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    Revue de la presse russe du 13 février

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    MOSCOU, RIA Novosti.

    Izvestia

    Moscou espère que le Hamas fera preuve de bon sens

    L'histoire fournit de nombreux exemples où les radicaux ont occupé une position plus réaliste et constructive en arrivant au pouvoir. La Russie invite les Etats occidentaux et les Palestiniens à faire preuve de modération. Il en sera question aux pourparlers de Moscou, a déclaré au quotidien Izvestia Andrei Denissov, représentant permanent de la Russie à l'ONU.

    "La victoire remportée par le Hamas aux élections est un fait, nous devons la reconnaître, a dit le diplomate. Aujourd'hui, il importe de laisser la porte ouverte au dialogue. Mais la Russie déclarera aux leaders du Hamas que, premièrement, ils doivent exclure désormais toute activité terroriste, deuxièmement, reconnaître Israël en tant qu'Etat indépendant, leur voisin et partenaire politique, troisièmement, renoncer au radicalisme et s'orienter vers le règlement politique pacifique du conflit conjointement avec les membres du quartet de médiateurs internationaux pour le Proche-Orient et les acteurs régionaux, y compris Israël".

    "Nous espérons que le Hamas fera preuve de bon sens", a dit Andrei Denissov.

    Selon le politologue Alexandre Tsipko, il n'y a qu'une issue à la confrontation au Proche-Orient: Mener des pourparlers avec le Hamas, refroidir les passions, expliquer les réalités géopolitiques et le fait que la légitimité de l'élection du parti au pouvoir doit l'inciter à abandonner les faux symboles et à défendre les intérêts nationaux réels, à créer un Etat palestinien, tout en garantissant la sécurité d'Israël.

    La Russie, pays qui réunit des chrétiens orthodoxes et des musulmans, est, semble-t-il, créée pour mener le dialogue en cas de conflit entre les représentants de l'islam et de l'Occident contemporain, a dit Alexandre Tsipko. "Nous sommes conscients aujourd'hui de la mission positive accomplie par la Russie communiste au 20e siècle: obtenir l'équilibre de la paix globale. Le monde a besoin d'un tel médiateur", fait-il remarquer.

    D'ailleurs, estime Alexandre Tsipko, l'initiative de Vladimir Poutine d'inviter le Hamas à Moscou peut avoir des effets bienfaisants sur le climat moral et politique dans les républiques islamiques de la Fédération de Russie. "Cette initiative est une chance de surmonter les forces centrifuges dangereuses et conserver l'intégrité territoriale de la Russie", résume le politologue.

    Biznes

    Un nouveau candidat à la succession de Vladimir Poutine?

    Serguei Narychkine, chef de l'appareil du gouvernement, a été porté la semaine dernière sur la liste des candidats à la présidence du conseil d'administration (conseil des directeurs) de Gazprom. Ce fonctionnaire pourrait être promis à des fonctions plus importantes après celles de président du conseil des directeurs du géant gazier.

    Selon le point de vue qui prédomine dans les milieux politiques et dans les milieux d'affaires russes depuis les récents remaniements ministériels, le premier vice-premier ministre Dmitri Medvedev est le successeur de Vladimir Poutine. Malgré son départ de l'administration présidentielle, il n'a pas seulement conservé son cabinet au Kremlin, mais il est même devenu plus près du chef de l'Etat. Au siège du gouvernement, on estime que Dmitri Medvedev n'aura plus, au mois de mars, le préfixe de "premier vice-premier".

    Devenant premier ministre, Dmitri Medvedev ne pourra pas conserver le poste de président du conseil d'administration du monopole du gaz. Une seule personne ne peut pas cumuler la direction de la compagnie gazière et du gouvernement, sans parler de l'éventuel conflit d'intérêts. Sur la liste actuelle des candidats à la présidence du conseil des directeurs du consortium, l'homme le plus proche de Dmitri Medvedev par les fonctions assumées est Serguei Narychkine qui peut probablement être élu président du conseil.

