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    Revue de la presse russe du 30 septembre

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    Le Centre financier international (CFI) de Moscou interdit aux étrangers/Les Finlandais préféreraient apprendre le russe/Le voyage de Medvedev prévu dans les îles Kouriles du Sud a suscité un grand scandale à Tokyo/Un ministère des Forêts pourrait voir le jour en Russie/Un milliard pour la société civile

    Vedomosti
    Le Centre financier international (CFI) de Moscou interdit aux étrangers

    L’intention de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) d'acquérir près de 10% de la bourse RTS (Russian Traiding System) a tant effrayé l’administration russe que celle-ci prépare une loi qui requerra la validation de l’achat par des investisseurs étrangers de plus de 5% des actions d’entreprises de l’infrastructure financière, écrit jeudi le quotidien Vedomosti.

    En juillet, on apprenait que la BERD avait proposé à KIT Finance 2,143 milliards de roubles en échange de 10% des actions de RTS. Les directeurs des Services fédéraux des marchés financiers (FSFR) et de sécurité (FSB), Vladimir Milovidov et Alexandre Bortnikov ont averti le premier ministre Vladimir Poutine que l’accroissement de la part des capitaux étrangers dans le capital de RTS empêcherait son union avec le MICEX et, par conséquent, la création en Russie d'un centre financier international (CFI).

    Le Premier ministre a chargé le ministre des Finances Andreï Koudrine de tirer l'affaire au clair. Ce dernier a ordonné à Milovidov d’élaborer une restriction législative à la participation des étrangers dans les organisations d'infrastructure du marché boursier à hauteur de 5%, explique une source proche du conseil des directeurs de la Compagnie des chemins de fer russes (actionnaire de KIT Finance) à laquelle il a été suggéré d'envisager la vente des actions de RTS ‘’ principalement à des institutions financières russes ‘’.

    ‘’ Sur proposition du ministère des Finances nous préparons un projet de loi qui nous fournira le droit de contrôler les acquisitions des étrangers supérieures à 5% dans les organisations financières d'infrastructure, a confirmé Milovidov. Nous serons informés de chaque transaction, puis nous déciderons de la suite des événements ‘’. ‘’ La discussion à propos de la BERD ‘’ est l'une des raisons de l'élaboration de cette loi, a-t-il reconnu : ‘’ Nous devons comprendre comment ce genre de transactions s'inscrivent dans la politique d'État ‘’.

    La BERD est prête à l'union du RTS et du MICEX, comme l’a écrit son président Thomas Mirov à Poutine. La BERD est prête à commencer le travail avec le RTS, le MICEX et les autorités sans plus tarder pour trouver une approche à la consolidation des bourses et de leurs infrastructures et pour signer un accord de compréhension mutuelle, a affirmé Mirov à Koudrine.

    L'acquisition des actions du RTS par la BERD nécessite une décision politique, et ce n'est pas encore le cas, a déclaré un employé du gouvernement. ‘’ Aucune décision du gouvernement concernant l'approbation de l'adhésion de la BERD au capital de RTS n'a été prise ‘’, déclare Dmitri Peskov, le porte-parole du Premier ministre.

    Ivan Oskolkov, directeur de département au ministère du Développement économique, estime que l'entrée dans le capital d'un investisseur important comme la BERD ne peut être qu'avantageuse pour le RTS et accroître son attractivité auprès des investisseurs. Question qu’il ne faut pas confondre avec l'union des deux bourses, souligne t-il.

    ‘’ La participation d'un investisseur aussi important que la BERD change toute la pratique existante à ce jour, selon laquelle la bourse appartient aux acteurs du marché ‘’, estime Milovidov. Selon lui, en cas de réalisation de la transaction, la bourse RTS serait détenue à 50% par des investisseurs étrangers. Il estime qu'en l'absence d’une stratégie de la bourse RTS, il est impossible de dire si la présence d'un actionnaire comme la BERD entraverait ou contribuerait à l'union des bourses.

     
    Rossiïskaïa gazeta

    Les Finlandais préféreraient apprendre le russe

    Prochainement, la Finlande orientale sera encore plus accueillante à l'égard des Russes. Non, ils n’ont pas l’intention de baisser les prix dans la région. Tout simplement la population locale se mettra à parler russe, écrit jeudi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    Récemment, le premier ministre finlandais Mari Kiviniemi s'est prononcé en faveur du remplacement des cours de suédois à l’école par l'enseignement de la langue russe en Finlande orientale. Cette initiative avait été lancée par les hommes politiques et les administrations des régions frontalières.

    Aucune décision définitive n'a été prise. Mais la question sera au cœur des débats au printemps 2011 lors des élections législatives en Finlande. Le parti finlandais du Centre, présidé par Kiviniemi en personne, s'appuie principalement sur les voix des régions orientales. Pour cette raison, il doit tenir compte des préférences de la région.

    Or la population locale estime que le russe devrait être reconnu comme langue minoritaire et bénéficier de tous les avantages accordés, par exemple, aux langues tsigane, tatare ou same.

