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    Un moustique survit à un séjour dans le vide spatial

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    Par Alexandre Pesliak, RIA Novosti

    Par Alexandre Pesliak, RIA Novosti

    Dans le cadre du projet stratégique d'expédition habitée vers Mars, les scientifiques procèdent non seulement à la modélisation de la survie des marsonautes (qui s'effectue dans la région de Moscou), mais également à des expériences d'un type nouveau incluant des objets biologiques. Les chercheurs de l'Institut des problèmes médico-biologiques (IPMB) de l'Académie russe des sciences essaient de prévoir comment la radiation spatiale peut influer sur les organismes vivants au cours de longs voyages interplanétaires. L'un de ces organismes a réussi à survivre dans le vide spatial.

    Le vice-président de l'Académie russe des sciences Anatoli Grigoriev a fait part de cette nouvelle retentissante: "Un moustique a survécu dans l'espace". L'insecte a "dormi" pendant plus d'un an sur la partie extérieure de la Station spatiale internationale (ISS), sans nourriture et dans des conditions de variations extrêmes de température (allant de -150° à l'ombre de l'ISS à +60° sur sa surface éclairée). De retour sur Terre, il est revenu à la vie.

    Le moustique a été placé dans le vide spatial à la demande des chercheurs de l'IPMB, dans le cadre du programme "Biorisque". Il a pris la relève des différentes bactéries et champignons qui avaient déjà fait un tel "voyage". L'idée d'envoyer dans l'espace ce genre "d'astronaute" appartenait à un scientifique japonais.

    Le centre de recherche russe coopère depuis 2005 avec deux instituts japonais afin d'étudier des objets biologiques possédant des caractéristiques particulières, par exemple, des orges ou des pois d'une grande résistance génétique.

    "Le professeur Takashi Okuda de l'Institut d'agrobiologie a attiré notre attention sur un moustique africain très intéressant. Sa durée de vie est très courte, et les larves ne se développent que dans un milieu humide", ont précisé les biologistes. Or, les rares flaques d'eau s'évaporent très vite en raison de la chaleur. Mais l'organisme de ce moustique s'est adapté à ces conditions, et l'insecte entre dans un état de cryptobiose, lorsque le métabolisme s'arrête complètement. Une larve dans cet état-là a été soumise au traitement à l'acétone, à l'eau bouillante, elle a été refroidie jusqu'à la température de l'azote liquide, mais a réussi à survivre à toutes ces épreuves.

    Les Japonais ont également étudié l'ADN de la larve, pour découvrir qu'elle possède un puissant système lui permettant de passer d'un état à l'autre en l'espace de 30 à 40 minutes, grâce à la cristallisation naturelle de la matière biologique. Le mécanisme de ce processus intéresse beaucoup les chercheurs qui souhaitent pouvoir l'utiliser en premier lieu lors du déplacement d'organismes vivants dans l'espace, a expliqué Vladimir Sytchev, chercheur à l'IPMB. D'après le scientifique, des progrès ont été réalisés avec les plantes dans ce domaine, mais l'étude piétine pour ce qui est des objets vivants, notamment en raison de leur grande dépendance vis-à-vis de la gravitation, mais également de la radiation, des variations de températures, etc.

    En été 2007, les cosmonautes Fedor Iourtchikhine et Oleg Kotov ont installé sur la surface de l'ISS un cylindre gris qui contenaient 24 cuvettes abritant des graines d'ogre, des bactéries, des daphnies et d'autres objets vivants dont des larves de moustique. Un an plus tard, le cylindre a été ramené sur Terre.

    Dans le cadre de l'expérience "Biorisque", les chercheurs ont pour la première fois étudié l'influence du vide, de l'échauffement excessif et du refroidissement, accompagnés de la radiation spatiale, sur les substances biologiques. Il est impossible de modéliser ce genre de processus, a souligné Vladimir Sytchev. Les scientifiques projettent, selon lui, d'envoyer dans l'espace certains microorganismes dans le cadre de la mission Phobos-Grunt et de les faire revenir sur Terre par la suite, en vue de définir les mécanismes de survie, de passage à l'état de cryptobiose et inversement lors d'un voyage prolongé.

    Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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