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    La Russie vue par la presse francophone le 14 janvier

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    La Russie va ratifier le texte permettant la réforme de la CEDH/ Russie: ventes de voitures chutent/ La Russie partage la vision de l’OTAN/ Grande famine en Ukraine: Staline reconnu coupable de génocide

    Romandie News              

    La Russie va ratifier le texte permettant la réforme de la CEDH

    La Russie va ratifier vendredi le texte permettant la réforme de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), a déclaré jeudi Boris Gryzlov, président de la chambre basse du Parlement, alors que Moscou était le seul membre du Conseil de l'Europe à bloquer ce processus.
    "Russie unie (parti au pouvoir qui détient la majorité) va voter demain pour la ratification du Protocole" N° 14 à la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, a déclaré M. Gryzlov.
    La Russie est le seul des 47 Etats membres à ne pas avoir ratifié ce protocole, bloquant ainsi depuis des années l'entrée en vigueur d'une réforme visant à faciliter le travail de la Cour.
    La Conseil de l'Europe cherche à simplifier les procédures devant la CEDH en raison de son engorgement.
    La Douma a voté en décembre 2006 contre la ratification du texte, le jugeant contraire aux intérêts du pays, alors que la Russie est l'un des pays les plus sanctionnés par la Cour, notamment pour des affaires concernant la Tchétchénie et des mauvais traitements en prison.
    La réforme vise à simplifier notamment la procédure de recevabilité pour les affaires dites "répétitives" qui restent sans réponse dans les tribunaux au niveau national, faisant craindre à la Russie une inflation de plaintes à son encontre.
    La CEDH examine actuellement la plainte de l'ex-compagnie pétrolière Ioukos qui réclame la somme record de 98 milliards de dollars à la Russie.
    Le patron de Ioukos Mikhaïl Khodorkovski purge une peine de huit ans de prison pour escroquerie et comparaît depuis mars 2009 dans un nouveau procès où il risque 22 ans de prison.


    Le Figaro

    Russie: ventes de voitures chutent
     
    Les ventes de voitures particulières et de véhicules utilitaires légers en Russie se sont effondrées de 49% en 2009 par rapport à 2008, selon des chiffres communiqués jeudi par l'Association of European Business (AEB).
    Les ventes se sont élevées à 1,47 million de voitures, un chiffre qui a chuté au niveau de 2005, a indiqué Martin Jahn, vice-président du comité des constructeurs automobiles de l'Association.
    Selon lui, les ventes doivent atteindre 1,5 million de voitures en 2010.
    Le principal constructeur automobile russe, Avtovaz, en difficulté, a vu ses ventes baisser de 44% à 349.490 voitures en 2009, selon la même source. Les ventes de General Motors ont chuté de 58% à 141.690 voitures, celles de Volkswagen de 28% à 94.000, de Ford de 57% à 88.970.
    Renault a vu ses ventes chuter de 33% à 72.280, PSA Peugeot-Citroën de 30% à 42.130, et Toyota de 63% à 75.130.
    Avant la crise financière la Russie était considérée comme le marché le plus porteur d'Europe et les constructeurs étrangers s'y bousculaient.
    Le gouvernement a multiplié ces derniers mois les initiatives pour tenter de soutenir la production locale.

     
    Le Temps

    «La Russie partage la vision de l'OTAN»
     
    Directeur du Centre Russie/NEI à l’IFRI, Thomas Gomart analyse le surprenant soutien russe à l'Alliance atlantique exprimé par la voix de l'ambassadeur russe Dmitry Rogozin

    Dans une tribune publiée mardi dans le Herald Tribune, l'ambassadeur russe à l'OTAN à Bruxelles, Dmitry Rogozin, apporte un soutien inattendu aux opérations de l'Alliance atlantique en Afghanistan et espère qu'elles seront fructueuses. Directeur du Centre Russie/NEI (Nouveaux Etats indépendants) à l'IFRI, Thomas Gomart analyse les raisons du soutien russe aux Occidentaux en Afghanistan.

    Le Temps: On connaît le vieux contentieux entre la Russie et l'OTAN. Comment expliquez-vous un soutien russe aussi net à l'Alliance atlantique en Afghanistan?

