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    La Russie vue par la presse francophone le 17 mai

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    La Russie et l’Ukraine orchestrent leur rapprochement/ Le petit-fils présumé de Staline part en guerre contre la "calomnie"/ Vente d'armes Moscou-Damas : Israël s'inquiète

    La Croix

    La Russie et l’Ukraine orchestrent leur rapprochement

    Le président russe Dmitri Medvedev a entamé hier une visite de deux jours en Ukraine. Elle consacre le rapprochement entre Moscou et Kiev, depuis l’arrivée au pouvoir en février du président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

    L’Ukraine a t elle renoncé à rejoindre l’Union européenne ?

    Officiellement, l’Ukraine continue d’affirmer qu’elle souhaite intégrer un jour l’Union européenne. Mais elle semble beaucoup moins pressée depuis quelques semaines. En revanche, le réchauffement avec la Russie est rapide.

    « Il n’y a pas de contradiction à vouloir se rapprocher à la fois de la Russie et de l’Union européenne. Nous voulons avant tout être pragmatiques », a expliqué la semaine dernière, à Paris, Dimitri Vydrine, secrétaire général adjoint du conseil de sécurité ukrainien.

    Cinq accords doivent être signés à l’occasion de la visite à Kiev du président russe. Ils concernent la délimitation de la frontière ukraino-russe, l’utilisation conjointe du système russe de navigation par satellite Glonass, ainsi que la coopération dans les secteurs bancaire, culturel et de l’éducation.

    Cette politique de rapprochement avec la Russie est contestée par une partie des Ukrainiens. Mais l’opposition a eu interdiction de manifester durant le séjour en Ukraine du président russe. 

    Jusqu’où peut aller le rapprochement de la Russie et de l’Ukraine ?

    L’Ukraine a déjà accepté de prolonger de vingt-cinq ans le bail des forces navales russes à Sébastopol. Cet accord a été négocié dans le plus grand secret. D’autres accords sont en discussion. Le plus important concerne la possible absorption par Gazprom de l’entreprise gazière ukrainienne Naftogaz. Le président ukrainien s’y est pour l’instant opposé. Mais la Russie tente de profiter au maximum du climat favorable pour elle, après les changements politiques en Ukraine.

    La Russie et l’Ukraine envisagent aussi la création d’entreprises communes dans le domaine du nucléaire et de la construction aéronautique. La Russie aimerait également voir l’Ukraine reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, les deux provinces sécessionnistes de Géorgie soutenues par Moscou. Mais le ministre des affaires étrangères ukrainien a pour l’instant exclu un tel geste.

    L'Express

    Le petit-fils présumé de Staline part en guerre contre la "calomnie"

    Petit-fils présumé du dictateur soviétique, Evgueni Djougachvili multiplie les procès et va tenter de laver l'honneur de son aïeul ce lundi à Moscou. Nostalgique, mais pas solitaire: près de 1 Russe sur 3 conserve une bonne opinion du Petit Père des peuples.

    D'abord, il y a la ressemblance physique, soulignée par cette moustache qui rappelle dedouchka(grand-papa). Ensuite, il y a ces phrases, qui trahissent un penchant pour les solutions radicales: "Tous ces démocrates donneurs de leçons qui calomnient Staline, je les ferais fusiller contre un mur..." Dans le même temps, il y a cette chaleur, ce charme géorgien, qui se dégageait aussi de Joseph Staline lorsque celui-ci était décidé à séduire ses interlocuteurs, tels Churchill et Roosevelt.

    Enfin, il y a la nostalgie de l'Union soviétique, bien sûr, agrémentée d'un patriotisme xénophobe et d'un antisémitisme débridé: "Poutine appartient aux traîtres qui ont vendu la Russie aux étrangers", accuse-t-il, avant de dénoncer les juifs, quelques minutes plus tard, ces "fainéants qui maîtrisent les médias et contrôlent l'opinion".

    Bref, aucun doute: le colonel de l'aviation à la retraite Evgueni Djougachvili, 74 ans, est bien le digne petit-fils de son grand-père, Joseph Vissarionovitch Djougachvili, dit Staline, mort en 1953 à l'âge de 73 ans.

    Depuis un an, ce descendant du Vojd(guide) est en guerre. Oh! certes, ce n'est pas Stalingrad. Sa bataille, Evgueni Djougachvili la mène devant les tribunaux. En petit-fils dévoué, il entend restaurer l'honneur de son aïeul, bafoué, selon lui, par la presse. "Pourquoi s'en prennent-ils au sauveur de la Russie ?" s'interroge-t-il à haute voix, dans son appartement de Moscou, au sixième étage d'un immeuble construit - sur ordre de Staline - par des prisonniers de guerre allemands.

    Pour leur part, les dirigeants russes n'ont jamais condamné l'ex-dictateur avec autant de vigueur que ne l'a fait Dmitri Medvedev, le 7 mai, en marge du spectaculaire défilé militaire célébrant le 65e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie. "Il a commis des crimes impardonnables contre son peuple", a martelé le président russe, deux jours avant que - chose inouïe - des troupes de l'Otan ne paradent sur la place Rouge, devant la momie de Lénine, au côté de l'armée russe.

