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    Revue de la presse russe du 18 avril

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    La Marche du désaccord scinde le Conseil de l'Europe

    Les événements liés à la dispersion de la Marche du désaccord à Moscou et à Saint-Pétersbourg ont suscité des réactions controversées au sein de la direction du Conseil de l'Europe. Après les vives critiques lancées lundi à l'adresse des autorités russes par le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), René van der Linden, le secrétaire général du CE, Terry Davis, s'est montré plus réservé, déclarant mardi que ce qui s'était produit devait faire l'objet d'un examen. Certains observateurs associent ce bémol au souci du Conseil de l'Europe d'obtenir dans les délais les plus brefs la ratification du Protocole 14 à la Convention européenne.

    Ce document, simplifiant le fonctionnement de la Cour européenne des droits de l'homme, ne peut entrer en vigueur puisqu'il n'a toujours pas été ratifié par la Russie, le seul des 46 pays membres de l'Union européenne à ne pas l'avoir fait. La Cour, pratiquement paralysée en raison du nombre élevé de plaintes qu'elle a à examiner, ne peut pas entreprendre sa réforme. Le président de la CEDH, Jean-Paul Costa, sera en Russie les 10 et 11 mai pour essayer de dissiper les craintes de Moscou quant à une politisation de l'approche de la cour et de convaincre les autorités russes de la nécessité de ratifier le Protocole 14.

    Le thème de la dispersion de la Marche du désaccord est débattu dans les couloirs de l'APCE, mais on ne l'inscrit pas à l'ordre du jour de la présente session. Le chef de la délégation russe à l'APCE, Konstantin Kossatchev, a déclaré qu'il comprenait la rigidité de la position de René van der Linden tout en qualifiant de "provocation évidente" les actions des participants à la Marche du désaccord.

    Le président du comité international de la Douma estime que les opposants avaient intentionnellement projeté d'organiser une marche là où cela avait été interdit par les autorités, et ce à des fins de médiatisation. Konstantin Kossatchev a qualifié de maillons d'une même chaîne la publication du rapport du Département d'Etat américain critiquant durement la situation des droits de l'homme en Russie, les déclarations de Boris Berezovski sur le renversement du pouvoir par la force et la tenue de la Marche du désaccord immédiatement avant l'ouverture de la session de printemps de l'APCE.

    "Il est dommage que les forces de maintien de l'ordre soient tombées dans cette provocation et aient recouru à la violence", a dit le parlementaire russe pour résumer.

    Izvestia

    L'Occident prépare un renversement du régime en Russie

    La politique de l'Occident et tout particulièrement des Etats-Unis vis-à-vis de la Russie se définit ces derniers temps comme celle de l'affaiblissement et de la dissuasion. En témoigne notamment le soutien total et la médiatisation de la "marche du désaccord". Toutes les chaînes de télévision occidentales ont commencé leurs bulletins d'information par des reportages sur cette manifestation réunissant les opposants marginaux tout en reléguant au second plan les attentats en Irak qui ont fait des dizaines de morts ou le rassemblement de 200.000 manifestants en Turquie.

    Il ne s'agit nullement de la promotion de la démocratie. Car les "marches du désaccord" organisées à Moscou et à Saint-Pétersbourg étaient essentiellement constituées de nationaux-bolcheviks et d'authentiques néonazis qui n'ont rien à voir avec la démocratie mais qui sont déterminés à lutter contre le pouvoir par la violence et en contradiction flagrante avec la législation. C'est la raison pour laquelle la police a interpellé et frappé de 1000 roubles d'amende les quelque 150 personnes avec à leur tête le joueur d'échecs Garry Kasparov qui, au lieu de manifester dans l'endroit autorisé, ont préféré couper la circulation dans un endroit interdit.

    A la conférence des contestataires de l'an dernier avaient assisté pas moins de deux sous-secrétaires d'Etat américains et plusieurs ambassadeurs occidentaux. Si les Occidentaux misent ouvertement sur une organisation à forte composante néonazie, dont l'électorat est presque inexistant mais qui est prête à recourir à la force en violation de la loi, il devient évident que la Russie est réellement dans leur ligne de mire. Leurs tentatives d'initier la Russie à la démocratie ayant capoté, c'est un renversement du régime qu'ils préparent désormais.

