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    Revue de la presse russe du 21 mai

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    L'économie, nouvelle carte de la diplomatie russe dans les pays de la CEI

    Les experts voient dans la création d'une nouvelle Agence fédérale pour les affaires de la CEI (Communauté des Etats indépendants), annoncée par le premier ministre Vladimir Poutine, un signe que la CEI reste la priorité de la politique étrangère russe, lit-on mercredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Il faut noter que l'accent sera mis sur les milieux d'affaires et les ONG en tant que principaux instruments de promotion des intérêts de la Russie dans l'espace postsoviétique.

    La création d'une nouvelle structure au ministère des Affaires étrangères (MID) a été une véritable surprise pour les diplomates. "Au MID, on ne se représente pas bien les fonctions de cette agence ni où trouver les cadres pour la faire fonctionner", a avoué une source ministérielle au quotidien Nezavissimaïa gazeta. Quatre départements aux affaires de la CEI existent déjà au sein du ministère. Selon cette source, l'idée de créer, en fait, un autre département, appartient à Vladimir Poutine lui-même.

    C'est justement l'aide économique et financière apportée à un certain nombre de républiques de la CEI au cours de la grave crise économique qui a suivi la désintégration de l'URSS qui a permis aux Etats-Unis d'occuper certaines positions géopolitiques dont ils ne disposaient pas auparavant dans l'espace postsoviétique. A cette époque-là, la Russie était trop faible pour relever ce défi. Selon les analystes, la Russie a maintenant pris conscience que les activités économiques peuvent être un instrument très important d'influence géopolitique et de promotion des intérêts du pays dans l'arène internationale.

    "La diplomatie traditionnelle ne peut pas régler tous les problèmes de la politique étrangère. Nous avons besoin d'autres instruments d'influence, a déclaré Konstantin Zatouline, premier vice-président du comité pour les Affaires de la CEI de la Douma (chambre basse du parlement russe). Nos partenaires américains sont un exemple en la matière. En outre, le ministère des Affaires étrangères ne se penche aujourd'hui que sur les problèmes politiques, mais il est impossible de les régler en négligeant l'économie. La nouvelle structure doit coordonner les processus politiques et économiques".

    Cependant, certains experts doutent de l'efficacité de cette nouvelle structure. "Je ne crois pas que le ministère des Affaires étrangères puisse atteindre efficacement les objectifs posés, a déclaré une source proche de l'administration présidentielle. L'agence en question assumera parallèlement les fonctions de structures déjà existantes, par exemple, celles de Roszarubejcentr (organisation fondée auprès du MID) et de la fondation Rousski mir. En outre, un département exerçant des fonctions analogues existe au sein de l'administration présidentielle".

    Un ministère pour les Affaires de la CEI, aboli par un décret de Vladimir Poutine peu après son arrivée au pouvoir, avait existé en Russie de 1998 à 2000. Les fonctions de ce ministère avaient été partagées entre le MID et le ministère du Développement économique. L'inconvénient de ce partage est devenu évident notamment au cours des récents événements en Géorgie, où alors que le MID levait les sanctions frappant l'Abkhazie, les représentants du ministère du Développement économique et du Commerce menaient parallèlement des pourparlers avec Tbilissi sur l'OMC.

    Gazeta.ru

    Russie: les siloviki ne lâchent pas BP

    A peine deux mois se sont écoulés depuis la dernière perquisition au bureau moscovite de British Petroleum, et voilà que l'expérience se répète, note mercredi le quotidien Gazeta.ru.

    En mars dernier, ce sont des employés du ministère de l'Intérieur qui avaient investi le bureau de BP, et cette fois-ci, la compagnie a suscité l'intérêt du Service fédéral de sécurité (FSB). Cette "promotion hiérarchique" de l'affaire est sans doute liée à l'intensification de la lutte pour le paquet d'actions russe de TNK-BP.

    Au début du printemps, les acteurs du marché ont considéré ces démarches comme une tentative de pression sur la compagnie, dans l'intérêt de Gazprom, de la part des autorités russes. Premièrement, TNK-BP, étant l'un des plus grands producteurs indépendants de gaz, essaie de contester le monopole de Gazprom en matière d'exportation de gaz russe et mène des actions de lobbying pour que la loi en question soit amendée. Deuxièmement, la transaction concernant le gisement de Kovykta, dont la licence pour la mise en valeur est détenue par Rusia Petroleum, filiale du holding russo-britannique, n'est pas encore achevée. La compagnie est prête à vendre son droit d'exploiter le gisement pour 1 milliard de dollars.

