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    Revue de la presse russe du 31 octobre

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Vedomosti

    Les leaders potentiels de l'opposition Mikhail Kassianov, Vladimir Ryjkov et Serguei Glaziev ne parviennent pas à occuper leurs postes à la direction des partis. Le ministère de la Justice se réfère à des raisons d'ordre technique, les experts ne sont pas d'accord.

    Le Parti républicain qui s'est proclamé, l'été dernier, plate-forme d'union des militants démocratiques n'arrive pas à enregistrer la nouvelle rédaction des statuts. Le député indépendant Vladimir Ryjkov reste, pour l'instant, leader informel du parti. Comme l'a dit Vladimir Lyssenko, vice-président du Parti républicain, le Service fédéral d'enregistrement renvoie sans cesse les documents sur les amendements sous prétexte d'imperfections. Selon Vladimir Ryjkov, "seul le parti au pouvoir n'a pas de problèmes avec le ministère de la Justice".

    Le Parti démocratique de Russie (DPR) n'arrive pas non plus, depuis le mois de mai dernier, à enregistrer les changements survenus dans sa direction. Le gouverneur de Nijni-Novgorod Mikhail Proussak qui assumait le poste de président du Comité exécutif du DPR, doit être remplacé par Alexandre Polovinkine, ancien assistant de l'ex-premier ministre Mikhail Kassianov. Une source proche du parti affirme qu'une entente est intervenue sur la "transmission"de la direction du DPR à Mikhail Kassianov.

    Le parti n'a pu contester, même en justice, le refus opposé par le Service fédéral d'enregistrement. Le tribunal de la Taganka (quartier de Moscou) a refusé d'examiner la plainte car le litige ne relève pas de sa juridiction territoriale, a dit Viatcheslav Smirnov, membre du conseil politique du DPR.

    Serguei Glaziev, leader de la fraction Rodina (Patrie), affirme que le ministère de la Justice s'immisce dans les procès et oblige les juges à prendre les décisions qui conviennent à l'administration présidentielle. "Le sens de la réforme politique consiste à nettoyer, d'ici à 2007, l'espace politique des leaders de l'opposition qui n'arrangent pas le Kremlin. On leur interdit de créer des partis et dissout ceux où ils sont invités", explique l'ancien candidat à la présidence russe.

    Pour l'instant, il ne convient pas d'exagérer l'ampleur de ce qui se produit, estime Boris Makarenko, vice-directeur du Centre de technologies politiques. Il s'agit d'amendements aux statuts de partis "secondaires". Dans le contexte du prochain réenregistrement global des partis, les problèmes ayant trait aux statuts peuvent s'avérer insignifiants. Mais les symptômes sont désagréables, admet l'expert.

    Kommersant

    Le KPRF veut arriver au pouvoir au moyen d'une "révolution rouge" sans effusion de sang

    La Parti communiste doit prendre la tête de la "lutte de libération nationale" et arriver au pouvoir au moyen d'une "révolution rouge" sans effusion de sang. Telle est la décision des délégués du XIe congrès du KPRF qui s'est tenu samedi dans les environs de Moscou. Pour ce faire, le parti doit "surmonter le manque de détermination" et "élargir sensiblement le travail parmi les masses". D'ailleurs, ce n'est pas aux "masses" que ces appels semblent être adressés : à la veille des élections fédérales les leaders des communistes espèrent convaincre le Kremlin qu'il a besoin d'eux.

    Le KPRF doit, selon son leader Guennadi Ziouganov, devenir le "parti de l'offensive sociale". Les communistes ont l'intention d'organiser et de diriger toutes les actions de protestation comme les manifestations massives contre la monétisation des avantages sociaux qui ont eu lieu au début de cette année. Tout cela doit aider le KPRF à obtenir aux prochaines législatives au moins le même résultat qu'en 1999 (quelque 25%) et "gagner de surcroît 12% à 15% des suffrages".

    La capacité du KPRF de devenir l'"avant-garde" suscite des doutes même parmi ses actuels partenaires dans les manifestations de rue. "Les manifestations de rue ne sont qu'une pression sur le pouvoir. Appeler cela révolution et compter arriver ainsi au pouvoir, c'est ne pas comprendre la situation qui prévaut dans le pays", a déclaré le vice-président de Iabloko, Serguéi Mitrokhine.

