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    La Russie vue par la presse francophone le 6 septembre

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    Valdaï, le Davos russe/ La Russie peine à juguler la rébellion dans le Caucase/ Russie : le jardin horticole de Vavilov est menacé par des promoteurs/ La Tchétchénie, une république presque islamique/ Russie. Des primaires entre Medvedev et Poutine

    L'Express

    Valdaï, le Davos russe

    Durant une semaine, du 1er au 8 septembre, une centaine d'experts internationaux se réunissent en Russie pour évoquer l'avenir du pays et échanger idées et informations.

    Vu de l'extérieur, le Kronstadt pourrait être un bateau de croisière plaisant. Mais il a été construit en Allemagne de l'Est, dans la ville où a grandi Angela Merkel, et il en porte tous les stigmates. Une sorte de Trabant des fleuves. Tout est dévolu à la fonctionnalité élémentaire, rien au confort, malgré les efforts des Russes. Dans une salle de conférence bondée, conçue pour écouter et non pour prendre la parole, les exposés se succèdent néanmoins pour dresser un bilan historique particulièrement lourd et les échanges sont parfois très vifs entre les Russes: visiblement l'Histoire est toujours un fardeau.

    Il en ressort que la centralisation du pouvoir, d'Ivan IV (le Terrible) à Vladimir Poutine en passant par une longue lignée de tsars autocrates et tous les leaders communistes dont on a tristement gardé mémoire, répond à une stratégie constante visant à mobiliser les ressources du pays sans que l'individu ait son mot à dire. La Russie a usé de l'Etat central pour moderniser son espace gigantesque, ce qui n'est pas un modèle fondamentalement différent de celui de la France, de la Prusse, ou de la Suède. Mais avec des nuances de taille.

    1. La Russie a tant recouru à la coercition que cette dernière a fini par se confondre avec la notion même de pouvoir: un gouvernement "humain" fut longtemps perçu comme synonyme de faiblesse. A la fin du règne de Pierre le Grand, la population russe avait décru de 25% alors même que ce tsar est présenté comme le grand modernisateur. Ce taux est le plus fort de toutes les périodes historiques, communisme compris.

    2. Les élites associées au pouvoir ont systématiquement bloqué toute évolution et ont dû être éliminées à chaque phase de transition: d'où un cortège sanglant et le recours récurrent à des forces de répression "au dessus des lois" qui remontent à Ivan le Terrible (le KGB n'ayant fait qu'"optimiser" l'appareil répressif hélas devenu habituel.

    3. L'absence endémique de structures capitalistes, notamment à travers la méfiance traditionnelle vis-à-vis de toute idée de propriété privée, a empêché constamment l'émergence d'une classe moyenne issue de l'activité industrielle: il y avait des gros capitalistes mais peu de bourgeoisie, donc peu d'instruction, peu d'activité et, surtout, peu de capacités d'innovation.

    La Russie, un espace plus qu'une société

    La grande absente de cette tradition n'est autre que la société elle-même. Chaque modernisateur, de Pierre le Grand à Poutine, ne songe pas à utiliser la société comme moteur du changement: elle n'est qu'un sujet, passif et docile, dont les moindres contestations sont interprétées comme des tentatives de trahison. Les élites étant évidemment d'accord pour éviter à tout prix l'émancipation d'une société réelle. Il n'y a pas eu en Russie un équivalent de la rupture fondamentale intervenue en Occident en réaction à la monarchie absolue, à savoir le "contrat social". L'Etat, jadis voulu par Dieu sous le dogme tsariste, puis incarnation de la Révolution prolétarienne, n'est pas l'émanation du peuple, il n'est pas "partenaire" du peuple; il en est le guide souverain sévère, doté par la foi orthodoxe autant que par le credo communiste de tous les attributs et du droit de vie et de mort.

    Vladimir Poutine est ainsi profondément convaincu que seule la concentration des pouvoirs entre ses mains est susceptible d'offrir une réponse aux problèmes immenses que rencontre son pays. Résultat, aujourd'hui comme hier, tout vient d'en haut et l'on se méfie tellement de ce qui vient d'en-bas que la capacité d'innovation en pâtit gravement. En 2008, le nombre total de brevets déposés en Russie atteint tout juste celui de l'Etat américain de Géorgie (qui n'est pas le plus industrialisé des Etats-Unis)!

