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    La Russie vue par la presse francophone le 30 décembre

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    Réforme du système judiciaire en Russie/ Transit de pétrole: accord trouvé entre l'Ukraine et la Russie/ Le gouvernement russe réussit à réduire le chômage/Violence en Iran

    Le Figaro

    Medvedev veut en finir avec le «goulag» russe 

    Le chef du Kremlin a signé, mardi, deux lois qui amorcent une refonte des politiques pénale et carcérale.
     C'est une première : le contrôle judiciaire fait son apparition en Russie. La loi a été signée, mardi, par le président Dmitri Medvedev, qui a également promulgué un texte interdisant l'emprisonnement des personnes suspectées de délits fiscaux. Ces mesures inaugurent ce que le Kremlin présente comme une vaste refonte des politiques pénale et carcérale en 2010.
    En Russie, où l'on dénombre près de 900 000 détenus, soit la moitié de la population carcérale du continent européen, la détention provisoire est au premier rang des causes de surpopulation. Comme l'expliquait vendredi le ministre de la Justice, Alexandre Konovalov, «seules 70 % des détentions provisoires débouchent sur une peine d'emprisonnement après jugement».
    «En clair 30 % de ces mesures sont prises en vain», l'a aussitôt repris Dmitri Medvedev. La réforme doit donc permettre de désengorger les centres de détention provisoire. «On était douze dans une cellule de quatre, on devait dormir à tour de rôle. C'était tellement étouffant que, pendant plusieurs mois, je n'ai rien porté d'autre que mon caleçon», témoigne Grigorii Mikhaïlov, un ancien détenu tout juste libéré.
    Dans la foulée, un projet de loi visant à modifier le caractère répressif de la législation pour les crimes et délits les moins graves sera soumis à la Douma (Parlement) courant janvier. Dmitri Medvedev s'en est fait l'avocat la semaine dernière en direct à la télévision: «Un homme vole 500 roubles et on lui inflige deux ans de prison ferme. Comment voulez-vous qu'il en sorte meilleur?»
    Ces déclarations interviennent après la mort en prison, le 26 novembre, de l'avocat Sergueï Magnitski, accusé de fraude fiscale et laissé sans soins durant plusieurs mois d'atroces douleurs.
    Un rapport publié lundi fait état de conditions de détention assimilables à de la «torture». Une liberté de ton autorisée en haut lieu : le 11 décembre, Medvedev limogeait une vingtaine de hauts fonctionnaires du Service fédéral de l'exécution des peines (FSIN): «Le système pénitentiaire n'a pas changé depuis des décennies. Et il ne veut pas changer seul. Il faut y mettre de l'ordre!»
    Mardi encore, le président russe a limogé le vice-directeur du FSIN. De son côté, cette institution annonce le lancement en 2010 d'une vaste réforme du système carcéral avec, en point d'orgue, le démantèlement du système de «colonies pénitentiaires», émanations à peine édulcorées des camps du goulag.
    Pour l'influent Gleb Pavlovski, présenté comme un des idéologues du Kremlin, «c'est probablement la décision la plus importante de l'année. Le goulag comme institution de la peur va disparaître du champ politique».
    Enterre-t-on si aisément une tradition forgée au fil de décennies de déportation sibérienne? «Pour obtenir des conditions de détention décentes, il faut réduire la population carcérale drastiquement. La réduire de moitié ne suffira pas», explique Lioudmila Alpern, du Centre pour la réforme de la politique pénale. La dissidente salue tout de même «une série de signaux très positifs» intervenus après la mort de Magnitski.
    Dans l'euphorie, on en oublierait presque le détenu le plus célèbre de Russie, Mikhaïl Khodorkovski. Son avocat Robert Amsterdam vient rafraîchir les mémoires: «Je me réjouis des conséquences de l'affaire Magnitski, mais je remarque une amnésie collective à propos de Khodorkovski. Tant qu'il ne sera pas libéré, on ne pourra pas parler de réforme. En Russie, les réformes ne sont que des points de ponctuation entre les meurtres.»



