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    Revue de la presse russe du 3 mars

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Kommersant

    Moscou - Ossétie du Sud: le torchon brûle autour de l'aide financière russe

    La question du contrôle de l'aide financière russe a donné lieu à une brouille sérieuse entre Moscou et Tskhinvali, qui a provoqué vendredi l'annulation de la séance de la Commission interministérielle pour la reconstruction de l'Ossétie du Sud, lit-on mardi dans le quotidien Kommersant.

    Selon le premier vice-premier ministre sud-ossète Khassan Pliev, les fonds budgétaires russes octroyés à la reconstruction de la république ne peuvent pas être transférés à l'Ossétie du Sud sans l'aval de la commission. 1,5 milliard de roubles (41,5 millions USD) sur les 10 milliards (276,5 millions USD) promis par Poutine ont été octroyés le 20 août pour financer des travaux urgents. L'argent a été versé par le ministère des Finances sur un compte spécial de l'office du Trésor russe en Ossétie du Nord.

    Moscou insiste sur le fait que ce milliard et demi de roubles a été octroyé d'urgence, c'est-à-dire sans le contrôle nécessaire, alors que l'utilisation des 8,5 milliards (235 millions USD) restants exige l'élaboration d'un nouveau mécanisme. "Cette question suscite certaines divergences", reconnaît M. Pliev. Il s'agit en fait d'un contrôle de l'aide financière octroyée par la Russie pour reconstruire la république. Moscou propose de la superviser en créant une direction spéciale pour la reconstruction de l'Ossétie du Sud auprès du ministère du Développement régional.

    "Les objections de la partie sud-ossète sont formellement parfaitement compréhensibles", fait remarquer Mikhaïl Alexandrov, chef du département du Caucase de l'Institut des pays de la CEI. "Si nous les reconnaissons en tant qu'Etat indépendant, les mécanismes d'aide doivent eux-aussi être interétatiques. Personne ne songe, par exemple, à créer auprès du ministère du Développement régional une direction pour la réalisation des projets en Biélorussie". " Cependant, l'argent octroyé par la Russie ayant une fâcheuse tendance de s'évaporer dans la région, Moscou a l'envie tout à fait naturelle de contrôler la situation", ajoute-t-il.

    Qui plus est, la situation est aggravée, selon M. Alexandrov, par les effets de la crise: si la Russie faisait preuve, en été et au début d'automne, d'une attitude beaucoup plus stoïque face à la dilapidation de fonds destinés à l'Ossétie du Sud, aujourd'hui, le gouvernement n'a désormais pas assez d'argent pour soutenir les régions russes. "Dans le Caucase, il faut toujours être prêt à ce que 10-15% des sommes atterrissent dans les poches des chefs locaux. Les ressources financières étant très limitées, l'absence de résultats est absolument inacceptable pour le centre fédéral", souligne-t-il.

    Nezavissimaïa gazeta

    Russie: le tandem dirigeant reste un mythe politique

    L'année de la présidence de Dmitri Medvedev a démontré qu'il n'existait pas de phénomène politique tel que le "tandem" du président et du premier ministre, lit-on, mardi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Il ne s'agit pas d'une alliance de deux partenaires égaux, mais plutôt de frères siamois qui ont deux têtes et possèdent les organes en commun. Il est donc impossible de diviser cet organisme étrange en deux individus sans tuer un des deux.

    En outre, les possibilités éventuelles de renforcement successif du rôle de Medvedev et la transition du pouvoir réel vers le président ont disparu en août-septembre 2008, marqué par une modification démonstrative de la politique extérieure et le déclenchement de la crise. L'ordre du jour a complètement changé et toutes les idées de Medvedev, notamment la reforme judiciaire, la lutte contre la corruption et la modernisation économique et sociale (les quatre "i"), ont été relégués, les questions relevant de la compétence du premier ministre Vladimir Poutine étant mises au premier plan.

    Les cotes de popularité du président et du premier ministre constituent une image remarquable. Il ne s'agit pas de deux courbes, mais d'un seul indice: leurs résultats varient d'une manière tout à fait synchronisée. Il n'existe pas de cote de popularité de Medvedev isolée de celle de Poutine, la popularité du président étant tout simplement un reflet de celle du premier ministre. On ne peut pas s'imaginer par exemple que la courbe de Poutine baisse alors que l'indice de Medvedev reste au même niveau où commence à s'accroître, ce qui est une preuve évocatrice du fait que la situation n'a pas du tout changé. De plus, Poutine possède toujours tous les leviers de contrôle des finances, de l'économie réelle (notamment de l'industrie de pétrole et de gaz), ainsi que du maintien de l'équilibre entre les principaux groupes influents et les clans d'élite. C'est lui qui dispose du guidon et des pédales de ce "tandem". Quant à Medvedev, il est assis sur le châssis et ne fait que sourire aux passants: il ne possède toujours de moyens de gestion réelle, nécessaires pour réaliser ses slogans généraux, justes et populaires.

    Par Nikolaï Petrov, membre du conseil scientifique du Centre Carnegie de Moscou.

    Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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