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    Revue de la presse russe du 1er avril

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    Le monde manque d’une politique antiterroriste concertée / START: le jeu continue / Des transactions importantes peuvent être contestées au tribunal / Un nouvel intermédiaire sur le marché du gaz

    Krasnaïa zvezda
    Le monde manque d’une politique antiterroriste concertée

    A la une de la presse mondiale, START, l'Iran, l'Afghanistan et le Proche-Orient ont fait place au terrorisme international. "Le lundi noir" à Moscou n'a laissé personne indifférent, tout le monde se rendant compte du danger terrible qu'est la terreur, lit-on jeudi dans le quotidien Krasnaïa zvezda.

    "Nous faisons face à l’ennemi commun", a notamment déclaré la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton qui a participé à la réunion du G8 au Canada où le terrorisme a été le sujet clé. Selon la chef de la diplomatie américaine, les terroristes "ne vont pas s’évanouir comme cela". Ils sont engagés, disciplinés, ils utilisent les outils du monde moderne, qu'il s'agisse des compagnies aériennes, des cartes de crédit ou d'Internet. Les terroristes s'encouragent les uns les autres, ils échangent des connaissances, des explosifs, de l'information.

    Malheureusement, c'est ce qui manque à la politique antiterroriste internationale: la coordination et l'entraide. En fait, il n'y a pas jusqu'à présent de stratégie antiterroriste réellement concentrée prévoyant un système subordonné et complexe de lutte économique, politique et répressive contre les centres terroristes et leurs sponsors. Tant que cette stratégie fait défaut et les partenaires ne se sont même pas entendus sur la terminologie (un terroriste c’est bien le terroriste, et pas le séparatiste, l'insurgé, l'âme rebelle ayant soif d'autodétermination), la solidarité internationale visant à mettre fin à la menace principale de notre époque se bornera à des paroles sur le soutien moral, à toutes sortes de conférences et de consultations des spécialistes.

    Certes, on fait quelque chose. Par exemple, l'ambassadeur de la Fédération de Russie auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a parlé aux auditeurs de la Radio Echo de Moscou d'une "sérieuse activité scientifique" dans le cadre du Conseil Russie-OTAN, ainsi que de l'invention commune d'un "appareil spécial qui pourrait détecter les explosifs à distance". Découvrir dans une immense foule de passagers du métro celui qui porte un engin explosif et le menotter sans trop de bruit serait une affaire de première classe. Mais le neutraliser aux abords lointains des transports en commun et, d'une manière générale, loin des lieux où vivent et travaillent les gens, serait une affaire de classe bien supérieure. Avec le niveau actuel de l'équipement professionnel des employés des forces de l'ordre, c'est une tâche difficile.

    Cependant, les élites politiques et économiques des grands pays du monde peuvent apporter une plus grande aide à la lutte contre le terrorisme. Les cellules terroristes doivent être privées de stimulant matériel, bref, il faut couper court au financement du terrorisme. C'est cela le problème principal.

    Nezavissimaïa gazeta

    START: le jeu continue
    Dans une semaine, les présidents russe et américain signeront à Prague le nouveau traité de réduction des armements offensifs stratégiques (START), cependant jusqu'ici on ne sait toujours pas, combien d'ogives nucléaires les parties seront obligées de réduire, lit-on jeudi dans le quotidion Nezavissimaïa gazeta.
    Les spécialistes américains sur les questions de désarmement estiment que la Russie et les États-Unis pourraient garder plus d'ogives stratégiques, qu'il n’est permis par le nouveau traité. Les experts pensent que START reste toujours avantageux pour les deux parties.
    Hier le New York Times a remarqué l'arithmétique « créatrice » des négociateurs russes et américains finalisant le traité. Le vice-directeur du Centre du contrôle des armements et de la non-prolifération (Washington) Kingston Reif dit: «La Maison Blanche déclare la réduction des ogives nucléaires stratégiques de 30%. Mais cela reste sur le papier». La question est de savoir comment compter les ogives. Aux termes d’un nouveau traité START on compte un nombre réel d’ogives déployées sur des missiles balistiques de stationnement terrestre et maritime, mais par contre il prend chaque bombardier lourd pour une charge stratégique (В-52 est capable de porter 14 missiles de croisière, 4 bombes nucléaires de chute libre В61-7 et 2 bombes nucléaires de chute libre В83, et aux termes d’un  nouveau traité START ces 20 ogives passent pour une).

