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    Revue de la presse russe du 1-er février

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Vedomosti

    Le président russe a brouillé les cartes dans le jeu politique 2008

    Vladimir Poutine a dissipé l'espoir de Russie Unie que le parti au pouvoir sera habilité à nommer le premier ministre et a ainsi remis en doute ses perspectives (de Russie Unie) après l'expiration de son mandat présidentiel. Il n'a même pas fait allusion à son successeur et a conseillé aux membres du gouvernement, y compris au premier vice-premier ministre Dmitri Medvedev, de moins penser à la politique.

    La réponse de Poutine à la question du "gouvernement nommé par le parti au pouvoir" a été une sensation politique au cours de la sixième conférence de presse annuelle du

    chef de l'Etat : tout est possible dans la perspective historique, mais aujourd'hui "nous avons besoin d'un pouvoir présidentiel fort".

    C'est Poutine qui avait énoncé l'idée du gouvernement nommé par le parti ayant remporté les élections. En septembre dernier, elle a même été soutenue par l'ex-patron de Ioukos, Khodorkovski, qui a déclaré qu'il était nécessaire de combiner l'"autorité absolue" du président et le "système démocratique de formation du gouvernement par les partis représentés au parlement".

    "Maintenant, l'hypothèse selon laquelle Poutine prendrait la tête de Russie Unie après les législatives peut être abandonnée", affirme l'expert du groupe analytique "Mercator" Dmitri Orechkine. "Mais cela ne veut pas dire que le président renoncera à sa carrière politique. Il peut devenir premier ministre sans être soutenu par aucun parti", a-t-il ajouté.

    "Poutine fait comprendre qu'il ne peut pas charger Russie Unie de la responsabilité du pays", se réjouit le leader de Rodina, Dmitri Rogozine. "Poutine a constaté que Russie Unie est incapable de former un gouvernement. Ce n'est pas un parti, mais le décor du règne de Poutine et il est fort douteux qu'il puisse survivre à son mandat présidentiel", affirme avec certitude Iouri Korgouniouk, du fonds Indem.

    Quant à la question de son successeur, Poutine n'a pas donné de réponse et a conseillé au gouvernement de "penser aux résultats de son activité parce que le niveau de vie de la population en dépend" et d'être " le moins possible politisé ".

    Ayant éludé la question de la succession et assigné des fonctions exécutives au gouvernement, Poutine a laissé entendre qu'il n'accepte pas que le processus de gouvernement de l'Etat se transforme en campagne électorale, estime le président de la Fondation pour une politique efficace, Gleb Pavlovski. Iouri Korgouniouk, pense quant à lui que Poutine ne s'est pas encore déterminé. Quant à Boris Makarenko, du Centre des technologies politiques, le président attend de voir comment Medvedev va s'acquitter des tâches qui lui ont été fixées.

    Gazeta.ru

    Les milieux d'affaires n'ont pas cru Poutine

    Le président Poutine a tenté de rassurer les milieux d'affaires en leur promettant d'obliger le gouvernement à abaisser les impôts et à arrêter la déprivatisation du secteur pétrogazier. Les experts indépendants ont cependant qualifié ces assurances de "man�uvre de détournement".

    Les impôts seront abaissés, a déclaré Poutine au cours de sa conférence de presse au Kremlin, sans préciser quels impôts seront diminués et à quel rythme. Les businessmen russes insistent dans leur majorité sur l'abaissement et l'amélioration de la gestion de la taxe à la valeur ajoutée. Mais la décision définitive sur la TVA à 13% au lieu de 18% n'a pas encore été prise, selon le président.

    Le chef de l'Etat a fait aussi une autre promesse, non moins captivante. "Les compagnies du secteur pétrogazier ne seront pas nationalisées et tous les droits des propriétaires et des investisseurs seront respectés", a-t-il annoncé.

    "Il y a de bonnes raisons de ne pas croire Poutine. Il suffit de se rappeler sa promesse de ne pas laisser Ioukos sombrer dans la faillite ou sa déclaration sur la fusion de Rosneft avec Gazprom", a expliqué le président de l'Institut de développement stratégique du secteur énergétique, Vladimir Milov. "En règle générale, le processus de repartage de la propriété dans le secteur pétrogazier se développe indépendamment de ce que dit le président qui fait des déclarations pour calmer l'opinion publique", a-t-il ajouté. L'expert prédit que "les premiers sur la liste d'attente des nationalisations sont maintenant les restes de Ioukos et Slavneft".

