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    Les cent jours de Viktor Ianoukovitch

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    Andreï Ermolaïev, directeur du centre ukrainien d'études socio-politiques Sofia, membre du Conseil d'experts de RIA Novosti

    Le gouvernement ukrainien jouit d'un capital de confiance important auprès de la population.

    C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage réalisé par notre centre après cent jours de gestion du gouvernement de Viktor Ianoukovitch.

    L'enquête a été menée dans toutes les régions d'Ukraine, dans la république autonome de Crimée, à Kiev et à Sébastopol, dans 132 localités au total. Si 30,9% des personnes interrogées pensent qu'il est trop tôt pour porter un jugement définitif, il se trouve quand même une majorité pour penser que d'ores et déjà il est possible de dire si le gouvernement de Viktor Ianoukovitch travaille mieux que l'équipe précédemment dirigée par Youri Iekhanourov ou si les deux se valent approximativement. Pour un Ukrainien sur cinq, en un peu plus de trois mois le gouvernement n'a entrepris aucune démarche tant soit peu remarquable. Par contre, plus de 45% des Ukrainiens jugent positivement Viktor Ianoukovitch dans le rôle de premier ministre. Compte tenu de l'expérience engrangée en matière d'estimation de l'action des chefs de gouvernement, il s'agit là d'une "bonne note". Même si dans cette dernière il faut y déceler une marque de soutien politique accordé à Ianoukovitch et à son Parti des région par leurs partisans.

    A propos, les préférences politiques exercent un fort impact sur l'opinion des sondés. Il n'y a probablement rien de fortuit à ce que les ministres représentant la coalition "Notre Ukraine" et le bloc "Batkyvchina" (La Patrie) soient les plus critiqués.

    Quoi qu'il en soit, ce sondage réalisé en Ukraine montre que pour les gens le gouvernement a particulièrement bien oeuvré en vue de développer les relations de bon voisinage et d'approfondir la coopération avec la Russie, d'assurer le versement régulier des salaires, des bourses d'études, des pensions et des prestations sociales.

    Les gens sont nombreux à penser que Viktor Ianoukovitch et son équipe ont marqué des points dans la mise en oeuvre d'une politique nationale pondérée, surtout en ce qui concerne le respect des droits en matière d'utilisation de la langue maternelle.

    Dans le même temps les Ukrainiens estiment que le gouvernement ne parvient pas à stopper la hausse des prix, à museler l'inflation et à combattre efficacement la corruption. Les promesses concernant le relèvement des salaires, des pensions et des bourses n'ont toujours pas été tenues. Néanmoins, 57,7% des personnes interrogées estiment que Viktor Ianoukovitch, qui est à la tête du gouvernement ukrainien depuis cent jours, respecte plus ou moins ses promesses électorales ou s'emploie à le faire.

    Les Ukrainiens ne sont pas enclins à associer le relèvement actuel des loyers et des charges à la seule action gouvernementale. Pour eux cette hausse a pour origine essentielle l'augmentation du prix du gaz russe. Sont ensuite cités les "décisions inconsidérées du président Iouchtchenko et de la Rada" (parlement), "l'inefficacité du travail du gouvernement précédent conduit par Youri Ekhanourov". D'ailleurs, peu d'Ukrainiens incombent aux organes centraux du pouvoir la responsabilité de l'impréparation des gérances d'immeubles à la période hivernale. En règle générale les habitants des grandes et petites villes pensent que cette question relève de la compétence des administrations locales. Tel est l'avis de 45,4% des personnes interrogées. 53,5% des Ukrainiens sont pourtant convaincus que si le premier ministre contrôlait sa situation en permanence, les risques d'accidents et de coupures de chauffage en période hivernale seraient moins nombreux.

    Les avis sont partagés sur la question de savoir ce qui a incité "Notre Ukraine" à ne pas figurer dans la coalition gouvernementale. Pour les plus nombreux, les partis formant cette coalition briguaient trop de postes ministériels et "Notre Ukraine" ne souhaitait pas assumer la responsabilité de l'état de l'économie la veille d'une hausse des prix. Au demeurant, peu nombreux sont les Ukrainiens convaincus de l'utilité d'une coopération de "Notre Ukraine" et du Parti des régions. Dans le même temps la cote de popularité du Parti des régions reste élevée alors que celle de "Notre Ukraine" continue de se dégrader.

    Si des élections législatives avaient lieu dimanche prochain, le Parti des régions recueillerait 37,4% des suffrages, le bloc Batkyvchina, 23,7%, l'Union populaire "Notre Ukraine", 9,6% et le Parti communiste d'Ukraine, 5%.

    En ce qui concerne la course à la présidence, les sondages placent en première position Viktor Ianoukovitch. Ioulia Timochenko et Viktor Iouchtchenko ont de bonnes chances d'être présents au second tour, ici Timochenko a quand même un avantage certain. Si la présidentielle avait lieu prochainement, Ianoukovitch recueillerait 36,7% des voix, Timochenko 21,9% et Iouchtchenko 14,6%.

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