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    Revue de la presse russe du 23 décembre

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    Sans traité START, la conférence sur la non-prolifération nucléaire serait insensée / Moscou et Achkhabad ont conclu la paix gazière / L'échec du sommet climatique pourait réduire à néant le marché des quotas d’émissions de gaz dans l’atmosphère / La Russie livrera au Myanmar des chasseurs pour la somme de 400 millions d'euros

     

    Gazeta.Ru, Kommersant

    Sans traité START, la conférence sur la non-prolifération nucléaire serait insensée

     

    La Russie fonde un grand espoir sur l'accord russo-américain sur le désarmement qui doit remplacer le Traité START-1 qui a expiré le 5 décembre, lit-on mercredi dans les quotidiens Gazeta.Ru et Kommersant.

     

    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré mardi que le nouveau document "devrait prévoir des réductions d’armements stratégiques offensifs radicales et jamais vues". Un politologue russe considère l'ajournement de la signature du Traité START-2 comme un grand malentendu politique.

     

    Le ministre n'a pas cité les chiffres, laissant ouverte la question du niveau à partir duquel les parties conviendraient d'établir la réduction. Au cours de leur rencontre de juillet à Moscou, les présidents américain et russe, Barack Obama et Dmitri Medvedev, se sont entendus sur un maximum de 1500 à 1675 ogives. Par rapport au Traité START-1 signé en 1991, cette réduction constituerait effectivement plus d'un tiers des arsenaux des deux pays, c’est-à-dire environ 525 à 700 ogives. Cependant, le Traité sur la réduction des potentiels offensifs conclu en 2002 établissait les quantités maximales d'ogives de 1700 à 2200. Par conséquent, le niveau minimal de réduction dont il s'agissait il y a six mois pouvait constituer seulement 25 ogives.

     

    Comme l'a fait savoir une source au courant des négociations de Genève, les parties ont réussi à parvenir à des compromis. Selon lui, le diapason de la réduction pour les vecteurs est de 550 à 800, mais il a refusé de donner le chiffre réel. "Comme il est d’usage de dire  dans ces cas là, tant que le traité n'est pas entièrement concerté, c’est comme s’il n'était pas concerté du tout. Il y a, dans le projet de texte des points de désaccord, qui peuvent nécessiter un remaniement de l’ensemble. Alors, les chiffres de la réduction peuvent varier encore un peu", explique-t-il.

     

    L'ajournement de la signature du nouveau traité START rend précaire le mécanisme de dissuasion nucléaire d’une manière générale, estime le directeur du Centre de la sécurité internationale de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) Alexeï Arbatov. "C'est un grand malentendu politique", a déclaré l'expert. Selon lui, l'absence de traité en vigueur "rend insensée la conférence internationale sur la non-prolifération nucléaire". Lors de la conférence sur le TNP de mai 2010 qui doit examiner la situation dans ce domaine, les Etats-Unis envisagent de présenter le Traité START-2 comme une preuve de la volonté du club des puissances nucléaires de réduire universellement la menace nucléaire.

     

    L'Iran a déjà profité de l'absence de traité pour reprocher aux puissances nucléaires leur refus du désarmement. Il faut exiger un désarmement nucléaire global, a déclaré mardi à Tokyo le président du Conseil supérieur de la sécurité nationale d'Iran Saïd Jalili.

    Sergueï Lavrov a assuré hier que toutes les questions qui restent en suspens dans l'accord seraient "réglés après le Nouvel An".

     

    RBC daily, Gazeta.Ru, Kommersant

    Moscou et Achkhabad ont conclu la paix gazière

     

    Après neuf mois d'interruption, Gazprom reprendra ses achats de gaz en provenance du Turkménistan, lit-on mercredi dans les quotidiens RBC daily, Gazeta.Ru et Kommersant.