    Selon Hans Kristensen, expert de la Fédération des scientifiques américains, 450 des 2100 têtes nucléaires opérationnelles américaines et 860 des 2600 têtes nucléaires opérationnelles russes ne seront pas prises en compte. Ainsi, conclut le New York Times, dans le cadre d’un nouveau START, les États-Unis seront obligés de réduire leur arsenal « de 100 têtes, et la Russie de 190 ».

    Selon Pavel Zolotarev, vice-directeur de l'Institut des Etats-Unis et du Canada de l'Académie des sciences de Russie, cette publication peut être liée à la formation de l’attitude favorable envers le document aux États-Unis. «A la fin de l'année derniere, l'administration Obama a commencé le travail préparatoire au sein du pouvoir législatif, en se rendant parfaitement compte du fait, que l'approbation du traité par le Sénat américain serait l'étape difficile de la ratification», a-t-il déclaré à Nezavissimaïa gazeta. M. Zolotarev explique que «dans tous les cas de figure, le traité est avantageux pour Moscou, parce qu'il établit de nouveaux paramètres quantitatifs pour les deux parties compte tenu des possibilités limitées de la Russie».
    Alexandre Pikaev, expert en désarmement de l'Académie des sciences de Russie, demande de ne pas dramatiser la situation. Selon lui, la Russie a fait des concessions aux Américains en ce qui concerne la préservation partielle du régime du contrôle de START-1. En fait, nous en avons besoin aussi, car depuis ces 20 dernières annees, nos moyens de surveillance spatiale sont un retard sur ceux des Etats-Unis. En outre, Moscou voulait limiter dans le cadre du traité START les projets des États-Unis pour le déploiment du bouclier antimissile. Mais il était clair dès le début que cela n’aboutira à rien, car le traité concerne les armements stratégiques offensifs et non la défense antimissile, conclut l’expert.

    Vedomosti/ RBC daily
    Des transactions importantes peuvent être contestées au tribunal

    Les transactions importantes conclues par Gazprom, Gazprom Neft, Novatek, Sistema et d'autres compagnies pour acquérir des actifs peuvent être considérées comme nulles et contestées au tribunal à cause de formules imprécises dans la législation, lit-on jeudi dans les quotidiens Vedomosti et RBC daily.

    La loi sur les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques de l'économie russe en vigueur depuis avril 2008 concerne les investisseurs étrangers et un groupe de personnes avec la participation de ceux-ci désireux d'acquérir des parts dans des compagnies russes qui travaillent dans 42 secteurs stratégiques (pétrole, défense, industrie spatiale, etc.). La notion de "groupe de personnes" est interprétée conformément à la loi sur la protection de la concurrence, par conséquent, les compagnies russes ayant des filiales étrangères (par exemple, des sociétés off shore) s'avèrent un groupe de personnes à participation étrangère, fait remarquer Igor Repine, vice-directeur de l'Association de défense des droits des investisseurs.

    Cela concerne la majorité des grandes sociétés, ce qui veut dire que, depuis le printemps 2008, les transactions avec leur participation devaient être concertées avec une commission gouvernementale, poursuit-il, sinon, elles peuvent être considérées comme nulles. Il s'agit, entre autres, de l'achat par Gazprom (ayant des filiales étrangères) de 20% des actions de Gazprom Neft à l'italien Eni, de l'acquisition par Novatek (dont le groupe de personnes comporte des filiales suisses, chypriotes et polonaises) de 51% dans la société Yamal GNL, de l'achat par la société Sistema (dont le groupe de personnes comporte plusieurs dizaines d'investisseurs étrangers) de blocs de contrôle des entreprises du complexe combustibles-énergie de Bachkirie, etc.

    Il est difficile de definir "groupe de personnes", reconnaît Andreï Tsyganov, vice-directeur du Service fédéral antitrust (FAS): "Si on l’interprète littéralement, n'importe quelle société russe ayant une filiale étrangère et acquérant un actif dans un secteur stratégique doit recevoir l'avis favorable de la commission gouvernementale".

    Si une transaction n'a pas été concertée, alors, d'après l'article 15 de la Loi sur les investissements stratégiques, elle peut être considérée comme nulle, admet Igor Repine. Mais il a été embarrassé pour évaluer l'ampleur de ce problème: "Il y a beaucoup de transactions dont nous ne savons rien".