    Ce qui explique à son tour pourquoi la Russie, en particulier depuis Pierre le Grand, verse dans l'imitation de l'Occident dont elle est à la remorque. Elle ne s'est pas modernisée de son propre cru mais en important des procédés venus de l'ouest tout en prétendant bâtir un grand modèle à rebours de l'exemple occidental. Compétition patriotique dont le but premier n'est pas le bien du peuple mais la place acquise dans le monde, le poids international, bref encore une fois le pouvoir.

    L'Histoire comme ennemie

    La préférence donnée à la sécurité contre toute considération relève de l'ensemble de ces facteurs. Le complexe d'encerclement ( "la citadelle assiégée", selon la formule de Staline), l'obsession du contrôle proviennent de la conviction, mi-insconciente mi-consciente, que la liberté entrainerait automatiquement le recul national. Ce schéma mental persiste jusqu'à ce jour et vient compliquer le rapport à l'histoire. Nietzsche assurait qu'un peuple qui ne connaît pas son passé aurait difficilement un avenir. Encore faut-il que les conditions de cette connaissance soient réunies et que l'on cesse d'invoquer en permanence l'histoire comme facteur d'explication des difficultés actuelles. L'Histoire, qui est un héritage en Occident, est un fardeau en Russie. C'est précisément la conclusion de cette première journée de réflexion: cesser d'invoquer l'Histoire comme une fatalité, ne plus la considère comme la meilleure amie des autocrates et l'ennemie de l'avenir.

    Le canal du Ladoga à l'Onega comporte une pléthore d'écluses, aussi vétustes et peu maniables que les habitudes de pensée russes. L'occasion de faire une pause, en contemplant le vol inquiétant des aigles.

    Tribune de Genève

    La Tchétchénie, une république presque islamique

    Sous la main de fer de son jeune leader Ramzan Kadyrov, la Tchétchénie glisse peu à peu vers la charia officieuse. Au nom de la stabilité, Moscou ferme les yeux.

    Sur l’avenue Poutine, artère principale de Grozny, des jeunes hommes en tenue islamique, ample et sobre, interpellent des passantes. Leur méfait: porter des vêtements jugés «indécents». «Nous disons aux jeunes filles qui ne portent pas le foulard ou qui se baladent en jupe courte de respecter l’islam dans les endroits publics, particulièrement en ce mois saint du Ramadan», explique Hossein, l’un de ces gardiens de la morale.

    L’avertissement n’est qu’une suggestion, précise celui qui travaille pour le Centre d’éducation morale et spirituelle. Une suggestion, certes, mais faite par des employés d’une institution gouvernementale, fondée il y a deux ans par le jeune chef autoritaire de la république, Ramzan Kadyrov, pour servir de moteur à un retour aux traditions tchétchènes. Pour le Ramadan cette année, les commerces de Grozny ont aussi eu droit aux «suggestions» des gardiens de la morale. Résultat: presque tous les cafés et restaurants de la ville sont fermés pour un mois. Seuls quelques-uns ouvrent la nuit tombée, après la fin du jeûne.Quant à la vente d’alcool, déjà limitée en temps normal à deux heures par jour, elle est officieusement interdite. Les cigarettes, invisibles dans les présentoirs, sont vendues dans la plus grande discrétion.

    Des femmes attaquées

    Dans la rue, si certaines femmes écoutent un peu gênées le discours de Hossein et de ses pairs, d’autres préfèrent ignorer leurs appels répétés et parfois agressifs. Certains défenseurs de la morale vont cependant encore plus loin que les officiels. Au cours des derniers mois, des dizaines de jeunes femmes ont été attaquées au pistolet à peinture par des inconnus en voiture, en plein centre-ville, parce qu’elles ne portaient pas le foulard.

