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    Revue de la presse russe du 27 février

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Nezavissimaia gazeta

    Les Etats-Unis veulent faire pression sur le Kremlin par le biais des ONG russes

    L'administration des Etats-Unis a l'intention d'exprimer sa profonde préoccupation face à l'état de la démocratie en Russie. Et les fonctionnaires américains cherchent les moyens de le faire. Selon la presse américaine, ils étudient la possibilité de convoquer "une réunion des groupes de défenseurs des droits de l'homme, de partisans de la démocratie et d'autres représentants de la société civile à l'intérieur de la Russie ou en dehors de ses frontières en vue de manifester le soutien de l'Amérique à ceux qui subissent la pression du Kremlin". L'Amérique pourrait durcir sa position à l'égard de Moscou à la veille du sommet de juillet du G8 à Saint-Pétersbourg.

    Aucune information ne fait état du fait que les éminents défenseurs des droits de l'homme ont été invités à cette rencontre. Mais certains d'entre eux qualifient déjà cette manifestation de très utile. Lioudmila Alexeieva, présidente du Groupe d'Helsinki de Moscou, a rappelé que les autorités russes avaient "officiellement donné leur bénédiction" à la participation de l'opinion publique au G8. Ainsi, le 16 février, les représentants des associations à but non lucratif se sont réunis à Moscou en vue d'élaborer des recommandations pour le sommet du G8. Une nouvelle réunion est prévue pour les 9 et 10 mars en vue d'achever l'élaboration du message au G8.

    Nikolai Zlobine, directeur des programmes russes et asiatiques du Centre d'information militaire (Washington) rappelle que les Etats-Unis et la Russie ont une conception diamétralement opposée du rôle des ONG: "Selon la mentalité américaine, la société civile - et les organisations non gouvernementales en constituent une partie importante - a plus de droits que l'Etat. Les autorités russes estiment que les ONG doivent aider l'Etat. Par conséquent, elles considéreraient l'initiative américaine d'inviter les représentants des ONG comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays. Les Américains devraient se rendre compte de la façon dont cette invitation sera perçue en Russie".

    L'expert prévoit que "de nombreuses forces aux Etats-Unis essaieront de convaincre George Bush de critiquer la Russie lors du sommet, notamment au sujet de la loi sur les ONG".

    Vedomosti

    Les fonctionnaires ont déterminé la place de Russie unie dans le système politique russe

    Vladislav Sourkov, chef adjoint de l'administration présidentielle, a reconnu publiquement, pour la première fois, qu'un système politique avec prédominance stable d'un parti unique - Russie unie - était en voie d'instauration dans le pays. Pour assurer sa longévité politique, le fonctionnaire du Kremlin a recommandé aux membres de Russie unie de se concentrer sur le travail idéologique et de descendre plus hardiment dans la rue. Le parti Russie unie a reçu une chance de devenir un projet à long terme du Kremlin, constatent les experts.

    Intervenant devant les auditeurs du Centre d'études du parti Russie Unie (son sténogramme est publié sur le site officiel de Russie unie, ER), Vladislav Sourkov a posé à ce parti comme objectif "non seulement de vaincre (aux élections législatives) en 2007, mais aussi de faire le maximum en vue d'assurer la prédominance du parti au cours des 10 à 15 années à venir au minimum".

    "Idéologue de la réforme du système des partis politiques, Vladislav Sourkov a reconnu pour la première fois que l'objectif consistait à former un système dans lequel le parti Russie unie" serait prédominant, a dit Dmitri Badovski (Institut de recherche dans le domaine des systèmes sociaux). De l'avis de cet expert, Vladislav Sourkov assigne à ce parti l'objectif de former une nouvelle bureaucratie efficace appelée à assurer les progrès dans l'économie et la sphère sociale.

    "Vladislav Sourkov a laissé entendre aux membres de Russie unie que, si leur parti est efficace, le Kremlin ne procèdera pas à des remaniements au sein du mouvement", a déclaré Alexei Makarkine du Centre de technologies politiques. "Il est évident qu'on est en train de mettre en place un modèle de capitalisme asiatique: une économie à participation forte de l'Etat avec un seul parti stable", estime le politologue Dmitri Orechkine. Cela recèle une idée rationnelle, estime l'expert. Le Japon est aussi un pays postimpérial qui a subi le choc de la défaite, il a aussi une culture particulière.

    Avant de faire de la propagande, le parti Russie unie doit déterminer son idéologie et comprendre l'essence du parti, a dit Dmitri Orechkine. Quant à Dmitri Badovski, il est certain que, tel qu'il se présente aujourd'hui, le parti Russie unie est incapable d'atteindre les objectifs posés par Vladislav Sourkov, c'est pourquoi le parti peut connaître de "profondes transformations".

    Novye izvestia

    L'opposition n'est pas en état de présenter un candidat unique à la présidentielle - des experts

    Au cours de la conférence interrégionale du Front civil uni le leader du mouvement, l'ex-champion du monde d'échecs Garri Kasparov, a proposé aux forces d'opposition excluant un compromis avec le Kremlin de constituer une coalition et de présenter un candidat unique à la présidentielle de 2008. Les politologues sont persuadés que les opposants ne pourront pas se mettre d'accord du moment que parmi eux on ne remarque aucun leader indiscutable.

    Mark Ournov, président de la fondation des programmes analytiques Expertiza: Vu l'état dans lequel l'opposition se trouve actuellement, ce projet est pratiquement irréalisable. La fusion de Iabloko et de l'Union des forces de droite (SPS) se fait au forceps, je ne suis pas sûr que les communistes veuillent s'allier avec la SPS. Je ne suis pas certain non plus que le parti Rodina (Patrie) souhaite s'associer aux communistes qu'il ne peut pas supporter. Je ne pense pas non plus que la droite souhaite s'unir à Rodina connu pour ses tendances nationalistes.