    Cependant, selon les experts, le monopole gazier espère à présent obtenir la part russe de TNK-BP. Selon certaines informations, la moitié de TNK-BP coûterait à Gazprom 20 milliards de dollars. Ce sont les problèmes artificiellement créés avec les autorités qui pourraient accélérer la transaction portant sur la vente de cette moitié de TNK-BP, estime Ivan Andrievski, partenaire exécutif de la compagnie 2K Audit - Delovye konsoultatsiï.

    Dmitri Abzalov, expert du Centre de conjoncture politique, est lui aussi d'avis que cette nouvelle perquisition fait partie d'une campagne de longue date visant à affaiblir TNK-BP. Selon lui, l'hypothèse de la vente d'une part de TNK-BP, depuis longtemps envisagée par les acteurs du marché, suppose que le nouveau propriétaire recevra non pas une certaine quantité d'actions de la compagnie, mais le bloc de contrôle lui-même.

    Il a été prévu que GazpromNeft rachète 50% aux actionnaires russes, et encore un pour cent à British Petroleum, explique M. Abzalov. Mais BP perdrait ainsi sa position de propriétaire paritaire, grâce à laquelle il pouvait inclure dans sa comptabilité les réserves russes d'hydrocarbures, augmentant ainsi sa capitalisation. La position d'actionnaire minoritaire, selon l'expert, est beaucoup moins avantageuse pour BP. Il est évident que la compagnie britannique a jugé que Dmitri Medvedev était un homme politique moins rigoureux que Vladimir Poutine, suppose Dmitri Abzalov. Mais M. Medvedev semble avoir décidé de défendre les intérêts de Gazprom, car on estime que le nouveau chef du FSB Alexandre Bortnikov a été nommé à ce poste, dans une grande mesure, grâce au nouveau président.

    RBC Daily

    Automobile: pour Fiat, le marché russe passe par la Serbie

    Après avoir invité instamment, ces trois dernières années, les constructeurs automobiles étrangers à installer leurs usines en Russie, le gouvernement russe commence à abandonner cette politique, lit-on mercredi dans le journal RBC Daily.

    Un régime de vente d'automobiles hors taxe pourrait être introduit dès la fin de cette année entre la Russie et la Serbie. Cela devrait avantager en premier lieu l'italien Fiat. L'allemand Volkswagen pourrait également profiter de l'annulation des taxes.

    Selon les prévisions d'Andreï Khripounov, chef de la représentation commerciale russe en Serbie, les taxes sur les automobiles pourraient être annulées avant la fin de l'année. Selon une source au ministère serbe du Commerce, les taxes frontalières sur les automobiles se situeront à 1%. Puisque l'accord est bilatéral, l'annulation des taxes concernera aussi bien les importations russes que serbes.

    Cette nouvelle initiative devrait profiter en premier lieu à Fiat qui a récemment signé un mémorandum de compréhension avec le groupe Zastava sur l'achat de 70% des actions de l'usine automobile serbe du même nom. L'année dernière, cette entreprise a fabriqué environ 12.000 automobiles selon de vieilles licences de Fiat. Après modernisation grâce à l'assistance du constructeur italien, le rendement de l'usine pourrait atteindre 150 à 200.000 voitures par an d'ici 2009, et 300.000 fin 2010. Selon une source au ministère serbe de l'Economie, une telle quantité ne peut pas être destinée qu'au marché serbe.

    Dans le même temps, le russe Severstal-Avto a déjà investi dans l'organisation de l'assemblage de véhicules Fiat en Russie. Il a même créé, cette fois en tant que distributeur, un réseau de concessionnaires, et fait une large publicité à la marque Fiat.

    En cas de conclusion d'un nouvel accord avec la Serbie, les Fiat provenant de Serbie et celles provenant d'Italie (ou de Turquie) seront importées à des conditions tout à fait différentes. En important des voitures italiennes, Severstal paie une taxe de 25%, 18% de TVA, ainsi que des accises et d'autres impôts, ce qui accroît le coût de l'automobile de plus de 60%. En outre, la compagnie paie également les taxes sur les pièces détachées (environ 15%) utilisées pour l'assemblage d'automobiles en Russie.