    Romandie.com (Belgique)

    Pétrole: Bruxelles se félicite d'un accord qui assure les livraisons à l'UE

    La Commission européenne s'est félicitée mardi d'un accord trouvé entre l'Ukraine et la Russie sur le transit de pétrole, qui évite tout risque d'interruption des livraisons à l'Union européenne.
    Le commissaire européen à l'Energie Andris Piebags s'est dit "très heureux de noter que les Russes et les Ukrainiens ont trouvé un accord qui évite l'interruption de la fourniture de pétrole à l'UE", dans un communiqué.
    Les événements des derniers jours montrent également que le mécanisme d'avertissement rapide mis en place entre la Russie et l'UE est "un moyen de communication utile", souligne le commissaire.
    La Commission avait été prévenue lundi par Moscou que les livraisons de pétrole russe à l'UE via l'Ukraine risquaient d'être interrompues, suite à un différend avec Kiev qui souhaitait revoir un accord conclu en 2004 sur le transit de pétrole russe vers l'UE.
    Un accord a finalement été trouvé entre l'Ukraine et la Russie, prévoyant notamment une augmentation de tarif de 30%.
    Ce nouvel épisode des tumultueuses relations énergétiques russo-ukrainiennes soulève une fois de plus la question de la dépendance énergétique des Européens vis-à-vis des pays de l'ex-URSS.
    Début janvier 2009, en plein hiver, un différend entre Kiev et Moscou portant à l'époque sur le transit de gaz avait entraîné une interruption de deux semaines des livraisons russes vers l'UE.



    Quotidien du Peuple (Chine)

    Le gouvernement russe réussit à réduire le chômage (Poutine)

    Le gouvernement russe a évité une hausse brusque du chômage et a préservé le système bancaire sous-développé du pays, a indiqué le Premier ministre Vladimir Poutine mardi lors d'un récapitulatif des principales réalisations du gouvernement en 2009.
    "Le chômage a progressé et continue de progresser, mais il n'est pas aussi dramatique qu'il aurait pu être," a confié Poutine aux journalistes lors d'une visite de travail à Vladivostok, une ville de l'Extrême Est de la Russie.
    Poutine a rappelé que les plus grandes banques russes ont disparu après la crise financière de 1998 en emportant de l'argent avec elles. "Nous avons empêché que cela se produise (cette fois- ci)," a-t-il déclaré.
    Le gouvernement a repris plusieurs banques qui étaient sur le point de tomber en faillite dans le sillage de la baisse économique actuelle, a-t-il déclaré. "Nous les avons restructurées, fusionnées ou renforcées."
    Poutine a reconnu que le marché du crédit a subi une contraction importante en raison de la crise économique, mais a indiqué que le pays sort progressivement de cette situation.
    Le Premier ministre a ajouté que les autorités auraient dû dépenser plus sur la diversification de l'économie au cours de la décennie passée.
    La Russie, dont l'économie dépend énormément des ressources énergétiques, a été durement frappée par la baisse économique mondiale lorsque les cours du pétrole se sont effondrés à la fin de l'année dernière. Poutine a prédit au début de ce mois que l'économie russe pourrait reculer de 8,5 à 8,7 % cette année.



    Le Temps (Suisse)

    Où va mener l'escalade de la violence?

    Six mois après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, l’Iran s'enfonce dans une spirale infernale de violence. La radicalisation est double. Elle touche le pouvoir comme l’opposition. A quel prix?
    «Où est mon vote?» Calligraphié sur des pancartes portées à bout de bras, le slogan flottait, en juin dernier, au-dessus des cortèges pacifiques comme un ultime appel à l'organisation d'un nouveau scrutin présidentiel. De renversement du régime, il n'était pas question. Six mois plus tard, les cris de la rue ont changé. Croulant sous le poids d'une répression massive, les protestataires redressent la tête en faisant preuve d'une étonnante détermination à résister. Et à défier, pour certains, le pouvoir iranien dans son ensemble.
    Le scénario est désormais rodé. Dès qu'une occasion se présente, les opposants iraniens cherchent à faire entendre leur voix. Fête nationale, cérémonie religieuse, arrestation de ténors du mouvement réformiste, tout est prétexte à la contestation. «Ces derniers jours, un nouveau cap a été franchi», observe Azadeh Kian, spécialiste de l'Iran et professeure de sciences politiques à l’Université Paris VII. D'abord cantonné à la capitale, la colère est en train de déteindre sur les provinces. Y compris dans des petites villes traditionnelles.
    En parallèle, les slogans se radicalisent. Initialement érigés contre Mahmoud Ahmadinejad, le vainqueur contesté du scrutin du 12 juin dernier, ils s'attaquent désormais directement au guide suprême, jusqu'ici resté intouchable. «Khamenei = WC», ose afficher un des nombreux graffitis qui fleurissent, à la nuit tombée, sur les murs de Téhéran. Derrière les mots, il y a aussi les actes. Ce week-end, les manifestants se sont volontairement attaqués aux «symboles» de la répression, en brûlant des motocyclettes de miliciens bassidjis et en saccageant plusieurs postes de police. Une violence inédite pour un mouvement dont certains partisans se revendiquaient, jusqu'ici, du Mahatma Ghandi.
    Dépassé par l’ampleur de la révolte, le noyau dur du régime brandit, lui, l'arme de la terreur. Les arrestations massives se multiplient. Les menaces de mort aussi. Mais le recours à la force ne suffit pas à freiner l'élan protestataire. Au contraire. «Ces méthodes sont en train de pousser de nombreuses familles traditionnelles à basculer du côté de l'opposition», prévient, depuis Téhéran, une sociologue qui préfère garder l'anonymat. Hétéroclite, la contestation ne l'a jamais autant été. Ce ne sont plus les acteurs habituels de la société civile – femmes, étudiants, intellectuels –, fervents défenseurs de la démocratie, qui manifestent. Le mouvement englobe désormais, en son sein, d'ex-politiciens conservateurs, choqués par la brutalité de la répression, notamment le viol, l'été passé, de plusieurs manifestants arrêtés – dont le fils de l'un d'entre eux.
    «Ça craque de partout», constate Christian Bromberger, ancien directeur de l'Institut français de recherche en Iran. Et de citer, également, la fronde menée d'importants ayatollahs réformistes qui multiplient les réquisitoires contre la tournure que prend le système. «Avant, les débats étaient confinés à des réunions à huis clos, à des échanges de courriers. Il y avait toujours ce besoin de sauver les apparences. Aujourd'hui, les divisions sont transparentes et publiques», poursuit-il.
    A Téhéran, la rumeur raconte que l'armée pourrait, elle aussi, emboîter le pas aux protestataires. Dans une lettre, néanmoins difficilement authentifiable, et qui fait le tour d’Internet, de hauts gradés de l’armée régulière osent s'insurger contre la répression en cour. «C'est invérifiable, mais c'est plausible. Car l'armée représente l'enfant pauvre de la révolution. A l'inverse des Gardiens de la révolution – l'armée parallèle et idéologique –, elle n'a pas bénéficié de la manne pétrolière. Si elle reçoit l'ordre d’intervenir contre les manifestants, elle n'a, a priori, aucune motivation pour mater dans le sang un soulèvement populaire», remarque Azadeh Kian.
    Le cycle de la violence est vicieux. Car il pourrait se retourner contre le régime. D'autant plus que, prise au piège de ses propres traditions chiites, où le culte des morts est important, la République islamique est en train de s'enfoncer dans une spirale interminable de commémoration des martyrs de la contestation, donnant lieu à de nouvelles manifestations. «Cette situation n'est pas sans rappeler celle de la révolution de 1979», relève Azadeh Kian.
    La République islamique est-elle, pour autant, au bord de l'effondrement? «Faute d’alternative politique, il est difficile d’imaginer un renversement du régime», répond la professeure. «On peut imaginer une solution transitoire où le guide suprême serait amené à céder une partie de son pouvoir en acceptant d'être remplacé par un conseil collégial, tandis que d’autres institutions comme le parlement bénéficieraient d’un rôle plus prépondérant», dit-elle. Encore faut-il qu'Ali Khamenei soit prêt à accepter certaines concessions.
    «Si aucune solution n'est trouvée, le pire est à prévoir», prévient un autre journaliste iranien qui n’exclut pas la possibilité d'une «guerre civile». «L'Iran est pluriethnique et certains membres des minorités comme les Baloutches, les Kurdes et les Arabes pourraient également profiter de la situation pour retourner leurs armes contre le pouvoir central», rappelle Azadeh Kian.

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