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    Revue de la presse russe du 25 juillet

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Kommersant

    Hugo Chavez recrute Alexandre Loukachenko

    Le président vénézuélien, Hugo Chavez, poursuit sa tournée intercontinentale. Lundi il a achevé sa visite en Biélorussie. Les leaders de ces deux pays soumis à un isolement en Occident ont d'emblée trouvé un langage commun et ont promis de créer une "équipe combative"

    Le dirigeant vénézuélien a offert un cadeau de choix à Alexandre Loukachenko en disant que le lointain Venezuela avait fait sien le modèle biélorusse de développement. "La Biélorussie matérialise le slogan de Vladimir Lénine selon lequel il faut en finir avec l'exploitation de l'homme par l'homme. Nous voyons ici un modèle de société sociale que nous commençons à mettre en place chez nous", a annoncé monsieur Chavez. Le leader vénézuélien, qualifié de "dictateur de type nouveau", a désigné un autre domaine d'intérêts communs avec le dirigeant biélorusse, présenté en Occident comme le "dernier dictateur d'Europe": "Nous devons défendre les intérêts de l'homme et non pas les intérêts démoniaques des capitalistes, où qu'ils se trouvent, en Amérique du Nord, en Europe".

    Les principaux thèmes des pourparlers menés à Minsk par Hugo Chavez ont été la coopération bilatérale économique et technico-militaire ainsi que la collaboration des deux pays à l'ONU et au sein du Mouvement de non-alignement. A l'issue des négociations les parties ont signé sept accords de coopération dans les domaines de l'énergie, de la pétrochimie, de l'assemblage de poids-lourds, de la science et de la technique ainsi que de l'éducation. Le fait que l'année dernière les échanges entre les deux pays se soient montés à moins de 16 millions de dollars n'a pas semblé embarrasser les parties. Hugo Chavez a tenu à souligner que sa rencontre avec Alexandre Loukachenko a eu lieu à une date remarquable pour son pays (c'est en effet un 24 juillet qu'est né le légendaire révolutionnaire Simon Bolivar et qu'a été fondée la République du Venezuela). "Je me suis fait ici un nouvel ami. Nous devons constituer ensemble une équipe. Ce sera une équipe combative", a annoncé Hugo Chavez.

    Au cours de la visite qu'il avait effectuée à Minsk à la fin du mois de juin pour préparer la venue de son frère, Adan Chavez avait annoncé contre qui jouerait l'"équipe combative" biélorusso-vénézuélienne. "Nous avons un ennemi commun qui entend s'opposer à la réalisation de nos objectifs. Le Venezuela unit les efforts de la communauté internationale contre le diktat des Etats-Unis", avait déclaré alors le frère du président vénézuélien.

    Hier soir Hugo Chavez est arrivé dans la ville russe de Volgograd en provenance de Minsk. Mercredi il sera à Moscou où il s'entretiendra avec Vladimir Poutine.

    Rossiiskaïa Gazeta

    Iouchtchenko fait durer le chaos

    La période impartie à la formation du gouvernement ukrainien expire formellement mardi. Toujours formellement, les députés n'ont pas eu le temps de former le cabinet dans le délai de 60 jours, prévu par la Constitution, à partir de la première session de la Verkhovna Rada (parlement) renouvelée.

    Toutefois, le retard n'est pas imputable aux parlementaires. Le 17 juillet, ils avaient proposé la candidature de Viktor Ianoukovitch, leader du Parti des régions, au poste de premier ministre. Mais le président Viktor Iouchtchenko a demandé un délai de réflexion. Le chef de l'Etat a une nouvelle fois démontré qu'il ne faisait rien à temps, disent des analystes locaux. Le numéro un ukrainien a déclaré qu'il réfléchirait sur la candidature pendant les 15 jours prescrits par la Constitution, à savoir jusqu'au 1er août. Le président sait qu'il a le droit de rejeter la candidature de Viktor Ianoukovitch, pourtant avancée par la majorité parlementaire. En ce cas, il pourra réfléchir encore pendant 15 jours sur un autre nom proposé par le parlement.

    C'est le ministre de l'Intérieur, Iouri Loutsenko, qui est venu en aide au chef de l'Etat en laissant entendre que la longue période de réflexion de ce dernier s'expliquerait par le "passé obscur" de Viktor Ianoukovitch. (En 2005, le parquet régional de Donetsk a ouvert une enquête judiciaire pour falsification présumée aux fins d'annulation de condamnation, mais l'affaire a été classée en 2006 par manque de preuve.)

    L'incapacité des députés à former le gouvernement avant le 25 juillet donne à Viktor Iouchtchenko une chance réelle de dissoudre la Verkhovna Rada, dissolution sur laquelle insiste l'ex-première ministre Ioulia Timochenko.

