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    Revue de la presse russe du 24 juin

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    Lutte contre le terrorisme: des secrets bien cachés/ La Russie rénovera entièrement sa flotte vétuste de la mer Noire pour 2020/ Le temps de choisir…/ Après la dépendance au pétrole, la Russie passe au gaz

    Rossiiskaïa gazeta

    Lutte contre le terrorisme: des secrets bien cachés

    La lutte contre le terrorisme deviendra plus secrèt.

    Le gouvernement a présenté à la Douma (la chambre basse du parlement russe) un projet de loi augmentant la liste des informations constituant un secret d'état. La liste est complétée par les informations liées à la lutte contre le terrorisme, écrit jeudi le quotidien Rossiiskaïa gazeta.

    Toutefois, selon l'affirmation des auteurs des amendements à la loi «Sur le secret d'État», les nouvelles restrictions n'affecteront en rien la participation des institutions civiles à la lutte contre le terrorisme. Bien au contraire, à en juger par la note d'explication du projet de loi, c'est plutôt à l'heure actuelle que, sans raison valable, on classe les informations concernant l'activité opérationnelle de recherche «ce qui crée certains obstacles» pour leur utilisation future et «entraîne l'affaiblissement de la protection de l'État contre le terrorisme». Les auteurs du projet de loi expliquent l'exagération du secret dans ce secteur par l'imperfection de la réglementation des informations constituant un secret d'État, et proposent de combler cette lacune.

    Selon le projet de loi, le secret d'État concerne les informations sur la protection contre le terrorisme et le sabotage des installations d'importance vitale et des infrastructures potentiellement dangereuses. En fait, toutes les activités opérationnelles de rechercher et de lutte contre le terrorisme deviendraient secrètes. Il sera interdit de publier des informations sur le budget alloué aux activités de lutte contre le terrorisme. Même les informations sur les attentats imminents ne pourront être divulguées. Le projet de loi propose de classer les informations «sur les formes, les méthodes, les conditions d'organisation et de planification des activités terroristes». Les résultats des enquêtes financières sur les organisations et les personnes suspectées d'implication dans les activités terroristes et extrémistes seront également classés.

    En commentant le projet de loi, Gennadi Goudkov, le vice-président du comité de la sécurité de la Douma, a déclaré que la loi en vigueur «Sur le secret d'État» contenait déjà une large liste d'informations. «On pourrait accepter les modifications proposées si les concepts «d'installations d'importance vitale» et «d'infrastructures potentiellement dangereuses» y étaient définis. Selon Goudkov, à l'heure actuelle, pratiquement toutes les installations sont «potentiellement dangereuses». Certaines en raison de leur vétusté, d'autres par leur vulnérabilité. Et en l’absence d’explication des termes utilisés dans le projet de loi, même les informations concernant les installations agricoles, comme les fermes d'élevage de porc ou de volaille, pourraient également être classées conformément à la loi. De plus, selon Goudkov, un tel secret exagéré dans la lutte contre le terrorisme ne permettra pas d'évaluer l'efficacité des mesures appliquées.

    Vedomosti
    La Russie rénovera entièrement sa flotte vétuste de la mer Noire pour 2020

    Le commandant en chef de la Marine de guerre russe, Vladimir Vyssotsky, a déclaré hier que la flotte russe de la mer Noire recevrait 15 nouveaux navires avant 2020 et que le rapport entre les navires de surface et les sous-marins serait de 2 à 1, écrit jeudi le quotidien Vedomosti.

    Ces navires figurent au projet du programme d'État d’armements qu'il est prévu d'adopter à l'automne, ont fait savoir au quotidien Vedomosti un haut responsable de l’une des entreprises du Consortium unifiée de constructions navales (OSK) et un fonctionnaire du ministère de la Défense. La somme totale du financement du programme d'Etat – 13.000 milliards de roubles (339 millions d'euros) – a été approuvée par le président Dmitri Medvedev.

    En fait, ce sera une rénovation totale de la flotte russe de la mer Noire. Selon un officier de la flotte de la mer Noire, elle compte actuellement six grands navires de surface – le croiseur Moskva, deux grands bâtiments de lutte anti-sous-marine Kertch et Otchakov, trois aviso-escorteurs – et une vingtaine de petits bâtiments et vedettes de lutte anti-sous-marine. Tous ces navires obsolètes, dont certains ont été construits à la fin des années 1960, doivent être retirés du service d'ici 2020, de même que deux sous-marins qui font partie de la flotte, mais qui restent immobiles.

