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    Revue de la presse russe du 9 novembre

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    Le mur de Berlin a été démoli il y a 20 ans/L'appel non entendu du président Medvedev à la lutte anti-corruption /Russie-UE: abandonner les mythes empêchant le partenariat dans le domaine du gaz /Pour Magna, la Russie reste un marché prometteur

    Le mur de Berlin a été démoli il y a 20 ans, mais reste sa poussière / Le signal non entendu du président Medvedev sur la lutte anti-corruption / La Russie et l'UE doivent abandonner les mythes empêchant la compréhension dans le domaine du gaz / Magna considère toujours la Russie comme un marché prometteur

    Nezavissimaïa gazeta

    Le mur de Berlin a été démoli il y a 20 ans, mais reste sa poussière

    Le 9 novembre, on fête un anniversaire mémorable: les 20 ans de la chute du mur de Berlin, symbole de la guerre froide et de longues années d'une opposition irréconciliable entre les deux systèmes politiques, lit-on lundi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Mais la paix sur la planète est-elle devenue plus solide suite à cela?
    La réponse n'est malheureusement pas univoque.

    La chute du mur a entraîné l'écroulement du Pacte de Varsovie, puis celui du système socialiste. L'Union Soviétique a cessé d'exister. Les troupes soviétiques ont été retirées rapidement de RDA, de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Hongrie. Les promesses faites par George Bush-père à Mikhaïl Gorbatchev comme quoi "l'OTAN n'avancerait pas d'un mètre à l'Est" sont restées des paroles creuses.

    Exactement un mois après la chute du mur de Berlin, Bush-père a envoyé 26000 soldats au Panama, montrant ainsi que les Etats-Unis miseraient avant tout sur la force dans leur politique. La première guerre du Golfe a commencé au début des années 90 du siècle dernier, la seconde, au début de notre siècle. Dans l'intervalle, la Yougoslavie divisée a subi des attaques de missiles et de bombes. La Serbie a perdu 20% de son territoire, un nouvel Etat sous protectorat de l'OTAN - le Kosovo- a fait son apparition. George Bush-fils s'est retiré du Traité ABM de 1972 qui était considéré comme la pierre angulaire de la sécurité ; Moscou a gelé son application du Traité sur les forces conventionnelles en Europe ; les terroristes ont porté un coup aux tours jumelles du Trade World Center à New York, ce qui a entraîné la guerre en Afghanistan qui se poursuit jusqu'à présent ; les dépenses militaires des Etats-Unis se sont élevées à 670 milliards de dollars ... Puis, il y a eu la guerre en Ossétie du Sud.

    Ces vingt dernières années, la sécurité de la planète et, d'ailleurs, de chaque Etat, ne s’est pas consolidée. Le monde bipolaire qui reposait sur la crainte de la destruction nucléaire réciproque a cessé d'exister après la chute du mur de Berlin, mais le monde unipolaire a montré son inconsistance. Il est évident qu'il faut changer les rapports entre les pays et leurs alliances et créer de nouveaux systèmes multipolaires de sécurité. Pour y parvenir, il faut profiter de l'expérience acquise il y a 20 ans, lorsque des pays de camps opposés étaient allés au-devant les uns des autres, en comprenant que l'abandon d’insignifiantes divergences serait utile à tout le monde. C'est la leçon principale du mur.

    Vedomosti


    Le signal non entendu du président Medvedev sur la lutte anti-corruption

    La loi tacite du football - si tu ne marques pas un but, c'est l'adversaire qui le fera - est valable en politique, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.

    Si tu ne règles pas un problème, il prendra le dessus et tu te retrouveras sur le bas-côté de la politique. Et c’est en tout premier lieu fâcheux, si le terrain de jeu a été choisi par toi-même. C'est le cas du président Medvedev.