    Après avoir été la cible de l’une de ces attaques, Raïssa, 29 ans, a décidé de se couvrir la tête. «Je me suis dit que, de toute façon, je ne pourrais rien faire, puisque je n’ai pas d’arme et que ces gens sont soutenus par Kadyrov. Depuis, je mets le foulard et je suis tranquille», explique-t-elle. Informé des attaques au début du mois de juillet, Ramzan Kadyrov a affirmé à la télévision locale: «Je ne sais pas qui sont les assaillants, mais quand je l’apprendrai, je leur ferai part de ma gratitude.» Depuis 2007 déjà, un décret signé par Kadyrov oblige les femmes entrant dans les institutions publiques à porter le foulard. Un règlement inconstitutionnel en Russie, mais que Moscou n’ose pas contester.

    C’est que pour le Kremlin, les caprices traditionalistes et autocratiques du leader de 33 ans sont le prix à payer pour assurer la stabilité après deux guerres sanglantes (1994-96 et 1999-2000) déclenchées par l’armée russe pour écraser les velléités d’indépendance tchétchènes. Ceci alors que Moscou peine à juguler la rébellion dans d’autres républiques de la région, théâtre d’attentats de plus en plus réguliers

    La force des traditions locales

    Ramzan Kadyrov a toujours affirmé que les lois russes sont et seront respectées en Tchétchénie. Il ajoute toutefois qu’en tant que musulman, «il n’y a rien qui prévaut sur la religion». Devant cette charia officieuse, Moscou est impuissante. Comme l’était en son temps le pouvoir soviétique, qui n’a jamais réussi à réellement imposer ses lois en Tchétchénie, dépassé par la force des traditions locales comme la vengeance du sang et la polygamie, à nouveau encouragées par Kadyrov. Conscientes du poids des traditions et du pouvoir absolu de Kadyrov, la plupart des femmes tchétchènes se résignent, elles aussi. Sonia, une enseignante de 38 ans qui se déclare «féministe», n’aime pas porter le foulard. «Mais je suis obligée, sinon je perdrais mon travail.» Musulmane pratiquante, sa hantise du foulard vient, selon elle, du fait qu’elle a été «corrompue par l’époque soviétique». Elle se promet ainsi d’élever ses futurs enfants dans l’islam. «Ma fille portera le foulard dès le bas âge pour qu’elle n’ait pas le dilemme psychologique que j’ai eu, de le mettre ou non.»

    cyberpresse.ca

    La Russie peine à juguler la rébellion dans le Caucase

    L'attentat suicide contre une unité militaire au Daguestan est le dernier épisode en date des violences qui frappent le Caucase russe, illustrant l'incapacité de Moscou à enrayer une rébellion exacerbée par les deux guerres en Tchétchénie, qui s'est répandue dans toute la région.

    Au moins trois soldats sont morts et une trentaine ont été blessés dimanche dans un attentat à la voiture piégée contre une base militaire près de la ville daguestanaise de Bouïnaksk.

    «Cet acte terroriste montre que les bandits qui agissent dans la république ont toujours des forces pour de telles attaques», a déclaré Magomedsalam Magomedov, président du Daguestan, théâtre d'attaques quasi quotidiennes contre les représentants des forces de l'ordre et les fonctionnaires.

    «Nous devons faire plus d'efforts pour éliminer les rebelles», a-t-il affirmé, cité par les agences russes.

    La tâche semble énorme compte tenu de la pauvreté et des problèmes sociaux qui nourrissent la rébellion.

    L'an dernier, le président russe Dmitri Medvedev a reconnu que «les clans, les vols et les pots-de-vin» favorisaient le recrutement de militants islamistes, au cours d'une visite au Daguestan effectuée après le meurtre du ministre local de l'Intérieur.

    Le chef des services spéciaux russes Alexandre Bortnikov l'avait informé le 28 août que plus de 30 rebelles avaient été tués dans le Caucase en août.

    «C'est un bon résultat, nous avons porté un coup sensible à la rébellion», avait estimé alors le président russe.

    Le lendemain, des rebelles avaient attaqué Tsentoroï, le village natal de l'homme fort de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, pourtant fortement protégé. Les combats y ont fait 18 morts, 12 rebelles et 6 policiers.

