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    Vladimir Poutine satisfait du développement économique de la Russie

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    Par Alexandre Iourov, commentateur politique de RIA Novosti.

    "Un homme n'est jamais satisfait des résultats qu'il obtient, il veut toujours plus", a avoué le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse mardi au Kremlin. Mais en analysant les efforts accomplis au fil des dernières années, il s'est tout de même félicité de résultats "assez satisfaisants".

    Cette satisfaction semble parfaitement justifiée: si les prévisions initiales tablaient sur une progression de 5,9% du PIB russe, ce dernier s'est accru de 6,4%. A première vue, ce n'est pas beaucoup. Il y a des pays dont la croissance connaît un rythme encore plus élevé. Mais la fierté exprimée par le président russe n'est pas dénuée de sens.

    Dans son intervention, le chef de l'État a décrit en détail l'économie contemporaine du pays. Il a indiqué que le salaire moyen avait augmenté de 9,8% l'an dernier, que les revenus de la population avaient progressé de 8,7% et que les pensions de retraite avaient crû de 13%. Les réserves de change augmentent à grande vitesse et se montent aujourd'hui à 182 milliards de dollars.

    Le président a attiré l'attention des journalistes sur les succès du marché des valeurs russe dont la croissance a enregistré un record mondial (+88%). Les bourses d'autres pays ont également montré de bons résultats, mais nulle part les résultats n'ont été aussi élevés qu'en Russie.

    Bien sûr, tout n'est pas rose dans l'économie russe, et le locataire du Kremlin ne l'a pas oublié. En effet, le gouvernement n'est pas parvenu à endiguer l'inflation dans les limites prévues: au lieu des 8,5%, le taux d'inflation s'est retrouvé fin 2005 dans une fourchette comprise entre 10,8% et 10,9%. Parmi d'autres aspects négatifs, le président a cité la forte appréciation du rouble qui exerçait un impact négatif sur les industries de transformation.

    Vladimir Poutine a comparé la situation économique actuelle avec celle de la fin des années 1990: "Je me rappelle la fin de 1999 et je vois la situation actuelle de l'économie, celle de l'État, celle du domaine social. La différence est énorme, et elle est positive".

    En effet, cela fait longtemps que la Russie n'a pas connu de période aussi favorable. Pour la première fois depuis des années, elle s'interroge pour savoir comment mieux dépenser son argent.

    Quatre projets dits "nationaux" (santé, enseignement, logement et agriculture) ont été lancés il y a quelques mois. Leur mise en �uvre a coûté au budget fédéral près de 138 milliards de roubles (1 EUR = 34,03 RUB), mais, compte tenu des allocations extrabudgétaires et des créances de l'État, le financement des projets s'élèverait à environ 180 milliards de roubles. Les "projets nationaux" représentent un phénomène tout à fait nouveau pour la Russie. Il s'agit d'un mécanisme que les autorités comptent engager afin de relever le niveau de vie de la population.

    Cependant, malgré la conjoncture favorable, Vladimir Poutine appelle le parlement et la Chambre civile (nouvel organe consultatif auprès du président censé promouvoir les intérêts de la société civile) à contrôler la réalisation des "projets nationaux" et la dépense des fonds alloués dont il faut optimiser l'utilisation.

    Le chef de l'État a tout particulièrement souligné le "projet national" relatif à la santé publique. Ce secteur fait l'objet de critiques persistantes, et sa réforme apparaît inévitable, d'autant plus que la pénurie de main-d'�uvre y dépasse 50%. Dans le cadre des "projets nationaux", les services de santé de premier échelon commenceront à toucher des allocations en février prochain, a-t-il annoncé.

    Le président n'a pas non plus oublié les problèmes de l'industrie nationale. Il a exposé les initiatives du gouvernement en matière d'assemblage de marques étrangères en Russie. Le cabinet a déjà signé des contrats d'assemblage conjoint avec 6 grandes compagnies automobiles et continue les négociations avec 14 autres.

    Dans le même temps, les autorités ne renoncent pas à promouvoir la production nationale. Pour faciliter le fonctionnement des géants russes de l'automobile, on envisage de mettre en place une corporation unifiée regroupant les trois plus grands producteurs: AvtoVAZ, KAMAZ, GAZ. Toutefois, cela est moins l'affaire de l'État que celle des propriétaires: si ceux-ci approuvent l'idée, l'alliance ne tardera pas à devenir réalité.

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