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    Revue de la presse russe du 4 mai

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Moskovski Komsomolets

    La parité entre les groupes concurrents au Kremlin disparaîtra dans l'après Poutine (politologue)

    Le message à l'Assemblée fédérale que le chef de l'Etat présentera le 10 mai doit devenir le principal document idéologique de Vladimir Poutine, ses "tables de la loi" obligatoires à tout successeur sur le chemin du pouvoir. C'est la raison pour laquelle les groupes au Kremlin s'emploient à se faire co-auteurs d'un document aussi important. La victoire en 2008 est en jeu.

    Le président voulait faire lecture de son message en avril mais le travail sur le texte a pris du retard. Le délai initial n'a pas été respecté en raison des divergences apparues dans l'entourage de Poutine. Plus précisément, à cause de l'opinion particulière de Sergueï Sobianine pour lequel ce message présidentiel est le premier depuis qu'il a été nommé à la tête de l'administration du Kremlin. Il n'a pas apprécié les thèses proposées par les économistes et les experts libéraux.

    Les messages présidentiels annuels sont d'habitude une procédure formaliste. Le président énonce des thèses générales et justes qui ne suscitent pas de questions. Seulement aujourd'hui on attend une tendance idéologique accentuée. Le chef adjoint de l'administration présidentielle, Vladislav Sourkov, a en fait annoncé un document fleuve dans les limites duquel n'importe quel successeur aura à sa disposition et sous sa responsabilité une sorte de "code de stabilité". L'année 2008 risque de mener à un désaccord politique si le président suivant n'a pas le principal mérite de Poutine, sa cote de popularité, qu'il est impossible de léguer.

    Respecter la parité des élites est l'une des principales tâches du président sortant. Cependant, l'équilibre ne sera pas conservé, affirme le politologue Alexeï Zoudine. "Les deux groupes concurrents au Kremlin - les "siloviki" et les "juristes" - en appellent à Poutine qui, principal décideur, les tient en équilibre. La probabilité que le futur président soit un membre de l'un ou de l'autre groupe s'accroît actuellement. Et l'équilibre disparaîtra alors tout simplement", affirme Alexeï Zoudine.

    Biznes

    Des dizaines d'usines publiques russes s'adonnent à la contrefaçon

    Les associations américaines de fabricants de produits vidéo et musicaux, de logiciels et de médicaments réclament la fermeture totale des usines russes produisant des articles piratés. Cette revendication pourrait s'avérer irréalisable du moment que le gros des contrefaçons est débité dans des entreprises à accès strictement limité, même pour les organes judiciaires.

    Selon le chef de la représentation de la Fédération internationale des producteurs de phonogrammes en Russie et dans la CEI, Igor Pojitkov, en 2005 des produits contrefaits - 1.100 désignations au total - dans 25 usines russes ont été saisis dans près de 30 pays. Au 1er janvier de l'année dernière 34 usines en Russie produisaient des supports optiques, mais au 1er mai 2006 on en recensait déjà une cinquantaine. 39 opérations menées en 2002-2005 par les organes judiciaires se sont soldées par la confiscation de plus de 7,5 millions de CD musicaux et de DVD. Cependant, dans cinq cas seulement les coupables ont été condamnés à des peines assorties du sursis, dans douze autres les dossiers ont été classés sans suite pour absence de corps du délit. Dans trois cas la production saisie a été restituée à l'usine.

    Il est peu probable que la revendication principale de la Business Association des Etats-Unis - la fermeture des usines sortant des produits piratés - soit satisfaite. La part du lion des produits contrefaits est fabriquée dans 42 usines d'Etat, dont bon nombre sont secrètes et par conséquent inaccessibles même aux représentants des organes judiciaires. "La journée, ces entreprises fabriquent des produits légaux, mais la nuit les machines fonctionnent pour le marché parallèle", constate Alexeï Portanski, directeur du Bureau d'information pour l'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

    Quoi qu'il en soit, les fonctionnaires russes sont optimistes quant à l'aboutissement des négociations sur l'adhésion de la Russie à l'OMC. Un optimisme d'ailleurs partagé par les experts. "Aux Etats-Unis on est conscient qu'objectivement il est impossible de remporter une victoire totale sur les pirates, indique Anatoli Martynov, directeur général du Centre de la politique et du droit commercial. Chez eux aussi il y a des entreprises clandestines et les mêmes problèmes se posent aussi avec la Chine".

    Vrémia novostéi

    Transneft pourrait devenir un holding de transport multiforme

    Transneft pourrait devenir tout prochainement un holding de transport multiforme. Les fonctionnaires gouvernementaux étudient la possibilité de réunir sous une même direction toutes les entreprises publiques impliquées dans le transport d'hydrocarbures.

    Ils proposent de mettre sous le contrôle de Transneft la société Transnefteprodoukt (propriété à 100% de l'Etat) et le paquet d'actions (24%) du Consortium d'oléoducs de la Caspienne (KTK), ainsi que des sociétés dont l'activité n'avait tout récemment encore rien de commun avec celle de Transneft, à savoir la société SG-Trans (transport et stockage de gaz liquéfié) appartenant à l'Etat et 20% des actions de Volgotanker qui, l'année dernière, a transporté un tiers des produits pétroliers exportés par voies fluviales.

    L'existence de ce plan a été confirmée par des représentants du Kremlin et du gouvernement qui, cependant, divergent sur les détails. L'un d'entre eux doute que SG-Trans puisse être concerné par l'affaire et un autre que le paquet d'actions du KTK puisse être donné en gestion à Transneft.

