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    Revue de la presse russe du 24 décembre

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    Le Traité START-2 ne sera probablement pas prêt avant le printemps prochain/Les anciennes républiques soviétiques empêchent l'amélioration des relations entre la Russie et l'Europe/ La plupart des Russes ont admis les réformes de marché (sondage)/ La Russie envisage de reprendre la production en série des plus gros cargos aériens du monde

    Kommersant
    Le Traité START-2 ne sera probablement pas prêt avant le printemps prochain

    Moscou et Washington qui avaient maintes fois prévu ces derniers mois que les présidents des deux pays signeraient rapidement le nouveau traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs, ne cachent plus que le travail sur ce traité peut durer encore très longtemps, lit-on jeudi dans le quotidien Kommersant.

    Des sources au courant des négociations reconnaissent qu'après avoir constaté que les Etats-Unis ne pourraient pas signer le document avant la remise du Prix Nobel de la paix à Barack Obama, l'enthousiasme américain manifesté lors des négociations s'est calmé.

    A en juger par les récentes déclarations des diplomates russes et américains, de part et d'autre de l'Atlantique, on n’a pas une idée précise sur le temps que prendra la mise au point du document.

    Des sources anonymes du quotidien Kommersant au courant des négociations, ont déploré que la partie américaine se soit ces derniers temps désintéressée de l'élaboration du document. "Le rythme de travail actuel de nos collègues est incomparable avec le zèle qu’il mettaient auparavant, lorsque nous avons essayé de préparer le traité START pour le 10 décembre, afin que Barack Obama reçoive son Prix Nobel après avoir remporté un succès important. "A présent, l'enthousiasme d'alors a disparu et il est impossible de prévoir quand nous pourrons achever ce travail", a déclaré une source bien informée.

    Il n'est pas exclu que la position des sénateurs américains qui devront ratifier le document après sa signature par les chefs des deux Etats ait pu freiner l'élaboration du traité START. A la mi-décembre, 40 parlementaires républicains et un sénateur indépendant ont adressé une lettre à Barack Obama en exigeant qu'il prenne en considération leurs souhaits concernant la sécurité nationale des Etats-Unis. Ils pourraient faire échouer la ratification du traité qui nécessite 67 sur 100 voix des sénateurs. Il n'est donc pas étonnant que les négociateurs américains abordent maintenant les négociations avec prudence.

    Cela étant, une source du journal parmi les experts participant aux négociations a fait remarquer que le document ne serait probablement pas prêt avant fin avril-début mai de l'année prochaine : "Il est peu probable que nous puissions signer le traité au premier trimestre de 2010, car il ne s'agit pas de littérature, mais d'un texte juridiquement vérifié. Ne serait-ce que le volume de travail purement mécanique est immense. Par conséquent, les propos tenus sur un proche achèvement du travail sont des désirs qui n’ont rien à voir avec la réalité, d'autant plus que les négociateurs ont interrompu leur travail au moins jusqu'à la mi-janvier".

    Izvestia
    Les anciennes républiques soviétiques empêchent l'amélioration des relations entre la Russie et l'Europe

    Lorsque le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a déclaré début décembre qu'après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, c'est-à-dire après l'abolition du principe du consensus obligatoire, le problème de l'annulation des visas entre l'UE et la Russie pourrait être réglé avant 2010, nombreux sont ceux qui ont réagi en disant: Dieu fasse que votre bonne prophétie se réalise, lit-on jeudi dans le quotidien Izvestia.

    Même si l’évolution vers le libre passage des frontières devenait réalité, elle ne serait pas aussi radicale et ne se produirait pas aussi vite. C'est ce qui est arrivé.

    Il est difficile de renoncer de son plein gré à l'instrument de pression et de marchandage que représente le problème des visas. On peut proclamer les principes de libre échange des personnes et des idées, lorsque les communistes ferment les frontières, mais lorsqu'il n'y a ni de communistes, ni de frontière soviétique, le déplacement des personnes et l'échange des idées jadis si désiré se heurte à l'attitude très réservée des anciens libres penseurs. On peut voir comment cela se passe l'exemple des Etats-Unis qui luttent jusqu'à présent avec ferveur, avec l’amendement Jackson-Vanik, pour la liberté des départs d'URSS. Mais l'Europe n'est tout de même pas entièrement parvenue à l'honnêteté américaine, c'est pourquoi il serait intéressant de savoir qui, parmi les pays de l'UE, sera le premier à noyer l'initiative italienne et sous quelle sauce.