    Le FAS qualifie les exigences actuelles de superflues et prépare des amendements à la loi, a fait savoir Andreï Tsyganov: il ne sera possible de recevoir un avis favorable de la commission que si l'investisseur étranger contrôle la société-acquéreur. "La formule concrète est en voie d'élaboration", a-t-il ajouté, tout en refusant de commenter le risque de considérer les transactions déjà conclues comme nulles.

    Il est peu probable qu'il y ait des gens braves voulant contester une transaction de Gazprom, estime Igor Nikolaïev, directeur du département d'analyse stratégique de FBK. "Les tentatives du FAS de considérer les transactions de Gazprom, de Rosneft et d'autres sociétés comme nulles seraient absurdes, a déclaré le directeur de la Fondation pour la sécurité énergétique nationale Konstantin Simonov qui partage l'avis de son collègue. C'est un nouveau "casus" juridique dont abonde notre législation. Compte tenu de l'importance des sociétés susmentionnées, le FAS n'osera pas lever la main sur eux". Il y aura peu de transactions contestées ou bien il n'y en aura pas du tout, prévient Igor Nikolaïev.

    Kommersant
    Un nouvel intermédiaire sur le marché du gaz

    Le trader pétrolier suisse Gunvor, qui exporte jusqu'à 40% du pétrole et des produits pétroliers russes, veut devenir un gros joueur sur le marché du gaz, lit-on jeudi dans le quotidien Kommersant.

    Aujourd'hui la compagnie commence pomper le gaz dans les dépôts souterrains d'Allemagne, de France et de Slovaquie. En plus, Gunvor a reçu l’autorisation de commercialiser du gaz en Autriche, en Belgique et aux Pays-Bas. Par ailleurs, il pense acheter le gaz chez les grands producteurs, y compris Gazprom. Selon l'avis des experts, Gunvor peut participer aux livraisons du gaz russe vers l’Europe à l’instar de Rosukrenergo.
    Gunvor Group a été fondé en 1997 par l’homme d'affaires russe Guennadi Timtchenko et le trader pétrolier suédois Torbjörn Törnqvist. En 2009, son chiffre d’affaires a augmenté de 10% jusqu'à 2,3 millions de barils par jour (114 millions de tonnes par année), les recettes ont été réduites de 16% (jusqu'à 53 milliards de dollars). Selon des estimations, le trader contrôle presque 15% de l'exportation du pétrole russe et 40% de l'exportation des produits pétroliers.

    Selon Sergueï Kouprianov, représentant officiel de Gazprom, le monopole qualifie de positif  l'apparition sur le marché du gaz en Europe d'un enieme trader avec les racines russes: «Nous travaillons dans différents formats, c'est pourquoi nous n'en voyons pas de menace pour notre business».

     Mikhaïl Korchemkine, chef de East European Gas Analysis remarque qu'un nouvel intermédiaire est apparu qui peut faire partie de la chaîne des ventes du gaz russe à l’instar de Rosukrenergo. Selon l'expert, pour l'instant Gunvor achète le gaz sur les marchés spot. «Les schémas différentes peuvent être appliquées, mais au fond Gunvor va achèter le gaz russe à des prix bas, et le vendre ensuite en Europe à des prix hauts», explique-t-il. M. Korchemkine souligne, qu'après l'entrée de Guennadi Timtchenko dans le capital du plus grand producteur indépendant du gaz en Russie, Novatek, dont il est le plus grand actionnaire (23,5%), la compagnie a considérablement renforcé ses positions. Selon l'avis de l'analyste, M. Timtchenko dispose d’un soutien des autorités russes ce qui l’aidera à participer aux exportations du gaz en Europe.

    Maxime Chein de Brokerkreditservice estime que l’entrée de Gunvor sur le marché du gaz s’inscrit dans le cadre de la préparation de la mise en valeur du gisement de condensat de gaz de Youjno-Tambeisk (51% des parts appartiennent au Novatek, 23,9% aux structures de Guennadi Timtchenko et le reste Gazprombank vend à son partenaire Petr Kolbine). Des livraisons du gaz naturel liquéfié de ce gisement devraient être lancées en 2016.

    Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.



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