    Le rédacteur de Moscow Defense Brief, Mikhaïl Barabanov, est certain que la rénovation accélérée et complète de la flotte de la Mer Noire, décidée par les dirigeants du pays, est judicieuse compte tenu de l'expérience de la guerre contre la Géorgie d'août 2008 et de la situation géopolitique dans la région. La Russie avait dû engager alors pratiquement tous les bâtiments combatifs de la flotte de la mer Noire, alors que l'arrivée à Batoumi d'un seul destroyer moderne américain avait suscité une profonde inquiétude des militaires russes, rappelle Mikhaïl Barabanov. Cette guerre est le facteur-clef qui a incité à prendre la décision de rénover la flotte russe de la mer Noire.

    Ce plan est la première décision des dirigeants du pays depuis la perestroïka (reconstruction) de rééquiper entièrement tout un groupement de forces armées, indique l'expert du Centre d'analyse des stratégies et des technologies Konstantin Makienko.

    Tous les types de nouveaux navires n'ont pas encore été entièrement entérinés, mais il est déjà clair qu'il y aura parmi eux trois sous-marins du projet 636 (les Varchavianka perfectionnés), 3 à 4 frégates du projet 11356 et six petits escorteurs lance-missiles du projet 21632 (du type du Tornado), précisent une source au ministère de la Défense et un haut responsable de l'usine OSK.

    Le prix à l'exportation du sous-marin 636 est d'environ 250 millions de dollars, celui de la frégate 11356 est de 500 millions de dollars, les navires du projet 21632 coûtent beaucoup moins, par conséquent, la nouvelle flotte peut revenir à 100 milliards de roubles (environ 2 milliards d'euros), dit Konstantin Makienko.

    La probabilité de la participation aux combats réels pour la flotte de la mer Noire (et, dans une moindre mesure, pour celle de la Baltique) est beaucoup plus grande que pour les flottes du Nord et du Pacifique qui ne doivent être rénovées que lorsque la Russie, selon les préceptes de Pierre le Grand, se sera implanterée solidement sur la mer Noire et la Baltique, estime Mikhaïl Barabanov.

    Expert Online
    Le temps de choisir…

    La Russie s’est retrouvée parmi les trois leaders de l’Union Européenne et des pays BRIC quant à la croissance d’offres d’emploi, constate le cabinet de recrutement Antal. Seules l’Inde et la Chine font preuve d’une activité d’embauche encore plus importante, écrit le jeudi 23 juin Expert Online.

    Par rapport au début de l’année, le pourcentage de sociétés recrutant de nouveaux employés a augmenté de 1% dans le monde entier pour s’élever à 54%, selon les données du cabinet de recrutement Antal Russia. Le pourcentage des sociétés qui s’apprêtent à embaucher est passé de 55% à 58%, alors que le pourcentage des sociétés qui, au contraire, procèdent à des licenciements a diminué de 28% au début de l’année à 22% vers le milieu de l’année.

    Parmi les 220 sociétés russes qui ont participé au sondage, 66% créent des emplois pour le personnel administratif à différents niveaux, d’après la recherche d’Antal Russia. Cet indice assure à la Russie le leadership en Europe où la Russie et la Belgique, avec ses 66%, dépassent de loin les pays à fort poids économique.

    Parmi les pays BRIC, la Russie se retrouve au 3ème rang. Vers le milieu de l’année, 72% de sociétés cherchaient à embaucher en Chine et 73% en Inde. Le Brésil (65%) vient juste après la Russie. Quant aux leaders mondiaux, ce sont le Canada (76%), l’Égypte (75%), la Malaisie (75%), l’Arabie Saoudite (74%) et l’Argentine (74%). Le Kazakhstan connaît également un développement rapide : 74% de sociétés locales ayant participé au sondage sont en train d’embaucher du personnel administratif.

    ‘Ces derniers mois, nos clients se montrent de plus en plus confiants en l’avenir du marché, commente Michael Germershausen, administrateur-délégué de Antal-Russia. La plupart des sociétés avec lesquels nous travaillons reprennent un recrutement actif, et cela dans différents secteurs de l’économie. Les entreprises ont retenu la leçon et elles aspirent désormais à un fonctionnement plus efficace. Elles cherchent à embaucher plus de personnel administratif afin de s’assurer un plus grand soutien pendant la période de croissance active’.

    Le personnel administratif est le plus demandé par les entreprises de vente en détail (77% de ces sociétés embauchent de nouveaux employés), dans le secteur de l’informatique et dans les télécommunications (74%). Par contre, dans le secteur ‘banques, finances, investissements’ il n’y a que 63% d’entreprises qui embauchent activement du personnel administratif.