    Bien entendu, le chef de l'appareil du gouvernement met en oeuvre les possibilités héritées l'année dernière à la suite de la nouvelle répartition des compétences entre les responsables du gouvernement. Le principal administrateur du gouvernement a reçu de facto le statut de quatrième vice-premier ministre.

    Au siège du gouvernement, on estime que Serguei Narychkine bénéficie de la protection moins de Mikhail Fradkov que de celle du chef adjoint de l'administration présidentielle Igor Setchine. Certains anciens collègues et compatriotes de Serguei Narychkine affirment que s'il n'est pas sous le feu des projecteurs comme candidat à la succession du président, c'est qu'on le prépare pour un jeu plus sérieux.

    Pendant que le candidat déjà pressenti à la succession sera confronté aux projets nationaux ambitieux, mais difficiles à mettre en �uvre, à l'inflation et à l'industrie qui commence à stagner en raison du renforcement considérable du rouble, l'autre aura accès à une compagnie pesant plus de 200 milliards de dollars et dont les recettes à l'exportation dépassent 26 milliards de dollars.

    Vedomosti

    L'Etat a porté à 30% sa part dans la capitalisation de la Russie

    La participation de l'Etat augmente même dans un domaine purement économique comme le marché des valeurs. Depuis ces trente derniers mois, la part de l'Etat dans la capitalisation du pays s'est accrue d'une fois et demie, à 30% (à presque 190 milliards de dollars, contre 48 milliards de dollars au milieu de 2003), selon les analystes d'Alfa-Bank. Et elle ne cesse d'augmenter. A ce jour, cela arrange bien les investisseurs mais d'ici deux ans, ce sera un frein pour le marché.

    La croissance accélérée des sociétés publiques est l'une des principales idées en matière d'investissements pour 2006, selon les auteurs du rapport "Les Valeurs mobilières russes : l'Etat en tant que bénéficiaire" qui citent en exemple les entreprises dont l'Etat peut faire l'acquisition ou prendre le contrôle : AvtoVAZ, Kamaz, Power Machines et le Complexe métallurgique de Verkhniaïa Salda, dont les titres ont affiché une hausse de plus de 50% cette année.

    Le directeur du Service fédéral des marchés financiers, Oleg Viouguine, considère la croissance de la part de l'Etat dans les sociétés à vendre comme un facteur neutre. Les analystes d'Alfa-Bank estiment, eux, qu'elle est un facteur positif qui encourage les fonctionnaires à "assurer un climat économique favorable".

    Tous les experts ne jugent cependant pas le contrôle de l'Etat utile pour le marché. L'économiste chef de la société d'investissement Troïka Dialogue, Evgueni Gavrilenkov, qualifie la situation d'anormale : "La hausse des cotes des sociétés contrôlées par l'Etat est consécutive à la baisse du risque oligarchique, autrement dit à l'inégalité initiale des conditions. Qu'y a-t-il de bon?" En cas d'attentes positives du marché, les sociétés publiques qui ne manquent pas d'argent peuvent compter sur le leadership un an ou deux mais leur capitalisation s'arrêtera là, assure l'expert qui ne pense pas que l'Etat voudrait revendre les actions qu'il possède dans les entreprises stratégiques "même à moyen terme".

    "La stratégie consistant à acheter des biens publics est erronée", affirme sur un ton péremptoire le directeur du fonds d'investissement Prosperity Capital Management, Alexandre Branis. A long terme, elle suscite des doutes en raison de la faible efficacité de ce propriétaire, selon le partenaire géant de la société d'investissement Kazimir, Dmitri Krioukov. "Depuis ces deux dernières années elle se justifie et tout porte à croire qu'elle marchera à court terme. Après Ioukos, tout le monde veut se prémunir contre l'ingérence de l'Etat dans les affaires des sociétés achetées", ajoute l'expert.