    Le groupe allemand Volkswagen qui envisage la construction d'une usine en Serbie pourrait également profiter de l'annulation des taxes.

    Selon une source au sein d'un des groupements sectoriels de l'industrie automobile russe, l'annulation des taxes est contraire à la politique visant à attirer des consortiums automobiles étrangers. L'interlocuteur du journal a exprimé l'espoir que les avantages pour la Serbie ne seraient pas supérieurs à ceux de la CEI (pour lesquels un taux de localisation de 50% est nécessaire). D'ailleurs, cette condition pourrait être bientôt remplie: comme l'a fait savoir le ministère serbe de l'Economie, Fiat prévoit de produire en Serbie toutes les pièces, sauf les moteurs.

    Vedomosti

    Le budget de Moscou flirte avec celui de New York

    Les fonctionnaires moscovites ont probablement l'intention de remplir rapidement la promesse faite en septembre 2007 par le maire Iouri Loujkov de rattraper New York pour le montant des recettes budgétaires (60 milliards de dollars), lit-on mercredi dans le quotidien Vedomosti.

    A en juger par le projet de budget triennal approuvé hier, Moscou recueillera l'année prochaine presque la même somme que sa "rivale" américaine: 1.370 milliards de roubles (plus de 57 milliards de dollars). Cela dit, la comparaison est commode, car cette compétition avec New York ne concerne ni l'envergure de l'économie, ni le niveau de développement des infrastructures, et encore moins la surface des routes et des parkings par rapport à celle de la ville.

    La comparaison de tels indices est probablement déjà considérée comme inutile. Il suffit de rappeler que, depuis la chute de l'URSS, le réseau routier à Moscou a augmenté de 15% et que le parc de voitures individuelles a été multiplié par 12, pour atteindre les 3,5 millions de véhicules. D'après les données de l'Association des plus grandes villes du monde, New York occupait en 2005 la 2e place au monde pour le produit régional brut (1.130 milliards de dollars), Paris la 5e place (460 milliards de dollars), et Moscou la 25e place (181 milliards de dollars).

    Cependant, il est intéressant de comparer les budgets des deux mégapoles. Selon les données de l'Institut de l'économie de la ville, l'impôt sur la propriété constitue près de 30% des revenus de New York, l'impôt sur le revenu 18%, 12% proviennent d'impôts perçus sur les petites entreprises et autant de l'impôt sur les bénéfices des grandes entreprises. A Moscou en 2007, l'impôt sur les bénéfices des organisations, pour l'essentiel, de grandes compagnies minières et financières russes, a constitué 45% des recettes du budget. En 2011, sa part doit atteindre, selon le projet, 50%. Les impôts sur les revenus des personnes physiques ont apporté 36% au trésor municipal. D'ici 2011, sa part atteindra, selon le plan, 38,5%. En 2007, l'impôt sur la propriété a assuré environ 6,4% des revenus, les petites entreprises n'en assurant que 1,4%. Selon les projets des financiers de la capitale, leur part sera, respectivement, de 3,4% et de 1,2% d'ici 2011. Bref, Moscou prévoit de continuer à vivre grâce à son statut de capitale: c'est-à-dire grâce aux revenus des grandes entreprises et des citoyens aisés.

    La part des revenus provenant de la location se réduira de 4,3% dans le budget de 2007 à 2,5% en 2011. On a l'impression que, dans une situation où tous les terrains et toutes les surfaces non habitées de Moscou ont été privatisés, le niveau des impôts est très bas. A titre d'exemple, l'impôt foncier assure un quart du budget de Paris.

    New York, Paris et Moscou sont comparables pour le budget par tête d'habitant. Cependant, New York et Paris sont bien plus attrayantes que Moscou du point de vue de la vie quotidienne et de la gestion des affaires. En 2007, la capitale russe a été classée 171e sur 215 dans le classement de Mercer Consulting pour les conditions de vie. Enfin, Moscou accuse un retard considérable sur Paris et New York pour le produit régional brut (PRB) par tête d'habitant.

    Pour l'instant, l'augmentation considérable des revenus de Moscou n'assure ni un accroissement proportionnel des revenus par tête d'habitant, ni de changements qualitatifs dans l'économie de la capitale.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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