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    L'Europe, c'est de l'Atlantique à l'Oural

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    Ce n'est pas suffisant de déclarer une Année croisée pour que les choses deviennent claires entre deux pays, entre deux histoires parallèles. C'est important qu'on voie l'art français en Russie et l'art russe en France, cela dit, on aurait pu organiser tout cela en dehors de l'Année croisée.

    Ce n'est pas suffisant de déclarer une Année croisée pour que les choses deviennent claires entre deux pays, entre deux histoires parallèles. C'est important qu'on voie l'art français en Russie et l'art russe en France, cela dit, on aurait pu organiser tout cela en dehors de l'Année croisée.

    Il y a, je crois, un problème en France par rapport à la Russie : c'est ce que les Russes appellent l'image de la Russie en France. Dans une entreprise aussi importante que cette Année croisée, qui a demandé tant d'efforts, sur le plan culturel, politique, financier, moi, qui aime beaucoup la Russie car elle m'a sauvé la vie pendant la Guerre, j'aurais aimé que l'on sente de l'enthousiasme des gens.
    L'enthousiasme populaire, dans la presse, dans les médias. Un intérêt particulier, différent de celui que la Russie suscite en France normalement. C'est un  grand pays, un immense pays, qui joue un rôle important par rapport à l'Iran, à la Chine, etc. Je n'ai pas senti cette fébrilité que j'aurais aimé sentir. En France, et peut-être même pas en Russie.

    Le problème, c'est que les Russes en veulent à la France parce que, aujourd'hui, il y a parmi les Russes 50 millions de personnes qui lisent les nouvelles grâce à l'ordinateur, et ils savent très bien comment la presse et les médias français voient la Russie. Et ils s'énervent.
    Je ne sais combien de fois j'ai croisé des dirigeants russes et, à chaque fois, ils me disent : oui, en France, on parle comme ça et comme ça de nous. Et je sais aussi qu'ici - j'habite dans le Marais, un vieux quartier de Paris - un certain nombre de dirigeants politiques français, qu'ils soient de l'opposition ou de la majorité, qui me croisent quand je prends mon petit-déjeuner, me disent : "tes amis russes", "ton ami Poutine".
    Il y a une sorte d'incompréhension réciproque et j'aurais aimé que cette année puisse réparer cela. Ce n'est pas sûr. Ce n'est pas suffisant d'envoyer un ballet. Nous admirons le ballet russe depuis Diaghilev. Ca ne sera pas une nouveauté. Nous admirons en France le cinéma russe depuis Poudovkine. Il y a Eisenstein, dont Français Truffaut disait "Sa Majesté Eisenstein". Ce n'est donc pas une nouveauté. Et quand nous, on envoie notre Comédie Française, les gens vont l'applaudir debout. Ca ne sera pas une nouveauté non plus.

    Ce que j'aurais aimé, c'est qu'il y ait un autre regard en France sur la Russie d'aujourd'hui. Et c'est vrai que sur le plan politique il y a un changement. Encore que Nicolas Sarkozy - je me souviens, quand il était ministre de l'Intérieur, je l'ai invité à l'Université française de Moscou - parlait déjà de l'association entre la Russie et l'Europe. Donc, ce n'est pas nouveau.
    Je pense, je continue à penser, et je l'ai toujours écrit, que la Russie fait partie de l'Europe. Il ne fallait pas attendre le général de Gaulle pour dire que l'Europe, c'est de l'Atlantique à l'Oural. Et il n'y aura pas d'Europe en tant que puissance politique et économique dans le monde face à ces nouveaux géants que sont l'Inde, la Chine, le Brésil, l'Amérique, sans la Russie.
    L'Europe n'existera pas. Elle existera sur le plan culturel, comme elle a toujours existé, mais pas sur le plan politique. Donc, l'Europe a besoin de la Russie, et la Russie a besoin de l'Europe. Et ça, pour l'instant, ce n'est pas encore apparu aux yeux de la plupart des Français.

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