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    Revue de la presse russe du 30 juillet

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Izvestia

    Le survol de la Sibérie au menu des discussions Russie-OMC

    Le dernier round des négociations en vue de l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n'a été qu'à moitié réussi. Les négociateurs ont approuvé 8 chapitres du rapport du groupe de travail en charge de l'adhésion. Les questions relatives aux subventions à l'industrie, aux zones de libre-échange et à la valeur douanière des marchandises ont été levées. Il a été décidé de maintenir les avantages pour les entreprises de l'enclave de Kaliningrad et les quotas tarifaires pour les importations de porc, de boeuf et de volaille. Toutefois, les échecs s'annoncent plus nombreux que les réussites.

    C'est l'aviation qui s'est retrouvée cette fois au coeur des tractations entre la Russie et l'OMC. Les Européens insistent pour que la Russie renonce à taxer les vols transsibériens. Aujourd'hui, les compagnies aériennes étrangères versent à la Russie 500 millions de dollars tous les ans pour raccourcir le trajet entre l'Europe et l'Asie. Même si le dossier n'est pas strictement commercial, la logique de l'OMC est simple: puisque l'argent ne va pas à l'Etat, mais à Aeroflot, il s'agit d'une concurrence déloyale, d'une mesure qui ne relève pas du marché et qui contredit les normes de l'OMC.

    Les compagnies aériennes étrangères ont intérêt à survoler la Sibérie. Sinon, pour atteindre les pays asiatiques, leurs avions devraient passer par le pôle Nord et consommer beaucoup plus de carburant. Pour exploiter les corridors aériens, les étrangers paient des royalties depuis l'époque soviétique. Avant 2000, personne ne s'était opposé à cette pratique. Mais lorsque Moscou a entamé les négociations en vue d'adhérer à l'OMC, l'Union européenne a déclaré que la Russie n'avait pas le droit, comme les autres pays du monde, de taxer les compagnies aériennes, à l'exception des redevances pour les services de navigation aérienne.

    Pour le ministre des Transports, Igor Levitine, la taxe versée par les étrangers n'est autre chose qu'une indemnité pour l'exploitation des corridors aériens qui pourraient être réservés aux compagnies russes. Or, les versements en question dont le montant s'élève à 500 millions de dollars par an se logent essentiellement dans le budget d'Aeroflot, sans que les autres transporteurs aériens, publics comme privés, en profitent.

    Il se trouve que la Russie ne tire aucun profit des taxes aériennes et que les royalties soutiennent une compagnie aérienne, qui se trouve être la plus grosse du pays. Quand, dans les années 1970, Aeroflot était l'unique compagnie aérienne du pays, cette situation était facilement explicable. Aujourd'hui, la Russie compte 182 transporteurs aériens concurrents. Et les positions russes aux négociations d'adhésion sont vulnérables par définition, car le soutien ouvert d'un transporteur aérien contredit les normes du libre-échange.

    Kommersant

    Contre les pots-de-vin, le gouvernement russe teste la carotte

    Un nouveau programme de lutte contre la corruption élaboré par la commission gouvernementale chargée de la réforme administrative et présidée par le vice-premier ministre Sergueï Narychkine sera testé dès cette année dans 18 régions de Russie. En cas de succès de l'expérience, pour laquelle il est prévu de puiser 277 millions de roubles (près de 8 millions d'euros) dans le budget fédéral, celle-ci constituera la base d'une nouvelle campagne anti-corruption à l'échelle du pays.

    Le contrat à durée déterminée est le mécanisme le plus important de contrôle sur les fonctionnaires figurant sur la "liste des postes à fort risque de corruption". La majeure partie des fonctionnaires travaillent actuellement aux termes de contrats à durée indéterminée, leur licenciement est difficile, il entraîne des compensations importantes, sauf cas de violation évidente des lois. En découle la nouveauté la plus scandaleuse du "programme dissuasif": l'octroi aux concussionnaires potentiels, bénéficiaires d'un "paquet de compensations", d'une compensation partielle des fonds budgétaires perdus en refusant de percevoir des pots-de-vin. Ce paquet comprend un "paquet social" (analogue au paquet social des compagnies commerciales) et "des modalités particulières de rémunération du travail compte tenu d'une récompense des sommes des pots-de-vin éventuels". La somme des "compensations", indique le projet, doit être proportionnelle aux risques de corruption.

    Les moyens proposés pour contrôler les fonctionnaires figurant sur la liste susmentionnée ne sont pas nouveaux: il s'agit d'inspections et d'un système de vidéosurveillance dans les bureaux. Le contrat peut également légaliser les écoutes téléphoniques sans autorisation du tribunal. Une nouveauté consiste à exiger une information exhaustive sur tous les contacts des fonctionnaires dans le cadre de leur profession et à instaurer une somme maximale déterminée dans le contrat dont les fonctionnaires ont le droit de disposer en se trouvant sur leur lieu de travail.

    Commentant le projet anti-corruption, Igor Jurgens, vice-président de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie, a déclaré qu'au lieu de mettre en place des mesures répressives dirigées contre les fonctionnaires, l'Etat devait réduire son rôle dans l'économie et "créer un système multipartite". Gueorgui Satarov, président de la fondation Indem qui publie régulièrement les évaluations de la corruption, a expliqué: "Il ne s'agit que du règlement du problème des conflits d'intérêts. Quant aux choses évidentes comme la fusion du pouvoir et des affaires, ils ne les prennent pas en considération".

