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    La Russie vue par la presse de la CEI et des pays baltes

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    ESTONIE

    Le Festival des peuples finno-ougriens en Mordovie (Russie) a provoqué une multitude de commentaires dans la presse locale. Dans son article, la députée du Parlement européen Katrin Saks affirme que le refus de la Russie d'inviter à ce festival le président estonien Toomas Hendrik Ilves s'explique par le fait que les Estoniens, dans leur politique de protection des peuples parents, deviennent trop dangereux pour la Russie. "Notre grand voisin s'inquiète du fait que la manifestation de leurs problèmes (des Finno-ougriens de Russie) nuit aux arguments en faveur des droits des minorités russophones dans les pays baltes. Mais c'est normal! Refusant (au président estonien) cette invitation, on n'a pas remarqué que ce comportement a un effet boomerang. La situation qui en est ressortie a attiré beaucoup plus l'attention sur la profondeur du problème que n'importe quel spectacle monté pour la galerie" (K. Saks, "Postimees", 18.07).

    Les journaux débattent de l'avenir des Chemins de fer d'Estonie après les restrictions imposées par la Russie au transport de ses frets de transit. "Pratiquement dans tous les pays de l'Union européenne, cette infrastructure (...) est subventionnée. Jusqu'à présent, les pays baltes n'ont pas recouru à cette solution car ils ne pouvaient se permettre d'entretenir cette infrastructure grâce à l'argent provenant du transit russe" ("Postimees", 18.07).

    LETTONIE

    La presse locale parle de la récente réunion de la commission mixte lettono-russe pour la coopération comme d'un événement historique. Les commentateurs regrettent toutefois que la Russie n'ait pas donné de réponse positive aux propositions de la Lettonie relatives au transit de produits pétroliers et ignoré la demande de Riga d'étudier la possibilité de l'engagement d'un entrepôt souterrain de gaz en Lettonie dans le projet russo-allemand de Gazoduc nord-européen. "A entendre les fonctionnaires et les politiques russes, on peut en déduire que tous, en paroles, sont toujours favorables à l'extension de la coopération et à la réduction des barrières. Mais l'optimisme exprimé par les politiques devient invisible dès qu'il s'agit de traduire la volonté exprimée en paroles dans des actes concrets" ("Neatkariga rita avize", 23.07). Les prévisions des experts qui estimaient que Moscou changerait son attitude envers la coopération avec Riga après le départ de la présidente Vaira Vike-Freiberga ne se sont pas justifiées.

    "Après plusieurs années de boycottage, le Kremlin applique envers la Lettonie une politique prudente à l'extrême" ("Telegraf", 23.07). "Plus il y aura de problèmes dans les passages automobiles à la frontière (russo-lettonne), plus le monde des affaires trouvera avantageux de réorienter le transport de frets de la route à la mer" ("Neatkariga rita avize", 23.07).

    Les experts poursuivent le débat autour du choix du "dauphin" de Vladimir Poutine pour le poste de président russe. "Au sein de l'élite politique et économique russe, l'opinion selon laquelle non seulement un dauphin de Poutine mais aussi son successeur politique doit arriver au pouvoir en Russie après les élections est largement répandue (...). Ainsi, la principale question des élections sera la suivante: comment poursuivre la politique de Poutine sans Poutine? Celui qui saura donner la réponse la plus claire remportera les élections. Et celui qui saura plaire au président en place aura bien sûr plus de chances" ("Latvijas avize", 20.07).