    En ce qui concerne Garri Kasparov, il n'est même pas capable de faire l'union au sein de son mouvement. C'est un grand joueur d'échecs, mais il n'a pas l'étoffe d'un politique. Dans ce rôle il ne jouit d'aucune popularité dans la société.

    La seule chose que pourrait réellement faire l'opposition, c'est présenter à l'élection un personnage jouissant de prestige, peut-être pas à même non pas de triompher, mais au moins de constituer un contrepoids efficace. C'est vrai qu'au vu des acteurs politiques du moment, même ce scénario semble improbable.

    Boris Makarenko, directeur adjoint du Centre des technologies politiques: Il n'y aura probablement pas de candidat unique. Une alliance de la gauche et de la droite ne dispose pas de force électorale. La seule chose pouvant les unir, ce serait une plate-forme anti-Poutine, mais c'est trop peu. La candidature de Mikhaïl Kassianov ne serait pas appuyée par les communistes. Garri Kasparov est très libéral sur le plan idéologique, et bien des électeurs socialisants refuseraient de le suivre.

    Kommersant

    Le FSB sera le principal "chasseur" de terroristes en Russie

    Lorsque la "Loi sur la répression du terrorisme" adoptée hier par la Douma entrera en vigueur, l'organe supérieur officiellement mandaté pour lutter contre le terrorisme en Russie sera le Service fédéral de sécurité (FSB) , habilité à engager sans avoir à en demander l'autorisation du chef de l'Etat les forces armées - jusqu'à un régiment - et le cas échéant, à abattre avec leur aide les avions détournés par des terroristes.

    Nikolaï Kovalev, député (Russie Unie), directeur du FSB en 1996-1998 : Le projet de loi est dur mais en Russie la dureté de la loi est compensée par son inexécution. De toute façon, il est souhaitable que la loi soit formulée de manière encore plus détaillée.

    Guennadi Goudkov, député (Russie Unie), colonel du FSB à la retraite : Il est impossible de vaincre le terrorisme sans une réforme radicale du système judiciaire. Malgré tous les points forts de la nouvelle loi, je ne comprends pas pourquoi le document ne précise pas la durée des opérations antiterroristes si elles s'éternisent ou si plusieurs régions du pays sont concernées. Mais c'est la hâte qui m'agace le plus : quelqu'un avait besoin de rendre compte du travail effectué et le document a été écrit avec précipitation.

    Guennadi Zaïtsev, commandant du groupe antiterroriste Alfa en 1977-1988 et en 1992-1995 : La nouvelle loi n'est pas de nature à en finir avec le terrorisme. Une chose est pourtant bonne : maintenant il y a un responsable concret, le chef du FSB. Personne ne pourra rejeter la responsabilité sur autrui. C'est déjà un progrès.

    Igor Rodionov, député (Rodina), ministre de la Défense en 1996-1997 : Nous avons livré bataille au terrorisme mondial mais en réalité nous avons une guerre civile au Caucase du Nord. L'Amérique a inventé le terrorisme mondial pour s'ingérer dans les affaires des pays qu'elle juge indésirables. Dommage que le président en exercice ait repris la politique de la période eltsinienne et que maintenant on adopte des documents inutiles.

    Biznes

    La CNP commande des pétroliers pour le brut de Sibérie orientale

    La Compagnie de navigation du Primorié (CNP) a conclu avec les chantiers navals sud-coréens STX Shipbuilding un contrat de construction de cinq pétroliers de 51 000 tonnes de port en lourd chacun. Les experts estiment qu'elle se prépare à transporter des produits pétroliers dont les exportations doivent augmenter après l'achèvement en 2008 de la première étape des travaux de construction de l'oléoduc Sibérie orientale - Pacifique.

    Le prix du contrat se monte à 270 millions de dollars et la date de livraison de la commande est fixée à mai 2009. "C'est l'une des commandes les plus chères jamais passées pour des pétroliers", selon un représentant de la société sud-coréenne. "Le prix est certainement très élevé. On peut acheter beaucoup moins cher un navire-citerne neuf aujourd'hui. Seulement la CNP commande des navires capables de naviguer à travers la banquise et d'entrer dans les ports de Sakhaline et de Primorsk. Les travaux de renforcement de la coque peuvent coûter plus de 5 millions de dollars", explique le directeur des projets de l'agence SeaNews, Alexéi Bezborodov.

    La CNP n'a pas besoin d'attendre la mise en chantier du projet est-sibérien. "Il ne faut pas la rattacher seulement à la Russie, elle a ses activités principales à Singapour. Elle agit depuis longtemps déjà comme agent libre. En 2009, elle pourrait donner ses nouveaux navires en location ou les exploiter elle-même sur des lignes affrétées," suppose Alexéi Bezborodov.

    De l'avis d'un analyste de la société d'investissement Prospekt, Dmitri Manguilev, la CNP a commandé des navires en misant sur les projets Sakhaline-1 et Sakhaline-2. "Les pétroliers seront affectés au transport de brut et de produits pétroliers", affirme-t-il.

    Ce point de vue trouve sa confirmation dans le fait que l'opérateur du projet Sakhaline-1 (Exxon) a déjà conclu avec la CNP et la société norvégienne Rieber Shipping un contrat d'affrètement pour quinze ans de remorqueurs brise-glace et que pour le projet Sakhaline-2 la CNP et une autre société norvégienne, Svai Pacific, ont été retenues pour mettre des bateaux-ravitailleurs au service des plates-formes pétrolières.

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