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    Revue de la presse russe du 25 décembre

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    Le président Dmitri Medvedev a décidé de lutter pour obtenir la majorité poutinienne/ Le président a engagé une réforme de choc des structures de maintien de l'ordre/ La Russie a acheté en Europe une technologie pour retirer du service une centrale nucléaire/ La Russie utilisera des technologies militaires dans le domaine de l'énergie civile

    Nezavissimaïa gazeta, Gazeta.Ru.
    Le président Dmitri Medvedev a décidé de lutter pour obtenir la majorité poutinienne

    Dmitri Medvedev a donné hier en direct sur les trois principales chaînes fédérales de télévision, une interview dans le style de celles de Vladimir Poutine, lit-on vendredi dans les quotidiens Nezavissimaïa gazeta et Gazeta.Ru.

    Le chef de l'Etat a beaucoup plaisanté, il a parlé de sa vie privée et employé de gros mots, tels que par exemple "il ne faut pas avoir pitié des connards", et "il ne faut pas se foutre du monde". Certains experts ont vu dans cette interview le départ de sa campagne électorale, par analogie avec la récente "ligne directe" du président du gouvernement.

    Une source du Kremlin a assuré au quotidien Gazeta.Ru que seulement les sujets de l'entretien avec Dmitri Medvedev avaient été débattus avec les responsables des trois chaînes de télévision, et que les questions qu'ils lui ont posées n'avaient pas été préparées. "Dans ces cas, il n'y a rien de fortuit", estime le politologue Dmitri Orechkine. "Les questions posées ne peuvent pas être fortuites", a affirmé le politologue Stanislav Belkovski.

    Selon Dmitri Orechkine, Medvedev par ses réponses a pris position face à Poutine", car il a certainement l'intention de présenter sa candidature pour un deuxième mandat présidentiel. Poutine se présentera aussi probablement de nouveau à la présidence, estime-t-il. Si on en arrive à une concurrence directe entre le président actuel et le premier ministre, Medvedev doit être au moins sûr du dépouillement indépendant des voix, de l'intégrité des juges, du soutien des élites régionales à sa candidature, et de la soumission des organes de maintien de l'ordre. De là, les sujets abordés par le président au cours de l'émission, estime Dmitri Orechkine.

    Le directeur de la fondation pour une politique efficace, Gleb Pavlovski, estime que le président est parti "sur le start le plus nerveux et le plus rapide" de l'offensive politique : la réforme du ministère de l'Intérieur. "Cela signifie qu'il a parfaitement conscience des tensions qui se font jour durant son mandat en cours. L'année prochaine sera celle de la lutte des conceptions. Durant cette année il sera clair si la majorité du pays considère que sa version de la politique et de la modernisation a un avenir", a expliqué le politologue au quotidien Nezavissimaia gazeta.

    Gleb Pavlovski est certain que l'interview d'hier était adressée à la majorité poutinienne réelle. "C'était le discours d’un président pour lequel il n’est pas suffisant d'être le leader d’une élite culturelle et humanitaire. Il ne s’inquiète pas pour l’élite cultivée et ne lutte pas pour obtenir ses suffrages, car il les a déjà. Mais il comprend que son message est l'intrigue principale de l'année prochaine, sera la lutte pour la majorité, et plus précisément, pour un nouveau programme de l'ancienne majorité".

    Nezavissimaïa Gazeta, Gazeta.ru
    Le président a engagé une réforme de choc des structures de maintien de l'ordre

    En vertu d’un décret du président, les effectifs du ministère de l’Intérieur seront réduits de plus de 200 mille personnes, et les salaires de ceux qui restent seront augmentés. Les experts appellent cette réforme "une thérapie de choc" des structures de maintien de l'ordre, mais ils doutent que les mesures préconisées par Medvedev soient suffisantes, lit-on vendredi dans les quotidiens Nezavissimaïa Gazeta et Gazeta.ru.