    Lors de sa courte campagne électorale, il n'a pas appelé à moderniser le pays, il n'a pas promis de devenir un vidéoblogueur populaire ou d'établir un record du monde de miséricorde en accordant, 65 ans après la Victoire, des appartements aux anciens combattants. Medvedev a défié la corruption et a promis d'établir un ordre juridique national et un respect de la loi par ses propres fonctionnaires tels que tout le monde avait parfaitement compris qu'il n'était pas arrivé au pouvoir uniquement pour préparer la place de Poutine en 2012. Las aussi bien de la corruption de petite envergure devenue un mode de vie, que de l’incroyable corruption quotidienne des fonctionnaires, les gens étaient prêts à croire à la lutte courageuse anti-corruption du jeune président promettant de "mettre un point final" à cette question.

    Au nom de cela, les Russes étaient prêts à fermer les yeux sur beaucoup de choses : la façon dont Medvedev est devenu président, son rôle joué dans les années précédentes qu’il a si âprement critiquées dans son article "Russie, en avant!" et ses réflexions profondes sur la nécessité d'une lutte "systématique" contre la corruption, les plans et les comités anti-corruption déjà vus et les nouvelles lois anti-corruption.

    Il y a un an et demi, Dmitri Medvedev a fait remarquer : "Les signaux ont une très grande importance en Russie. Et vous pouvez estimer qu'un signal a été envoyé". Et quoi? Pourquoi le président estime-t-il que l'essentiel, pour lui, est de donner le signal? Le pays abonde en signaux contradictoires. Personne n’a perçu  le signal présidentiel sur la lutte anti-corruption. En une année et demi de présidence, la corruption s'est amplifiée, ce dont témoignent tous les sondages, statistiques et observations quotidiennes.

    Une question se pose : Dmitri Medvedev, a-t-il l'intention de continuer à diriger le pays en envoyant des signaux, ou est-il prêt à passer aux actes? Sa politique se réduirait-elle aux signaux?

    Auteur Nikolaï Zlobine, directeur des programmes russes et asiatiques de
    l'Institut de sécurité mondiale.

    Kommersant

    La Russie et l'UE doivent abandonner les mythes empêchant la compréhension dans le domaine du gaz

    Lors du sommet Russie-Union européenne du 18 novembre à Stockholm, les partenaires européens de Gazprom ont l'intention de soulever le problème de la fiabilité des livraisons de gaz naturel, lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.

    Ils soupçonnent le fournisseur russe de se servir du gaz comme d'une arme politique. Quant au monopole gazier russe, il est préoccupé par les tentatives de libéralisation du marché des ressources énergétiques prévoyant de rompre la chaîne très avantageuse pour lui "producteur-transporteur-vendeur représentés par une même personne".

    L'entretien dans la capitale suédoise s'annonce très difficile. Pour que les positions des parties se rapprochent, ces dernières doivent abandonner les mythes empêchant la compréhension.

    L'un de ces mythes est la trop forte politisation de Gazprom. Or ce point de vue est tout à fait erroné. L'objectif principal de la compagnie russe a été et reste de maximiser les bénéfices, et la politique étrangère de Moscou vise à favoriser cet objectif entièrement matériel. Afin que Gazprom augmente ses bénéfices, les dirigeants du pays acceptent de supporter des frais considérables, en promouvant des projets de tubes contournant l'Ukraine. Punir un régime "inamical" n’est qu’un objectif secondaire. La tâche principale consiste à assurer la présence de notre monopoliste et de ses filiales dans chaque maillon de la chaîne de livraison de gaz acheminé du puits jusqu'au réchaud de la cuisine européenne, pour augmenter les bénéfices de façon sûre.

    En revanche, le mythe que devra abandonner la partie russe est la prétendue menace émanant des itinéraires alternatifs de livraison de gaz tels que le projet Nabucco. Son rendement potentiel ne constitue même pas un cinquième du volume des livraisons russes, bien que, aux yeux des Européens, il garantisse la sécurité énergétique. Pour le géant russe du gaz, il serait plus simple de renoncer aux fébriles et onéreuses tentatives de mettre en échec ce projet et de se concentrer sur l'accroissement de la fiabilité de ses propres itinéraires du gaz et de l'extraction.

