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    La Russie vue par la presse francophone le 14 septembre

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    Rupture consommée entre le maire de Moscou et le président Medvedev/ La Russie accuse la Géorgie de mentir/ Microsoft condamne l'utilisation politique de la lutte contre le piratage/ Russie: une manifestation d'opposition dispersée par la police à Moscou

    Le Temps

    Rupture consommée entre le maire de Moscou et le président Medvedev

    Le Kremlin est en guerre ouverte contre l’inamovible Iouri Loujkov, qui a encore les faveurs du premier ministre, Vladimir Poutine, en vue de l’élection présidentielle de 2012

    La musique était dramatique, le ton était sans appel: vendredi, la chaîne NTV a diffusé un documentaire à charge contre le maire de la capitale russe. «Lorsque les Moscovites suffoquaient lors des incendies de cet été, Iouri Loujkov était en vacances en Autriche», assure une voix grave sur des images de la ville enfumée. «Pourquoi l’adjoint de Iouri Loujkov a-t-il une montre d’un million de dollars? Comment l’épouse de Iouri Loujkov est-elle devenue la femme la plus riche de Russie?» insiste la voix off durant ce film de vingt minutes qui évoque le train de vie flamboyant du couple, et qui a également été diffusé sur deux autres chaînes nationales.

    Il s’agit du dernier chapitre en date de la guerre de plus en plus ouverte entre le premier magistrat de la capitale et le président Dmitri Medvedev. Ce genre d’attaque médiatique a déjà été employé récemment par le Kremlin, dont la mainmise sur les grandes chaînes télévisuelles est notoire, pour discréditer le président de la république du Bachkotorstan, qui sera limogé par le locataire du Kremlin quelques jours après la diffusion d’un documentaire incriminant.

    Mais le maire Loujkov, 73 ans, semblait pour le moment inamovible. A la tête de Moscou depuis 1992, l’homme a vu passer trois présidents, deux guerres de Tché¬tchénie et deux crises économiques majeures. Casquette vissée en permanence sur la tête et visage rondouillard, Iouri Loujkov s’est également fait connaître pour ses déclarations homophobes et patriotiques. Il jouit d’une grande popularité auprès des personnes âgées, notamment grâce aux programmes sociaux avantageux dont bénéficient les retraités moscovites.

    Les rumeurs annonçant l’éviction imminente du bouillant maire ont été de tout temps nombreuses, mais jamais la rupture entre le Kremlin et la mairie de Moscou n’a été aussi flagrante que durant ces dernières semaines. Lors des incendies de cet été, les porte-parole du Kremlin ont ainsi déploré à mots couverts l’absence du maire de la capitale, et évoqué une limitation d’âge pour les dirigeants locaux, dans une allusion évidente à Iouri Loujkov.

    A son tour, le maire s’est notamment permis de critiquer publiquement la décision de Dmitri Medvedev de suspendre un projet autoroutier contesté au nord de Moscou, évoquant un «bavardage inutile». S’il n’a pas encore réagi au réquisitoire télévisé, il a cependant assuré qu’il conserverait son poste au moins «jusqu’à la fin de son mandat», mi-2011.

    Les observateurs politiques hésitent à miser sur un départ hâtif du maire de la capitale. Le premier ministre, Vladimir Poutine, «a trop besoin de lui pour assurer un bon résultat, à Moscou, au parti Russie unie lors des élections législatives fin 2011 et pour la présidentielle en mars 2012», estime un éditorialiste de l’influent quotidien Kommersant. Iouri Loujkov est également vice-président de ce parti dirigé par Vladimir Poutine, qui domine outrageusement la scène politique nationale.

    Iouri Loujkov, dont les relations avec le premier ministre actuel n’ont pas toujours été simples, semble bénéficier de son appui dans cette lutte contre le Kremlin, au risque d’alimenter les rumeurs de bisbille entre les deux dirigeants russes. Fin août, il déclarait jouir «du soutien entier» de Vladimir Poutine, ce que l’entourage du premier ministre n’a pas contredit. Les proches du chef du gouvernement se sont également bien gardés d’évoquer les critiques diffusées par le Kremlin.

    Le départ, tôt ou tard, de Iouri Loujkov de la mairie de Moscou marquera une étape majeure sur le plan économique et politique. L’opposant Boris Nemtsov, qui a consacré un pamphlet bien documenté au maire de la capitale, y évoque l’étroite liaison entre la mairie et l’entreprise de travaux publics Inteko, propriété d’Elena Batourina, l’épouse de Iouri Loujkov. Le départ du magistrat pourrait marquer ainsi la fin d’un système très complexe et extrêmement lucratif, gangrené par une corruption endémique, selon l’auteur de Loujkov: le bilan.

    Au niveau politique, le Kremlin devra également dénicher une personnalité suffisamment forte, mais fidèle, pour gérer cette ville de plus de 10 millions d’habitants, un poste clé dans le système politique très centralisé de la Russie actuelle.

    Metro Montréal

    La Russie accuse la Géorgie de mentir

    LA HAYE, Pays-Bas - La Russie accuse la Géorgie d'inventer des histoires de nettoyage ethnique dans ses provinces séparatistes, après avoir échoué à en reprendre le contrôle lors d'une courte guerre de cinq jours.

    La Géorgie a dénoncé devant la Cour internationale de Justice, lundi, le meurtre de milliers de Géorgiens ethniques et le déplacement de quelque 300 000 personnes, dans le cadre d'une campagne de discrimination qui aurait été menée par les autorités russes et les milices séparatistes en Ossétie du sud et en Abkhazie.