    LITUANIE

    Donnant leur avis sur le conflit diplomatique qui a éclaté dans les rapports russo-britanniques, les analystes espèrent que le préjudice politique et économique qu'il causera ne sera pas important. "Le premier ministre (lituanien) Kirkilas estime qu'il n'y aura pas de guerre froide sérieuse et que les incartades de la Russie visent uniquement à régler ses problèmes intérieurs au moyen de l'étranger. Car, à l'approche des élections présidentielles et parlementaires, faire étalage de la puissance de la Russie est très avantageux pour les forces politiques proches du Kremlin actuel" ("Respublika", 20.07). "L'essentiel, pour le Kremlin, consiste, en profitant des ressources pétrolières et gazières de la Russie, à militariser rapidement la Russie et à pousser le monde entier à tourner son attention sur les intérêts géopolitiques" ("Veidas", 21.07). Pourtant, aux yeux des experts, la volonté de la Russie d'adhérer à l'OMC est la preuve de ce que pour Moscou, les rapports économiques avec l'Occident sont aujourd'hui plus importants qu'une confrontation politique. "Les rapports politiques entre l'Occident et la Russie sont tendus. Les deux parties, tant l'UE que la Russie, s'en rendent compte. Mais même sur ce fond-là elles cherchent à trouver des points de contact là où cela est possible ou, au moins, réfléchissent à la manière de préserver les acquis" ("Verslo zinios", 18.07).

    BIELORUSSIE

    Une "purge" d'ampleur au sein du Comité de sécurité d'Etat biélorusse entreprise par le président Alexandre Loukachenko a été la nouvelle de la semaine. Les médias d'opposition sont unanimes à expliquer cet événement par la récente arrestation en Biélorussie de cinq personnes - dont un militaire russe - soupçonnées de coopérer avec le service de renseignement polonais. "Le scandale d'espionnage récent prouve la bêtise et le manque de professionnalisme du contre-espionnage biélorusse" ("Bielorousski-Partizan", 18.07).

    Certains auteurs d'éditions indépendantes ont non seulement prévu un prochain renversement du président biélorusse mais aussi calculé la somme que cela coûterait à la Russie. "L'attaque russe coûtera entre 200 et 400 millions de dollars. Cet argent servira à acheter toute la "verticale du pouvoir" en Biélorussie (...). En tout état de cause, les Russes paieront pour ce renversement nettement moins d'argent que Loukachenko dépense pour sa protection" (site du Parti unifié des citoyens, 19.07, se référant à l'édition "Sans censure").

    Certains journalistes parlent de la volonté du président biélorusse de conclure un pacte avec le premier vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov. "L'ampleur des démarches entreprises par la partie biélorusse n'étonne pas. L'avenir de la carrière politique de Loukachenko dépend à plus d'un titre de celui qui sera successeur de Poutine. Le dirigeant biélorusse a l'impression que de toute une série de prétendants, Ivanov est le seul avec qui on pourrait s'entendre" ("Biélorousski-Partizan", 18.07).

    UKRAINE

    Les médias discutent toujours du projet de loi russe qui prévoit la dénonciation de l'accord russo-ukrainien sur les systèmes d'alerte aux missiles. Selon les journalistes, Moscou souhaitait depuis longtemps rompre les ententes russo-ukrainiennes sur la coopération dans l'exploitation des radars, surtout après l'échec de ses négociations avec Washington sur le bouclier antimissile américain. Les observateurs estiment que la doctrine militaire du Kremlin a changé et que Moscou pourrait bientôt revoir les modalités de cantonnement de sa flotte de la mer Noire en Crimée. "La flotte de la mer Noire est vitale pour la Russie en raison de l'aggravation des relations russo-américaines et du déploiement d'éléments du bouclier antimissile en Europe de l'Est... Moscou veut accuser notre État de ne pas respecter les clauses du Grand traité concernant l'exploitation des radars. Le Kremlin crée un prétexte pour réclamer la modification d'autres ententes" (Delovaya Stolitsa, 23.07).

    Les médias estiment que Kiev devrait persuader Moscou de payer davantage pour le stationnement de la flotte de la mer Noire. "Si les autorités prouvent que Moscou, qui a dénoncé l'accord sur les radars, a violé le Grand traité, notre État pourrait exercer des pressions sur la Russie" (Delovaya Stolitsa, 23.07).

    MOLDAVIE

    La récente intervention télévisée du président moldave Vladimir Voronine, qui a notamment démenti l'existence d'un projet secret de règlement du conflit transnistrien qui serait proposé par la Russie, a suscité une vive réaction dans la presse. Les médias progouvernementaux se félicitent d'une percée dans les relations économiques russo-moldaves. Le premier vice-ministre russe des Finances Sergueï Chatalov et le ministre moldave de l'Économie et du commerce Igor Dodon ont signé le Protocole sur le prélèvement d'impôts indirects suivant le pays de destination. "La Russie et la Moldavie ont ainsi réglé tous les litiges réciproques. A présent les relations économiques russo-moldaves sont conformes aux normes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)" (Novosti Moldova 18.07).