    «Cela fait longtemps que de telles attaques n'ont pas eu lieu: Bouïnaksk, Tsentoroï, Baksan (centrale hydroélectrique en Kabardino-Balkarie, théâtre d'un attentat fin juillet)», relève Alexeï Malachenko, spécialiste du Caucase au centre Carnegie de Moscou.

    «Ceux qui les commettent sont très forts, ils ont un important soutien (...) et la stratégie du Kremlin pour les combattre n'a pas donné de résultats positifs», estime ce spécialiste interrogé par l'AFP.

    Onze ans après le début de la seconde guerre en Tchétchénie pour combattre les séparatistes, Moscou a réussi tant bien que mal à y imposer un pouvoir pro-russe, mais la rébellion s'est propagée aux républiques voisines.

    Selon les experts, les groupes rebelles islamistes évincés par les pratiques musclées de Ramzan Kadyrov, ont déplacé leur terrain d'opérations au Daguestan et en Ingouchie.

    La rébellion a abandonné la cause indépendantiste pour embrasser celle de l'islam radical et porter ainsi le combat partout dans le Caucase russe à majorité musulmane.
    Selon des ONG, ce sont les exactions contre les civils et l'impunité des forces de l'ordre, qui poussent des jeunes à rejoindre les rebelles.

    «Réduire la base sociale de la rébellion, c'est la seule chose qui pourrait améliorer la situation», juge Alexandre Tcherkassov de l'ONG Memorial, interrogé par l'AFP.
    Vladimir Poutine, Premier ministre et ex-président qui avait mené la seconde guerre en Tchétchénie, a lui aussi admis en juillet que les «mesures répressives» ne suffisaient plus.

    Il présidera lundi une réunion consacrée à la stratégie de développement du Caucase, qui sera présentée par Alexandre Khloponine nommé début 2010 à la tête d'un nouveau district fédéral pour le Caucase du Nord afin de stabiliser cette région en se concentrant sur son développement économique.

    Le Monde

    Russie : le jardin horticole de Vavilov est menacé par des promoteurs

    C'est un vaste jardin sur une pente douce et ensoleillée, 500 hectares de bonne terre plantée d'arbres fruitiers, de baies et de fleurs à 30 kilomètres au sud de Saint-Pétersbourg. Ce paradis de la biodiversité est situé aux environs de Pavlovsk, une bourgade impériale dotée d'un magnifique palais où aimait à séjourner le tsar Paul Ier (1754-1801), le fils de la grande Catherine.

    Enfoui derrière des grilles rouillées et des herbes hautes, ce jardin, riche de 12 000 espèces de plantes, n'est pas un endroit ordinaire. Il est la "banque génétique à ciel ouvert" de l'Institut russe d'horticulture de Saint-Pétersbourg, fondé en 1926 par le généticien Nikolaï Vavilov.

    Depuis peu, cette collection horticole unique au monde est menacée d'être livrée aux promoteurs. L'Agence fédérale du logement, qui a reçu de l'Etat 91 hectares de cette précieuse terre à titre gracieux, est impatiente de vendre le tout aux enchères. Une opération juteuse qui devrait rapporter au total 1 milliard de roubles (25 millions d'euros).

    Les acheteurs, des promoteurs immobiliers, se pourlèchent déjà les babines. Sans aucun doute, les "cottages" construits à cet endroit pour Pétersbourgeois fortunés vont s'arracher comme des petits pains.

    Les 300 employés du domaine sont sous le choc. Depuis avril, l'Agence du logement fait pression pour qu'ils libèrent les parcelles concernées. La première vente aux enchères était prévue, en principe, au 23 septembre. "Quand je pense que ma collection de pruniers va être détruite par des bulldozers, ça me rend malade", confie Olga Radtchenko, une petite femme mince à lunettes, la cinquantaine, blouse blanche de botaniste et bottes de caoutchouc aux pieds.

