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    Revue de la presse russe du 25 avril

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    New Delhi évince Moscou en Asie centrale

    Petit à petit la Russie voit ses positions s'effilocher en Asie centrale. Les autres participants au triangle stratégique Russie-Inde-Chine ont eux aussi pris goût au jeu géostratégique. New Delhi a joué son premier coup. Le groupe de 12 mig-29 qui à la fin de cette année sera déployé à la base aérienne "Aïni" au Tadjikistan aura plus fière allure que le détachement de cinq Su-25 d'assaut russe basé à Douchanbe. L'année dernière les Indiens ont entrepris la modernisation de la base, ils y construisent trois hangars.

    "Aïni" sera la première base indienne à l'étranger. Ce qui pourrait signifier que l'Inde entend devenir une superpuissance régionale et aussi appliquer une politique militaire indépendante.

    Des exercices conjoints des forces aériennes indiennes et américaines ont eu lieu récemment. Washington a levé l'embargo sur les livraisons d'armes à l'Inde, une mesure prise après les essais nucléaires indiens. Maintenant New Delhi pourrait considérer qu'il n'est plus dépendant des fournitures d'armements russes et décider de défendre ses propres intérêts géopolitiques.

    Le Tadjikistan intéresse l'Inde pas seulement du point de vue des conditions propices que ce pays offre pour l'entraînement des pilotes. Pour lui il constitue une base stratégique aux frontières septentrionales du Pakistan. Mais ce qui est essentiel, c'est que l'Asie centrale est devenue une zone d'intérêts stratégiques pour de nombreux pays dépendants des livraisons d'hydrocarbures d'Eurasie. En effet, il y a là des gisements de pétrole et de gaz naturel en exploitation et potentiels, des réserves de minéraux y sont prospectées. Les Etats-Unis, l'Union européenne, la Chine et le Pakistan eux aussi ont des visées sur cette zone d'influence russe traditionnelle. L'Inde a donc bien fait comprendre aux concurrents qu'elle aussi s'intéressait à cette région.

    Gazeta

    L'agrandissement des régions du Caucase : un ballon d'essai pour Moscou - expert

    La déclaration du président de l'Assemblée nationale de Tchétchénie, Doukvakha Abdourakhmanov, sur la nécessité d'unir la Tchétchénie, l'Ingouchie et le Daghestan a été interprétée par les experts comme un "ballon d'essai" lancé par le premier ministre Ramzan Kadyrov et ses protecteurs à Moscou.

    De l'avis du directeur du Centre des études ethnopolitiques et régionales, Emile Païne, l'équipe de Ramzan Kadyrov n'aurait jamais pris cette initiative sans avoir préalablement reçu l'autorisation des milieux haut placés ou si elle n'avait pas été sûre de pouvoir obtenir une telle autorisation. "C'est une sorte de ballon d'essai pour le Kremlin", a-t-il déclaré.

    Au Kremlin, les adeptes de la réforme de la fédération se sont retrouvés dans une situation délicate : d'une part, l'idée énoncée par Abdourakhmanov, qui n'a jamais été indépendant, s'inscrit dans la stratégie générale du Centre à l'égard des régions, mais, d'autre part, elle coïncide avec les intentions des indépendantistes radicaux.

    Pour la première fois, l'idée du rétablissement de la république unique avait été émise pendant la première campagne tchétchène par le chef du gouvernement pro-moscovite de la Tchétchénie, Dokou Zavgaev. Plus tard, le feu président Akhmad Kadyrov a avancé le même projet. Par contre, le ministre de l'information et de la presse du gouvernement des séparatistes, Movladi Oudougov, et un autre idéologue du séparatisme, Zelimkhan Yandarbiev, successeur de Doudaev, avaient proposé un projet de califat s'étendant de la mer Noire à la mer Caspienne et ayant pour base l'Etat islamique du Daghestan et de la Tchétchénie. Les séparatistes avaient même tenté de réaliser ce plan au début de la deuxième campagne tchétchène.