    Le groupe Timochenko n'existe plus au parlement, après que quatre députés de son bloc ont rejoint la "coalition anticrise", alors que les 125 députés restants sont prêts, à sa demande, à se démettre de leurs mandats. Mme Timochenko espère que les membres du parti pro-présidentiel Notre Ukraine déposeront également les leurs. Les effectifs de la Verkhovna Rada seraient alors inférieurs à 300 personnes, le parlement serait déclaré incompétent et sa dissolution interviendrait automatiquement. Mme Timochenko a tout calculé à l'avance: aux nouvelles législatives, seules deux forces vont gagner, son bloc à elle et le Parti des régions. En l'occurrence, elle espère former sa propre majorité parlementaire et initier une élection présidentielle anticipée.

    Vremia novosteï

    Les présidents turkmène et iranien tentent de devenir amis

    Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, achève mardi sa visite de deux jours à Achkhabad, son premier voyage au Turkménistan depuis sa victoire à la présidentielle il y a un an.

    Si l'on prend en compte les relations traditionnellement étroites entre les deux pays voisins, une si longue pause témoigne du niveau de confiance relativement peu élevé entre l'Iran et le Turkménistan.

    Les négociations turkméno-iraniennes concernent surtout la coopération gazière. Malgré la limitation en 2005 des importations de gaz turkmène à 5,3 milliards de mètres cubes, Achkhabad cherche à augmenter les fournitures de matières premières à son voisin jusqu'à 13 milliards de mètres cubes.

    Le président Saparmourat Niazov évoque la possibilité d'augmenter le prix du gaz turkmène de 44 dollars les mille mètres cubes à 80-85 dollars. Achkhabad démontre ainsi sa disposition particulière envers Téhéran, car le prix du gaz pour la Russie et l'Ukraine, établi après l'expiration des contrats précédents, s'élève à 100 dollars.

    MM. Niazov et Ahmadinejad doivent également examiner le problème de la délimitation des fonds marins de la mer Caspienne, en suspens depuis plus de dix ans. Achkhabad, qui devait accueillir au deuxième trimestre 2006 une nouvelle rencontre des responsables des cinq pays caspiens (Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie et Turkménistan), membres du Groupe de travail spécial pour la Caspienne, a renoncé à son organisation.

    Il n'est pas exclu que le président iranien souhaite, dans le cadre de l'examen des "questions d'actualité d'aujourd'hui" (selon les sources officieuses turkmènes), obtenir que M. Niazov soutienne les positions de Téhéran dans le conflit au Proche-Orient. Comme c'est toujours le cas, le leader turkmène prendra sans doute ses distances en arguant de la neutralité de son pays.

    Vedomosti

    Le goût bizarre de la "démocratie souveraine"

    "Lorsque le mot 'démocratie' est accompagné d'épithètes, cela lui donne un goût bizarre", estime le premier vice-premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

    En effet, depuis la publication lundi par la revue Expert d'une interview de Dmitri Medvedev, on a l'impression, du moins au premier abord, qu'une véritable confrontation idéologique divise la classe politique russe. Pas une opposition caricaturale, quand un groupuscule affaibli exprime une opinion soi-disant différente des autres, mais un vrai combat entre Vladislav Sourkov, chef adjoint de l'administration du Kremlin, champion de la "démocratie souveraine", et Dmitri Medvedev, partisan de la démocratie sans épithètes.

    Tous deux sont bien connus et très en vue, tous deux disposent d'importantes ressources politiques et administratives; la seule différence est que Medvedev figure parmi les possibles dauphins de Vladimir Poutine, tel un homme de l'avenir, alors que Sourkov est le dernier cadre de l'époque eltsinienne, tel un homme du passé.

    Sa polémique avec Vladislav Sourkov, Dmitri Medvedev l'a entamée lors d'un entretien avec Valeri Fadeïev, rédacteur en chef d'Expert, mais aussi un des auteurs du programme "Modèle économique de la démocratie souveraine", en consultation libre sur le site Internet du parti pro-présidentiel Russie unie. "La démocratie est une chose absolument fondamentale qu'on ne peut opposer qu'aux régimes dictatoriaux et totalitaires", s'insurgeait Dmitri Medvedev, avant de s'attaquer à la notion d'"économie souveraine" (modèle prôné par le document précité) chère à son interlocuteur: pour le numéro deux du gouvernement russe, cette notion revient à celle d'"économie d'Etat", autrement dit à l'étatisation de l'économie.

    Toutefois, une comparaison détaillée des programmes - celui publié sur le site Internet de Russie unie et celui exposé par Dmitri Medvedev à Expert (si l'on peut parler de programme) - démontre l'absence de toute différence de principe. Les différences ne sont que terminologiques.

    Mais l'essence réelle des déclarations a très peu d'importance: le vrai sens de tout discours long, que nul ou presque ne voudra déchiffrer, réside dans les expressions spectaculaires qui sont, en l'occurrence, ouvertement différentes. Nous pouvons donc nous ranger sous deux bannières, celle de la "démocratie souveraine" et celle de la "démocratie insipide". Et on fera des paris comme dans les courses de chevaux pour retrouver le sentiment magique d'enthousiasme, hélas absurde.

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