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    Vladimir Poutine a de nouveau rejeté l'idée d'une république parlementaire

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    Par Youri Filippov, commentateur politique de RIA Novosti

    Le progrès est incontestable: les journalistes ont effectivement cessé d'interroger le président russe, Vladimir Poutine, sur son éventuel troisième mandat présidentiel. Au cours de sa grande conférence de presse au Kremlin, le 31 janvier, pour laquelle plus d'un millier de journalistes ont été accrédités, Poutine n'a pas eu, comme cela s'est produit plus d'une fois par le passé, à répéter et à expliquer à maintes reprises qu'un troisième mandat présidentiel d'affilée n'est tout simplement pas permis par la Constitution de la Fédération de Russie, ni à déclarer encore et encore qu'il croit tout simplement inutile et même dangereux de modifier la Loi fondamentale du pays pour briguer un troisième mandat.

    Le président n'a pas non plus prononcé le nom de son éventuel "successeur", la personne que Vladimir Poutine lui-même voudrait voir au poste de président de Russie en 2008. Alors qu'une telle question lui a été posée cette fois encore, la réponse du président a eu tout d'une citation d'un manuel de droit constitutionnel: "L'électeur seul peut donner une réponse définitive à cette question. C'est à dire le peuple russe, chaque citoyen de la Fédération de Russie".

    Il y a en Russie, en effet, énormément de personnes de valeur qui pourraient être placées à la tête du pays et ce, non seulement en Tchétchénie à laquelle Vladimir Poutine s'est notamment référé au cours de sa grande conférence de presse au Kremlin, mais dans toutes les républiques sans exception aucune du Caucase du Nord, pratiquement chaque homme qui se respecte ambitionne pour le moins un poste ministériel. Et de là, le chemin n'est pas si long jusqu'au poste de président. Du moins en rêve.

    Mais en réalité les journalistes, comme de très nombreux Russes voudraient anticiper sur l'avenir pour deviner ce qui se produira quand même au printemps 2008, au moment où le second mandat présidentiel de Vladimir Poutine expirera. Restera-t-il toujours le premier homme politique en Russie même s'il n'en est plus président?

    Certains politologues ont même élaboré un scénario selon lequel Vladimir Poutine doit diriger le parti au pouvoir ("Russie Unie"), mais, pour que les vainqueurs des futures élections au parlement fédéral se transforment effectivement en un vrai parti au pouvoir, on doit leur octroyer le droit législatif de former le gouvernement. Les partis politiques ayant remporté des élections régionales ont d'ores et déjà un droit analogue. Bien plus, au cours de la conférence de presse, Vladimir Poutine a lui-même estimé que cette procédure devrait finalement se justifier.

    Quoi qu'il en soit, tout porte à croire que le président n'est pas du tout tenté par ce genre d'expérimentations au niveau fédéral. Somme toute, la formation du gouvernement par un parti politique en Russie ne serait possible que dans une perspective éloignée. Aujourd'hui, Vladimir Poutine est pour le moment opposé à un tel mode de formation du gouvernement mais invite les "générations futures" à y penser.

    Cela signifie tout d'abord qu'essayer d'élaborer des scénarios pour Poutine est une tâche parfaitement ingrate. Il écrit lui-même son scénario. Ensuite, n'importe quel scénario se heurte à la réalité effective. La Russie avec ses multiples ethnies et ses problèmes extrêmement compliqués au niveau fédéral n'a pas objectivement besoin à présent d'une république parlementaire, mais d'un puissant pouvoir présidentiel. Cela dit, Vladimir Poutine n'a pas fait de découverte. Qui plus est, les contours de ce puissant pouvoir présidentiel sont depuis longtemps dessinés dans la Constitution de Russie, alors que les détails en sont de plus en plus précisés, une année après l'autre, dans la législation courante.

    Aussi est-il sans doute inutile de s'attendre dans cette situation à de brusques revirements ou à de quelconques surprises.

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