    C'est en cela que réside la menace principale pour les positions de Gazprom. La délégation russe à Stockholm devra persuader ses collègues européens non seulement de l'absence de motifs politiques dans ses plans commerciaux, mais aussi de la capacité du fournisseur à mettre en oeuvre les contrats déjà conclus. La baisse de l'extraction dans de vieux projets, le sous-financement et le report de nouveaux, ainsi que l'immense prix de revient du gaz dans les régions non explorées : Gazprom préfère passer sous silence ces questions, bien qu'elles doivent être examinées tôt ou tard avec les acheteurs.

    Auteur Mikhaïl Kroutikhine, partenaire et analyste de l'agence RusEnergy.

    Vedomosti

    Magna considère toujours la Russie comme un marché prometteur

    Aussitôt après le refus du groupe General Motors de vendre Opel au consortium Magna-Sberbank, un des idéologues de la transaction - Magna - a promis de construire avec GM une usine en Russie. Mais pour l’instant, rien de concret dans ces projets, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.

    Magna, GM et le groupe GAZ mènent des négociations sur la construction d'une nouvelle usine automobile en Russie, a fait savoir le principal propriétaire et président du conseil des directeurs de Magna, Frank Stronach. Il n'a pas précisé quand et où est prévue la construction de cette usine, quelles voitures seront produites et à combien s’élèvera l’investissement. Un représentant de Magna a indiqué au quotidien Vedomosti qu'il s'agissait des projets de GM et du groupe GAZ et qu'il ne pouvait commenter les plans d'autrui. Les représentants de GM et de Gaz se sont abstenus de tout commentaire.

    Magna considère toujours la Russie comme un marché prometteur et GM tient à montrer que la compagnie "veut faire quelque chose en Russie", a fait savoir Frank Stronach au The Globe and Mail canadien. Les projets de construction d'une usine signifient que les rapports entre Magna et GM ne se sont pas détériorés lors de la dénonciation de la transaction avec Opel, a-t-il souligné.

    GM et le groupe GAZ avaient prévu il y a deux ans de construire une usine en Russie, se souvient un fonctionnaire du ministère de l'Industrie et du Commerce. Ces compagnies avaient même signé des mémorandums sur l'assemblage industriel avec le ministère du Développement économique. Magna avait signé de son côté un mémorandum sur l'assemblage de modèles Chrysler, mais n'a toujours pas commencé à construire l'usine.

    En juillet de l'année dernière, le chef de la division "voitures de tourisme" du groupe GAZ, Leonid Dolgov, avait déclaré que GM et GAZ projetaient d'investir un milliard de dollars dans la construction d'une usine d'assemblage d'un rendement de 300000 automobiles par an. Depuis le début de la crise, tous les projets communs ont été gelés. Leonid Dolgov ne peut pas dire pourquoi les compagnies ont décidé de reprendre maintenant les négociations sur la construction d'une nouvelle entreprise.

    La déclaration de Frank Stronach est pour le moins étrange, fait observer le directeur de l'office russe d'A.T. Kearney Evgueni Bogdanov. La décision inattendue de GM de renoncer à la vente du bloc de contrôle d'Opel a suscité le mécontentement du premier ministre Vladimir Poutine. Ce dernier a déclaré que les plans de développement de l'industrie automobile en Russie seraient mis en oeuvre dans tous les cas, notamment, avec d'autres producteurs automobiles étrangers. Il est fort possible que Magna et GM essaient tout simplement de montrer aux autorités russes qu'elles sont prêtes à poursuivre la coopération avec l'industrie automobile russe, résume  Evgueni Bogdanov.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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