    Ce point de vue est partagé par l'analyste de la banque Zenit Evgueni Souvorov : "Poutine a dit qu'il n'admettrait pas la faillite de Ioukos mais ce processus est en cours".

    Les déclarations du président au sujet de l'abaissement des impôts n'ont pas suscité l'optimisme du chef du département des analyses stratégiques de la société FBK, Igor Nikolaev. "La TVA actuelle à 18% est en fait parfaitement acceptable pour les milieux d'affaires", estime-t-il. "Le problème, c'est que la date concrète et l'importance de la réduction de la TVA sont inconnues. Les businessmen sont ainsi dans un état d'incertitude qui les empêche d'établir correctement leurs plans à moyens et à long terme", affirme l'expert.

    L'économiste de la banque d'investissement Trust Evgueni Nadorchine est, au contraire, sûr que la TVA sera diminuée à moyen terme, d'ici un an ou deux. "Puisque le président a parlé de la TVA, cela veut dire que cette question est déjà résolue à un certain niveau", a-t-il dit-.

    Polititcheski journal

    Le Kremlin cesse de miser sur les gouverneurs en uniforme

    Les généraux des services secrets placés par le Kremlin à la tête des régions n'ont pas fait la preuve de leur compétence, que ce soit en tant qu'hommes politiques ou comme gestionnaires. Les généraux habitués à une soumission absolue de la part de leurs subordonnés ne peuvent pas faire de bons dirigeants civils.

    Selon Rostislav Tourovski du Centre de technologies politiques, après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, le FSB (Service fédéral de sécurité), qui est une sorte de corporation, a essayé de renforcer ses positions au niveau régional. Les "tchékistes" (du mot "tchéka", prédécesseur du KGB-FSB) ont remporté les élections grâce au soutien énergique du centre fédéral, et tout le monde les a appelés les candidats du Kremlin. Voilà pourquoi ils sont parvenus au pouvoir dans certaines régions (à Smolensk, Voronej, Oulianovsk et en Ingouchie).

    Selon le politologue, les régimes instaurés par les généraux dans les régions ont des traits typiques. Tout d'abord, l'alliance entre le gouverneur militaire et les élites locales qui espéraient que le général leur permettrait de gérer toute l'économie de la région. D'ordinaire, les choses se passaient vraiment ainsi: le pouvoir économique réel appartenait à tel ou tel groupe et, souvent, à quelques groupes rivaux. Mais le général commençait ensuite à attirer dans la région des "intrus" (le plus souvent, des Moscovites), auxquels il transmettait des biens et des moyens de gestion. Ce qui provoquait un conflit entre les élites locales et les nouveaux venus, ainsi qu'un chassé-croisé au sein de l'administration.

    Les experts estiment que la décision de ne plus nommer de tchékistes dans les structures du pouvoir a été prise il y a deux ans au niveau de l'administration présidentielle, affirme Rostislav Tourovski.

    Les hommes du FSB ne se trouvent pas sur le "banc des remplaçants" en attendant les nominations dans les régions. Par exemple, dans la région de Toula, le chef de la Direction locale du FSB, Vladimir Lebedev, se préparait à occuper le poste de gouverneur, mais il n'a pas été autorisé à participer aux élections. Le général d'armée Gueorgui Chpak a remporté les élections dans la région de Riazan, mais l'ancien agent des services de renseignements Igor Morozov n'a pas bénéficié du soutien du centre.

    Ce sont moins les tchékistes n'ayant pas justifié la confiance fondée en eux qui sont en cause que le système même de nomination à la direction des régions de représentants du FSB", estime Rostislav Tourovski.

    Gazeta

    Mitsubishi et Mitsui vendront une partie de leur part de Sakhaline-2

    Mitsubishi Corp. et Mitsui Co., dont la part commune constitue 45% dans le projet de production de gaz naturel liquiéfié Sakhaline-2, peuvent vendre une partie de leur part au principal participant au projet: le holding anglo-hollandais Royal Dutch/Shell (55% des actions). Cette déclaration surprenante est probablement la réaction des Japonais à l'arrivée à Sakhaline-2 d'un nouveau participant important: Gazprom.

