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    Election ukrainienne: le calme avant la tempête?

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    Présidentielle ukrainienne 2010 (181)
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    Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette fois-ci, la présidentielle s'est déroulée dans le calme, voire imperceptiblement, en tout cas, en ce qui concerne le premier tour.

    Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette fois-ci, la présidentielle s'est déroulée dans le calme, voire imperceptiblement, en tout cas, en ce qui concerne le premier tour.

    L'unique incident a été l'arrivée de 400 "journalistes" géorgiens à l’allure militaire. Pour le reste, les observateurs n'ont pas constaté d'irrégularités sérieuses et, du point de vue de l'honnêteté et du respect des normes démocratiques, le premier tour n'a été contesté par personne.
    Par conséquent, on peut d’or et déjà dresser un premier bilan.

    Le second tour est inéluctable, et Viktor Ianoukovitch y participera, puisqu’il est arrivé largement en tête avec près de 10% de voix de plus que sa rivale principale Ioulia Timochenko.
    Viktor Iouchtchenko a établi un record du monde en devenant le président en place le plus "inéligible" après avoir recueilli honteusement à peine plus de 5% des voix. Il faut savoir "partir dignement".

    Parmi les autres résultats marquants de cette élection, on peut citer le fait que Viktor Ianoukovitch, bien que le noyau de son électorat se trouve en Ukraine de l'Est, soit devenu, pour la première fois, vainqueur en Transcarpatie, région la plus occidentale de l’Ukraine. En outre, la participation assez forte – 67% - a montré que la majorité des citoyens ukrainiens se préoccupent du destin de leur pays.

    Dans le cadre d'un duplex télévisé Moscou-Kiev organisé par RIA Novosti, d'éminents politologues et sociologues des deux pays se sont réunis, en vue de débattre des résultats de l'élection.

    La plupart des invités sont unanimes dans leurs pronostics sur le développement de la situation en Ukraine.
    Le scénario sera à peu près suivant : le second tour sera remporté avec un avantage insignifiant par Viktor Ianoukovitch. Premièrement, car il avait un large avantage au premier tour. Deuxièmement, il est peu probable que Tiguipko ou Iatseniouk soutiennent l'un des candidats, car cela mettrait en péril leur avenir en politique.
    Troisièmement, comme l'a fait remarquer Konstantin Zatouline, le directeur de l'Institut des pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI), "Viktor Ianoukovitch dispose certainement d'un immense potentiel inutilisé. Le taux de participation et les résultats en faveur de Viktor Ianoukovitch sont importants, mais ils ne sont pas aussi brillants que ceux enregistrés en 2004 dans des régions russophones comme la Crimée, à Sébastopol. C'est, entre autres, la conséquence des erreurs dans l'activité des sections locales du Parti des Régions. Bien entendu, Viktor Ianoukovitch est en état de redresser cette situation et de recueillir encore plus de voix, avant tout, grâce à son noyau traditionnel".

    Quant aux tandems éventuels, Tiguipko et Iatseniouk qui sont des figures politiques nouvelles, n'ont pas encore, en principe, d'électorat fidèle. Selon Vladimir Kornilov, le directeur de la filiale ukrainienne de l'Institut des pays de la CEI, l'unique candidat ayant un électorat fidèle est Piotr Simonenko qui a recueilli 3,95% des voix. Au second tour, son appel peut signifier bien plus que celui de Tiguipko ou d'Iatseniouk.

    Le tandem Timochenko-Tiguipko en échange du poste de premier ministre pour le dernier est peu crédible. Rappelons que, conformément à la Constitution ukrainienne, la candidature du premier ministre doit être approuvée par la Rada suprême (parlement ukrainien).

    On peut donc conclure qu’il est inutile d’attendre le transfert "mécanique" des voix des prétendants ne disputant pas le second tour.

    Cependant, certains politologues ne peuvent croire qu'une figure politique aussi persévérante qu'Ioulia Timochenko puisse quitter la course alors qu'elle est si proche de la victoire.
    En cas d'échec, on peut attendre qu’elle n’accepte pas les résultats de l'élection, voire d'autres mesures, plus radicales.
    En tout cas, le second tour sera décisif et chacun des candidats n'hésitera pas à employer tous les moyens possibles.

    "En 2004, Ioulia Timochenko a refusé de reconnaître les résultats de l'élection et elle a gagné. En 2007, elle a refusé de reconnaître les résultats du vote de la majorité parlementaire et elle a également gagné. Puisqu'elle a deux fois refusé de reconnaître des résultats et en est sortie gagnante, je ne vois pas pourquoi elle ne le ferait-elle pas une troisième fois", estime le député à la Douma (chambre basse du parlement russe) Sergueï Markov.

    Quoi qu'il en soit, il ne faut pas craindre un "scénario orange". L'Occident, à en juger par commentaires de la presse, manifeste actuellement un intérêt bien plus réservé pour l'Ukraine.

    Il y a cinq ans, le facteur extérieur avait joue un rôle primordial, non pas en ce qui concerne l'ingérence, mais en ce qui concerne la reconnaissance, estime le politologue Vladimir Ryjkov.
    A présent, la communauté internationale n'a pas de partisans de la déstabilisation de l'Ukraine. Tout le monde souhaite que le second tour se termine par la victoire d'un des candidats et que le calme revient".

    Le second tour de l'élection, le 7 février, montrera si les experts ont raison. Dans l'ensemble, les avis penchent pour la variante, où Viktor Ianoukovitch l'emporte avec une légère supériorité. Mais il ne faut pas estimer que la victoire sera automatiquement attribuée à celui qui aura la majorité électorale.
    Timochenko n’ est pas de celles qui se rendent et, pour Ianoukovitch, cette élection est la dernière chance de justifier les efforts et les moyens investis. Les deux concurrents lutteront opiniâtrement.

    Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

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