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    Revue de la presse russe du 10 mai

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Kommersant

    Le Kremlin déçu du "partenariat stratégique" avec l'Occident

    L'élite russe au pouvoir constate qu'elle n'a pas besoin d'étalon sous forme de système occidental de coordonnées socio-politiques. La Russie s'insère de plein gré dans le groupe d'Etats, parmi lesquels la Chine et le Pakistan, auxquels on ne saurait reprocher d'opter pour les standards euro-atlantiques. Cette décision prise par le Kremlin traduit dans une grande mesure son désappointement du "partenariat stratégique" avec l'Occident, écrit dans le quotidien Kommersant Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique globale.

    Un désappointement qu'accentuent l'adhésion désormais inéluctable de l'Ukraine et de la Géorgie à l'OTAN et les négociations désespérantes de lenteur sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Toutefois, la raison essentielle réside bien sûr dans le fait que Moscou a pris conscience du poids que lui confère la puissance énergétique qui croît en même temps que la conjoncture des matières premières se fait de plus en plus favorable. La Russie n'est plus satisfaite du rôle de partenaire secondaire (en fonction des dimensions de l'économie), elle revendique désormais au moins une participation de plein droit à la définition des règles générales du jeu.

    Il n'y a rien d'étonnant à ce que la Russie ne s'inscrive pas dans le monde occidental. Un pays de cette envergure et aussi conscient de ce qu'il représente est condamné à avoir son propre ordre du jour. Le problème se trouve ailleurs. L'euphorie pétro-gazière donne l'illusion que le pays est désormais prêt à appliquer sa propre politique sans prêter attention aux réactions et sans trop penser aux conséquences.

    A l'époque la présidence au G8 avait été offerte à la Russie en signe d'encouragement de son inclination pour le "monde civilisé". Mais le Kremlin a brusquement perçu cette démarche comme un moyen pour affirmer son droit de se comporter comme bon lui semble. Encore à la fin de l'année dernière, la veille de la présidence russe au G8, les chances de la Russie de prendre une place décente dans le cercle des "titans" étaient assez réelles. Au fur et à mesure que grandissait l'intérêt porté aux ressources russes l'attention accordée à "certaines de ses carences" en matière de démocratie s'estompait. Mais la patience manquait pour élaborer des jeux stratégiques. L'élite nostalgique de la puissance voulait matérialiser celle-ci sans tarder. On l'a bien vu avec l'Ukraine et d'autres.

    Il semble bien que nous accédions à une nouvelle étape des rapports avec l'Occident, et qu'au lieu de s'achever en apothéose du rapprochement le sommet de Saint-Pétersbourg pourrait devenir le symbole d'une démarcation retentissante.

    Kommersant-Vlast

    Il ne faut pas chasser l'Iran du régime de non-prolifération - expert

    Les menaces ne pourront que chasser l'Iran du régime de coopération. L'Iran se refermera sur lui-même. On a même l'impression qu'il souhaite ce conflit, qu'il cherche à le provoquer pour qu'on le laisse faire ce qu'il veut, estime le chef du comité des affaires internationales de la Douma, Konstantin Kossatchev.

    Actuellement l'Iran est lié par les engagements découlant du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Si nous le poussons hors de ce document, ce sera pour lui un cadeau formidable : il n'aura à se justifier de rien ni devant personne et sera libre d'agir à sa guise, d'enrichir l'uranium au niveau souhaité et de réaliser des programmes militaires.

    Nous ne prenons pas parti pour l'Iran. Bien de ses actions nous préoccupent et nous créent des problèmes supplémentaires. Aujourd'hui nous devons décider comment agir dans le contexte de défiance qui s'est apparemment instauré. Nous sommes devant un dilemme : ou bien nous retirons notre confiance et agissons en conséquence ou bien nous nous efforçons de rétablir la confiance.

    La Russie, pas plus que les autres Etats concernés par ce conflit, n'a intérêt à ce que l'Iran possède l'arme nucléaire. Là nous sommes tous d'accord.

