phénoménale par rapport à 2001. En chiffres absolus, ce marché est passé de 12,7% à 353,3% en 2005. Il en découle l'accroissement de la concussion dans les écoles supérieures, car l'admission à ces écoles garantit un report d'incorporation.

    Les auteurs de l'étude soulignent que "les dimensions réelles de la corruption dans le pays dépassent considérablement les chiffres publiés" et constatent que, de même qu'il y a 4 ans, la Russie occupe pour la corruption la 90e place parmi 145 pays. Si, en 2001, le niveau de la corruption en Russie était comparable aux indices de la Pologne et des pays baltes, en 2005, la Fédération de Russie est à côté de l'Asie centrale et des pays d'Afrique.

    Dans le numéro de Nezavissimia gazeta pour le 21 juillet 2005, la fondation INDEM de Gueorgui Satarov (Informations pour la démocratie) a enregistré un accroissement de trois fois de la corruption.

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