    Le leader du parti Rodina, Dmitri Rogozine, est, au contraire, sûr que le KPRF est capable d'accomplir une "révolution rouge", si seulement il "rajeunit complètement sa direction". "Il veut être le parti des grands-pères et des arrière-grands-pères, ce dont Rogozine affirme s'être persuadé au cours des manifestations conjointes.

    Les experts aussi émettent des évaluations analogues quant aux perspectives révolutionnaires du KPRF. "Les révolutions colorées sont l'œuvre de la jeunesse et de la classe moyenne qui sont attirées par des organisations brillantes, dynamiques. D'ailleurs les communistes - et l'histoire nous en apporte des preuves - n'ont jamais réussi à accomplir de "révolutions rouges sans faire couler le sang", a déclaré le directeur adjoint du Centre des technologies politiques, Boris Makarenko.

    "En principe une révolution démocratique sans effusion de sang est possible", affirme Serguéi Tcherniakhovski, professeur à l'Université internationale d'écologie et de politologie. "Seulement le KPRF sait donner des ordres et des instructions et n'aime pas travailler parmi les masses", a-t-il ajouté.

    Nezavissimaïa gazeta

    Développement de la coopération énergétique entre la Russie et la Chine

    La construction de l'oléoduc allant de Sibérie orientale au Pacifique risque de s'éterniser en raison de la lutte que se livrent la Chine et le Japon pour l'itinéraire de la canalisation. La Chine, qui éprouve un besoin impérieux de pétrole russe fait flèche de tout bois pour amener le tube à sa frontière avant qu'il n'atteigne les rives de l'océan. Le Japon, qui ne veut pas que la Chine se renforce, s'applique à l'en empêcher.

    Les problèmes de la construction d'un embranchement vers la Chine seront examinés après l'approbation de l'étude de faisabilité du projet d'oléoduc qui subit actuellement une expertise nationale.

    Le projet consiste à réaliser une canalisation d'un débit de 80 millions de tonnes par an en deux étapes. La première étape est le tronçon Taïchet (région d'Irkoutsk) - Skovorodino (région de l'Amour) qui doit être achevée avant 2008. Et la deuxième, le tronçon Skovorodino - Pacifique.

    Au début, le gouvernement russe penchait pour la variante chinoise. Cette sympathie des autorités russes provenait des déclarations des Chinois qui assuraient de leur volonté d'acheter la majeure partie du brut qui sera transporté par cette canalisation et de financer partiellement sa construction. Le Japon, par contre, a refusé d'aider financièrement la Russie. D'autre part, l'économie japonaise consomme beaucoup moins de ressources énergétiques que l'économie chinoise.

    Tout laisse à penser que le Japon a trouvé des arguments en faveur de son point de vue : à la veille d'une visite du président Poutine à Tokyo le gouvernement russe a approuvé l'itinéraire qui aboutit au littoral du Pacifique. Cela n'annule pas l'intérêt de la Russie à développer le dialogue énergétique avec la Chine. Des quantités énormes de pétrole seront inévitablement livrées à la Chine", a dit le directeur de la représentation de Rosneft en Europe, Alexandre Karpouchine. Le vice-premier ministre Alexandre Joukov a déclaré pour sa part que le ministère de l'Industrie et de l'Energie élabore un programme de création en Sibérie et en Extrême-Orient d'un système unique d'extraction et de transport de gaz qui permettrait d'exporter du combustible bleu vers la Chine et d'autres pays de la région.

    Biznes

    Trois crises économiques attendent la Russie - un expert

    Si le gouvernement ne règle pas les problèmes qui se sont accumulés dans l'économie, alors la Russie sera confrontée à trois crises d'affilée en 2008, 2012 et 2017. Ces prévisions pessimistes ont été rendues publiques la semaine dernière par le Centre d'analyse macroéconomique et de prévision à court terme (CAMP). Par contre, d'autres organismes spécialisés estiment que dans vingt ans le niveau de bien-être en Russie sera comparable à celui des pays les plus évolués au monde.