    A en juger par la réaction de l'administration présidentielle, le Centre fédéral n'a pas prêté l'attention nécessaire aux propos d'Abdourakhmanov. Peut-être parce que les "agrandisseurs" jugent le Caucase moins important que la Sibérie. C'est par la construction de l'Oléoduc oriental que les experts expliquent le référendum sur l'unification de la Cisbaïkalie et les initiatives analogues annoncées tout de suite après par les autorités régionales du district autonome des Bouriates d'Aguinskoë, de la République de Bouriatie et de la région de Tchita. En d'autres termes, les concepteurs de la canalisation ont intérêt à ce qu'elle passe par des régions loyales, stables et faciles à contrôler.

    L'idée de l'agrandissement n'est pas aussi importante au Caucase du Nord parce que le contrôle de cette région s'obtient par tradition au moyen de la force et non par des méthodes administratives.

    Vedomosti

    Gazprom draine le gaz d'Exxon

    Gazprom s'efforce de reprendre le droit d'exporter du gaz même aux investisseurs qui travaillent dans les conditions de partage de la production. Le monopole gazier a proposé à Exxon-Mobil, opérateur du projet Sakahline-1, de lui vendre tout le gaz de Sakhaline à l'entrée du gazoduc, en lui promettant une "rentabilité acceptable". Mais plus la rentabilité sera basse et plus tard le pays commencera à encaisser les revenus du projet, rappellent les experts.

    Le projet de "Stratégie de mise en valeur des ressources du plateau continental de Sakhaline" que le conseil des directeurs du monopole gazier examinera le 27 avril fait apparaître que Gazprom veut acheter à Exxon-Mobil tout le gaz du projet Sakhaline-1 pour l'exporter lui-même vers la Chine et la Corée.

    Gazprom pourrait bien acheter de la matière première à la source selon un schéma analogue à celui pratiqué avec Wintershall sur le gisement d'Ourengoï (à un prix rattaché au prix à l'exportation), a expliqué un manager du projet. A l'avenir, Gazprom voudrait acheter le gaz des autres projets de Sakhaline, à l'exception de Sakhaline-2, souligne le document.

    Les fonctionnaires divergent dans leurs estimations des propositions de Gazprom. "Pour la compagnie américaine, ce serait la meilleure solution", affirme un fonctionnaire proche du conseil des directeurs du monopole gazier. Exxon peut rejeter la proposition, poursuit-il, mais Sakhaline-1 n'a ni infrastructure gazière, ni plan d'exportation de gaz. Un autre fonctionnaire rappelle que l'Etat a intérêt à rentrer le plus tôt possible dans les frais de réalisation du projet Sakhaline-1, donc à rendre les ventes hautement rentables.

    Il est essentiel qu'Exxon vende du gaz au prix du marché, acquiesce l'analyste de la société d'investissement Troïka Dialogue, Valeri Nesterov, qui rappelle que la part de l'Etat dans les revenus du projet réalisé en partage de la production dépend directement du bénéfice de l'investisseur.

    D'ailleurs, le monopole aura à s'entendre encore avec un autre partenaire du projet Sakhaline-1, la compagnie pétrolière publique Rosneft, propriétaire du gazoduc Okha-Komsomolsk-sur-l'Amour par lequel la production de Sakhaline-1 arrive sur le continent. Rosneft est en même temps co-investisseur du chantier de la canalisation allant de Komsomolsk-sur-l'Amour à Khabarovsk. Le monopole gazier souhaite racheter les deux gazoducs et les prolonger jusqu'à Vladivostok pour exporter du gaz vers la Corée et la Chine.

    Novye izvestia

    Une nouvelle vague de privatisations en Russie

    L'étatisation actuelle de grandes compagnies en Russie fera place, dans 3 à 5 ans, à une nouvelle vague de privatisations, prédit Anatoli Tchoubaïs, président du conseil d'administration de RAO UES (Electricité de Russie). Les experts ne partagent pas l'optimisme du principal idéologue de la privatisation des années 90 en Russie.

    Anatoli Tchoubaïs estime que l'étatisation démesurée de l'économie russe est une grave erreur tactique qui sera corrigée assez vite.