    Il y a trois semaines, un nouveau directeur général a été placé à la tête de SG-Trans: Sergueï Nikitaïev, ex-directeur adjoint de l'Agence fédérale de transport ferroviaire. De surcroît, l'entreprise figure sur le plan prévisionnel des privatisations de 2006. Son coût approximatif, établi par le gouvernement, s'élève à 800 millions de dollars.

    En ce qui concerne le KTK, les fonctionnaires ont proposé tout récemment de transmettre à Transneft le paquet d'actions appartenant à l'Etat. Le KTK avait été créé par les gouvernements russe, kazakh et d'Oman, ainsi que plusieurs compagnies pétrolières privées pour transporter le pétrole russe et kazakh du gisement de Tenghiz (Kazakhstan) à Novorossiïsk (mer Noire). Comme ce n'est pas un représentant de Transneft qui a été nommé récemment directeur général du consortium mais le directeur général adjoint de Zaroubejneft, compagnie sans participation au projet, les représentants de certains ministères laissent entendre en privé que l'idée de transférer la part de l'Etat dans le KTK à Transneft a été abandonnée.

    Novye izvestia

    Les analystes russes ne partagent pas l'optimisme de Goldman Sachs

    La Banque de placement Goldman Sachs a publié mercredi un rapport plutôt jubilatoire sur les perspectives de développement de la Russie jusqu'à 2027, mais les conclusions énoncées dans le document ont été accueillies avec une assez grande réserve par les analystes russes.

    Les prévisions établies par Goldman Sachs sont fondées essentiellement sur la force de la Russie en tant que superpuissance énergétique. Les experts de la banque pensent que grâce au secteur des hydrocarbures la croissance de l'économie russe sera de beaucoup supérieure à la croissance européenne et que dans 20 ans le PIB russe surpassera l'allemand, sans déjà parler des autres pays membres de l'Union européenne.

    Au vu de la dynamique de la croissance actuelle, les chances de la Russie de parvenir au leadership en Europe sont effectivement assez grandes, estime Oleg Solntsev, expert du Centre d'analyse macro-économique et de prévision à court terme. Cependant, pour lui un ralentissement de la croissance est inévitable. L'effet de la dévaluation de 1998 va s'estomper et le pays n'est pas en mesure d'accroître notablement ses exportations.

    "Goldman Sachs est bien connu par son optimisme vis-à-vis de l'économie russe", dit avec une certaine ironie l'analyste financière Olga Belenkaïa. Toutefois, il est très hasardeux de bâtir des pronostics fiables sur une période aussi longue étant donné que, selon elle, "il n'est pas tenu compte de la conjoncture instable des prix du pétrole et des changements politiques aussi bien en Russie que partout ailleurs dans le monde".

    D'autres facteurs font obstacle au développement du pays, ajoute Olga Belenkaïa, en particulier l'usure des fonds fixes qui actuellement est supérieure à 50%.

    "Dans nos conditions il est très difficile de maintenir des taux de croissance élevés, estime l'analyste. La diversification de l'économie et des investissements abondants dans les technologies et la production seraient souhaitables dans ce sens".

    Si cela n'est pas fait, le marché intérieur lui non plus ne sera d'aucun secours parce que les étrangers mettront la main sur lui, les producteurs russes n'étant pas assez compétitifs.

    Vedomosti

    Médias: les Russes font confiance à ORT, à défaut d'autres sources d'information (sondage)

    Les Russes regardent, pour l'essentiel, les actualités transmises par la chaîne de télévision ORT, rapporte un sondage effectué en Russie auprès de 1000 personnes par l'Institut d'études sociales comparées (CESSI) sur commande de l'agence GlobeScan de Londres. Les experts expliquent ces résultats par l'influence monopoliste de l'Etat sur les médias et l'absence d'autres sources d'information.

    58% des citoyens russes font confiance aux médias, 54% au pouvoir. Leonid Sedov, expert du Centre Levada, explique comme suit la confiance relativement grande accordée par les Russes aux médias: dans la Russie postsoviétique, "la presse a joué un rôle très important dans la vie du pays, c'est pourquoi les gens continuent jusqu'à présent à faire confiance aux médias".

    Cependant, le niveau de confiance dans les médias baisse graduellement. "Selon la télévision, tout est parfait dans le pays, mais, en réalité, les citoyens endurent les hauts taux d'inflation, les salaires bas et les lenteurs des réformes", constate Manana Aslamazian, directrice générale d'InterNews Rossia.

    Comme il ressort du sondage, les Russes font le plus confiance à la chaîne de télévision ORT (36%) et le moins à NTV et à RTR (16% et 15%). Seuls 9% des Russes font confiance aux médias internationaux. De plus, les Russes sont attachés, plus que les habitants d'autres pays, à une seule source d'information (50%).

    La télévision importe pour les Russes à défaut d'autres sources d'information, par exemple, d'une bonne presse écrite ou d'Internet, estime Leonid Sedov. Manana Aslamazian explique le faible intérêt manifesté par les Russes pour les actualités et leur refus d'utiliser d'autres sources d'information par "la fatigue des citoyens qui sont las de la vie politique".

    De l'avis du politologue Boris Makarenko, les données du sondage sont propices au pouvoir, car le niveau actuel de confiance dans le gouvernement et les médias favorables à l'Etat est assez haut pour mettre en �uvre les décisions nécessaires. Selon l'expert, ce qui compte pour l'opposition, ce n'est pas le nombre de personnes qui font ou ne font pas confiance aux médias, mais l'accès à la presse et la possibilité d'être entendue. "Pour l'instant, l'opposition n'a pas cette possibilité", constate l'expert.

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