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    La valeur des banques russes ne cesse de monter

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    Par Anatoli Gorev, RIA Novosti

    Par Anatoli Gorev, RIA Novosti

    Une transaction ambitieuse vient d'avoir lieu sur le marché bancaire russe. Le groupe belge KBC a annoncé l'acquisition d'une participation d'au moins 92,5% dans la banque russe Absolut. Les modalités du contrat doivent évidemment inspirer de l'optimisme à ces banques nationales qui étudient l'opportunité d'une vente totale ou partielle de leurs actifs à des investisseurs étrangers. Selon les premières informations, l'acquisition est évaluée à environ un milliard de dollars, ce qui représente 3,8 fois la valeur comptable de la banque russe.

    A première vue, pareille générosité du groupe financier belge peut paraître bizarre. En l'occurrence, cette banque n'entre pas dans le top 10 national et n'occupe pas de positions clés sur le marché du crédit immobilier ou à la consommation. Selon certaines estimations, au 1er janvier 2007 la banque Absolut occupait la 25e position pour le montant des actifs nets, avec 66,9 milliards de roubles (plus de 1,9 milliard d'euros). C'est là un bilan financier satisfaisant. Mais lui seul ne suffit pas à expliquer pourquoi KBC a accepté de payer presque quatre fois la valeur comptable tandis qu'en 2006, il n'avait proposé que de 2,7 à 3 fois la valeur comptable aux vendeurs d'actifs bancaires.

    On peut penser que les Belges sont même capables d'acquérir une structure financière russe plus importante. Le groupe KBC est la deuxième organisation de crédit belge, avec 325,4 milliards d'euros de prêts accordés fin 2006. Néanmoins, on sait bien que les banquiers européens savent compter leur argent et se refusent donc à acheter pour acheter. Du moins, ce n'est pas le cas des Belges qui se tiennent éloignés de tout excès.

    On peut supposer que la décision de KBC a été motivée par les facteurs suivants.

    Premièrement, les Belges se sont retrouvés devant un dilemme: comment entrer, avec des pertes minimes, sur le marché bancaire russe où règne une concurrence drastique et où les succursales de banques étrangères rivalisent avec les structures financières locales pour s'attirer les faveurs du client (les particuliers). Dans ce contexte, il faut dépenser beaucoup rien que pour apparaître sur le marché. Entrer sur le marché par l'acquisition d'actifs russes est une chose tout aussi coûteuse, mais bien plus avantageuse. Dans ce cas, l'investisseur étranger met la main sur tout le réseau de succursales et la clientèle de la banque rachetée.

    Deuxièmement, ce n'est évidemment pas un hasard si le groupe KBC apparaît sur le marché russe en même temps que son principal concurrent qui n'est autre que la banque belge Dexia. Il est clair que les deux concurrents devront aussi compter, dans leur "chasse" au client, avec les très nombreux acteurs du marché. Toutefois il est bon en termes d'image de dépasser son rival traditionnel. Il semble que KBC ait réussi à le faire grâce au rachat de cette banque russe qui n'est certes pas la plus grosse, mais tout de même assez influente.

    Troisièmement, selon les experts, la décision des Belges de payer si cher pour la banque Absolut a pu être prise à la suite de l'information sur l'intention de la Vneshtorgbank (VTB), la deuxième banque russe, de mener sa première IPO. Les spécialistes prédisent un succès total. Après cette introduction en bourse, l'intérêt des investisseurs étrangers pour les banques russes montera en flèche. L'augmentation de l'intérêt entraînera la montée du prix des actifs de la plupart des établissements de crédit russes, même si leurs activités et leur bilan financier ne sont pas aussi importants que ceux de la VTB. C'est dans la logique des choses.

    Ainsi, la transaction entre le groupe belge et la banque russe n'est pas le résultat d'une générosité inouïe mais d'un calcul pragmatique. En tout cas, les anciens patrons de la banque Absolut sont très satisfaits de l'issue des négociations sur la vente de leurs actifs. Les structures financières russes qui envisagent une vente totale ou partielle de leur capital aux investisseurs stratégiques occidentaux se réjouissent elles aussi. D'après les experts, les prix de vente de banques russes seront en hausse en 2007 et un coefficient de 3,8 fois la valeur comptable sera chose courante. En outre, cette tendance concernera au même degré les banques entrant dans le top 100 et les établissements de crédit moins importants.

    Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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