     

    Au cours de la visite effectuée par le président Dmitri Medvedev à Achkhabad, les parties se sont entendues sur le fait que les livraisons reprendraient à partir de janvier 2010, et qu’elles constitueraient environ 30 milliards de m3 de gaz par an. Le prix du gaz sera établi selon la formule européenne et Gazprom ne tirera probablement aucun avantage de la revente de gaz. Le monopole russe du gaz juge nécessaire de mettre la main sur le gaz turkmène pour qu'il n'alimente pas le gazoduc de Nabucco, estiment les experts.

     

    Le prix de la transaction a constitué le plus grand secret des négociations d'hier. Un responsable de Gazprom a refusé catégoriquement de donner le prix et les volumes d'achat de gaz turkmène invoquant le "secret commercial". Il s'est borné à indiquer que le prix serait tel qu’il rendrait "avantageuse la vente à l'Europe". Le Turkménistan peut recevoir, en moyenne, 250 à 300 dollars par 1000 m3 par an, c’est-à-dire le prix qu'il voulait obtenir, fait remarquer une source proche de Gazprom. Un participant aux négociations a précisé que la formule du prix rappelait celle utilisée dans le contrat conclu avec Naftogaz d'Ukraine et qu'il s'agissait de 195 dollars les mille m3. D'ailleurs, ce prix n'est pas définitif. "Les paiements réels seront un peu supérieurs à cette somme", a expliqué une source à la délégation russe.

     

    La signature du contrat est une décision purement politique, fait observer le partenaire de la société de conseil RusEnergy, Mikhaïl Kroutikhine. Moscou laisse entendre que, bien que son influence énergétique se soit affaiblie en Asie centrale, il y est toujours un acteur important. "Le monopole gazier juge important de maintenir les livraisons turkmènes, de les assurer à la Russie, pour que le Turkménistan ne commence pas à livrer son gaz au gazoduc de Nabucco", explique l'analyste Dmitri Lioutiaguine de la société d'investissement Veles Kapital. Lorsque la consommation de gaz en Europe se rétablira, la Russie pourra acheter au Turkménistan des volumes bien plus importants".

     

    Les ententes intervenues enterrent le projet de Nabucco, car tout le gaz qui peut être extrait au Turkménistan est déjà réparti entre la Russie, l'Iran et la Chine, et le gaz azerbaïdjanais ne suffit pas pour alimenter le gazoduc européen, estime le directeur de l'Institut d'énergie nationale, Serguei Pravossoudov.

     

    Mais ces avantages politiques coûteront cher à Gazprom. Selon les estimations du directeur général de la société de conseil East European Gas Analysis Mikhaïl Kortchemkine, l'achat de 30 milliards de m3 de gaz turkmène fera perdre au budget russe 2,9 milliards de dollars de taxes douanières (si le prix moyen de l'exportation européenne est de 320 dollars les mille m3). Le monopole gazier russe perdra 3 à 3,5 milliards de dollars de bénéfices. Les recettes budgétaires et les bénéfices de Gazprom se réduiront à cause de la diminution du volume de gaz russe dans l'exportation du holding, explique l'expert.

     

    Gazeta.ru

    L'échec du sommet climatique pourait réduire à néant le marché des quotas d’émissions de gaz dans l’atmosphère

     

       Le fiasco des négociations de Copenhague sur un nouvel accord climatique en remplacement de celui de Kyoto a provoqué l'effondrement du marché des quotas d’émissions de gaz carbonique, lit-on mercredi dans le quotidien Gazeta.ru. De l’avis des experts, l'existence même de ce marché est menacée. Cela inquiète d’ailleurs fort peu la Russie.

       Sur le marché européen, les prix des quotas de rejets de substances polluantes dans l'atmosphère ont chutés lundi de 8%, après l’échec de la conférence onusienne, dont les membres n’ont pu se mettre d’accord sur le texte d’un nouvel accord climatique international.

       Incontestablement, la chute des prix des quotas est liée aux espoirs déçus quant aux résultats du sommet de Copenhague, dit Mikhaïl Ioulkine, directeur du Centre d’investissements écologiques. Le problème c’est qu’ils étaient trop grands à priori. «On avait la sensation que Copenhague éclaircirait les obligations des Etats jusqu'en 2020. Mais, lorsque les représentants de 200 pays se réunissent dans une salle et, en quelques deux semaines, tentent de trouver des solutions à des problèmes on ne peut plus complexes, une telle tentative est condamnée à l'échec, estime l'expert. – Tandis que le marché des quotas est très sensible, et réagit immédiatement à tous revirements politiques, étant lui-même à bien des égards le fruit de décisions politiques».