    La sauce s'est avérée très exotique, et elle a été présentée par les puissances de la part desquelles personne ne s'attendait à rien d'autre du point de vue du bon sens, du tact et de la responsabilité. Les ministres des Affaires étrangères de Lettonie et d'Estonie ont unanimement déclaré que l'UE devait considérer la question de l'annulation des visas avec la Russie dans le contexte plus large de l'annulation des visas pour les citoyens de l'Ukraine, de la Moldavie, de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie, de la Géorgie, de la Biélorussie avec qui l'UE a l'intention de se rapprocher au moyen du programme de "Partenariat oriental".

    Le jeu à règles changeantes est le domaine des tricheurs, et non pas des diplomates. Les mobiles de nos confrères socialistes sont évidents. D'une part, ils ne permettront pas qu'on se débarrasse d'eux. Si le ministre italien des Affaires étrangères a déclaré nettement qu'après le renoncement à liberum veto on pourrait adopter enfin des décisions qui s'imposent, son homologue estonien a objecté : "La politique étrangère de l'UE est un des domaines peu nombreux où l'exigence du consensus reste en vigueur même après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne". Autrement dit, on ne peut pas se débarrasser du chien du jardinier qui ne mange pas de choux et qui ne laisse pas les autres en manger, il faut donc abandonner les rêves creux.

    Pour les pays qui sont au bord de la faillite, le développement du commerce, du transport et du tourisme, à quoi contribue une frontière ouverte, représentent une bouée de sauvetage qu'il serait plus raisonnable de saisir par les deux mains par celui qui est en train de se noyer. Mais l'amélioration des relations entre la Russie et la Vieille Europe laisse les pays limitrophes quelque part à l'arrière-plan, ce qu'ils ne peuvent pas tolérer.

    Vedomosti
    La plupart des Russes ont admis les réformes de marché (sondage)

    Selon les sociologues du Centre russe d'étude de l'opinion publique (VTsIOM) au cours des 10 dernières années l’attitude de la population du pays à l’égard des réformes de marché, d’Egor Gaïdar et de son équipe de réformateurs, a évolué vers le mieux, lit-on jeudi dans le quotidien Vedomosti.

    Le terme même de "marchand" a perdu son sens péjoratif, s’accordent les politologues. Les 19-20 décembre, 1600 personnes dans 42 régions du pays ont été interrogées par le VTsIOM sur le rôle de l'ancien premier ministre par intérim dans l'histoire du pays (Gaïdar est décédé subitement le 16 décembre dernier). 16% des interrogés (8% en 1999) ont déclaré que le pays n'avait tout simplement pas le choix. Encore 39% ont reconnu que les réformes s’imposaient, mais qu’il fallait y procéder graduellement (il y a 10 ans, 44% étaient de cet avis). Le nombre de ceux qui pensent que les réformes en question n’étaient pas du tout à entreprendre, est passé en 10 ans de 35% à 18%.

    L’attitude des Russes quant à la contribution de Gaïdar au développement économique du pays n’est pas univoque : 31% le considèrent comme l’idéologue des réformes russes, tandis que 29% comme un dirigeant irresponsable (40% ont été embarrassés pour répondre à cette question). Pourtant, au cours des deux dernières années, le nombre de Russes certains que l'équipe des réformateurs avançait dans la bonne direction a augmenté, passant de 24 % à 34 %.

    Des opinions semblables ont aussi été relevées par le sondage du Centre Levada au mois de novembre. La majorité relative des Russes alors interrogés (48%) voudrait que leur pays devienne un État semblable aux États occidentaux, avec un régime démocratique et une économie de marché. 12% seulement aimeraient que la Russie soit un État socialiste du genre de l’URSS, et 36% proposent de rechercher une voie de développement particulière pour elle.