    ARMENIE

    L'élection présidentielle tenue au Haut-Karabakh a été l'événement central de la semaine en Arménie. Les analystes politiques arméniens et russes considèrent l'élection comme un transfert de pouvoir civilisé. Selon la presse, une participation active des électeurs et une concurrence réelle entre les candidats en sont la preuve. "Le Haut Karabakh n'est pas intéressé à préserver la domination d'une seule force politique à tout prix" (Sergueï Markedonov, chef du département pour les relations interethniques de l'Institut d'analyse politique et militaire Arka, 20.07).

    Le moratoire russe sur l'application du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) reste un dossier politique important. Les analystes prévoient l'engagement des pays caucasiens dans la confrontation entre les deux superpuissances et craignent le début de guerres régionales. "La perspective de renforcement de la présence militaire russe à la frontière du Caucase du Sud pourrait inciter la Géorgie à adhérer à l'OTAN et exciter des sentiments similaires en Azerbaïdjan (Hayots Achkhar, 18.07).

    Les experts sont surtout préoccupés par le sort du Haut Karabakh. Selon eux, le Traité FCE a jusqu'ici entravé la politique militariste de l'Azerbaïdjan. "Les ententes d'Istanbul sur les forces conventionnelles en Europe ont été le principal facteur de dissuasion pour la militarisation des républiques sud-caucasiennes... Ces ententes ont perdu leur actualité après le retrait de la Russie du Traité FCE" (Stepan Grigorian, directeur du Centre d'analyse pour la mondialisation et la coopération régionale, Novoïe Vremia, 19.07).

    GEORGIE

    Les articles consacrés aux perspectives de l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN font mousser la thèse selon laquelle seule l'Alliance de l'Atlantique Nord est capable d'assurer la protection des petits pays contre la Russie.

    "L'adhésion de la Géorgie à l'OTAN nous donnera des garanties, parce qu'aucun avion ou hélicoptère russe ne pourra pénétrer en territoire géorgien, et ce sera un grand pas vers le rétablissement de l'intégrité territoriale du pays" (K. Chenguelia, député au parlement géorgien, "Akhali taoba", 21.07).

    Les discussions internationales sur le statut du Kosovo demeurent un des thèmes les plus populaires dans les médias géorgiens.

    "La Russie elle-même connaît des problèmes liés à l'intégrité territoriale et au séparatisme, et le précédent de la reconnaissance du Kosovo est inacceptable pour elle. [...] En ce qui concerne l'éventuelle reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Abkhazie, ce serait équivalent à un suicide pour la Russie" (I. Menagarichvili, directeur du Centre d'études stratégiques, "Rezonansi", 18.07).

    AZERBAIDJAN

    Certains médias ont publié des articles expliquant les raisons pour lesquelles trois des quatre Etats membres du GUAM ont soutenu la position de la Russie qui réclame la préservation de l'intégrité territoriale de la Serbie.

    "L'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Moldavie ont décidé de soutenir la position de la Russie sur le problème du Kosovo. En fait, ces pays, qui ont des conflits non réglés sur leurs territoires, ne peuvent pas accepter l'indépendance du Kosovo, laquelle risque de créer un précédent dangereux pour eux. L'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Moldavie se rendent bien compte que la reconnaissance officielle d'un régime séparatiste entraînera une réaction en chaîne" ("Echo", 24.07).

    Les médias de l'opposition continuent de disserter sur le thème de l'influence négative du retrait de la Russie du Traité FCE sur la sécurité de l'Azerbaïdjan. L'analyste politique Khikmet Gadjizadé estime que le renoncement de Moscou au Traité FCE peut créer des problèmes pour Bakou dans deux domaines. D'une part, "en aggravant par cette démarche ses contradictions avec l'Occident, la Russie compliquera davantage le règlement du problème du Haut Karabakh. D'autre part, il n'est pas exclu que par la suite, la Russie se mette à armer plus activement l'Arménie" ("Azaldyg", 18.07).

