Ecoutez Radio Sputnik
    Opinion

    Revue de la presse russe du 10 décembre

    Opinion
    URL courte
    0 0 0

    Le Prix Nobel le plus étrange sera remis aujourd'hui au président américain/L'initiative du président russe a effrayé les pays voisins/La Russie a manqué le marché des quotas d'émissions dans l'atmosphère/L’Opep du gaz aura un directeur général Russe /

    Gazeta.ru
    Le Prix Nobel le plus étrange sera remis aujourd'hui au président américain

    Si un homme politique reçoit le Prix Nobel de la Paix, cela laisse présager dans la plupart des cas, des déceptions. Barack Obama a peu de chances de faire exception à la règle,  lit-on jeudi dans le quotidien Gazeta.ru.

    D'ailleurs, les circonstances de l'attribution de ce prix au président américain présentent déjà beaucoup d'exceptions. C'est le premier Prix de la Paix dans l'histoire attribué par anticipation. Barack Obama a été désigné pour ce prix peu après son entrée en fonction et comme lauréat alors qu'il poursuivait les deux guerres héritées de George W. Bush et qu'il avait l'intention d'envoyer des renforts importants sur le front afghan. Mais, malgré toutes les raisons étranges de son accession au club des principaux pacificateurs de la planète, le président débutant y sera accueilli le 10 décembre comme ses semblables. Le fait est qu'il est président d'une superpuissance militaire et ses propos sur la paix et la tolérance occupent la place centrale dans sa rhétorique. Et cela lui a valu l'accès au club.

    Le désir du Comité Nobel de rechercher des candidats parmi les hommes politiques en place (au moment de l'attribution du prix) est compréhensible: ce sont eux qui font l'histoire, par conséquent, on ne peut attendre de leur part que des actions susceptibles de lui donner une orientation pacifique. Mais le Comité est tombé dans un piège, plus précisément dans un immense décalage entre la rhétorique pacifique et humaniste de la politique internationale et sa mise en œuvre cynique. Les images publiques et les actions réelles des hommes politiques ne peuvent pas coïncider longtemps. C'est pourquoi, quelque temps après, même les plus éclatants exploits pacifiques commencent à sembler, pour le moins, équivoques. Mais, comme cela arrive ordinairement, le Comité Nobel manque de temps pour attendre que la poussière se dépose.

    En fait, presque chaque Prix de la Paix attribué à un homme politique en place a signifié soit l'approche de la fin de la carrière du lauréat, soit le début de la déception par son action récompensée par cette haute distinction.

    En 1990, le Prix de la Paix a été attribué à Mikhaïl Gorbatchev. Un an après, la démission forcée l'attendait. En 1993, le président sud-africain Frederik de Klerk s'est vu attribuer ce prix pour l'abolition de l'apartheid, ce qui a tiré un trait sur sa carrière. En 2000, ce prix a été remis au président sud-coréen Kim Dae-jung pour l'amélioration des relations avec la Corée du Nord. Cela a marqué le début de l'époque où la bombe atomique nord-coréenne est devenue un problème mondial.

    Cette déficience de l'idéologie même des Prix de la Paix a conduit à ce que le Comité Nobel joue chaque fois, sans s'en rendre compte, un rôle de distributeur de "signes noirs". A présent, c'est le tour de Barack Obama de vérifier cette logique par son exemple.

    Nezavissimaïa gazeta.
    L'initiative du président russe a effrayé les pays voisins

    L'intention du président Dmitri Medvedev d'obtenir du parlement le droit de prendre la décision sur l'utilisation urgente des forces armées en dehors de la Russie suscite l'inquiétude dans les pays voisins et accroît leur désir de bénéficier d'un "parapluie" sûr qui les protégerait des actions imprévisibles du Kremlin, lit-on jeudi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    La perspective de la mise en œuvre d'un scénario militaire éventuel de Moscou sur les territoires voisins suscite des appréhensions même en Crimée pro-russe. "Les déclarations de la Russie perturbent l'équilibre du monde", a fait remarquer le vice-gouverneur de Sébastopol et député de la Rada suprême (parlement) de Crimée, Vladimir Kazarine. Ce n'est pas un secret que le contexte de cette décision reste le Caucase, "tout le monde se souvient de l'Ossétie du Sud", a-t-il poursuivi. En août 2008, les navires de la Flotte russe de la mer Noire ont participé aux événements dans le Caucase du Sud. "L'Ukraine où est stationnée la flotte russe est involontairement devenue partie au conflit, cette situation n'est pas oubliée à Kiev", a expliqué l'homme politique.