    A Pavlovsk, chaque scientifique a la responsabilité d'une "collection". Olga Radtchenko gère 370 types de prunes. Résidant à Saint-Pétersbourg, elle parcourt chaque jour un long trajet (deux heures en bus, métro, train de banlieue, bus à nouveau) pour se rendre à son travail. Sa collègue Natalia Poupkova surveille, elle, 300 sortes de groseilles à maquereaux et Olga Tikhonova règne sur 1 000 variétés de cassis.

    Le personnel fonctionne à l'enthousiasme. Les salaires sont maigres (8 000 roubles en moyenne, soit 200 euros), le matériel fait défaut et le bâtiment de l'administration tombe en ruines. Une blague circule d'ailleurs à Saint-Pétersbourg à propos des botanistes et des généticiens de l'institut Vavilov, "prêts à payer de leurs poches pour pouvoir travailler".

    Mardi 31 août, les trois femmes et leurs collègues sont aux aguets. Rassemblé devant le bâtiment de l'administration, le petit groupe attend de pied ferme les membres de la commission chargée de rendre un rapport sur le bien-fondé ou non de la vente des parcelles. Depuis peu, le sort du jardin de Pavlovsk a commencé à émouvoir l'opinion publique ainsi que la communauté scientifique, russe comme internationale. Des pétitions ont été adressées au président Dmitri Medvedev, les médias se sont emparés du sujet.

    Bientôt, les grosses cylindrées allemandes des fonctionnaires arrivent dans un nuage de poussière, filmées par les caméras des principales chaînes de télévision accourues sur les lieux. "Les voilà ! Vont-ils aller voir les collections ? On y va nous aussi ?", interroge une femme. Les autres lui font signe de se taire tandis que les officiels pénètrent dans le bâtiment.

    Dans son bureau du premier étage, Fiodor Mikhovitch, le directeur du domaine, est au comble de l'excitation. Il vient de rentrer de Moscou où, la veille, il a été reçu en audience au Kremlin par le président Medvedev. "Il m'a dit que je devais aller jusqu'au bout et qu'il me soutiendrait. Il m'a recommandé d'insister sur la nécessaire transplantation des collections, ce qui devrait prendre entre dix et quinze ans", se réjouit-il. Cet homme volubile, la quarantaine, vitupère contre ceux qui convoitent une partie du domaine : "Ils se fichent pas mal de nous, ils veulent juste se remplir les poches sans rien faire !" Puis il ajoute, songeur : "J'espère que je ne vais pas me faire virer."

    Juridiquement, la vente d'une partie du jardin est légitime. A l'époque de l'URSS, la notion de propriété de la terre n'existait pas, le jardin avait donc été donné en jouissance à l'Institut. En 1995, l'Etat a récupéré les terres pour les transmettre, beaucoup plus tard, à l'Agence du logement qui en est désormais l'incontestable propriétaire. Les scientifiques de Pavlovsk, le nez dans leurs plantations, n'ont rien vu venir. En août 2010, un tribunal d'arbitrage a estimé que la préemption des terrains par l'Agence était légale.

    A la fin du mois d'août, les choses ont bougé. Tout a commencé par un message envoyé par M. Medvedev sur son Twitter. Depuis, la vente aux enchères fixée au 23 septembre a été repoussée. La transformation du jardin de Vavilov en "cottages" est très malvenue au moment où la Russie subit des incendies sans précédent. De juin à août, déjà 13 millions d'hectares ont brûlé, des centaines de variétés d'arbres, de plantes et de fleurs ont été réduites en cendres dans le pays.

    Le rapport de la commission est attendu pour le 15 septembre. "On espère, sans y croire. Avec de telles sommes d'argent en jeu, nous ne faisons pas le poids", soupire Natalia.

    Le Télégramme

    Russie. Des primaires entre Medvedev et Poutine

    Contre toute attente, l'actuel Président de la Russie, Dimitri Medvedev, est tenté par un second mandat alors que la présidentielle de 2012 était considérée comme la chasse gardée de Vladimir Poutine. Mais les écueils sont nombreux sur la route de l'ambitieux.