    Vrémia novostéi

    Une chaîne de télévision en arabe opérationnelle sous peu en Russie

    La chaîne de télévision Russia Today qui émet actuellement en anglais aura bientôt une rédaction arabophone. La nouvelle sera annoncée officiellement cette semaine. Elle s'appellera sans doute Russia al Yaoum (La Russie aujourd'hui).

    Le directeur général de Russia Today, Serguéi Frolov, a déjà annoncé que le principal producteur de la nouvelle rédaction sera le journaliste syrien Akram Housam, 46 ans, qui travaille depuis longtemps à Moscou où il dirigeait, jusqu'à l'automne dernier, le bureau de la chaîne qatarie Al Jazeera. Libéral et laïque, il avait des opinions qui différaient d'avec celles des dirigeants de sa chaîne où les postes principaux sont réservés aux managers proches des organisations islamiques.

    Congédié, Housam a été invité par d'autres chaînes arabes mais la proposition la plus intéressante lui a été faite à Moscou. Housam a confirmé la création de la nouvelle chaîne mais s'est abstenu de tout commentaire avant la "conférence de presse qui aura lieu dans les jours qui viennent".

    Le personnel de la rédaction arabe (350 personnes au total, personnel technique compris) sera recruté parmi les journalistes arabes et les arabisants russes possédant bien l'arabe.

    Le lancement de la chaîne anglophone l'année dernière a coûté 30 millions de dollars. Il en faudra à peu près autant pour lancer des émissions en arabe. Deux ou trois mois seront employés pour sélectionner le personnel et préciser l'organigramme et encore trois mois pour les émissions de rodage technique. La chaîne ne sera pas opérationnelle avant huit mois, selon Serguéi Frolov.

    Un an après les rédactions anglophone et arabisante d'autres rédactions pourraient voir le jour, par exemple une rédaction hispanophone.

    Novye izvestia

    Dans les troupes spatiales les appelés passeront au détecteur de mensonges

    Les appelés et les élèves officiers des troupes spatiales seront soumis à des tests impliquant des appareils de diagnostic psychique. L'administration des troupes spatiales a fait l'acquisition de quatre polygraphes (détecteurs de mensonges) et en 2005 ils ont servi à tester les élèves de l'Académie militaire spatiale Mojaïski.

    Pour le moment le détecteur de mensonges a été utilisé pour connaître les motivations qui ont incité les élèves à choisir le métier des armes et aussi pour dépister les toxicomanes et les alcooliques. Mais par la suite le polygraphe aidera à définir le degré de culpabilité d'un suspect dans le cadre d'enquêtes administratives.

    Une récente réunion du Conseil militaire des troupes spatiales a été consacrée au maintien de l'ordre et de la discipline. En qualité de panacée les militaires ont suggéré d'utiliser les détecteurs de mensonges. Le chef du Département principal pour le travail d'éducation du ministère de la Défense, le général Nikolaï Reznik, a déclaré qu'il avait déjà demandé à la Douma d'élaborer un texte légalisant l'utilisation du détecteur de mensonges.

    Cependant, plusieurs questions doivent être réglées avant de généraliser l'emploi du polygraphe dans l'armée. Notamment la question financière. Bien que de l'aveu même des experts américains, les appareils de diagnostic psychique les plus performants soient fabriqués en Russie, leur prix peut atteindre 5.000 dollars. L'appareil le moins cher, le Barier, en coûte 3.800. Les analogues américains valent de deux à trois fois plus cher.

    La légalité de l'utilisation des détecteurs de mensonges et des données qu'ils fournissent est une question toute d'acuité. De l'avis des spécialistes du centre pétersbourgeois de détection des mensonges, l'utilisation du polygraphe n'est possible qu'avec le consentement de la personne testée. Celle-ci doit signer un document approprié. Le recours aux détecteurs de mensonges dans l'armée sera probablement contraint car les militaires n'oseront pas refuser de subir le test parce que ce comportement équivaudra à une reconnaissance de la culpabilité.

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