    Selon Vladimir Kazarine, l'Ukraine doit créer des contrepoids qui diminueraient les risques régionaux. Les experts ukrainiens estiment que le projet de Partenariat oriental constitue l'un de ces facteurs de dissuasion.

    Selon le directeur de l'Institut d'études internationales et d'analyse politique de Kiev Sergueï Tolstov, le projet de Partenariat oriental est une assurance pour Kiev "pour ne se pas retrouver dans la zone de diktat éventuel de la Russie: Moscou ne s'en prendrait tout de même pas à un pays derrière lequel se trouve l'Union européenne". Kiev doit fonder plutôt son espoir sur les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, estime-t-il, car ce sont les pays qui ont promis des garanties à l'Ukraine, entre autres, la défense de sa sécurité nationale en échange du statut dénucléarisé du pays.

    La Moldavie, autre Etat faisant partie du GUAM (association regroupant la Géorgie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan et la Moldavie), est également inquiète. On peut prévoir, compte tenu de la présence de troupes russes sur le territoire de ce pays (en Transnistrie), que le nouveau pouvoir de Chisinau- qui s'aligne fermement sur l'Occident- profite du Partenariat européen pour obtenir en priorité le statut de membre associé de l'UE. Chisinau espère adhérer à l'Union européenne avec les pays des Balkans de l'Est grâce à l'aide de la Roumanie qui défend ses intérêts dans l'UE.

    Gazeta.Ru
    La Russie a manqué le marché des quotas d'émissions dans l'atmosphère

    La conférence de l'ONU sur le climat qui s'est ouverte à Copenhague a été, pour les médias étrangers, une occasion  de spéculer une nouvelle fois sur le sujet suivant: "à qui profite la vente des quotas dans le cadre du Protocole de Kyoto?", lit-on jeudi dans le quotidien Gazeta.Ru

    Cette fois, l'objet des discussions est la Russie qui peut soi-disant faire s'effondrer le marché mondial des quotas d'émissions de gaz à effet de serre et empêcher la lutte globale contre le changement climatique. Cette menace est fallacieuse, répliquent les experts russes. Pour la Russie, il est plus facile de gagner sur le pétrole que sur la vente de quotas de C02. Sur les 100 projets proposés par des entreprises russes dans le cadre du Protocole de Kyoto, aucun d'entre eux n'a été entériné.

    Les quotas nationaux d'émissions de gaz ont été établis par le Protocole de Kyoto  en partant de leur niveau enregistré en 1990 (c'est-à-dire avant la désintégration de l'URSS et l'écroulement de l'économie russe). Il en résulte que la Russie actuelle a une immense réserve de quotas inutilisés. A présent, les experts occidentaux craignent que, si la Russie décide tout à coup de vendre ces quotas à d'autres pays, le marché mondial des quotas peut s'effondrer. Peter Zapfel, fonctionnaire chargé de surveiller le système de vente de quotas au sein de l'UE, compare les réserves de quotas russes à un "gorille embusqué" que personne n'oserait toucher.

    "Cela ressemble à de l'hystérie, affirme Evgueni Chvarts, le directeur pour la politique de protection de l'environnement de la représentation russe du WWF (Fonds mondial pour la Nature). Tous ceux qui devaient acheter des quotas en dehors du marché européen intérieur les ont déjà achetés, si nous parlons du Protocole de Kyoto qui reste en vigueur".