    La Russie et la Chine ont en Iran des intérêts économiques importants. Pour les Etats-Unis qui n'ont pas de relations commerciales et économiques avec l'Iran depuis la révolution islamique de 1979, la prise de sanctions contre Téhéran n'a aucune importance. C'est la raison pour laquelle ils jouent avec.

    La tactique des Etats-Unis consiste à pousser l'Iran hors de la coopération avec l'AIEA et à éviter ainsi la nécessité de prendre en compte les évaluations des experts. Alors viendra le temps des évaluations politiques : "Nous ne savons pas ce qui se passe en Iran, autrement dit, par définition, il s'y passe quelque chose de terrible. Donc, nous devons nous ingérer immédiatement". Voilà la situation la plus confortable pour les Etats-Unis.

    Une situation confortable pour nous implique la possibilité de nous référer aux conclusions des inspecteurs de l'AIEA. Tant que l'Agence travaille en Iran il est plus aisé de nous appuyer sur son avis que d'occuper une position politique. Ce qui arrive lorsque les conclusions sont tirées au niveau politique, nous l'avons vu avec l'exemple de l'Irak.

    Vedomosti

    Nous rattrapons la France

    En 2007, les dépenses d'armement augmenteront de 20% pour représenter 60% des dépenses analogues consenties par la France. Les responsables promettent que cette mesure permettra de multiplier par deux les achats de matériels nouveaux. Mais les experts ne croient pas à ces promesses, ils continuent de juger inefficace le système des commandes militaires publiques.

    Pour Vladislav Poutiline, vice-président de la Commission militaro-industrielle gouvernementale, en 2007, les dépenses d'équipement de l'armée seront portées à 302,7 milliards de roubles (environ 9 milliards d'euros). Le ministère de la Défense avait réclamé une somme de 20% plus élevée.

    Le gouvernement doit rechercher l'équilibre entre les desiderata des militaires et les potentialités de l'industrie, dit un fonctionnaire gouvernemental: "La fabrication de nombreux types d'armes exige des investissements supplémentaires, ce que les militaires ne prennent pas en ligne de compte dans leurs commandes". Le système de gestion des commandes militaires publiques reste inefficace, confirme Konstantin Makienko, expert du Centre d'analyse des stratégies et des technologies.

    Même si en 2007 les dépenses russes d'armement représenteront approximativement 60% des dépenses françaises (environ 50% en 2005), les militaires français achètent de bien plus grandes quantités d'armements, dit Mikhaïl Barabanov, rédacteur scientifique de la Revue Exportations d'armements. En 2006, les militaires français achèteront 14 chasseurs Rafale et sept hélicoptères Tigre alors que leurs homologues russes ne feront l'acquisition d'aucun avion et hélicoptère de combat, et ce alors que le Rafale coûte deux fois plus cher que le tout récent chasseur-bombardier russe Su-34. L'année précédente les Français avaient acheté 37 chars Leclerc tandis que l'armée russe prenait possession de seulement 17 T-90 meilleur marché de 25%.

    Au demeurant, la France n'achète pratiquement plus de missiles balistiques et consacre moins de 10% de ses dépenses militaires à la composante nucléaire, relève Mikhaïl Barabanov. En Russie ce chiffre est tenu secret mais il est peu important. Quant à l'opinion, elle ignore si l'accroissement des dépenses est réellement adéquat aux besoins des militaires. "Les militaires déclarent manquer d'argent, mais ils ne fournissent aucune indication sur la somme qu'ils réclament et à quelles fins", dit Ivan Safrantchouk, expert du Centre de l'information militaire.

    Gazeta

    La société russe se méfie du capital étranger

    Les restrictions frappant les investisseurs étrangers et les exploitants du sous-sol ne sont pas encore définies dans la nouvelle Loi sur le sous-sol en voie d'élaboration depuis 1999, écrit Oleg Tolkatchev, vice-président du Comité pour la politique économique du Conseil de la Fédération, dans le quotidien Gazeta.