    «La révolution dont les partisans des droits de l'homme avaient si longtemps parlé, a eu lieu. Le président russe a donné le feu vert pour une réforme de la police», - c’est ainsi que définit le nouveau décret Pavel Tchikov, le président de l'association interrégionale pour la défense des droits de l'homme Agora. «La position du ministère de l’Intérieur au sein du système étatique a obligé le pouvoir à entreprendre des réformes qui, pour le ministère en question, auront l’effet d’une thérapie de choc», - fait remarquer pour sa part Mikhaïl Pashkine, le chef du conseil de coordination du syndicat des travailleurs de la police de Moscou.

    A l’issue du décret présidentiel, d’ici 2012, les effectifs des organes du Ministère de l’Intérieur devraient être réduits de 20%, soit d’environ 220 000 membres, indique-t-on d’une source au ministère de l’Intérieur. A l’heure actuelle, les organes du ministère russe de l’Intérieur emploient près de 1,23 millions de personnes. «Il faudrait licencier davantage, environ 30% des effectifs et les comprimer, en diminuant le nombre de chefs, - estime Pachkine. – A l’heure actuelle au ministère de l’Intérieur, les officiers supérieurs sont en effet une fois et demi plus nombreux que les simples policiers».

    Selon Guennadi Goudkov, vice-président du comité pour la sécurité de la Douma (chambre basse du parlement russe), Medvedev a certainement fait là un pas dans la bonne direction, mais ses initiatives ne suffisent pas. Il s’agit là de décisions spontanées, regrette le parlementaire, prises en réaction au mécontentement général. Il est nuisible, qu’en réalité le ministère de l’Intérieur se réforme lui-même, sans le contrôle indispensable de la société civile.

    «Ce sont les chefs de la police eux-mêmes qui vont composer les listes de licenciements, constate avec dépit l'avocat Igor Koustov. – Et finalement, ceux qui seront licenciés ne seront pas les pires employés ni les plus compromis, mais plutôt ceux qui ne s’inscrivent pas dans la « verticale hiérarchique » de la police. Et cette verticale est malheureusement très imparfaite.

    «Il paraîtrait que Medvedev ne se soit pas entendu avec Poutine quant à la démission de Nourgaliev, suppose Pachkine, le leader du syndicat de la police. - Il me semble qu'entre le président et le chef du gouvernement, il y a un accord tacite : le premier ne s’occupe pas de ce qui concerne la force, alors que le second n'intervient pas dans les affaires judiciaires».

    Kommersant
    La Russie a acheté en Europe une technologie pour retirer du service une centrale nucléaire

    Atomstroyexport qui fait partie de la structure de Rosatom (Agence fédérale de l'énergie atomique russe) a acheté pour un prix relativement raisonnable, non seulement son premier actif européen, la société allemande Nukem Technologies, mais aussi l'un des rares know how du cycle atomique que la Russie ne possédait pas encore: le démantèlement de la centrale nucléaire, lit-on vendredi dans le quotidien Kommersant.

    La transaction a été conclue à la mi-décembre. D'abord, le prix demandé pour l'actif était de 70 millions d'euros, mais cette somme a pu être réduite à 23,5 millions d'euros. Le premier vice-président d'Atomstroyexport Alexandre Gloukhov a expliqué que Nukem Technologies était le leader dans le domaine du traitement des déchets radioactifs et du combustible nucléaire usé en Europe centrale et de l'Est. Le carnet de commandes de Nukem Technologies atteint près de 400 millions d'euros. Cette société a réalisé plusieurs projets importants de retrait du service d’objets nucléaires dangereux, y compris dans les centrales construites avec un design russe.

    "On nous a demandé d'accorder des garanties bancaires de 500 millions d'euros pour tous les engagements, a ajouté Alexandre Gloukhov en parlant des difficultés de la transaction. Mais nous avons réussi à persuader les propriétaires des intérêts de Rosatom et d'Atomstroyexport de travailler dans ce segment du marché de l'énergie nucléaire et de notre intention de développer la société. Nous répondons des engagements de Nukem Technologies jusqu'à décembre 2011 devant son ancien propriétaire, mais le point concernant les garanties bancaires n'a pu être exclu du contrat. Seules les garanties de VTB d'un montant de 66 millions d'euros pour les contrats courants de Nukem Technologies ont été accordées".