    Quant à la vente des quotas au niveau des Etats, leurs vendeurs sont la Pologne, la Hongrie, la Slovénie, même l'Ukraine: le Japon lui a acheté 30 millions de tonnes de CO2, bien que la Russie lui avait proposé de vendre ses quotas. "Depuis 2001, lors de chaque rencontre avec nos ministres, les Japonais ont abordé le sujet de l'achat de nos quotas. Mais nos fonctionnaires n'ont pas su organiser leur vente", a expliqué Mikhaïl Ioulkine, chef du groupe de travail pour les questions du changement climatique de l'Union des entrepreneurs et des industriels de Russie.

    Les experts affirment que la Russie aurait pu bien gagner en vendant ses quotas d'émissions, mais, tant que la vente de pétrole rapporte gros, le travail minutieux de la vente de quotas ne présente pas d'intérêt pour l'Etat russe. "C'est pourquoi nous avons manqué ce marché", résume Mikhaïl Ioulkine. Selon lui, les entreprises russes émettent actuellement 35% de moins de gaz à effet de serre qu'en 1990.


    Kommersant, Vedomosti
    L’Opep du gaz aura un directeur général Russe

       La Russie a réussi à persuader l'Iran, le Nigeria ainsi que Trinidad-et-Tobago que, pour un premier mandat de deux ans,  le poste de secrétaire général du Forum des pays-exportateurs du gaz, officieusement appelé «Opep du gaz», doit revenir à un Russe, lit-on jeudi  dans les quotidiens Kommersant et Vedomosti.
       D’après des sources proches des négociations, jusqu'au dernier moment la Russie n'était pas assurée de la victoire de son candidat: Léonid Bokhanovsky, 51 ans, vice-président de Stroïtransgaz. Bien qu'il y ait encore un an, au cours de la création du Forum, le fauteuil de secrétaire général avait été  officieusement promis à Moscou, d'autres prétendants avaient refusé de retirer leurs candidats.
       Une source proche de la partie russe indique que les pourparlers avec l'Iran ont été les plus difficiles. A Doha, les entretiens entre les délégations russe et iranienne ont commencé le soir du 8 décembre et ne se sont terminées que le lendemain matin. «Les négociations avec l'Iran se sont passées en deux étapes, raconte Léonide Bokhanovsky. Elles ont été difficiles et, dans de nombreux cas, liées aux compétences diplomatiques du ministre de l'Énergie Sergeuï Chmatko». Le nouveau secrétaire général assure que la Russie n'a fait aucune concession de principe, et qu' «elle n’a pas promis de brusque changement de cap en ce qui concerne l'AIEA».
       «L'élection d’un Russe au poste de secrétaire général est une grande victoire de la diplomatie russe dans l'arène internationale. Elle est comparable au succès de la Russie dans sa lutte pour recevoir les Jeux Olympiques de 2014, mais aura des conséquences plus sérieuses», - estime Bokhanovsky, plein d'optimisme.
       Vladimir Feïguine, directeur principal de l'Institut de l’énergie et des finances, voit lui aussi le fait que la Russie ait obtenu le poste du secrétaire général du FPEG comme «un succès de taille». Il fait remarquer qu’à la différence d’OPEP, la Russie a une chance de devenir le leader informel du FPEG, bien que d'autres participants le voient d’un œil «assez jaloux». «Ici il faudra du travail politique ponctuel», ajoute l'expert.
    La nomination d’un secrétaire général russe peut avoir une très forte signification pour la Russie, consent Konstantin Simonov, directeur général du Fonds pour la sécurité énergétique nationale, mais à une condition près: le FPEG doit devenir aussi influent que ses opinions et prévisions concernant le développement du marché du gaz pour prédéterminer les projets d’investissements et la politique de marketing de la Russie, du Qatar, de l'Algérie et des autres.

    Tandis que pour le moment ces pays sont en concurrence. Et rien n’indique que le FPEG va aplanir leurs contradictions, note l'expert.



    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

    Lire aussi:

    Quotas migratoires: la Hongrie et la Slovaquie intransigeantes
    Moscou et Riyad prêts à prolonger l’accord sur les taux de production de pétrole
    Les USA «rapprochent» Moscou et Pyongyang
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik