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    Revue de la presse russe du 29 décembre

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    Russie : Partage des responsabilités au sein du tandem dirigeant /La Russie menace de suspendre ses livraisons de pétrole en Europe via l'Ukraine/L’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique a ouvert la voie du pétrole russe vers l'Est/Les ressources en hydrocarbures du plateau continental de la mer Noire pourraient provoquer un conflit entre les Etats riverains.

    Nezavissimaïa gazeta
    Russie : Partage des responsabilités au sein du tandem dirigeant

    Cette année la Russie a vu se dessiner une "division du travail" entre le président Medvedev et le premier ministre Poutine, lit-on mardi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Dans les affaires intérieures Dmitri Medvedev a dû se contenter de la modernisation des domaines délaissés par les "plans de progrès" du premier ministre, alors qu'à l'extérieur il a dû traiter de questions impossibles à résoudre sans idées résolument novatrices, et encore, sans succès garanti. Une telle situation présente pourtant le président comme un homme politique, tandis que Vladimir Poutine ressemble de plus en plus à un directeur commercial de Gazprom.
    Au cours des 17 visites effectuées par le premier ministre à l’étranger, ce n’est qu’en Mongolie et en Abkhazie qu'il n'a pas évoqué la question du gaz. Il demeure le personnage-clé des négociations sur le règlement de problèmes gaziers avec Ukraine. C’est tout juste si ce ne sont pas les rencontres avec le premier ministre qui furent les points culminants des visites en Russie des chefs d'Etats décideurs de l'avenir du projet Nord Stream. Le président a en même temps lancé nombre de projets comme un nouvel accord sur la sécurité euro-atlantique, la révision du Traité sur la Charte de l'énergie et s’est efforcé de les faire avancer.
    A la fin 2009 il devient évident que la politique extérieure russe sous Medvedev s’écarte de l’hystérie qui la caractérisait précédemment : cela se manifeste dans la tonalité des négociations avec les Etats-Unis et l'OTAN, dans une plus grande bienveillance envers l'Union européenne, notamment une attitude positive envers l'adoption du Traité de Lisbonne, et même dans une volonté de bien distinguer une éventuelle aversion personnelle envers certains leaders politiques et les intérêts des populations, comme les initiatives visant à rétablir le trafic aérien avec la Géorgie. Cette politique pragmatique et bienfaisante pour l'image de la Russie s’illustre également par son opposition à la peine de mort et sa volonté de soumettre à la Douma le protocole n°14 de la Convention européenne des droits de l'homme.
    Résultat, la Russie se rend particulièrement présente sur la scène internationale, mais en même temps on assiste à une dispersion des forces bien prévisible et à des succès diplomatiques plus que modestes. 
    Certains échecs étaient pourtant inévitables, c’est le cas par exemple des initiatives sur la sécurité euro-atlantique restées lettres mortes. Cette idée a été assez froidement accueillie pour au mois deux raisons. Du point de vue stratégique, il est tout de même naïf de demander à l'Occident de renoncer au système de sécurité collective qui avait assuré sa victoire à la fin de la guerre froide en faveur d'une structure éphémère et qu’aucune menace réelle ne justifie. Qui plus est, la partie russe a adopté une position indéfendable du point de vue tactique : on sait très bien que toutes les questions de sécurité européenne sont toujours résolues à Washington, mais ce problème n'a même pas été évoqué lors de la visite de Barack Obama à Moscou au mois de juillet dernier.
    Par Ekaterina Kouznetsova, directrice des programmes européens du Centre d'étude de la société postindustrielle

    Vedomosti
    La Russie menace de suspendre ses livraisons de pétrole en Europe via l'Ukraine

     Le conflit pétrolier entre Moscou et Kiev a failli hier prendre une nouvelle tournure : la Russie a menacé d'arrêter ses livraisons de pétrole en Europe via l'Ukraine, lit-on mardi dans le quotidien Vedomosti.
     Hier Moscou a informé l’Union Européenne d’une suspension possible du transit du pétrole vers la Slovaquie, la Hongrie et la République Tchèque, a déclaré au correspondant du journal, Mark English, le représentant de la Commission européenne. Cette information a été confirmée par une source au Ministère russe de l'énergie.
     Les livraisons de pétrole pourraient être suspendues en raison des questions de transit non réglées avec l'Ukraine, a précisé pour sa part le ministre de l'énergie, Sergeuï Chmatko. Le volume des livraisons de brut via l'Ukraine constitue près de 15 millions de tonnes par an. En attendant la conclusion d’un nouveau contrat, les parties signent chaque année un accord de coopération pour l’année à venir, a-t-on expliqué au ministère russe de l'Énergie et au ministère ukrainien du Combustible et de l'Énergie.
     Les principaux désaccords entre Transneft et Ukrtransnafta portent sur les tarifs du transit via l'Ukraine, explique Mark English. Selon Nikolaï Tokarev, président de Transneft, les nouvelles conditions posées par l'Ukraine n'arrangent pas la compagnie : la hausse des tarifs pour le transit, le principe de paiement des livraisons indépendamment du transit réel. Les tarifs (à l’heure actuelle 1,12 dollars par tonne sur 100 km) s’accroissent de façon peu significative, a indiqué Bogdan Sokolovsky, conseiller du président ukrainien, sans pourtant préciser de combien au juste. En outre, l'Ukraine a proposé de passer aux paiements en euros au lieu des dollars, a-t-il a ajouté.
     Cependant, il paraît peu probable que les parties en viennent à une nouvelle « guerre pétrolière ». D’ici la fin de l’année, Transneft et Ukrtransnafta signeront l'accord sur le transit pour 2010, a indiqué Irina Iessipova, porte-parole du ministère russe de l'Énergie. Sans doute un compromis sera-t-il trouvé, lui fait écho Valentin Zemliansky, son collègue de Naftogaz ukrainienne, société qui gère 100 % des actions d’Ukrtransnafta.
     La discontinuité désapprovisionnement en combustible n’est pas menacée : les stocks en Europe sont amplement suffisants, rassure un fonctionnaire de la Commission européenne. Le pétrole n’est pas du gaz, et il y a une multitude de moyens de le transporter, c'est pourquoi on n’est vraiment pas menacé d’être à court de combustible, déclare également Mikhaïl Kortchemkine, directeur d’East European Gas Analysis.
     Le plus grand fournisseur de pétrole en Europe via l'Ukraine est TNK-BP précise le représentant d’Ukrtransnafta. De plus, cet itinéraire est aussi utilisé par Rosneft et Tatneft. Or, TNK-BP n’a pas reçu d'avis officiel sur une suspension possible des livraisons, a indiqué le porte-parole de la compagnie, mais, si c’était le cas, la compagnie demanderait à Transneft de redistribuer le volume des livraisons pour s'acquitter de ses obligations. Si tel était le cas, Rosneft serait prête à utiliser des itinéraires de rechange, a précisé le porte-parole de la société.

    Gazeta. ru, Vedomosti
    L’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique  a ouvert la voie du pétrole russe vers l'Est

     Hier a été mise en service la première tranche de l’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique  par lequel le pétrole de la Sibérie orientale sera acheminé vers les marchés d'Asie et du Pacifique, lit-on mardi dans les quotidiens Gazeta. ru et Vedomosti. Ainsi la Russie diversifie-t-elle ses exportations d’énergies, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des clients européens et élargissant sa présence en Orient.
     La ligne Sibérie orientale- Pacifique  est longue de 2694 km, d’une capacité de 30 millions de tonnes de pétrole par an, qui, par la suite, devrait être portée à 80 millions. La construction du premier tronçon a coûté 360 milliards de roubles, 60 milliards de plus sont allés à l’aménagement d’un port à Kozmino, a indiqué le premier ministre  russe Vladimir Poutine lors de l’inauguration.
     L’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique  servira au transport du pétrole en provenance des gisements de Sibérie orientale, d’une qualité supérieure à celle du brut de Sibérie occidentale car d’une teneur moindre en soufre. Il a été même classé comme qualité de pétrole russe à part, sous le nom provisoire de l’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique. Afin de stimuler le développement des gisements de Sibérie orientale, le gouvernement a supprimé la taxe à l’exportation du pétrole en provenance de cette région, ce qui peut présenter un manque à gagner au budget allant jusqu'à 150 milliards de roubles par an, mais qui permettra aux pétroliers de concentrer tous leurs efforts sur l'intensification de la production. Les experts du marché pronostiquent que les taxes zéro seraient maintenues pendant deux ans au plus, juste le temps pour les champs pétrolifères de Sibérie orientale d’atteindre leur niveau de rentabilité.
     Tout en stimulant la mise en valeur du sous-sol de la Sibérie orientale, l’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique  joue un rôle très important dans la diversification des exportations des ressources énergétiques russes. « Premièrement, il atténue notre dépendance vis-à-vis des acheteurs européens, deuxièmement, on suppose que le marché européen va stagner, alors que les marchés de la région Asie-Pacifique, au contraire, vont croître », estime Alexandre Razouvaev, chef du service d’analyse de la compagnie d’investissement Gallion Capital.
     « Initialement il était prévu de lancer l’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique  dès 2008, et 5 millions de dollars pour 1 km de pose d’un oléoduc semblent être un coût unitaire très élevé. Cependant, un pas dans la mise en valeur d’un marché très prometteur est ainsi franchi », fait remarquer Vitali Gromadine, analyste à Arbat Kapital.
    Pour des raisons géopolitiques, le gouvernement est prêt à consentir à des pertes directes : la compagnie d'État Transneft livrera du pétrole à la Chine en pure perte. La direction du Service fédéral de tarification a fixé le prix de transport du pétrole via l’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique  à 1598 roubles par tonne, pour un prix de revient réel de 130 dollars par tonne (soit près de 3890 roubles), comme l’avait déjà indiqué auparavant le président de Transneft, Nikolaï Tokarev. Selon les calculs de Denis Borissov, analyste à la Banque de Moscou, les pertes totales de la compagnie pour l’oléoduc Sibérie orientale- Pacifique  en 2010 pourraient se chiffrer à 29,7 ou 30 milliards de roubles, soit près de 10 % des recettes de la compagnie.