    Nadejda Liakhovaskaia, directrice des relations publiques de la société AVANTA Personnel, fait remarquer que si, au plus fort de la crise, il y avait 20 curriculum vitae pour une offre d’emploi, il n’y en a actuellement que 3 ou 4. ‘Pendant les deux derniers mois, un grand bond s’est produit qui a contrebalancé l’accalmie du début de l’année. Selon nos prévisions, l’été sera marqué par l’accalmie traditionnelle, mais dès septembre-octobre le marché pourrait regagner le niveau d’avant la crise’.

    ‘C’était le secteur du bâtiment qui générait le plus d’offres d’emploi avant la crise. Maintenant, les trois leaders sont le secteur des FMCG (biens de grande consommation), les finances et le secteur pharmaceutique. Les entreprises se sont mises également à embaucher le personnel qu’on licenciait pendant la crise. Sont de plus en plus demandés les experts en recrutement, en marketing et en relations publiques ce qui est un bon signe, car la demande de ce type de métiers se rétablit ordinairement en dernier lieu’, dit Michael Germershausen.

    Nezavissimaïa gazeta
    Après la dépendance au pétrole, la Russie passe au gaz

    Hier, l'Institut de développement contemporain (INSOR) et le comité de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs (RSPP) chargé de politique et d'efficacité énergétiques ont débattu sur le thème «Le marché mondial de l’énergie: les leçons de la crise et les perspectives de développement». Les experts se sont penchés sur le développement des secteurs pétrolier et gazier de l'économie russe. Leonid Grigoriev, le président de l'Institut de l'énergie et des finances, a qualifié les prix établis du pétrole de «collusion tacite des prix» des producteurs et des consommateurs. Ce sont les prix qui conviennent à tous les participants du marché, y compris aux futurs investisseurs que la Russie attend avec impatience, écrit jeudi Nezavissimaïa gazeta.

    Les experts ont également abordé le programme d'économies des ressources énergétiques au sein de l'économie nationale. Pour la Russie, produisant 11-15% d'énergie primaire mondiale et dont plus de la moitié est destinée à l'exportation, la mise en œuvre de ce programme est essentielle. Les dépenses de notre pays pour la production des ressources énergétiques constituent 4-4,5% du PIB, alors que dans le reste du monde cet indice ne dépasse pas 1%, a rappelé Grigoriev. Les économies des dépenses pour le carburant dans les processus de production est bénéfique pour les consommateurs.

    «Le marché traditionnel de pétrole et de gaz se réduit», estime Vitaly Bouchouev, le directeur général de l'Institut de stratégie énergétique. De plus, il est très probable que d'ici sept ans les prix du pétrole baisseront fortement : aujourd’hui le baril est à 70-80 dollars et ce niveau sera maintenu jusqu’en 2016, mais, à partir de 2017, il pourrait baisser jusqu'à 30 dollars et cette récession serait de longue durée, estime l'expert. Bouchouev lie son hypothèse avec les projets américains d'équiper la moitié des véhicules de moteurs électriques d’ici 2020. «Cela diminuera significativement la demande mondiale de pétrole tout en stimulant le développement de l'électro-génération à gaz», affirme-t-il.

    Les volumes d'exportations de pétrole russe diminueront, la demande nationale et le raffinage augmenteront. Ainsi, pour 2030, le raffinage de pétrole pourrait augmenter de 21% et la production de 9,2% tandis que les exportations diminueraient de 6,2%. La baisse des recettes due à la baisse des prix et des volumes d'exportations sera compensée par l'exportation croissante de gaz qui sera hors concurrence par rapport au charbon et aux ressources d'énergie renouvelables. Ainsi, la dépendance pétrolière de la Russie sera remplacée progressivement et inexorablement par celle au gaz.

    Les prévisions de développement énergétique jusqu'en 2030, d'après l'étude d'Exxon Mobil, sont plus optimistes. Les experts de la compagnie s'appuient sur le fait qu'en 2030 la demande mondiale des ressources énergétiques sera de 35% supérieure à 2005. Cette hausse sera assurée par les pays n'adhérant pas à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce seront, en premier lieu, l'Inde et la Chine dont la consommation de ressources énergétiques augmentera d'environ 65%. Malgré le fait que, dans un avenir prévisible, le pétrole et le gaz resteront les plus importantes des sources d’énergie, leur importance diminuera progressivement dans la balance énergétique mondiale, estiment les experts d'Exxon Mobil. Cela sera dû principalement à l'énergétique électrique (en 20 ans la demande augmentera de 40%), ainsi qu'à d'autres ressources d'énergie, y compris les ressources nucléaires, éoliennes, solaires et de biocarburant.

     

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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