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    Revue de la presse russe du 8 août

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    Un coup porté aux positions des successeurs de Vladimir Poutine

    A six mois de l'élection présidentielle, un coup sensible a été porté aux positions des premiers vice-premiers ministres Sergueï Ivanov et Dmitri Medvedev qui étaient considérés comme les successeurs les plus probables de Vladimir Poutine. Les amendements apportés au Règlement sur le gouvernement nivellent les premiers vice-premiers ministres et les simples vice-premiers ministres. En même temps, le président russe en exercice a été investi du droit de donner directement des consignes à tous les vice-premiers ministres, en contournant leur supérieur: le chef du gouvernement Mikhaïl Fradkov.

    Il semble que le Kremlin craigne terriblement que le statut de "canard boiteux" ne soit attribué à Vladimir Poutine avant l'expiration de son mandat présidentiel. "Le fait que le président ait désormais le droit de donner des consignes aux vice-premiers ministres atteste qu'il est chef du pouvoir exécutif en Russie", estime Evgueni Iassine, directeur scientifique du Haut Collège d'économie. Cette démarche conduit à l'introduction du système américain d'administration de l'Etat, dans lequel le président dirige toute la verticale du pouvoir exécutif, estime Mikhaïl Deliaguine, directeur de l'Institut des problèmes de la mondialisation.

    En outre, il n'est pas exclu que les premiers vice-premiers ministres aient des concurrents. "On leur laisse entendre qu'ils ne sont nullement successeurs du président, qu'un troisième personnage, pour l'instant inconnu, est également possible, ce à quoi avait fait allusion le président", estime Mikhaïl Deliaguine. "Dans le travail d'un agent secret, l'essentiel est de tenir son entourage dans l'incertitude", fait remarquer philosophiquement Evgueni Iassine.

    D'ailleurs, malgré la confusion qu'apporte le changement du Règlement sur le gouvernement dans le camp des successeurs officiels du président, les appréhensions face à un éventuel affaiblissement des positions de Vladimir Poutine à l'approche du changement de pouvoir ne sont probablement pas justifiées. De l'avis de Mikhaïl Deliaguine, la notion de "canard boiteux" ne convient pas au président. "Dans d'autres pays, on sait bien que le président quittera son poste après l'expiration de son mandat. Chez nous, il peut rester pour un troisième mandat ou occuper un poste très influent en gardant, en fait, le pouvoir, estime l'expert. En Russie, la personnalité est un facteur très important. Le président a tellement nettoyé l'espace politique qu'il ne reste personne d'autre capable de diriger le pays".

    Nezavissimaïa Gazeta

    L'Ukraine cherche à affaiblir la Russie... avec du pétrole irakien

    Les autorités de Kiev n'ont pas l'intention de renoncer à leurs projets ambitieux consistant à faire de l'Ukraine un puissant corridor de transit en vue d'anéantir la domination de la Russie sur le marché énergétique de l'Europe de l'Est. Le gouvernement de Viktor Ianoukovitch a chargé le ministère des Combustibles et de l'Energie et celui des Affaires étrangères d'ouvrir des négociations avec l'Irak et la Turquie sur la création d'un corridor pétrolier par lequel l'or noir irakien viendrait remplir l'oléoduc Odessa-Brody.

    La première conduite doit relier Kirkouk (Irak), via Trabzon (Turquie), au terminal pétrolier de Pivdenny (Ukraine). C'est là que commence l'oléoduc Odessa-Brody, actuellement exploité en sens inverse à défaut d'autres sources de pétrole: les compagnies russes utilisent son tronçon méridional pour ravitailler leurs tankers qui viennent s'amarrer à Pivdenny.

    "Naturellement, un tel projet sera avantageux pour l'Ukraine et la Turquie, mais le sera-t-il pour les exportateurs? s'interroge Natalia Miltchakova, analyste à la maison de courtage Otkrytie. Je ne crois pas que l'ouverture d'un nouveau corridor de transport soit accueillie avec optimisme en Russie."

    On s'aperçoit par ailleurs que ces négociations avec l'Irak et la Turquie, qui risquent de désavantager la Russie, ont été initiées par le gouvernement de Viktor Ianoukovitch réputé prorusse. On n'exclut pas que ce dernier ait ainsi voulu faire bonne figure devant les électeurs de l'ouest et du centre de l'Ukraine, qui désapprouvent son image prorusse, à la veille des prochaines élections législatives.

    Pour Vladimir Leskov, expert du secteur pétro-gazier, les déclarations annonçant la création d'un corridor de transport entre l'Irak et l'Ukraine sont une coquille vide. "Aujourd'hui, l'Irak extrait près de 2 millions de barils de pétrole par jour, dont 1,6 million sont exportés, essentiellement vers l'Europe et les Etats-Unis, et ces exportations sont assurées par des tankers géants, et non par des oléoducs", explique-t-il, avant d'avouer que l'idée en elle-même d'un corridor de transport irano-ukrainien traversant la Turquie n'était pas à exclure complètement. "Enfin, négocier avec les autorités irakiennes n'est pas une tâche facile, car la loi sur la participation étrangère aux projets pétro-gaziers n'est toujours pas adoptée. Il faudra donc attendre avant de pouvoir augmenter la production de pétrole en Irak", constate-t-il.

    Vedomosti

    La nuit d'hôtel moscovite est la plus chère d'Europe

    Moscou arrive en tête en Europe pour le coût moyen d'une chambre d'hôtel. Les experts expliquent les prix exorbitants par une hausse de la demande et l'absence de nouveaux hôtels.

