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    Courrier des lecteurs Eric R., 2009-04-13 12:55

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    Mais oui, c'est vrai ça ! Nadia, vous avez grand tort de faire ce procès aux Américains. Un pays si pacifique qui n'a jamais agressé personne ! Voyez comme les Vietnamiens, les Irakiens, les Serbes n'ont eu qu'à se féliciter des bienfaits de leurs interventions. Aujourd'hui, ce sont les Afghans qui ont la chance d'en profiter.

    M.Pourtout, grand spécialiste de l'escamotage des faits, remonte à 1945 et à Staline pour établir des comparaisons avec la Russie actuelle. Mais les interventions soviétiques, si brutales et critiquables qu'elles fussent, se sont déroulées il y a au moins 40 ans, une éternité. Pour la Pologne j'ai oublié quand elle eut lieu. Et mettre sur un pied d'égalité la présence militaire russe en Transnistrie avec l'activisme américain dans le reste du monde relève de la galéjade.

    Quant à l'"occupation" de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, il me semble qu'elle est la conséquence des actes de guerre commis par la Géorgie contre des populations civiles  et des soldats de la paix russes. Au passage, les bombardements nocturnes de zones civiles sont considérés comme crimes de guerre qui auraient valu à n'importe quel général serbe ou rwandais de se retrouver devant le TPI, mais dans le cas de M.Saakachvili, c'est différent. On se demande pourquoi.

    Mais un fait demeure: la Géorgie a voulu ce conflit et l'a perdu. Elle en paie le prix. Le plus inquiétant est que M.Saakachvili n'a pas compris. Il s'est même donné beaucoup de mal pour rejeter la faute sur la Russie, mais la ficelle était tellement grosse que même ses alliés américains et européens n'ont pu l'avaler.

    Qui possède le plus d'ogives nucléaires? Le journal Le Figaro, pourtant peu suspect de sympathies pro-russes, nous apprend (février 2009) que la Russie en détient 5.200, les USA 5.400 auxquelles il convient d'ajouter les 160 britanniques et les 300 françaises. Passons rapidement sur les 200 israéliennes. Mais d'un tour de passe-passe, M.Pourtout nous fera croire que la balance penche du côté des Russes. S'il pouvait au moins indiquer l'emplacement d'une seule base extérieure russe, à part Sébastopol ce serait trop facile, ses arguments auraient un peu plus de poids.

    Tromper ses voisins? Les USA ne se limitent pas? Cela, ils mentent juste au reste de la planète. M.Pourtout saura sans aucun doute nous rappeler la validité des preuves de détention par l'Irak d'armes de destruction massive qu'ils avançaient. Cela ne date pas de 1945, mais de 2003. On connaît la suite.

    Quant à la parole donnée par l'Oncle Sam, elle ne vaut pas grand-chose. En 1990, afin que l'URSS accepte la réunification allemande, M.Bush père, alors président, avait garanti à M.Gorbatchev qu'il n'y aurait jamais d'extension de l'OTAN à l'Est. Mais après la chute de l'URSS, les USA se sont crus autorisés à appliquer une justice de vainqueurs.

    Foin des accords et des promesses, on fait ce qu'on veut: adhésions multiples à l'OTAN, installation de bases militaires le long des nouvelles frontières de la Russie, bouclier anti-missiles en Europe de l'Est, démembrement de la Serbie avec l'indépendance du Kosovo malgré les protestations et avertissements russes. Même le député français M.Lellouche, lui aussi peu habitué à soutenir la Russie, estime que les Américains ont un tantinet exagéré.

    La réaction de la Russie dans le Caucase en août 2008 a sifflé la fin de ses concessions. La politique extérieure russe a vécu un cauchemar durant la décennie 1990 et le début des années 2000. A présent, elle relève la tête et il faudra s'y faire. Souhaitons que M.Obama le comprenne et utilise le capital de confiance dont il jouit pour améliorer une situation que les huit ans de comportement de cow-boy de M.Bush fils ont considérablement envenimée.    

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