       Maintenant, le destin du marché des quotas en tant qu’institution commerciale qui est estimé actuellement à 130 milliard de dollars (80% de croissance l'année dernière), est remis en question,  pensent les experts. «Ce qui importe dans le monde des affaires, c’est d'avoir des règles du jeu bien définies à long terme, dit Ioulkine. - Copenhague ne les a pas définies». Les pronostics optimistes quant à l'augmentation du chiffre d'affaires du marché des quotas jusqu'à 3 milliards de dollars d’ici 2020, risquent de ne pas se réaliser.

       Dans tous les cas, la Russie est loin des problèmes du marché mondial des quotas. «Nous n’avons pas du tout de quotas dans le commerce, bien qu’on aurait déjà pu commencer l'année dernière, dit Ioulkine. - Si tous les mécanismes législatifs fonctionnaient, cette année déjà nous aurions pu recevoir près de 1 milliard de dollars en vendant des quotas». La Russie a une énorme réserve de quotas non-utilisés dans le cadre du protocole de Kyoto et voudrait conserver cette réserve pour après 2012. «Mais sur plus de 100 projets proposés par des entreprises russes dans le cadre de Kyoto,  jusqu'ici pas un seul n'a  été adopté», fait remarquer l'expert.

     

    Vedomosti

    La Russie livrera au Myanmar des chasseurs pour la somme de 400 millions d'euros

     

    Un contrat de livraison de 20 chasseurs MiG-29 de près de 400 millions d'euros pour les forces aériennes du Myanmar (Birmanie) a été conclu il y a quelques semaines, a fait savoir une source proche de Rosoboronexport (l'entreprise publique russe chargée de l'exportation d'armements), lit-on mercredi dans le quotidien Vedomosti.

     

    Cette information a été confirmée par une source à l'une des entreprises faisant partie de la Corporation aéronautique unifiée (OAK).

     

    Il ne s'agit pas de la première livraison de chasseurs MiG-29 au Myanmar (12 chasseurs de ce type ont été livrés à ce pays en 2001), mais c'est le plus important contrat de livraison de ces chasseurs depuis la résiliation en 2007 de la transaction avec l'Algérie pour 34 chasseurs MiG-29SMT/UBT que les forces aériennes russes ont commencé à racheter cette année. Depuis la résiliation du contrat algérien, la transaction sur la livraison de six chasseurs de ce type n'avait été conclue qu'avec le Sri Lanka en 2008. L'année dernière, le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov avait annoncé la livraison gratuite au Liban de 10 MiG-29 dont disposaient les forces aériennes russes. Ces avions n'ont pas encore été livrés, mais la préparation de leur livraison a déjà commencé.

     

    Selon une source proche de Rosoboronexport, l'offre russe l'a emporté au Myanmar sur celle de la Chine qui avait proposé aux Birmans ses récents chasseurs J-10 et FC-1 à des conditions très avantageuses. Dans les années 1990, l'armée du Myanmar avait été principalement rééquipée par des armes chinoises pour un total d'environ 2 milliards de dollars, rappelle la source.

     

    Le Myanmar a un régime militaire, dont les dirigeants attachent une grande importance au critère coût/efficacité, ce qui signifie que le MiG-29 russe reste plus compétitif que les derniers modèles de chasseurs chinois, affirme le membre du conseil social auprès du ministère de la Défense Igor Korottchenko. Qui plus est, dans les conditions de pression exercée depuis plusieurs années par les Etats-Unis sur le Myanmar, ses militaires considèrent la Russie comme un fournisseur fiable et politiquement non engagé dans les problèmes régionaux, ce qui a également joué son rôle dans l'option pour des chasseurs russes, estime Igor Korottchenko.

     

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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