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    Revue de la presse russe du 27 avril

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Moskovskie novosti

    Une Russie forte pour la France et une France prospère pour la Russie

    Quelle incidence le changement de locataire au Palais de l'Elysée va-t-il avoir sur les relations russo-françaises? Compte tenu du rôle particulier joué dans les institutions politiques de la Ve république par le président, dont un des "domaines réservés" est la politique étrangère, cette question semble parfaitement logique.

    Commençons par l'agréable. En ce qui concerne les échanges économiques, culturels et scientifiques, le baromètre est indéniablement au beau fixe. Ces dernières années notre coopération économique s'est affermie. On en veut pour preuve le nombre de véhicules de marques françaises circulant dans les villes russes, indique dans le quotidien Sergueï Fiodorov, de l'Institut de l'Europe relevant de l'Académie des sciences de Russie. La chaîne de supermarchés Carrefour va bientôt prêter main forte au "populaire" Auchan. Il serait superflu de parler de la forte présence des parfums et des produits alimentaires made in France dans les magasins russes. Notre coopération dans les domaines de l'espace et de la recherche nucléaire elle aussi a le vent en poupe. Une collaboration s'annonce dans l'industrie aéronautique.

    Cependant, lorsque l'on se penche sur le domaine de la politique, on éprouve un peu moins d'optimisme quant aux futurs rapports de la France et de la Russie. Ici beaucoup dépendra de l'opinion publique française, des sympathies et des antipathies des premiers personnages. La Russie ne saurait miser sur "l'affection réciproque des Français". La plupart du temps les grands moyens d'information français présentent les événements qui se déroulent dans notre pays sous un jour négatif. Certaines publications sont au bord de "l'hystérie antirusse".

    Le départ de Jacques Chirac de la scène politique menace aussi de créer un certain vide dans nos relations. En sa personne nous étions habitués à voir, somme toute, un partenaire sûr, compréhensif, respectant la Russie et, n'ayons pas peur de le dire, éprouvant de la sympathie pour elle. Le président Chirac incarnait les traditions du gaullisme, que nous apprécions hautement pour son atlantisme modéré, pour ne pas dire frileux, le rôle particulier joué par la France sur l'échiquier international.

    La passation du pouvoir en France pourra bien sûr apporter des corrections. Pas dans le bon sens, malheureusement, si l'on en juge d'après l'atlantisme patent de Nicolas Sarkozy. Qui plus est, on ne saurait le suspecter de nourrir de la bienveillance à l'égard de notre pays.

    Cependant, nous nous garderons de verser dans un pessimisme excessif. Dans le discours programmatique de Ségolène Royal tout un paragraphe est consacré à la Russie. Il contient évidemment des critiques au sujet du respect des droits de l'homme, mais il évoque aussi les liens séculaires et très solides qui se sont tressés entre la France et la Russie, l'appartenance indéniable de la Russie à la civilisation européenne.

    En envisageant l'évolution des rapports russo-français, il importe de prendre en compte l'essentiel, à savoir la proximité des positions des deux pays sur les questions clés de la politique mondiale: monde multipolaire, guerre en Irak, situation au Proche-Orient. Les impératifs de la politique réelle feront passer au second plan les sympathies et antipathies personnelles de l'élite politique.

    Les prochains dirigeants français devront toujours avoir en mémoire que la grandeur de la France, si souvent citée par l'actuel leader des néogaullistes Sarkozy, doit beaucoup à l'Union soviétique. Et que la France, si elle veut conserver sa place particulière dans le monde, a plus que jamais besoin d'une Russie forte. Tout comme la Russie a besoin d'une France prospère.

    Vremia novosteï

    Message présidentiel: un programme pour plusieurs mandats (experts)

    Les experts politiques qui ont écouté attentivement le message de Vladimir Poutine à l'Assemblée fédérale (parlement) ont l'impression que le président n'a pas l'intention de quitter le pouvoir.

    Alexeï Makarkine, vice-directeur du Centre de technologies politiques : Vladimir Poutine a exposé un programme destiné à plusieurs successeurs. C'est un programme pour plusieurs mandats présidentiels.

    Le fait est que Vladimir Poutine veut exercer deux fonctions dans le cadre du système qu'il a formé : celle d'arbitre qui réglera les conflits entre les divers clans et celle de stratège qui détermine les axes principaux du développement du pays. Quant à lui, il a une idée qu'il n'annonce pas, car, dans ce cas, il deviendrait immédiatement un "canard boiteux".