    Alexandre Gloukhov estime que le retrait du service des objets nucléaires dangereux est une "compétence qui fait défaut sur le marché russe". "Ce travail n'a jamais été effectué dans son ensemble en Russie", a-t-il ajouté. Alexandre Seleznev d'Ouralsib fait remarquer que l'âge moyen des réacteurs nucléaires en Russie est de 26 à 27 ans et qu'il faudra les retirer du service tôt ou tard.

    Atomstroyexport prévoit d'utiliser les technologies de Nukem Technologies aussi bien sur le marché international que russe. Selon ses estimations, jusqu'à 2015, le volume du marché mondial du traitement des déchets nucléaires constitue 2,5 à 2,7 milliards d'euros, celui du traitement du combustible nucléaire usé, environ 6 milliards d'euros, et celui du retrait du service, 3 à 3,5 milliards d'euros.

    Kommersant, Vedomosti
    La Russie utilisera des technologies militaires dans le domaine de l'énergie civile

    Rosatom (Agence fédérale de l'énergie atomique russe) et En + Group d’Oleg et En + Group d’Oleg Deripaska ont annoncé hier la création d’une société mixte, AKME-engineering, qui, d’ici 2019, devra organiser la production en série des réacteurs d’énergie atomique sur la base de technologies qu’utilisent les sous-marins soviétiques, lit-on vendredi dans des quotidiens russes Kommersant et Vedomosti.

    Le total des investissements pour le développement des équipements devrait atteindre 500 millions de dollars, mais AKME-engineering espère grâce à ces réacteurs réduire le coût de production de l’énergie, jusqu’à un coût équivalent à celui des installations au charbon.

    L'unité expérimentale à base d’un réacteur plomb-bismuth à neutrons rapides d’une capacité de 100 mégawatts peut servir à approvisionner en énergie les consommateurs éloignés des centres énergétiques. La technologie sera fournie par Rosatom, et le gros des investissements par En +.

    Le montant des investissements pour le développement de ce réacteur n’est pas officiellement indiqué mais, d’après une source proche des cofondateurs de la société mixte, il pourrait atteindre 500 millions de dollars.

    Le premier directeur-adjoint sur les problèmes de sécurité dans le domaine de l'énergie atomique, auprès de l'Institut de l'Académie des Sciences de Russie, Rafaël Aroutiunian, a noté que le développement de la technologie des réacteurs à plomb-bismuth avait commencé en URSS dès 1950 et fut utilisée pour les sous-marins atomiques soviétiques. Les derniers sous-marins avec ce type de réacteurs étaient déjàà retirés de l’exploitation en 1980. Le scientifique a fait remarquer que les exigences concernant les réacteurs des sous-marins étaient différentes de celles concernant les installations pacifiques. En outre, il y a eu des changements très sérieux en matière de sécurité des réacteurs. L'expert considère donc le délai de 10 ans comme «plutôt rigide» s’agissant pour la mise au point du réacteur en question.

    Les technologies que Rosatom et En + se proposent de développer permettraient de réduire le prix de construction d’une centrale nucléaire : 1 kw de la capacité de la centrale utilisant le type de réacteur susmentionné reviendrait au même prix que la production de 1 kw par une centrale au charbon, affirment les représentants des deux sociétés engagées dans le projet. Le chef du service analytique de Zerich Capital Management Nikolaï Podlevskikh en doute, et fait remarquer qu’actuellement le prix d’1 kw produit par les réacteurs des centrales nucléaires flottantes revient environ à 10 000 dollars, tandis qu’1 kW produit par la génération au charbon ne revient qu’à 2000 dollars...

    De telles technologies seront très utiles lors de la mise en valeur de grands gisements lorsqu’il n’y aura pas de source d’énergie à proximité, suppose Ekaterina Tripoten, analyste à Sovlink. De plus, ces installations pourront être utilisées pour la production d'énergie en Extrême-Orient, en Iakoutie, dans la Kamtchatka, où pour l’instant sont utilisés des combustibles plus coûteux, tels que le mazout, conclut l’expert.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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