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    Revue de la presse russe du 26 février

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Kommersant

    Moscou-Washington: pas de "redémarrage" sans efforts réciproques

    La partie la plus intrigante de la première intervention du nouveau président américain devant le Congrès a probablement été l'exposition par Barack Obama de sa vision d'une Amérique nouvelle, une Amérique d'après-crise, lit-on jeudi dans le quotidien Kommersant.

    Les Etats-Unis dominants de l'époque de Georges W. Bush doivent céder la place à un pays capable de proposer un modèle de développement séduisant, ce qui serait précisément un moyen de confirmer leur rôle dirigeant dans le monde. L'idée-force du message est adressée non seulement au public américain, mais aussi au monde entier, y compris à la Russie, qui n'a pas été expressément mentionnée.

    La vision même d'un monde nouveau et d'une Amérique renouvelée incite l'administration d'Obama à avoir un dialogue sérieux avec Moscou. La Russie reste un des principaux partenaires des Etats-Unis, car le président Obama ne sera pas en mesure d'atteindre ses objectifs sans cette coopération, qui devrait embrasser un éventail très large de questions: de l'écologie à l'éducation en passant par le désarmement global.

    Aujourd'hui, on répète à tout bout de champ la phrase devenue proverbiale du vice-président Biden, qui a appelé à appuyer sur le bouton "redémarrage" des relations russo-américaines. Les démarches de réconciliation de la nouvelle administration sont déjà interprétées comme une volonté d'Obama de faire des concessions unilatérales considérables.

    Afin d'éviter une profonde déception, il est toutefois nécessaire de comprendre une chose très simple: un changement qualitatif au sein des relations bilatérales exige que le bouton de redémarrage soit pressé par les deux parties. La Russie sera elle-aussi contrainte de faire des concessions sérieuses aux Etats-Unis, notamment sur l'Iran, l'ABM et le désarmement.

    Pourtant, l'élément-clé doit résider dans un changement de la vision russe de l'Amérique. Une Russie se posant en forteresse assiégée et qualifiant de tous les maux les ennemis américains doit être reléguée dans le passé, tout comme les hommes politiques et les idéologues incarnant une telle approche. Représentants de la première génération d'hommes politiques formés après la guerre froide, les présidents Obama et Medvedev sont tout à fait capables d'obtenir ce qui était au-dessus des forces de leurs prédécesseurs.

    Par Nikolaï Zlobine, directeur des programmes russes et asiatiques de l'Institut de la sécurité mondiale de Washington.

    Gazeta/Gazeta.ru

    Armements russes: Rostekhnologuii veut emprunter à l'Occident

    Un tiers des entreprises du complexe militaro-industriel russe risquent de faire faillite, prévient le chef du groupe public russe Rostekhnologuii, Sergueï Tchemezov, lit-on jeudi dans le quotidiens Gazeta et Gazeta.ru.

    Ayant besoin d'obtenir un financement, ces compagnies sont prêtes à demander des crédits à l'Occident. Pourtant, il est peu probable qu'elles en obtiennent beaucoup.

    L'inspection de 440 entreprises (340 d'elles font partie de l'industrie de la défense), dont les actions avaient été transmises à Rostekhnologuii, a révélé que seules 36 organisations stratégiques étaient stables sur les plans financier et économique. Environ 30% des organisations donnent des signes de la faillite, la situation la plus difficile caractérisant les secteurs des munitions et de la chimie spéciale, dont près de la moitié des entreprises sont potentiellement banqueroutières. "La marge de sécurité et de survie du complexe militaro-industriel touche à sa fin", a constaté M. Tchemezov dans son discours à la Douma (chambre basse du parlement russe).

    Le total des dettes passives des compagnies de Rostekhnologuii a déjà atteint 625 milliards de roubles (17,4 milliards de dollars), alors que les conditions proposées par les banques russes sont inacceptables pour l'industrie de la défense, a souligné M. Tchemezov. C'est pourquoi la corporation mène déjà des négociations avec des banques occidentales, dont les taux d'intérêt sont "plusieurs fois moins élevés".

    Selon de récentes estimations du président de l'Association des banques régionales de Russie, Anatoli Aksakov, les banques russes offrent aux personnes morales des crédits à des taux variant de 18% à 40%.

    "M. Tchemezov veut sans doute faire comprendre aux structures russes que si Rostechnologuii ne reçoit pas d'argent, la corporation s'adressera à l'Occident", estime Konstantin Makienko, directeur adjoint du Centre d'analyse des stratégies et des technologies.

    Les experts indiquent qu'en cas d'échec de cette sorte de chantage, Rostekhnologuii pourrait être très déçu: l'Occident n'a aucune raison d'investir dans le groupe public russe. "Il est difficile d'imaginer que les banques occidentales financent le complexe militaro-industriel russe, c'est pourquoi il ne faut pas attendre qu'elles lui octroient des crédits considérables", affirme M. Makienko. "En tant que société publique, Rostekhnologuii, n'est pas habilité à recevoir un prêt sur gage en contrepartie des actions des entreprises de la défense", explique Dmitri Abzalov, expert en chef du Centre de la conjoncture politique. La seule issue est, selon lui, d'obtenir un crédit sur nantissement des titres de compagnies civiles telles qu'Avisma et AvtoVAZ.

    Vedomosti

    Russie: la crise devient un moyen de propagande

    Ayant perdu la moitié de leurs recettes à cause de la crise, les secteurs de la publicité et des relations publiques ont reçu en même temps un nouveau sujet gagnant: la lutte des siloviki contre la crise remplace dans les médias la lutte anticorruption, lit-on jeudi dans le quotidien Vedomosti.

    La crise, tout comme la guerre, simplifie la perception du monde en la transformant en image en noir et blanc, ce qui est très utile du point de vue propagandiste. En cas de guerre classique, tout est clair: "le bien et le mal = nous et eux", en cas de crise, le concept de mal peut cependant varier. Autrement dit, le mal est en principe la récession économique, les prix élevés, les bas salaires, le chômage et la famine. Pourtant, il est tout à fait possible de trouver en même temps des responsables de la situation, en concrétisant l'image de l'ennemi.

    L'élément clé est la nécessité même de lutter contre un ennemi, qui devient une priorité et relègue loin derrière les problèmes et les objectifs actuels en période de paix.

    C'est par exemple le cas des structures de force russes. Leurs séances annuelles se sont déroulées sous le slogan "Surveillons les dépenses anticrise de l'Etat". Ce sujet a été évoqué par les chefs mêmes de ces organisations ainsi que par le président Dmitri Medvedev, qui leur a fixé des objectifs. Outre la Banque centrale et le Service fédéral de suivi financier, l'argent anticrise est actuellement contrôlé également par le ministère de l'Intérieur et le Service fédéral de sécurité (FSB). Récemment, le président a également chargé de cette tâche la Cour des comptes et, hier, le Parquet général. Les procureurs seront aussi bien obligés de veiller plus soigneusement au respect des droits des travailleurs dans les conditions de la crise.

    Le thème de la lutte anticrise des siloviki semble primer le problème de la lutte contre la corruption, très populaire au milieu de l'année dernière, après des initiatives en ce sens de Medvedev. Les Russes en ont déjà assez de la corruption ainsi que des statistiques ennuyeuses sur le nombre de crimes commis, élucidés et non élucidés. Ce sont des sujets quotidiens, à long terme et "pacifiques", qui ne créent pas l'effet requis en "période de guerre".

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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