    Selon le directeur général du VTsIOM, Valeri Fedorov, il existe plusieurs raisons pour cette amélioration, en l’espace de 10 ans, de l’attitude des Russes envers Gaïdar, son équipe de réformateurs et les réformes de marché en tant que telles. Premièrement, celles du début des années 1990 sont désormais perçues comme de l'histoire ancienne : il y a eu depuis des périodes de remontée, ainsi que les crises de 1998 et de 2008-2009. Deuxièmement, on a vu monter une nouvelle génération habituée à vivre dans les conditions de l’économie de marché. Pour eux, les réformes de Gaïdar ne sont plus une telle horreur que pour les générations précédentes. Troisièmement, la modernisation devenant le mot d’ordre principal sous le président Dmitri Medvedev, cela ne manque pas d’influencer indirectement aussi bien l’attitude de la population vis-à-vis des réformateurs.

    Les Russes ont déjà du mal à s'imaginer une réalité économique différente, même l’expression "de marché" a cessé d'être péjorative, consent le politologue Mikhaïl Vinogradov. Les funérailles de l'ex-premier ministre ont rassemblé beaucoup plus de monde que l'on s'y attendait voir, ajoute-t-il. Et la couverture des cérémonies funèbres par les médias a été très bienveillante, ce qui a pu aussi bien avoir de l’effet sur l'opinion publique.

    Kommersant
    La Russie envisage de reprendre la production en série des plus gros cargos aériens du monde

    Le président Dmitri Medvedev a chargé le gouvernement d'introduire dans le programme d'armement de l'Etat jusqu'en 2020, l'achat pour les forces armées de 20 nouveaux avions de transport militaires An-124 Rouslan d’un coup, dont la production à l'Usine Aviastar-SP d'Oulianovsk avait cessé au milieu des années 1990, lit-on jeudi dans le quotidien Kommersant.

    Selon le business plan du projet, la rentabilité de la conception d'une nouvelle version de l'An-124 d'une capacité de transport augmentée (passant de 120  à 150 tonnes) sera assurée par une première commande de 40 avions. Les transporteurs civils ont également l'intention d'acquérir de même plus de 60 avions de ce genre. D'après les données des sources de la Compagnie aéronautique unifiée (OAK), la reprise de la production d'avions An-124 à Oulianovsk nécessitera au moins 500 millions de dollars. Le prix de vente d'un avion peut atteindre 200 millions de dollars. Quant à son prix pour les forces aériennes russes, il faudra s'entendre. En tout cas, les Rouslan seront l'un des articles les plus onéreux de la future commande militaire de l'Etat, bien que ces avions n'aient pas été très demandés par l’armée jusqu'à ces derniers temps.

    Selon les estimations des spécialistes de la compagnie Volga-Dniepr (qui possède le plus grand parc d'avions Rouslan au monde : 10 appareils), en 2009, le chiffre d'affaires des transports charter de fret par des avions à la rampe de graissage (parmi lesquels figure le Rouslan) constituera environ 1,1 milliard de dollars, la part des compagnies russe étant d’environ 70%.

    Les experts confirment que l'An-124 pourra réapparaître sur le marché en cas de financement du ministère de la Défense : rien que pour l'argent de l'Etat, on pourrait "ranimer la production" et rétablir la coopération industrielle. Le ministère de la Défense connaît le problème objectif du remplacement de l'ensemble du parc d'avions de transport militaires. Selon l'expert du Centre d'analyse des stratégies et des technologies Konstantin Makienko, le parc d'Etat des avions de transport militaires à mettre hors service compte aujourd'hui 25 avions Rouslan. Ils ont tous été construits à l'époque soviétique et, d'après différentes données, leur longévité prendra fin entre 2014 et 2024, mais il n'y aura rien pour les remplacer, fait remarquer l'expert. "Citons, à titre de comparaison, que le parc des forces aériennes américaines compte 126 avions de transport C-5 au tonnage analogue", précise Konstantin Makienko.

    Mais le chef du service analytique de l'agence Aviaport Oleg Panteleïev estime qu'on ne pourra considérer que projet a commencé qu’à partir du moment où la première tranche aura été virée sur le compte de la Compagnie aéronautique unifiée. Les déclarations sur le soutien à l'An-124 n'ont pas manqué ces derniers temps, rappelle l'expert.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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