    D'ailleurs, les Japonais n'ont avancé aucune exigence concrète au monopole du gaz russe qui s'apprête à racheter à Shell le bloc de contrôle de Sakhalin Energy, société de gestion du projet, en échange de la participation à 50% à la mise en valeur des couches néocomiennes du gisement Zapoliarnoié.

    Pour l'instant, les Japonais ne parlent pas de leur retrait total du projet, ils ne précisent même pas le volume et le coût de la part vendue. Par conséquent, la déclaration faite mardi par Ichiro Mizuno, directeur financier de Mitsubishi, est probablement une simple mise en garde.

    Les analystes ne s'empressent pas d'en tirer des conclusions. Ils se bornent à reconnaître que le projet Sakhaline-2 à moyen terme, qui comporte de nombreux risques, n'est pas aujourd'hui tellement prioritaire pour les Japonais. Il est bien plus important pour eux d'accéder aux gisements de Sibérie orientale grâce à l'oléoduc dont la construction commencera prochainement.

    Le projet Sakhaline-2 est particulier, tout ne va pas pour le mieux, contrairement aux apparences, estime Anatoli Khodorkovski, directeur de la compagnie d'investissement Région chargé de l'analyse et de l'information. Il y a là des problèmes liés au partage de la production. C'est un projet à moyen terme qui nécessite des investissements importants dans l'infrastructure.

    "Le fait que Sakhaline soit situé à proximité (du Japon) n'a pas d'importance fondamentale pour eux, estime l'analyste. Les Japonais reçoivent le gaz liquéfié transporté par des méthaniers en provenance du Sud-Est asiatique et du Proche-Orient en utilisant pour cela plus de la moitié du parc mondial de tankers. Le Japon dispose de 24 terminaux de liquéfaction du gaz, contre 4 aux Etats-Unis".

    Novye izvestia

    L'Europe trouvera une alternative aux matières premières russes, mais cela demandera du temps - des experts

    En Europe occidentale on recherche avec fébrilité une alternative aux livraisons russes de matières premières. Et si la plupart des exportateurs russes estiment qu'il est possible de la trouver, ils doutent néanmoins que cela se fasse dans un avenir proche.

    Selon certaines estimations, en 2020 l'Europe sera contrainte d'importer annuellement pas moins de 800 milliards de mètres cubes de gaz naturel, soit un tiers de plus que les quantités actuelles. Le gaz russe représente maintenant approximativement le quart du total des importations européennes, mais dans l'avenir cette portion pourrait augmenter.

    "L'Europe ne trouvera pas d'alternative au gaz russe", dit, catégorique, le directeur scientifique de l'Institut des problèmes de la globalisation, Mikhaïl Deliaguine. Selon lui, la recherche de toute alternative coûterait considérablement plus cher aux Européens.

    Les énergéticiens pensent qu'effectivement une alternative au gaz russe ne se trouvera pas sur un coup de baguette magique, cependant bien des branches dans de nombreux pays sont parfaitement en mesure de trouver un combustible de remplacement. Le chef de la chaire de géologie du pétrole et du gaz de l'Institut énergétique de Moscou, Nikolaï Iaremtchouk, a dit que "si le gaz n'est pas près de perdre ses positions dominantes dans le bilan des combustibles des entreprises et du secteur domestique, des changements très importants vont intervenir consécutivement à l'implantation d'équipements réduisant les dépenses d'énergie et au rétrécissement des domaines d'utilisation du gaz". Le chercheur a également relevé que le recours au gaz liquide était de plus en plus avantageux du moment que le transport revenait moins cher tandis que les prix de la matière première augmentaient.

    Les experts font aussi remarquer qu'en restant une "grande puissance gazopétrolière", la Russie met à profit la dépendance des partenaires commerciaux de ses livraisons, mais qu'elle aussi tombe sous cette dépendance à un degré plus élevé encore. De l'avis du député à la Douma Sergueï Glaziev, le pouvoir russe ne peut tirer aucun profit des "spéculations" sur le gaz. "De toute façon l'Europe obtient de nous tout ce qu'elle veut tandis que pour nous les exportations des seules ressources déboucheront inévitablement sur une crise", a fait remarquer le parlementaire.

    "Un modèle de superpuissance bâti essentiellement sur la vente à l'étranger des ressources énergétiques n'a aucun avenir", acquiesce Irina Khakamada, la dirigeante du parti Nach vybor (Notre choix).

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