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    Revue de la presse russe du 1er novembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Novyé Izvestia

    Des pays de la CEI renoncent à la force de paix russe

    Les Etats-Unis ont officiellement rejoint les négociations sur le règlement du conflit transnistrien où le rôle principal de médiateur et de pacificateur appartenait à la Russie. D'autre part, le département d'Etat américain a déclaré sa volonté d'intervenir activement aussi dans un autre conflit, dans la zone de l'influence russe traditionnelle, en Ossétie du Sud. Dans l'espace post-soviétique, on renonce aux services des forces de paix russes. Quant au reste du monde, la Russie s'en retire de son plein gré, a annoncé le bureau moscovite des Nations Unies.

    Les leaders moldaves insistent sur un dialogue plus large engageant les représentants européens et américains. La Géorgie, pour sa part, a même fixé la date de retrait des "casques bleus" russes : le 15 juillet prochain.

    La Russie qui avait stoppé les guerres en Transnistrie, en Abkhazie et en Ossétie du Sud est devenue indésirable dans ces pays. Il ne lui reste qu'à abandonner ses positions.

    Des forces de paix russes sont engagées dans trois opérations dans l'espace post-soviétique : elles ont un bataillon en Transnistrie, un autre en Ossétie du Sud et trois autres en Abkhazie, a rappelé Igor Konachenkov, chef du service de presse du commandement de l'armée de terre russe. "Il nous importe que nos forces de paix déployées dans les "points chauds" inspirent le respect et l'estime parmi la population locale. De toute façon nous intervenons en qualité de troisième force dans le contexte de la lutte politique dans laquelle sont engagées l'armée, la police et la force de sécurité de tel ou tel pays", affirme Igor Konachenkov.

    Youri Chichaev, directeur adjoint du Centre d'information de l'ONU à Moscou, a annoncé que la participation de la Russie aux opérations de paix de l'ONU est aujourd'hui minimale. Aussi bien au niveau militaire que civil. Plusieurs personnes assument la fonction d'observateurs militaires dans le règlement des crises en République démocratique du Congo et en Bosnie-Herzégovine et il y a aussi deux ou trois représentants civils au Liberia et en Sierra Leone. En général, les déplacements des forces de paix russes sont assez chaotiques et ne dépendent pas de la politique nationale. Tout cela ne peut qu'étonner car la mission de paix sous les couleurs de l'ONU rehausse en premier lieu le prestige de l'Etat concerné, affirme Youri Chichaev.

    Kommersant

    BasEl demande l'aide du ministère russe des AE pour acheter le groupe lituanien Mazeikiu Nafta

    Un nouveau prétendant aux 53,7% du capital social du groupe lituanien Mazeikiu Nafta (MN) détenus par Youkos s'est signalé subitement : la société Basic Element (BasEl) qui pourrait agir dans l'intérêt de Rosneft.

    Le quotidien Kommersant vient d'apprendre que le patron de BasEl, Oleg Deripaska, a demandé le 17 octobre au ministère russe des Affaires étrangères de l'aider à "bien orienter le gouvernement lituanien dans le choix du partenaire stratégique dans le cas de Mazeikiu Nafta".

    Selon différentes sources dans les milieux pétroliers, BasEl est actuellement en négociations avec Rosneft et Sourgoutneftegaz sur les garanties de livraisons de pétrole à MN. Si la société de Deripaska, prétendant à MN, agit dans l'intérêt de Rosneft, le groupe lituanien risque de connaître des à-coups dans les livraisons de brut au cas où la Lituanie choisirait un "mauvais" acquéreur.

    Jeudi dernier la Diète lituanienne a adopté une loi autorisant le gouvernement à contracter un emprunt à hauteur de 3 milliards de lits (1,05 mds de dollars) pour racheter à Youkos les 53,7% d'actions de MN et les revendre avec la majeure partie des titres du groupe pétrolier appartenant à l'Etat. Le principal prétendant à l'achat de MN est TNK-BP qui n'a qu'un concurrent, Lukoil, intervenant en alliance avec l'Américaine ConocoPhillips.