    Rien ne prédit toutefois une "révolution orange" en Russie. Dans les rues des villes russes, une foule "orange" sera encore moins nombreuse que les foules "rouge" et "brune". Le soutien direct de Washington n'est donc pas une assistance, il apparaît comme un baiser de la mort vu le degré de popularité dont bénéficient les Etats-Unis auprès de l'opinion internationale et des électeurs russes.

    Pourquoi les Etats-Unis souhaitent-ils tant compter la Russie parmi leurs ennemis? Car les Russes apprécieront peu, pour parler gentiment, les tentatives aussi brutales, maladroites et vouées à l'échec de les rendre "heureux". La Russie ne s'est jamais portée aussi bien qu'aujourd'hui sur le plan économique, et les sondages d'opinion n'ont jamais été aussi positifs: en 2006, plus de la moitié de la population estimait que le pays progressait dans le bon sens. Et c'est ce que les Occidentaux semblent apprécier le moins.

    Auteur: Viatcheslav Nikonov, président de la fondation Politika.

    Vedomosti

    Tragédie de la mine Oulianovskaïa: sabotage ou facteur humain?

    On peut appeler cela du "sabotage", comme l'a fait le gouverneur de la région de Kemerovo Aman Touleïev, ou une "erreur humaine". Dans la mine Oulianovskaïa (région de Kemerovo), les travailleurs ont neutralisé le système de contrôle de la teneur en méthane dans l'air pour qu'il ne les empêche pas de travailler et de gagner plus. Le 19 mars, le plus grave accident survenu dans une mine ces 75 dernières années a tué 108 mineurs. Par le nombre de victimes, c'est une tragédie terrible, mais ce n'est pas un cas unique. La violation consciente des règles - le refus d'attacher sa ceinture en voiture, le mépris des lois - est un fait courant dans les rapports sociaux, économiques et politiques.

    Dans le droit pénal soviétique, le sabotage et la subversion supposaient l'objectif d'affaiblir l'Etat. Le Code pénal actuel mentionne également la "subversion". Le ministère des Finances a été accusé de sabotage, car il a tardé à entériner les nouvelles vignettes fiscales pour les alcools forts, les intoxications massives à l'alcool frelaté ont également été qualifiées "d'action préméditée".

    Mais le "sabotage" dans la mine Oulianovskaïa est d'une autre nature. Il peut être qualifié de précapitaliste. L'employeur n'est pas intéressé à améliorer la sécurité du travail, le travailleur n'est pas intéressé à respecter les règles de sécurité, car le système de sécurité arrête trop souvent le travail et réduit la production, ce qui se répercute non seulement sur les bénéfices du propriétaire, mais aussi sur les salaires des mineurs. Quant au fait que du bon fonctionnement des capteurs dépend la vie des travailleurs, cela est négligé et considéré comme inopportun.

    Chez nous, le travail reste peu rémunéré. Sont bas non seulement les salaires, mais aussi les dépenses pour la sécurité, les assurances, les prestations sociales, etc. Le système d'assurances pourrait discipliner aussi bien les employeurs que les travailleurs. Mais il est, en fait, inexistant. D'après les données citées en mars par le premier vice-premier ministre Dmitri Medvedev au cours d'une rencontre avec les employeurs, 190.000 personnes meurent tous les ans des effets des productions nuisibles et dangereuses, et 15.000 d'accidents du travail.

    Dans une économie normale, l'amélioration des conditions de travail conduit à l'accroissement de la productivité et au prolongement de l'âge du travail efficace. En Russie, les employeurs ne voient pas, à de rares exceptions près, le lien direct entre la sécurité et la productivité du travail, bien plus, ils voient souvent un lien inverse.

    D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement de capitalisme "sauvage". Le versement des prestations sociales en espèces, n'est-ce pas déjà du sabotage? Ou bien l'incapacité de créer un système efficace d'approvisionnement en médicaments des personnes bénéficiant d'avantages, la réforme des collectivités locales et celle des services communaux, la pêche sur la glace au printemps ou le refus susmentionné d'attacher sa ceinture de sécurité en voiture? Dans cette diversité de faits, il y a un trait commun: le mépris pour la vie qui est une valeur inappréciable, l'idée que "cela n'arrive qu'aux autres", le choix fait en faveur d'un prétendu pragmatisme.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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