    La position pro-arménienne, selon les médias de l'opposition, de la presse russe à l'égard des élections présidentielles au Haut Karabakh a suscité une vive réaction négative.

    "Dans les dépêches et commentaires sur les "élections", diffusés par les médias contrôlés par le Kremlin, le Haut Karabakh a été présenté essentiellement comme une république indépendante" ("Yeni Musavat", 21.07). "Les chaînes de télévision russes avaient déjà présenté le régime fantoche du Haut Karabakh comme un vrai régime. [...] Le Kremlin, en nommant sa créature au poste de leader des séparatistes du Karabakh, veut prendre sous son contrôle la situation au Haut Karabakh ("Yeni Musavat", 20.07).

    KAZAKHSTAN

    Les médias sont sérieusement préoccupés par la croissance rapide du nombre de militants des organisations extrémistes en Russie. Selon les experts, ce nombre est actuellement le plus élevé depuis vingt ans. "Ces dix à quinze dernières années, on n'a pas adopté en Russie une seule loi anti-extrémiste susceptible de fonctionner. En outre, selon les défenseurs des droits de l'homme, il existe trop de faits attestant que les autorités russes cultivent elles-mêmes le fascisme" ("Jas Kazakh", 20.07).

    La presse est préoccupée par le fait que le niveau de l'émigration en Ouzbékistan n'est soumis à aucun contrôle, ce qui pose des problèmes à la fois aux travailleurs souhaitant s'expatrier et aux pays employeurs tels que le Kazakhstan et la Russie. "Il existe un accord intergouvernemental autorisant les Ouzbeks à se rendre légalement en Corée du Sud pour gagner de l'argent. Or, aucun document de ce genre n'a pour le moment été signé ni entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan ni entre la Russie et l'Ouzbékistan (...) Il est depuis longtemps nécessaire de consacrer juridiquement le statut des travailleurs immigrés ouzbeks. Tant que les autorités ouzbèkes ne régleront pas les problèmes migratoires, leurs citoyens continueront d'être opprimés à l'étranger" (Gazeta.kz, 19.07).

    KIRGHIZSTAN

    La récente visite effectuée au Kirghizstan par le ministre russe de l'Intérieur Rachid Nourgaliev continue de susciter l'attention de la presse écrite. "Le président Kourmanbek Bakiev a reçu le ministre russe de l'Intérieur, M. Nourgaliev. Le chef de l'Etat kirghiz a exprimé sa reconnaissance sincère au président russe Vladimir Poutine pour la réalisation rapide de tous les accords conclus pendant leur rencontre à Saint-Pétersbourg" ("Erkintoo", 18.07).

    Les médias manifestent de plus en plus d'intérêt pour le statut du russe au Kirghizstan. "La science et la technique ne peuvent se passer de leur langue de travail: le russe (...) Les chaînes de télévision indépendantes diffusent la plupart de leurs émissions en russe. Et c'est normal, car les émissions russophones bénéficient d'une grande audience. Inutile de dire que c'est un processus objectif. Comment bâtir les relations internationales sans le russe?" (A. Anarbaïev, professeur à la chaire des relations internationales de l'Université kirghizo-ouzbèke, "Ekho Ocha", 21.07).

    TURKMENISTAN

    Les éditions analytiques ont accordé beaucoup d'attention à un rapport, récemment publié, de la Banque mondiale où le travail des administrations de 212 Etats était évalué selon le système de notation de 1 à 7. Cela dit, le Turkménistan a reçu la note la moins élevée pour tous les paramètres, ou peu s'en fallait. La presse d'opposition a abondamment cité les déclarations des experts critiquant la stratégie économique des sociétés russes au Turkménistan. "Il est évident que l'activité des investisseurs se réduira dans tous les domaines, sauf celui du pétrole et du gaz... Quant à la réaction au rapport de la Banque mondiale, il n'y en aura pas: le pouvoir préférera se taire, car il sait que l'Occident se battra pour les ressources énergétiques turkmènes dans toutes les circonstances..." (M. Sariev, expert à l'Institut d'étude des problèmes de la guerre et de la paix. - Site de la Fondation Helsinki du Turkménistan, 20.07).

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