    D'ailleurs, le gouvernement peut se servir du programme de Sergueï Narychkine comme d'une réponse aux accusations d'absence de lutte contre la corruption au sein du pouvoir exécutif lancées par les organisations internationales. Dans le rapport publié en juin par la Banque mondiale sur la qualité de l'administration de l'Etat, la Fédération de Russie a reçu six points sur une échelle de sept en matière de corruption du pouvoir.

    Vedomosti

    L'érosion continue de la propriété privée en Russie

    Le cas de Russneft confirme une observation fort simple: les impératifs de marché ne sont pas, et de loin, à l'origine de toutes les fusions et absorptions réalisées en Russie. Au lieu de doper le développement, on investit, à chaque rachat d'un actif pétrolier ou gazier, dans le repartage continu de la propriété.

    L'Etat a déjà montré aux investisseurs que les actifs stratégiques devaient avoir un "bon" propriétaire. Un actif qui se trouve entre de "mauvaises" mains perd en valeur, mais une fois racheté par un "bon" groupe, il retrouve sa valeur d'antan et la confiance de ses créanciers. Russneft, Rusia Petroleum, Sakhalin Energy et Ioukos sont autant de compagnies à succès qui ont dû d'abord affronter des réclamations fiscales, écologiques et autres de l'Etat, puis résister à leur revente et finalement jeter l'éponge (ou disparaître, comme Ioukos). La plupart des actifs ont été rachetés par des structures proches de l'Etat, avec un rabais substantiel.

    Toutefois, même compte tenu du rabais, l'acquisition des actifs a au total coûté près de 56,7 milliards de dollars dans les quatre cas précités (près de 33 milliards de dollars issus de la vente des derniers actifs de Ioukos et 9,37 milliards de la vente de Iouganskneftegaz, son principal actif de production; environ 800 millions de dollars pour la participation de TNK-BP dans Rusia Petroleum; 7,45 milliards pour celle rachetée par Gazprom dans Sakhaline-2; près de 6 milliards de dollars éventuellement pour Russneft).

    La dette de Rosneft s'élève à 36 milliards de dollars, celle de Gazprom atteint presque 50 milliards de dollars. Les emprunts réalisés par les compagnies publiques à l'étranger et l'afflux massif de capitaux en Russie ont déjà de quoi inquiéter la Banque centrale. Aucun défaut de paiement n'aura lieu, cela est certain. Tout en permettant aux compagnies publiques de contracter des emprunts avantageux, le marché part du principe que la solvabilité des groupes russes, aussi bien publics que contrôlés par l'Etat, est très grande.

    La lutte pour le contrôle de Russneft montre aussi que, derrière les apparences de plus en plus civilisées du marché russe, les droits de propriété restent instables, pour ne pas dire conventionnels. Dans cette situation, on peut à peine s'attendre à ce que des entreprises investissent de manière stable dans la modernisation, l'innovation et le développement intensif. Le repartage de la propriété raccourcit l'horizon des prévisions.

    Nezavisimaïa gazeta

    Gazoduc TGI: David contre Gazprom?

    Les pays européens saisissent toute occasion d'affaiblir leur dépendance face aux livraisons de produits énergétiques russes.

    Jeudi dernier, l'Italie, la Grèce et la Turquie ont signé un accord intergouvernemental sur la construction du gazoduc TGI pour transporter du gaz caspien et iranien vers l'Europe.

    Le nouveau pipe-line, qui doit être mis en exploitation d'ici à 2012, transporterait annuellement 8 milliards de mètres cubes de gaz. Malgré des volumes de livraisons relativement restreints, le projet peut s'avérer très avantageux pour les pays d'Europe du Sud sur le plan de la diversification des flux d'importation, mais également quant au prix du gaz peu élevé, prévu à 149 dollars les mille mètres cubes.

    La construction du gazoduc TGI est appuyée énergiquement par les Etats-Unis, qui sont, de même que les Européens, préoccupés par l'augmentation de la dépendance de l'Europe vis-à-vis de Gazprom. Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat américain, a déclaré que cet accord était le fruit des efforts des trois pays, largement soutenus par les Etats-Unis et l'UE, visant à diversifier les livraisons de gaz naturel de la mer Caspienne et à promouvoir le développement économique dans la région caspienne.

    D'ailleurs, les experts ne sont pas enclins à surestimer l'importance de ce nouveau gazoduc. "Le TGI ne fera pas concurrence au Nabucco, auquel pourrait se joindre Gazprom, ou au South Stream. Sa capacité maximale est trois fois moins importante que celle des ces deux gazoducs. Le TGI est donc plutôt un itinéraire supplémentaire qu'on utilisera en cas de problèmes avec les grands gazoducs. Les livraisons de 8 milliards de mètres cubes par an (capacité prévue du TGI) seront, bien évidemment, incapables de couvrir les besoins toujours croissants de l'Italie et de l'Europe, d'autant qu'une partie de ce gaz restera en Grèce", affirme Konstantin Serebriany, spécialiste en matière de consulting.

    Il faut noter que le contrat établit le prix du gaz à 149 dollars les mille mètres cubes, alors que le prix moyen du gaz russe pour les consommateurs européens atteint aujourd'hui 235 dollars les mille mètres cubes. Dans ce contexte, M. Serebriany n'a pas exclu que la demande de gaz russe puisse diminuer de 20% en Europe du Sud. D'autre part, les quantités de gaz fournies par ce nouveau gazoduc sont petites et le nombre de consommateurs est trop important pour que Gazprom puisse redouter une aggravation de sa situation, a quant à lui noté Sergueï Pravossoudov, directeur de l'Institut russe de l'énergie nationale.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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