    Thomas Gomart: Il s'inscrit dans le cadre du durcissement de la position russe par rapport à l'Iran. Les élites russes partagent de plus en plus le sentiment que leur système d'analyse des menaces est obsolète. La menace ne vient plus d'Occident, mais d'un Iran nucléaire ou d'une déstabilisation de l'Afghanistan et du Pakistan. Elles se rendent compte que la vielle architecture sécuritaire opposant la Russie à l'OTAN en Europe encadre mal l'évolution des questions de sécurité actuelles. Sans parler d'alignement, il y a une convergence progressive entre la Russie et l'Occident sur la notion même de menace. Tout ceci à un moment où l'OTAN cherche à élaborer un nouveau concept stratégique pour relever des défis sécuritaires hors de sa zone traditionnelle de défense territoriale.
     
    – Y a-t-il vraiment une unanimité de vue du problème afghan au sein du pouvoir russe?

    – On parle de trois courants. Certains, au sein des forces armées, espèrent que l'OTAN échoue en Afghanistan comme l'Union soviétique avait échoué. Ce courant est minoritaire. D'autres pensent que l'OTAN doit aller au bout de son mandat pour stabiliser l'Afghanistan et résoudre le problème taliban. Il y a enfin un troisième courant selon lequel la Russie doit aller plus loin, qu'elle doit jouer un rôle diplomatique accru auprès des voisins de l'Afghanistan tout en évitant de s'engager directement dans le conflit. Les militaires russes prennent conscience de l'asymétrie flagrante de la guerre en Afghanistan. Pour rester une grande puissance, ils réalisent que la Russie doit assimiler les enseignements des Occidentaux en Afghanistan.
    – L'ambassadeur Rogozin rappelle que l'Union soviétique avait été la première à défendre la civilisation occidentale en Afghanistan. Un motif de soutien à l'OTAN?
    – Il y a toujours eu une dimension civilisationnelle proche de Samuel Huntington (le choc des civilisations) dans le discours de politique étrangère russe. D'une certaine manière, George W. Bush et Vladimir Poutine étaient proches quand il s'agissait de parler du terrorisme international. Les Russes avaient déjà mis en garde bien avant le 11 septembre 2001 contre les risques de troubles dans les Balkans et le Caucase Nord. Mais il faut nuancer. La Russie a un modèle d'intégration de ses minorités musulmanes (20 millions) qui fonctionne.
    – Vue de Moscou, une contagion du problème afghan à l'Asie centrale serait très préoccupante.
    – Les Russes pensent qu'ils ont stabilisé l'Asie centrale en 1997, mais ils ont toujours été alarmistes à propos du danger taliban en Afghanistan. Pour la Russie, l'Asie centrale est une zone traditionnellement sous son influence. C'est là que le retour de la puissance russe à partir de 2000 s'est fait le plus sentir. Les Russes sont bien implantés au Kirghizistan et au Tadjikistan. Ils maintiennent des relations ambiguës avec l'Ouzbékistan, le Turkménistan et le Kazakhstan. Ils offrent à ces pays des garanties de sécurité. Mais contrairement aux Occidentaux, ils ne se mêlent pas de la manière dont ces pays gèrent leurs affaires internes.

    Cyberpresse

    Grande famine en Ukraine: Staline reconnu coupable de génocide

    La cour d'appel de Kiev a reconnu coupable de génocide les dirigeants bolchéviques, dont le dictateur soviétique Joseph Staline, pour avoir déclenché la grande famine de 1932-33 qui a fait des millions de morts, ont annoncé mercredi les services de sécurité ukrainiens.
    «La cour a constaté que Staline (...) a commis le crime de génocide», indique un communiqué du SBU, qui précise que d'autres hauts responsables bolchéviques, dont Viatcheslav Molotov, alors numéro deux du régime soviétique, ont eux aussi été reconnus coupables.
    Le tribunal a ordonné la fin des poursuites en raison du fait que les accusés sont décédés, ajoute le SBU.
    Le communiqué déclare que 3,941 millions d'Ukrainiens ont trouvé la mort lors de la grande famine, alors que certains avancent le nombre de 10 millions de victimes.
    Depuis des années, Kiev cherche à faire reconnaître par l'ONU la grande famine des années 1932-33 comme un «génocide» du peuple ukrainien, un projet contre lequel la Russie lutte.
    En 1932, les autorités soviétiques ont déclenché une campagne de collectivisation forcée au cours de laquelle elles ont réquisitionné semences, blé, farine, légumes et bétail, acculant les paysans à la famine, notamment en Ukraine.
    La Russie souligne que des millions de personnes à travers toute l'URSS ont été les victimes de cette politique et déclare qu'elle ne visait pas les Ukrainiens en particulier.

    Lire aussi:

    Accusations de Porochenko contre Moscou sur la famine de 1932: une «logique jésuite»
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