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    Revue de la presse russe du 20 avril

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Vremia novosteï

    Le gouvernement promet un avenir radieux, les experts en doutent

    Le gouvernement a entériné hier les prévisions du développement économique et social, selon lesquelles le bien-être de la population russe va croître au fil non pas des jours, mais des heures. Le ministre du Développement économique, Guerman Gref, a déclaré que d'ici à 2010 la part de la classe moyenne économiquement active, dans laquelle il faut insérer les personnes ayant des revenus supérieurs à six minimums vitaux, passera de 20 à 30-35%.

    D'après la version avancée par le ministère du Développement économique, les revenus mensuels des ménages par personne qui étaient de 600-700 dollars en 2006 devraient être portés à 900-1100 dollars en 2010. Sont inclus dans cette somme l'épargne bancaire, les biens immobiliers (deuxième appartement), l'argent prévu pour des voyages l'étranger. Le ministère estime que d'ici trois ans un Russe sur trois appartiendra à cette catégorie de population.

    Selon les pronostics, en trois ans les revenus en espèces des Russes progresseront de 27%. "Il s'agit là d'une très forte croissance, a fait observer Guerman Gref en ajoutant que les pensions de retraite augmenteront de 39,7%. En 2009, les pensions sociales se situeront au niveau du minimum vital des retraités.

    En attendant, l'économiste Leonide Grigoriev met en garde contre cette approche par trop simpliste. "Il ne faudrait surtout pas oublier que la classe moyenne, ce n'est pas seulement le côté matériel de l'existence, c'est aussi l'éducation et le modèle de comportement", explique-t-il au quotidien. "En huit ans nous avons obtenu une croissance de seulement 20-22%. Comment le gouvernement peut-il alors espérer en trois ans parvenir à un résultat plus d'une fois et demie plus élevé?" interroge-t-il avec scepticisme.

    D'après les données de l'Institut de sociologie relevant de l'Académie des sciences de Russie, la moitié des candidats potentiels à la classe moyenne - personnes employées dans la fonction publique (éducation, recherche, santé) - éprouvent justement une gêne financière. D'après les sociologues, un relèvement des revenus permettrait à l'Etat de porter la part de la classe moyenne à 35-36%.

    Le directeur adjoint du département de prévision macroéconomique du ministère du Développement économique, Guennadi Kouranov, estime que le développement des petites et moyennes entreprises pourrait doper la classe moyenne. Le président d'OPORA, Sergueï Borissov, a déclaré à Vremia Novosteï que le nombre de PME est effectivement en augmentation, mais que la progression devrait être plus rapide et qu'il fallait aussi nettement améliorer le facteur qualité.

    Par ailleurs, Guerman Gref a admis la persistance de certaines tendances négatives et que pour l'instant on voyait mal comment les éliminer. L'écart entre les 10% de Russes les plus aisées et les 10% les plus pauvres qui était de 13,9 fois en 2000 est de 15,3 fois aujourd'hui.

    Nezavissimaïa gazeta

    Poutine a choisi son successeur

    Vladimir Poutine a habitué le pays et le monde à ses opérations de nominations. C'est ainsi qu'ont été nommés le premier ministre Mikhaïl Fradkov et le chef de l'administration présidentielle Sergueï Sobianine. Suivant attentivement la promotion de deux successeurs potentiels, Sergueï Ivanov et Dmitri Medvedev, tout le monde pensait que Vladimir Poutine agirait selon sa manière habituelle et en trouverait obligatoirement un troisième.

    Mais les hauts fonctionnaires du Kremlin affirment ces derniers temps en privé qu'un point final a été mis à ce jeu. Le président a fait son choix. Le nom du futur président russe est Sergueï Ivanov, celui du futur premier ministre Dmitri Medvedev.