    La réalisation des plans ambitieux dépendra beaucoup de deux circonstances: la conjoncture mondiale des prix des hydrocarbures et le niveau de corruption à l'appareil d'Etat. Si les prix du pétrole baissent, le président peut se retrouver dans la situation de Mikhaïl Gorbatchev, dont les projets ambitieux ont été ensevelis sous les ruines de l'économie soviétique. Compte tenu de la faiblesse des institutions publiques et du pouvoir législatif, les possibilités de la corruption s'accroissent fortement.

    Valeri Khomiakov, président du Conseil pour la stratégie nationale : Le message brosse les contours de la continuité. Il y était question moins des gens qui vont réaliser les plans que de la politique du pays pour le proche avenir. Seule une révolution peut empêcher la réalisation de ces plans. Pour prévenir la révolution, au lieu de brandir les matraques sur la place Pouchkine (en dispersant la "Marche du désaccord"), il faut rendre les élections au maximum transparentes et honnêtes, pour que personne ne puisse dire que la Douma (chambre basse du parlement russe) et le président ne sont pas tout à fait légitimes.

    Dmitri Orechkine, chef du groupe analytique Merkator : On a l'impression que le président n'a pas l'intention de trop s'éloigner du pouvoir, parce qu'il ne convient pas de donner des instructions aussi concrètes et rigides pour longtemps en quittant le pouvoir. Il s'est probablement choisi une place dans l'échelon supérieur de la direction du pays. Il est peu probable qu'il proclame des valeurs et des objectifs en partant. Autrement dit, Vladimir Poutine va aussi déployer des efforts en vue d'atteindre les objectifs fixés.

    Gazeta.Ru

    Pas de gel du traité FCE par la Russie dans l'immédiat

    La Russie dénoncera le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), si l'OTAN ne le ratifie pas, a déclaré le président Vladimir Poutine dans son message à l'Assemblée fédérale (parlement). L'introduction immédiate d'un moratoire n'est pas à l'ordre du jour : une telle mesure n'est envisageable qu'après des consultations avec l'OTAN, explique le Kremlin. Selon certains experts, ce geste désavantagerait la Russie elle-même.

    Vladimir Poutine a déclaré dans son message que l'Occident ne se pressait pas de ratifier le Traité, que les Etats-Unis déployaient leurs troupes en Europe de l'Est et que les nouveaux membres baltes de l'OTAN ne l'avaient même pas signé. Dans ces conditions, la Russie peut suspendre l'application du traité, a déclaré Vladimir Poutine.

    L'Occident a tout de suite réagi à cette déclaration de Vladimir Poutine. Le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer a déclaré que l'Alliance demandait au président russe des éclaircissements au sujet de cet éventuel moratoire sur le Traité FCE.

    Aucun moratoire n'est prévu dans l'immédiat: si aucun progrès n'est enregistré après une année de négociations avec l'OTAN, la Russie pourra poser la question de la suspension de l'application du Traité FCE, a expliqué une source proche du Kremlin. La Russie n'est pas intéressée à se faire des ennemis, a ajouté le sénateur Mikhaïl Marguelov.

    Après la désintégration de l'Organisation du Traité de Varsovie, le Traité FCE est devenu un instrument de désarmement unilatéral de la Russie et de contrôle exercé par l'Occident sur ce processus, car la réduction des forces de la flotte où l'Occident avait initialement un avantage n'a pas même fait l'objet de pourparlers, a déclaré Mikhaïl Barabanov, expert du Centre d'analyse des stratégies et des technologies. Après avoir atteint son objectif - la réduction des forces conventionnelles de la Russie et leur éloignement de l'Europe - l'Occident a cessé de s'intéresser à ce sujet, ce qui a rendu stériles les discussions sur le FCE menées depuis 1999, estime Mikhaïl Barabanov. "Le FCE avait du sens à l'époque de l'existence du traité entre l'Organisation du Traité de Varsovie et l'OTAN", estime l'expert militaire Alexandre Golts qui partage l'avis de son collègue.

    "Le retrait du FCE adapté ne promet pas d'avantages à la Russie, tout comme son retrait du traité sur les missiles de moyenne et de courte portée, objecte Vladimir Evseïev, chercheur à l'Institut d'économie mondiale et de relations internationales de l'Académie des sciences de Russie. Dans ce cas, il faudra consentir des dépenses supplémentaires pour déployer des moyens de blocage d'autres menaces aujourd'hui potentielles".

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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