    Après avoir étudié les prix des chambres dans 7.200 hôtels d'Europe, le cabinet de conseil et d'audit Deloitte & Touche a constaté que le prix journalier moyen d'une chambre d'hôtel à Moscou était de 263 euros, ce qui dépasse considérablement le coût d'une nuit d'hôtel à Londres, centre financier européen (185 euros). Athènes et Barcelone, où une nuit coûte en moyenne 149 euros, occupent les 3e et 4e places. Les hôtels de Varsovie sont les plus accessibles, à 91 euros.

    Les prix élevés s'expliquent par le manque catastrophique de chambres d'hôtel de niveau international, estiment les experts. "A Moscou, il arrive souvent qu'il soit impossible de réserver une chambre d'hôtel et ce, à n'importe quel prix, commente Vladimir Ilitchev, directeur chargé du développement régional chez Accor. Ceci n'arrive pratiquement jamais à Londres". Les étrangers sont de plus en plus nombreux à se rendre à Moscou pour affaires. Quant au nombre d'hôtels convenables, au lieu de s'accroître comme il le devrait, il se réduit. "Un coup dur a été porté par la démolition de l'hôtel Rossia : le fonds hôtelier s'est réduit d'emblée de 3.000 chambres, explique Vladimir Ilitchev. Certes, ce n'était pas un hôtel 4 à 5 étoiles, mais il jouissait d'une grande demande".

    D'après les données du Service fédéral de la frontière, en 2006, 2,4 millions d'étrangers, contre 2,3 millions en 2005, sont entrés en Russie en tant que touristes.

    Le manque d'hôtels a également une autre raison: les promoteurs préfèrent construire des bureaux plutôt que des hôtels, ajoute Marina Smirnova, vice-directrice du département conseil de la société Colliers International. "Le retour sur investissement des hôtels est bien plus rapide que celui des bureaux", confirme Natalia Alekhina, manager du service financier de Deloitte pour la CEI (Communauté des Etats indépendants).

    Selon Marina Smirnova, la restriction imposée à la fin de l'année dernière par le gouvernement de Moscou sur la construction de bâtiments de bureaux dans le centre historique contribue à l'amélioration de la situation. Son avis est partagé par Vladimir Ilitchev qui fait cependant remarquer qu'on ne peut attendre d'amélioration que dans quatre à cinq ans. Avant le commencement de la construction, les concertations, l'établissement des projets et l'obtention des autorisations prennent à peu près deux ans, et la construction en prend encore autant", a-t-il résumé.

    Rossiiskaïa Gazeta

    A qui attribuer le pôle Nord?

    L'expédition au pôle Nord a entraîné une foule de questions dans son sillage. Regardons la situation: le plateau continental va des rives d'un pays jusqu'aux frontières d'un autre. Comment dès lors partager les richesses souterraines?

    Selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la zone économique exclusive d'un Etat, fixée à 200 milles à partir de ses côtes, peut être élargie si les limites externes de son plateau continental s'étendent au-delà. Mais la convention apporte des restrictions. Un Etat peut prétendre exercer des droits soit jusqu'à 350 milles marins de ses côtes, soit jusqu'à 100 milles de l'isobathe 2.500.

    Il y a un élément crucial qui pour l'instant ne permet à aucun pays de prétendre pleinement à exercer sa souveraineté sur les plateaux arctiques. La commission de l'ONU exige qu'une carte complète du relief des zones dont les candidats souhaitent exploiter les ressources soit tracée à l'aide d'une sonde acoustique. Sans quoi, il serait difficile de déterminer l'étendue de la juridiction des Etats bordant l'Arctique. Au total, ce sont 24.000 kilomètres qu'il va falloir étudier dans l'Arctique.

    Le litige joue sur l'âge de la roche du continent et des fonds océaniques. S'il est varié, alors on peut oublier toutes les prétentions des pays sur le plateau continental. Certains scientifiques estiment que le rehaussement de la dorsale Mendeleïev témoigne de l'existence d'un puissant plateau volcanique, bien plus récent que le continent russe. La Russie devrait donc ravaler ses prétentions. Quand les chercheurs russes ont rapporté de leur expédition des échantillons d'une roche de 600 millions d'années, les sceptiques ont déclaré que c'était le temps qui l'avait arrachée du continent et déposée là-bas.

    Il en va de même pour la dorsale Lomonossov. Il n'y a aucun doute qu'elle constitue le prolongement d'un continent. Cela a été prouvé en 2004 par une expédition américaine et suédoise qui avait fait des forages jusqu'à 428 mètres au niveau de la dorsale. Mais est-elle reliée au continent russe? La question reste ouverte.

    Cette année, pour la première fois, des images sous-marines de la dorsale Lomonossov ont été tournées, aux endroits précis où des échantillons de roche ont été prélevés pour être analysés. On voit clairement à l'écran que le fond est propre, qu'il n'y a pas de morceaux de roche apportés au fil du temps. Ces images devraient convaincre les détracteurs que ce sont bien des morceaux de l'écorce terrestre qui ont été rapportés et qu'ils ont effectivement des centaines de millions d'années. Cela signifie donc que la dorsale n'est pas isolée, qu'elle est rattachée au continent russe.

    Tous les pays intéressés vont maintenant débuter de vastes recherches dans l'Océan Glacial Arctique. Il nous faut passer des accords. C'est tout simplement la seule solution. La Convention sur le droit de la mer indique en effet qu'elle ne traite pas les litiges entre pays voisins. Seul un document signé par toutes les parties en présence sera étudié.

    (Auteur: Viktor Posselov, vice-directeur de l'Institut russe de géologie océanique, docteur en géologie et en science des minéraux).

    Ces articles sontt tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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