    La Conférence "La Russie dans un quart de siècle: la stratégie de développement" s'est tenue vendredi dernier à Moscou. Pour ce qui est du pronostic le plus pessimiste concernant le développement de la Russie, il a été émis par le directeur du CAMP, Andreï Belooussov, qui est aussi consultant près le gouvernement. Selon lui, "dès les dix années à venir la Russie aura à faire face à toute une série de crises locales qui pourraient dégénérer en nouvelle crise systémique analogue à celle traversée par la Russie dans les années 1990. "Cela pourrait conduire à une extension du chaos, à la perte de la gestion des affaires et finalement à la désintégration du pays", prédit l'expert.

    Andreï Belooussov envisage quatre scénarios de base. Dans le meilleur des cas d'ici à 2020 la Russie intégrera la communauté mondiale et durant cette même période elle modernisera son industrie de transformation, ce qui lui permettra de devenir un pays assez stable. Le niveau de bien-être de la population (calculé à partir de la grandeur du PIB par habitant en parité avec le pouvoir d'achat) approchera celui de la France et de l'Allemagne d'aujourd'hui qui est de 30.000 dollars. La progression du PIB ne sera pas supérieure à 6% l'an.

    Dans le pire des cas le pays vivra grâce aux exportations de produits énergétiques et en appliquant de rigoureuses mesures protectionnistes. La croissance économique sera ramenée à 2%, la population ne sera plus que de 130-131 millions d'habitants. La société connaîtra une forte stratification, le PIB par habitant dépassera à peine les 20.000 dollars.

    D'autres analystes contemplent l'avenir avec un regard autrement plus optimiste. Le directeur adjoint de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, Alexandre Dynkine, estime qu'en 2011-2020 la croissance de l'économie mondiale passera de 2,9% jusqu'à 4,2%. En ce qui concerne le volume de l'économie, la Russie passera de la 10e à la 6e place dans le monde.

    Izvestia

    La plupart des Russes ne croient plus ni dans le pouvoir, ni dans le business

    La plupart des Russes ne font plus confiance aux institutions du pouvoir d'Etat (52%). 59% des 1.500 personnes interrogées dans cent localités par des sociologues de ROMIR-monitoring estiment qu'il est impossible de se livrer à un business honnête en Russie.

    Pour 10% des sondés la Cour suprême est honnête. Le Parquet général l'est pour 6% des personnes interrogées. Ensuite viennent le gouvernement (5%), le Conseil de la Fédération (3%) et la Douma (2%).

    Pour les Russes le principal problème auquel le pays est confronté est celui de la pauvreté, dit le directeur général de ROMIR Monitoring, Andreï Milekhine. Quand les gens voient comment les représentants du pouvoir s'habillent et se déplacent, quand ils entendent que pour le nombre de milliardaires Moscou occupe la première place dans le monde, ils se posent des questions, se demandent comment le pouvoir s'est approprié tout cela.

    Seul une personne interrogée sur cinq estime qu'en Russie il est possible de mener des affaires lucratives et en même temps transparentes: de verser les impôts requis au trésor et de ne pas donner de pots-de-vin.

    "Une population presque entièrement originaire de l'époque de l'Union soviétique peut difficilement avoir confiance dans le business, constate Andreï Milekhine. Cependant, lorsque nous demandons aux gens quelle profession ils souhaiteraient pour leurs enfants, ils sont de plus en plus nombreux à répondre: businessman. Cela signifie qu'ils commencent à comprendre que tout n'est pas si mal dans l'entreprenariat".

    Le sociologue invite à ne pas dramatiser les statistiques concernant la confiance des citoyens vis-à-vis du pouvoir et du business et rappelle que le pays vit une période de transition: "Tout change alentour et la plupart des gens ont grandi à une autre époque avec d'autres valeurs".

    Andreï Milekhine place des espoirs sur la nouvelle génération, celle qui entrera dans la vie au cours des années à venir et qui a été éduquée déjà sous le capitalisme. Toutefois il admet l'existence d'un problème fondamental auquel le pouvoir n'a pas encore accordé toute l'attention requise.

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