    Quoi qu'il en soit, les partisans de Staline, eux, n'ont pas renoncé au combat. La guerre aux médias est déclarée depuis avril 2009. A cette date, le sang d'Evgueni Djougachvili ne fait qu'un tour lorsqu'il découvre dans les colonnes du journal Novaïa Gazetaun article consacré au massacre de Katyn. "Nous avons tout simplement écrit ce que tout le monde sait depuis toujours : en 1940, c'est bien l'Armée rouge, et non les nazis, qui est responsable de l'assassinat de 22 000 officiers polonais, dont 4000 à Katyn", raconte Oleg Khlebnikov, auteur de l'article incriminé, dans lequel - crime de lèse-majesté - Staline était qualifié de "criminel".

    Piqué au vif par cette "révélation", le petit-fils du Vojd entre alors en contact avec un inénarrable trio d'admirateurs de Staline qui, depuis quelque temps, consacre son énergie à défendre l'héritage du Petit Père des peuples: Youri Moukhine, historien révisionniste, et deux de ses proches.

    Ce quartette stalinomane porte plainte pour diffamation. En sa qualité de parent proche, Evgueni Djougachvili réclame 10 millions de roubles (260 000 euros) à Novaïa Gazetaau titre du préjudice moral. Cependant, en septembre dernier, il est débouté de sa plainte. Pour la justice russe, qualifier Staline de "criminel" constitue une "opinion", non pas un délit.

    "Il fallait voir l'ambiance dans la salle d'audience, ironise le journaliste Oleg Khlebnikov. Il y avait dans le public une douzaine de grands-mères à la retraite qui nous invectivaient en nous traitant de youpins et de salauds..." Seul manquait à l'appel la star - ou plutôt l'étoile rouge - du procès, le petit-fils de Staline lui-même. "Je ne participe pas aux audiences, car j'ai peur de perdre mes nerfs en écoutant tous ces salauds qui détestent mon grand-père", reconnaît Evgueni Djougachvili, au tempérament un tantinet sanguin.

    Alexeï Venediktov, directeur de la radio indépendante Echo de Moscou, poursuivi en justice par Evgueni Djougachvili.

    Mais, chez les Staline, on ne s'avoue jamais vaincu. Au contraire, en janvier 2010, au creux de l'hiver, l'ex-colonel Evgueni Djougachvili ouvre un autre front avec, comme nouvel ennemi, la radio Echo de Moscou, l'un des rares médias indépendants du pays. En cause, une émission diffusée un mois plus tôt, au cours de laquelle un animateur avait évoqué le décret du 7 avril 1935, par lequel Staline étendait la peine de mort aux enfants de 12 ans. Ce procès s'ouvre à Moscou le 17 mai. Et le petit-fils réclame à nouveau 10 millions de roubles de dommages et intérêts.

    En face de lui, le directeur de la radio, Alexeï Venediktov, a décidé d'appliquer une stratégie qui s'apparente à du billard à trois bandes. "Notre objectif est de perdre en première instance", sourit Venediktov, lequel, ironie de l'histoire, ressemble à un personnage sorti de la révolution russe, avec sa barbe hirsute et son regard fiévreux. "Alors, ajoute-t-il, confiant sur l'issue de la procédure, nous porterons l'affaire devant la Cour suprême. Cela permettra de donner un retentissement maximal à cette grotesque affaire." (…)

    Jérusalem Post

    Vente d'armes Moscou-Damas : Israël s'inquiète

    Israël a constaté avec inquiétude samedi, dans un communiqué, que la Russie avait signé un contrat avec la Syrie prévoyant la vente d'avions de chasse, de systèmes de défense aérienne et de véhicules blindés. Mikhail Dimitriyev, chef du service fédéral militaire et technique, a confirmé cette information. Moscou envisage notamment de vendre des avions de chasse MIG-29 et des systèmes de défense aérienne Pantsyr. Il n'a toutefois pas donné de chiffres, ni donné de détails complémentaires.

    L'information a été révélée après une visite du président russe, Dmitry Medvedev, à Damas la semaine dernière. Durant cette visite, Medvedev a rencontré le chef du Hamas, Khaled Mashaal. Les précédentes ventes russes de missiles antichars et d'autres armes à la Syrie ont irrité Israël, pour qui une partie de l'arsenal va droit au Hezbollah.

    Israël et la Russie ont déjà été en conflit durant ces dernières années notamment suite aux promesses de la Russie, faites à l'Iran, de lui fournir le système de défense aérienne S-300. Bien que l'accord ait été passé en 2007, aucun matériel n'a été délivré, officiellement pour des raisons techniques. Beaucoup pensent que la désapprobation de la communauté internationale est réellement à l'origine de cet échec.

    La semaine dernière, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a repoussé une demande américaine incitant Moscou à ne pas fournir d'armes à l'Iran. Durant une visite à Moscou en février, le premier ministre Binyamin Netanyahou, avait aussi abordé la question des ventes d'armes à Téhéran. "Notre niveau de préoccupation quant aux ventes d'armes russes dans la région est très élevé", explique un haut-responsable israélien. "Nous avons vu des armes russes données et vendues à différents pays hébergeant des groupes terroristes." Et d'ajouter que, durant la deuxième guerre du Liban en 2006, "nous nous sommes aperçu que le Hezbollah possédait des armes russes".

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