    Izvestia
    Les ressources en hydrocarbures du plateau continental de la mer Noire pourraient provoquer un conflit entre les Etats riverains.

    Selon Ioulia Timochenko, dès 2010 l’Ukraine va procéder à l’exploration des gisements de pétrole et de gaz des plateaux continentaux, lit-on mardi dans le quotidien Izvestia.
    . Les autres Etats riverains de la Mer Noire exposent des projets similaires. Le problème consiste en ce que plusieurs gisements appartiennent à plusieurs pays et que leur partage pourrait être source de conflits.

    L’Ukraine a qualifié de priorité gouvernementale l’exploration du plateau continental de la Mer Noire de l’Ukraine. On peut comprendre cette position : une fois que la Russie aura achevé la construction des gazoducs Nord Stream et South Stream, les dirigeants ukrainiens ne pourront plus exercer de chantage par le gaz et chercher à obtenir des subventions de plusieurs milliards sous forme de remises et de paiements de transit.
    Les experts ukrainiens supposent que les eaux de la partie est de la Mer Noire contiennent jusqu’à 3,5 billions de tonnes de combustible, chiffre qui peut être comparé à celui des plus grands gisements de la Caspienne. Chez les Russes ces estimations suscitent des doutes. « Tous les gisements en Mer Noire ne sont que des potentialités. Tous les raisonnements à propos de la présence là-bas de ressources minières reposent sur des données géophysiques, précise Nikita Koutcheriouk, chef de laboratoire à l’Institut d’Océanologie de l’Académie des Sciences de Russie. Or les données géophysiques montrent qu’il y a là-bas des poches. Quant à savoir ce qui il y a dans ces poches, du pétrole, du gaz ou de l’eau, on ne pourra le savoir qu’après avoir effectué des forages »
     « Les ressources de la Mer Noire ne sont pas si importantes », déclare également Konstantin Simonov, directeur du Fonds pour la sécurité énergétique nationale. Cependant le prix du pétrole va augmenter dans les années qui viennent, ce qui rend attractifs même les petits gisements ».
    L’Ukraine et la Russie ont en effet des litiges territoriaux, en l’occurrence une dizaine de gisements d’hydrocarbures près du détroit de Kertch. Le partage des gisements a fait l’objet d’un marchandage au cours de cette année et, pendant les négociations il a été lié aux livraisons du gaz à l’Ukraine.
    Le litige russo-ukrainien n’est cependant qu’une partie du problème. Hier le ministère géorgien des Affaires étrangères a sévèrement critiqué la signature d’un accord entre Rosneft et la compagnie d’Etat abkhaze Abkhaztop portant sur la recherche et l’évaluation de gisements de pétrole sur le territoire de Goudaout du plateau de la Mer Noire. Les ressources en matières premières, d’après une évaluation préalable, représentent là environ 270 millions de tonnes de combustible. Or, d’après « la loi sur les territoires occupés » adoptée par le parlement géorgien, les compagnies étrangères n’ont pas le droit d’exploiter les ressources de l’Abkhazie sans autorisation officielle de la part des autorités géorgiennes.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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