    Cela s'explique par l'existence, dans la société, de craintes, voire d'une certaine méfiance envers le capital étranger.

    Les craintes et la méfiance envers le capital étranger découlent des erreurs et de l'expérience négative des années 90. Aujourd'hui, on est en train de corriger ces fautes, entre autres, en rachetant les blocs de contrôle de grandes compagnies comme Gazprom. Cela concerne également la sombre histoire de IOUKOS.

    La triste histoire des accords de partage de la production (APP) est un autre motif de crainte et de méfiance. Nos partenaires étrangers extraient le pétrole russe, mais l'Etat russe ne reçoit pas de compensation adéquate. Par exemple, les étrangers incluent dans leurs frais le coût des machines et des biens d'équipement qu'ils commandent dans leurs pays à des prix que nous ne pouvons pas contrôler. Ils nous expliquent que tant qu'ils ne puiseront pas assez de notre pétrole pour rembourser leurs commandes, l'Etat russe ne touchera pas de bénéfices. Mais l'avenir radieux où l'APP commencera à rapporter à la Russie peut ne pas arriver pour un grand nombre de personnes. Premièrement, certains ne vivront plus au moment où les étrangers décideront qu'ils ont amorti enfin leurs frais. Deuxièmement, il se peut qu'il ne reste plus de pétrole et de gaz dans les secteurs concernés par l'APP.

    Mais, malgré une certaine prudence, tout le monde comprend aujourd'hui en Russie que nous avons besoin de l'expérience, des technologies et des investissements étrangers. Sans eux, il sera très difficile de mettre en valeur les gisements prometteurs, notamment les gisements de gaz du plateau continental arctique. Par exemple, il est peu probable que la mise en valeur du gisement de Shtokman soit possible sans la participation étrangère.

    Biznes

    Un transporteur low-cost autrichien s'installera sur le marché russe en 2007

    En 2007 le transporteur aérien low-cost autrichien Niki, appartenant à Niki Lauda, ex-pilote de Formule 1, s'installera sur le marché russe. En même temps, la compagnie russe Transaero a obtenu le droit de desservir l'Autriche. Les experts estiment que le discounteur et la compagnie traditionnelle seront à l'aise sur l'axe Russie-Autriche.

    Actuellement les lignes aériennes entre la Russie et l'Autriche sont desservies par Aeroflot et Austrian Airlines qui effectuent chacune 21 vols par semaine.

    Le directeur commercial de Niki, Otmar Lenz, annonce que sa compagnie a déjà obtenu l'autorisation d'effectuer des vols sur Moscou et que la date concrète d'ouverture du trafic sera connue dans les jours qui viennent. Préalablement, le discounteur projette d'inaugurer, de concert avec son partenaire Air Berlin, des vols quotidiens entre Moscou et Vienne en janvier 2007.

    La compagnie n'a pas encore choisi entre les trois aéroports internationaux de Moscou - Cheremetievo, Domodedovo ou Vnoukovo. Les négociations en sont à leur début. A noter que Vnoukovo et Domodedovo se font concurrence depuis ces derniers temps pour recevoir les transporteurs low-cost.

    De l'avis des analystes, la demande de services des compagnies aériennes pratiquant des remises ne cesse d'augmenter. Le transport bon marché s'avère attrayant sur les lignes européennes très populaires. La société autrichienne compte transporter jusqu'à 100 000 passagers par an. Le directeur général de la société de conseil Infomost, Boris Rybak, affirme que "la demande de services du discounteur sera importante, à en juger par le succès de Germina Express". "100 000 passagers par an c'est beaucoup pour cette compagnie aérienne", estime l'expert.

    La concurrence avec Niki ne désavantage pas Transaero, ajoute Boris Rybak. La compagnie russe offre des places bon marché et des services de qualité. Il y aura de la place pour tous sur ce marché en développement", assure l'expert.

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