    Le groupe pétrolier Basic Element ne possède pas d'entreprise d'extraction de pétrole et ne sera pas en mesure de ravitailler correctement sa raffinerie d'Afipski (région de Krasnodar, rendement : 3 millions de tonnes de brut par an) qui est obligée d'acheter du pétrole sur le marché.

    Il n'est pas exclu que Deripaska cherche à aider Rosneft, qui a déclaré son intérêt pour le groupe lituanien. Ainsi, Iouganskneftegaz, filiale de Youkos vendue à Rosneft à la fin de l'année dernière pour régler la dette de la société mère a demandé au printemps dernier au Tribunal d'arbitrage de Moscou de saisir le bloc de contrôle de MN, mais le Tribunal n'a pu satisfaire cette requête, faute de motif juridique valable. En octobre Iouganskneftegaz a quand même obtenu la saisie provisoire de la part de Youkos dans MN auprès du tribunal d'Amsterdam. A noter que Rosneft n'a pas actuellement les fonds disponibles pour prétendre en son nom propre à l'acquisition de Mazeikiu Nafta (les dettes de la société publique russe s'élèvent à 22 milliards de dollars).

    Vremia novosteï

    Les compagnies publiques russes invitées à rechercher des crédits en Russie

    Le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, s'est dit préoccupé hier par l'activité croissante des compagnies publiques russes à l'étranger en leur proposant de chercher des crédits à l'intérieur du pays. Les analystes soutiennent le ministre, mais doutent que les géants du secteur public renoncent aux emprunts extérieurs dans le proche avenir.

    "L'inquiétude des autorités est tout à fait justifiée, estime Anton Stroutchenevski, de la compagnie d'investissement Troika Dialog. La dette extérieure progresse rapidement grâce, en premier lieu, aux emprunts des grandes compagnies publiques Gazprom et Rosneft. Finalement, c'est l'État qui s'endette, et le gouvernement ne peut pas rester indifférent à cette politique menée par les grandes compagnies. Car on ne peut pas savoir quels seront les cours du pétrole d'ici quelques années, ni si Gazprom et Rosneft pourront rembourser leurs emprunts extérieurs".

    Tout en constatant l'essor du marché financier, les analystes reconnaissent que ce marché n'est toujours pas à même d'assouvir les appétits des grandes compagnies. Un avis d'ailleurs partagé dans les groupes publics.

    "Le marché russe ne peut pas satisfaire la plupart de nos besoins en emprunts, a déclaré un représentant de Gazprom, avant de rappeler que le géant gazier s'était déjà endetté auprès de toutes les grandes banques du pays. Cela étant, nous procédons régulièrement à des emprunts massifs intérieurs grâce à l'émission d'obligations".

    Pour Andreï Dobrynine, de la MDM-Bank, "le marché intérieur n'est pas en mesure d'octroyer tous les ans des dizaines de milliers de dollars de crédits. Si on oblige les compagnies à placer leurs obligations à l'intérieur du pays, on risque de compromettre la rentabilité des instruments". Qui plus est, la différence entre les taux d'intérêt russes et étrangers représente en moyenne 1% à 1,5% par an pour les crédits en devises étrangères, un écart qui pèse lourd sur les compagnies en cas de crédits à long terme (8 à 10 ans). Tout porte à croire donc que les grandes compagnies continueront pendant au moins douze ou dix-huit mois encore à rechercher des crédits à l'étranger.

    Vedomosti

    Les séquelles du communisme ne s'effaceront pas de la mémoire des Russes avant 25 ans

    Les vestiges du communisme ne disparaîtront pas des esprits des Russes avant 2030, a déclaré Alberto Alessine, économiste de l'Université Harward. Celui-ci prétend que pour que la conscience communiste des Allemands orientaux change entièrement il faudra attendre une ou deux générations. Seulement étant donné que la Russie a consacré davantage de temps à la construction du communisme, elle mettra plus de temps. Les chercheurs russes ne sont pas tous d'accord avec leur collègue américain.

    Nous aurons besoin de plus de deux générations, dit Ksenia Youdaïeva, membre du Conseil scientifique du Centre Carnegie de Moscou. Par le truchement des parents et des enseignants les représentants de la première génération qui a suivi la désintégration de l'Union soviétique acquiert encore une mentalité mitigée, mais leurs enfants seront déjà des gens plus occidentaux.