    La Russie se présente plutôt comme un médiateur pacifique dans ce conflit et souligne que la Géorgie ne s'était jamais plaint de discrimination ethnique avant de perdre la guerre de 2008.

    La guerre a éclaté tout juste avant minuit, le 7 août, et a pris fin le 12 août après l'intervention de l'Union européenne. La Géorgie a déposé sa plainte le jour même devant le plus haut tribunal des Nations unies.

    Lundi, la Russie a fait valoir que le tribunal n'a aucune juridiction pour entendre la plainte géorgienne, puisque la Géorgie n'avait jamais auparavant évoqué l'existence d'un différend.

    Moscou ajoute que la Géorgie n'a jamais cherché à résoudre le problème par voie diplomatique ou par le biais d'une commission créée dans le cadre d'une traité anti-discrimination adopté en 1965.

    La Géorgie détaillera sa position mardi.

    Le Monde

    Microsoft condamne l'utilisation politique de la lutte contre le piratage

    Le groupe informatique américain Microsoft s'est inquiété, lundi, que les lois anti-piratage puissent servir d'argument pour harceler des groupes d'opposition en Russie, comme l'a rapporté le New York Times, et a annoncé qu'il allait tenter d'y remédier.

    Le New York Times de samedi avait révélé que les autorités russes avaient confisqué les ordinateurs et harcelé des organisations non gouvernementales au motif qu'elles auraient piraté des programmes Microsoft, dont Windows.

    "En tant que directeur juridique de Microsoft, ce n'est pas le genre d'histoire que j'ai eu du plaisir à lire", a souligné Brad Smith sur le blog officiel du groupe. "Quelles que soient les circonstances des cas particuliers évoqués par le New York Times, nous voulons qu'il soit clair que nous rejetons sans équivoque toute tentative d'utiliser la protection de la propriété intellectuelle pour étouffer des activités politique ou gagner de l'argent à mauvais escient", a ajouté M. Smith. "Nous réagissons rapidement pour chercher à interdire ou décourager tout comportement de ce type", a-t-il ajouté.

    Licence spécifique pour les ONG

    Microsoft a souligné que le problème était étudié par ses équipes à travers le monde, qui ont sollicité l'avis de défenseurs des droits de l'homme. En outre, le groupe prévoit de demander à un cabinet d'avocats non impliqué dans la lutte contre le piratage de le conseiller, après enquête.

    En attendant, "pour éviter que des ONG soient victimes d'agissements menés sous le couvert de la lutte contre le piratage, Microsoft va créer une nouvelle licence accordée d'emblée aux ONG pour s'assurer qu'elles puissent avoir des copies gratuites et légales de nos produits", a dit M. Smith.

    "Le piratage est un problème très réel, a conclu M. Smith. Nous devons prendre nos responsabilités, et assumer les conséquences de notre lutte contre le piratage, le bon comme le mauvais. Mais ce travail ne doit pas être un prétexte pour s'en prendre indûment aux ONG, journaux ou autres acteurs de la société civile."
    Microsoft mène depuis des années, notamment via le groupe d'intérêts Business Software Alliance (BSA), une vigoureuse campagne contre les copies illégales de ses logiciels.

    Il y a un an, le BSA avait notamment lancé une campagne choc en Grande-Bretagne, appelant les salariés à dénoncer leurs patrons contre une récompense si leur entreprise utilisait des versions piratées de logiciels.

    Les Echos

    Russie: une manifestation d'opposition dispersée par la police à Moscou

    Une manifestation d'opposition a été dispersée dimanche soir à Moscou par de très importantes forces de police qui ont interpellé de manière musclée une trentaine de personnes dont les principaux organisateurs.

    Les manifestants, au nombre d'une cinquantaine selon une journaliste de l'AFP sur place, n'ont guère eu le temps de se rassembler pour dénoncer la politique des autorités russes et celle de la mairie de Moscou.

    Plusieurs centaines d'Omon (forces antiémeutes) avec une quinzaine de cars, renforcés de forces du ministère de l'Intérieur avec une dizaine de camions militaires garés dans une rue adjacente, avaient été dépêchés sur place.

    La manifestation, prévue en face de la mairie de Moscou sur la rue Tverskaïa, une des principales artères de la ville menant au Kremlin, n'avait pas reçu d'autorisation comme c'est le plus souvent le cas.

    La journaliste de l'AFP a assisté à une quinzaine d'interpellations. Selon la radio Echo de Moscou, trente personnes au total ont été interpellées.

    L'un des organisateurs, le leader du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, avait été arrêté dès son arrivée, ont écrit les agences, ainsi que Konstantin Kossiaguine, représentant du mouvement Stratégie 31 qui milite pour le respect de l'article 31 de la Constitution russe sur la liberté de manifestation.

    Pendant l'action, qui a duré une vingtaine de minutes, des jeunes ont lancé des fumigènes, en criant "la Russie sans Poutine !".

    Un homme barbu arborant un chapeau de fou du roi à clochettes, qui s'était mis à danser et chanter, criant sa "haine de ce pouvoir insolent", a lui aussi été aussitôt interpellé sans ménagement et emmené vers un car de police.

    "Honte ! Honte !", criaient des manifestants.

    Une cinquantaine de personnes ont également manifesté dimanche à Saint-Pétersbourg, selon Interfax.

    Les manifestations d'opposition en Russie sont le plus souvent dispersées par la police ces dernières années.

    Le président russe Dmitri Medvedev a affirmé que la Russie était bel et bien une "démocratie", au cours d'un forum international à Iaroslavl (nord-est de Moscou) dont les images étaient rediffusées dimanche soir à la télévision.

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