    Malgré le soutien d'une partie des élites, la décision de Dimitri Medvedev de s'engager dans la course à la présidence apparaît comme un combat perdu d'avance dans la mesure où ce n'est pas lui, mais son rival, Vladimir Poutine, qui contrôle «la verticale du pouvoir» et la majorité des «ressources administratives». Une chose au moins est claire: la campagne électorale a commencé et risque d'être fertile en rebondissements de toutes sortes. À dix-huit mois de l'échéance, prévue pour avril 2012, Dimitri Medvedev et Vladimir Poutine ont tous deux dit implicitement qu'ils envisageaient de briguer le suffrage des électeurs.Ce développement qui, semble-t-il, n'était pas prévu dans le scénario élaboré en 2008, a provoqué une forte polarisation des élites, accompagnée d'une activation de la vie politique inhabituelle en cette période de l'année.

    Un scénario bouleversé

    En 2008, lorsque Poutine renonce à amender la constitution pour briguer un troisième mandat, malgré l?avis de certains de ses conseillers et les voeux de la population, il propose Medvedev pour le remplacer et accepte d'être son Premier ministre. Pour l'ensemble des observateurs et de la population, le message est clair: Vladimir Poutine reste aux commandes, il a choisi comme successeur le plus insignifiant et le moins ambitieux de tous ses collaborateurs, une marionnette dont il pourra tirer les ficelles et qui s'effacera docilement en 2012 pour lui permettre de reprendre son poste... Reste qu'il n'avait pas pensé que son poulain prendrait goût au pouvoir et qu'une partie des élites pencherait en sa faveur...

    Le Président joue une partition...

    Dès son arrivée à la tête de l'État, en mai 2008, Dimitri Medvedev, juriste de formation, tente timidement de se démarquer de son mentor tout en affichant pour la galerie une parfaite complicité avec ce dernier. Dans le même temps, le nouveau Président s'entoure d'un aréopage d'économistes libéraux qui prônent des réformes structurelles, multiplie les déclarations sur la nécessité de respecter davantage les droits de l'Homme, donne des interviews à des journaux d'opposition. Il prend aussi quelques initiatives: il annonce à grand renfort de publicité une réforme de la police, limoge des gouverneurs, fait de la lutte contre la corruption sa priorité.

    ... contrée par son Premier ministre

    Toutefois, otage d'un système vicié à la base dans la mesure où la «verticale» instituée et contrôlée par Poutine engendre la paralysie du système de décisions et l'irresponsabilité des cadres chargés de les mettre en oeuvre, il n'a pas les moyens de sa politique. Dans ce contexte, ses décisions demeurent lettre morte, bloquées par le Premier ministre et les membres de son cabinet sur lesquels il n'a aucune prise. La décision de Dimitri Medvedev de briguer un second mandat a été bien accueillie par une partie des élites, sensibles au discours du Président sur la modernisation nécessaire de la société et favorables au rapprochement avec les États-Unis que Dimitri Medvedev a initié. Par ailleurs, les incendies de forêts qui, une fois de plus, ont mis en lumière l'incurie, la corruption de l'administration et les failles grossières de la gestion de Poutine, qui avait présenté le nouveau Code forestier, ont servi de prétexte à de très violentes attaques contre le Premier ministre que son hyperactivité n'a fait que nourrir...

    «La guerre des grands couteaux»

    Les rumeurs selon lesquelles la campagne de presse serait orchestrée du Kremlin par Vladislav Sourkov, idéologue du Kremlin, père de la démocratie souverainiste, ancien chaud partisan de Poutine passé dans le camp de Medvedev, donnent à penser que «la guerre des grands couteaux» ne fait que commencer. Quant aux chances de Dimitri Medvedev de sortir vainqueur de la course à la présidence, elles sont infimes. «Les initiatives de Medvedev sont une tempête dans un verre d'eau, déclare Nicolas Petrov, expert au Fonds Carnegie pour la paix internationale. Il n'a pas de stratégie, ce qui n'est pas le cas de Poutine». Et d'ajouter: «Medvedev s'agite, multiplie les discours, et pendant ce temps-là, Poutine sillonne le pays, entretient sa forme et son image de héros, histoire de montrer qu'il n'y a rien de nouveau et qu'il est prêt à assumer les plus hautes charges du pays».

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