    En témoigne également l'analyse de la présence des "successeurs" dans les médias. Une interview accordée par Sergueï Ivanov au Financial Times apparaît très significative en ce sens. Le premier vice-premier ministre a répondu de façon détaillée à des questions concernant la politique intérieure et la politique étrangère de la Russie. Prenant la parole aux forums de Saint-Pétersbourg ou de Davos, Dmitri Medvedev n'a jamais dépassé le cadre de la politique intérieure et de l'économie. Au début de cette semaine, Dmitri Medvedev a accordé une interview à la revue Itogui. Ses réponses n'avaient rien des déclarations d'un homme politique s'apprêtant à mener des pourparlers d'égal à égal avec les dirigeants des grands pays: les questions et les réponses tournaient autour des projets nationaux et de l'engouement personnel de celui qui en est responsable.

    Les projets nationaux, aussi importants qu'ils soient pour améliorer les conditions du renouvellement du capital humain, sont plutôt un instrument tactique du Kremlin, alors que la tâche confiée par le président à Sergueï Ivanov - diversifier l'économie et lui conférer une dimension d'innovation - est stratégique.

    On dit qu'ayant convoqué un fonctionnaire et lui ayant proposé d'assumer des fonctions ministérielles dans un secteur éloigné de son précédent poste, Vladimir Poutine lui a demandé ce qu'il pensait de cette proposition. "Pour moi, c'est une surprise", a répondu le fonctionnaire. "Je l'espère", a réagi Vladimir Poutine.

    Toute fuite d'informations non autorisée en provenance du Kremlin étant habituellement exclue, on a tendance à croire que l'information dont nous disposons est autorisée et, par conséquent, véridique.

    Kommersant

    Moscou boude le Forum économique russe de Londres

    Les fonctionnaires boycotteront le Forum économique russe qui ouvre ses portes dimanche prochain à Londres. Les noms de tous les responsables des administrations et des compagnies publiques ont disparu de l'agenda. Tous les regards sont tournés vers le Kremlin qui semble avoir donné l'ordre de se décommander au profit du forum de Saint-Pétersbourg. Pour le président russe, si fonctionnaires et patrons ont besoin de se parler, ils n'ont qu'à se réunir en Russie.

    En février dernier encore, contrairement à ses éditions précédentes, le Forum économique russe de Londres promettait de battre tous les records en termes de présence de l'Etat. Toutefois, les noms de la plupart des fonctionnaires sont absents dans la version définitive du programme de l'événement. Trois sources proches de la présidence russe expliquent ce revirement massif par une "consigne venue d'en haut".

    Une source a notamment raconté que, trois semaines plus tôt, l'assistant du président Viktor Ivanov a "conseillé" aux fonctionnaires d'éviter de faire de Londres "un deuxième Courchevel", en allusion à la station de ski huppée des Alpes françaises, lieu de villégiature préféré de l'élite politique et économique russe. Selon une autre source, le boycott du Forum économique russe de Londres a été décidé mercredi ou jeudi par le Kremlin après une série de conflits avec le Foreign Office au sujet du réfugié politique Boris Berezovski. Enfin, la réaction de différentes structures européennes et américaines face à la "marche du désaccord", une manifestation de l'opposition radicale qui s'est déroulée le week-end dernier à Moscou et Saint-Pétersbourg, semble avoir également alimenté l'antibritannisme du Kremlin.

    "Ont été autorisés à se rendre à Londres seulement ceux qui préparaient des IPO. Les autres interviendront au Forum économique russe de Saint-Pétersbourg en juin prochain", a déclaré une source proche des autorités. Une autre source a précisé que la consigne n'avait été diffusée que mercredi matin. Mardi encore, le patron d'une grande compagnie publique où travaille ladite source préparait son propre rapport pour le forum londonien et ne pensait pas une seconde se décommander.

    D'ailleurs, les organisateurs du Forum économique russe de Londres ne croient pas que cette situation puisse influer sur la popularité de l'événement où sont attendus un nombre record de chefs d'entreprise.

    Certains représentants de compagnies privées estiment par ailleurs que le Kremlin souhaite simplement renforcer le statut du Forum économique de Saint-Pétersbourg organisé par le ministère russe du Développement économique en partenariat avec le Forum économique mondial de Davos.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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