    "La Russie aura besoin de davantage de temps que l'Allemagne orientale, mais le fait que nous ayons avancé plus longtemps vers le communisme importe peu, ajoute la directrice scientifique du Centre d'études économiques et financières, Iekaterina Jouravskaïa. Derrière le mur la RFA était un exemple pour la République démocratique allemande. Et avant que le pays ne se scinde, il possédait déjà des institutions de marché, même si le fascisme avait été un frein à leur développement. En ce qui concerne la Russie, suite à la révolution elle était passée d'emblée du tsarisme au socialisme et jusqu'au début des années 1990 elle avait vécu derrière le rideau de fer, souligne Iekaterina Jouravskaïa.

    Chef du secteur d'étude de la personnalité de l'Institut de sociologie relevant de l'Académie des sciences de Russie, Vladimir Magoun pense que le problème de l'intervention de l'Etat dans tous les domaines de la vie choisi par le scientifique américain est par trop étroit pour la recherche: "Il y a des principes qui pour être changés réclament deux générations, seulement il y a aussi des choses bien plus fondamentales qui peuvent être modifiées plus rapidement".

    Ce point de vue est partagé par Vladimir Pozniakov, chercheur à l'Institut de psychologie relevant de l'Académie des sciences de Russie. Beaucoup de gens à Moscou se sont affranchis du fardeau de l'époque précédente, dit-il. Par contre, au cours des quinze dernières années bien peu de choses ont changé au niveau de la masse. "De toute façon ces gens devront évoluer parce que deux solutions seulement s'offrent à eux: soit mourir, soit s'adapter", dit sans grand optimiste Vladimir Pozniakov.

    Izvestia

    La société russe refuse sa confiance à l'opposition

    La crise au sein de la droite s'exacerbe. Les tenants de cette dernière ont face à eux le conformisme de la plus grande partie de la société qui refuse sa confiance à l'opposition aussi bien de droite que de gauche. Selon le tout dernier sondage réalisé par le Centre russe d'étude de l'opinion, l'Union des forces de droite et Yabloko ne recueilleraient que 2,1 et 1,6% des suffrages respectivement. L'électorat de droite avait commencé à se rétrécir voici quatre ou cinq ans. Cela concerne surtout les libéraux de droite, les adeptes du fondamentalisme de marché. Notons quand même qu'aujourd'hui les idées libérales de droite pourraient être soutenues par pas moins de 7-8% de la population, principalement les jeunes des grandes villes, dont les revenus sont nettement supérieurs à la moyenne. Le grand business, ancien soutien des libéraux de droite, ne veut pas entrer en conflit avec Iedinaïa Rossia (Russie unie), le parti au pouvoir. L'avenir des libéraux de droite dépend de la stratégie du parti dominant: si Russie unie amorce un virage à gauche, la droite aura une chance de se positionner en qualité de parti respectable.

    Les libéraux de gauche sont confrontés à d'autres problèmes. Ils se présentent en défenseurs des valeurs démocratiques et des droits de l'homme. Seulement ce sont là des problèmes secondaires pour la plupart des Russes.

    Cependant, la crise des idées démocratiques en Russie a des raisons plus substantielles. Les études révèlent que dans la société les idées de gauche prédominent sur celles de droite. Les violations des droits des simples gens par la bureaucratie et les employeurs préoccupent davantage que les problèmes du grand business ou des chaînes de télévision. Ce que les gens appréhendent le plus, c'est le fossé entre la richesse et la pauvreté, l'inégalité devant la loi, la fusion du pouvoir et du capital. Il est impossible de surmonter ces dangers dans le cadre du modèle de démocratie qui s'est développé depuis quinze ans. L'alternative, c'est le modèle national. Pour l'opinion les attributs les plus importants de la démocratie réelle sont l'égalité devant la loi (44,9%) et des droits égaux dans les domaine social et économique (33,3%). Une exigence de démocratie nouvelle est adressée au pouvoir supérieur, au président.

    A cet égard les démocrates ignorant les problèmes préoccupant le plus la société ne peuvent escompter un succès politique.

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