    Commentant la prévision d'Anatoli Tchoubaïs, le directeur scientifique du Haut collège d'économie Evgueni Yassine a reconnu qu'il n'avait rien contre la privatisation, mais qu'il doutait que les événements suivent ce cours. "Il serait bon qu'il en soit ainsi, a dit l'ancien ministre russe de l'Economie, mais je n'ai aucune certitude. Du point de vue économique, ce serait parfaitement juste. Mais il est peu probable que 3 à 5 ans suffisent pour se persuader que l'étatisation est une voie pernicieuse. Dans le contexte des prix élevés du pétrole, l'Etat sera tenté de poursuivre sa politique".

    Evgueni Yassine est persuadé que seule l'entreprise privée permettra de développer la Russie. Quant au repartage des biens, selon lui, il existera toujours, mais il ne faut pas en avoir peur. "C'est un mécanisme de recherche d'un propriétaire efficace. Il est impossible de l'éviter. L'essentiel est d'avoir une législation juste et un système judiciaire indépendant. J'estime que ce processus se déroulera prochainement en Russie plus activement que dans le monde entier, car il n'est pas encore achevé chez nous", a résumé l'économiste.

    Irina Khakamada, leader du Parti démocratique russe Notre choix, se prononce plus catégoriquement: "J'estime qu'Anatoli Tchoubaïs a raison, dans une certaine mesure, mais ce processus ne sera pas transparent, affirme-t-elle. A mon avis, il l'attribue au changement éventuel du pouvoir, mais celui-ci ne changera pas radicalement prochainement, plus précisément dans 3 à 5 ans. Je n'y crois pas".

    Biznes

    Rospotrebnadzor n'osera pas interdire les importations de vins du Chili et d'Argentine

    Le Service fédéral pour la protection des droits des consommateurs (Rospotrebnadzor) a déclaré une partie de la production importée d'Argentine et du Chili non conforme aux normes sanitaires. Les opérateurs du marché doutent que le directeur des services sanitaires russes, Guennadi Onichtchenko, ose interdire complètement d'importer des vins de ces deux pays, à la différence des vins de Moldavie et de Géorgie.

    Le 3 avril à Moscou, le Rospotrebnadzor a suspendu la vente de 7 500 litres de vins d'Argentine faute de conclusions sanitaires et épidémiologiques officielles.

    Selon les données de la société de marketing Biznes Analitika, en 2005 les vins chiliens représentaient, en valeur exprimé, 1,1% et les vins argentins 0,5% du marché russe dont la totalité est estimée, par la même société, à 2,9 milliards de dollars.

    Les opérateurs du marché estiment que le Rospotrebnadzor n'interdira pas les importations de vins de ces pays. "Si la Géorgie et la Moldavie sont des pays sans défense qui ne desservaient que le marché russe, le Chili et l'Argentine sont des producteurs reconnus dans le monde entier qui se sont taillé une solide réputation dans la concurrence avec la France et l'Italie", rappelle le directeur du département de l'information de l'Union des opérateurs du marché des boissons alcoolisées, Vadim Drobiz.

    Les opérateurs du marché ne font pas confiance aux vérifications du Rospotrebnadzor et insisteront pour les effectuer en collaboration avec des contrôleurs indépendants, a-t-il ajouté.

    "Connaissant le sort des vins de Moldavie et de Géorgie, nous craignons que les vins du Chili et d'Argentine ne subissent le même sort. Pourtant les vins de ces pays se vendent dans le monde entier et il est douteux que le Rospotrebnadzor puisse les interdire. Mais les petits lots de produits de mauvaise qualité seront mis au rebut. C'est la routine", estime pour sa part le directeur des relations publiques de la société de distribution "Vinny mir", Andréi Egorov.

    D'après certaines paramètres physiques et chimiques, les normes russes sont plus sévères que les normes mondiales, par exemple en ce qui concerne le volume des agents conservateurs, indique le président du conseil des directeurs du holding Gerrus Group, Valeri Loguinov. "A l'avenir, les distributeurs devront ou bien livrer du vin conforme aux normes russes ou bien harmoniser nos normes avec les standards mondiaux", a-t-il affirmé avec certitude.

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