    On comprend facilement les politiciens de Finlande orientale. La coopération avec la Russie s'accroît d'année en année. Le flux de touristes russes dans la région va croissant. Et selon les prévisions, le nombre de résidents russophones de Suomi devrait doubler dans les dix années à venir pour atteindre 100 000 personnes. Cela en dépit du fait que le pays manque toujours de spécialistes parlant russe. Même à l’embauche, les employeurs finlandais exigent souvent la connaissance du russe, au moins au niveau débutant.

    ‘’ J'ai une entreprise forestière en Carélie. Si mes employés ne parlaient pas russe, nous ne pourrions pas travailler. Il faut négocier, conclure des contrats, résoudre des problèmes juridiques, accueillir les délégations ‘’, déclare Juha Järvenpää, directeur d'une entreprise finlandaise.

    Il a embauché des immigrants russes. Juha reconnaît qu'il y a très peu de Finlandais parlant russe correctement. D'autres entrepreneurs et fonctionnaires de Finlande orientale rejoignent son avis. C’est pour cette raison qu’ils ont soulevé la question du remplacement des cours de suédois par le russe, bien que le suédois soit la seconde langue nationale.

    ‘’ En Finlande, il n'existe que deux écoles dispensant des cours de russes durant tout le cycle scolaire. En outre, les immigrants russes ont l'occasion d'étudier leur langue natale à l'école à raison de deux heures par semaine ‘’, a déclaré Tatiana Kleïerova, directrice du Centre culturel et scientifique russe à Helsinki. Elle a fait remarquer qu'en Finlande l'intérêt pour la langue russe allait croissant. Mais certains facteurs empêchent son renforcement.

    Premièrement, il n'y a pas suffisamment d'enseignants et de didacticiels. Deuxièmement, la majorité des directeurs d’écoles estiment qu'il existe déjà suffisamment de possibilités d'étudier la langue russe. Enfin, il faut modifier la constitution pour élever la langue russe au niveau du suédois. Mais cela ne se fera pas en un jour.

     
    Kommersant
    Le voyage de Medvedev prévu dans les îles Kouriles du Sud a suscité un grand scandale à Tokyo

    Le président russe Dmitri Medvedev a achevé hier sa tournée en Asie. En route de Shanghai à Moscou, il a fait escale à Petropavlovsk-Kamtchatski (Extrême-Orient russe), écrit jeudi le quotidien Kommersant.

    Il prévoyait de visiter également les îles Kouriles du Sud, mais a dû ajourner ce voyage à cause du mauvais temps et a promis de visiter ces îles dans un avenir proche. Cependant, ce voyage annulé de Dmitri Medvedev aux Kouriles du Sud, qui font toujours l'objet d'un litige territorial entre Moscou et Tokyo, a provoqué un nouveau scandale dans les relations russo-japonaises qui montre que le règlement du problème des Kouriles du Sud dans un avenir proche est impossible.

    Le projet de Dmitri Medvedev de se rendre aux Kouriles du Sud à l'issue de sa visite en Chine avait été évoqué par les médias lorsqu'il se trouvait encore à Shanghai. Dans ce contexte d’excitation soudaine, la position officielle de Tokyo à ce sujet a été exprimée mardi par le premier ministre japonais Naoto Kan. Prenant la parole devant les journalistes japonais, il a déclaré que la position du Japon sur le problème des territoires du Nord (c'est ainsi qu'on appelle au Japon les Kouriles du Sud) restait invariable et a rappelé que Tokyo considérait les Kouriles du Sud se trouvant sous juridiction de la Russie comme un territoire japonais.

    Dès le lendemain, un grand scandale a éclaté dans les relations entre Moscou et Tokyo. A son arrivée à Petropavlovsk-Kamtchatski, Dmitri Medvedev a déclaré qu'il avait eu l'intention de se rendre en avion aux Kouriles du Sud (à Kunashir), mais qu’une intempérie l’en avait empêché. Néanmoins, M. Medvedev a réaffirmé sa volonté de visiter ces îles contestées. ‘’ Je m'y rendrai obligatoirement. C'est une région très importante de notre pays ‘’, a souligné le président russe.

    Cette déclaration de Medvedev a suscité une véritable tempête politique à Tokyo. Quelques heures après, lors d'une conférence de presse à Tokyo, le porte-parole du gouvernement nippon Yoshito Sengoku a annoncé aux journalistes japonais que Tokyo avait fait connaître par tous les moyens possibles à la partie russe le point de vue du Japon sur la déclaration de Dmitri Medvedev. A la demande de préciser si le Japon invitait le président Medvedev à ne pas se rendre aux Kouriles du Sud, M. Sengoku a répondu: ‘’ Oui, c'est vrai ‘’.

    Par ailleurs, le nouveau chef de la diplomatie japonaise Seiji Maehara est allé plus loin que les autres en déclarant que, si le voyage avait lieu, les relations russo-japonaise seraient sérieusement entravées.

    Selon Dmitri Streltsov, titulaire de la chaire d'études orientales à l'Institut des Relations internationales de Moscou (MGIMO) du ministère russe des Affaires étrangères, le voyage de Dmitri Medvedev aux Kouriles du Sud ne peut pas être considéré comme quelque chose d'extraordinaire. M. Streltsov estime que le président Medvedev, en tant que garant de la Constitution, doit visiter les régions les plus éloignées se trouvant sous juridiction russe pour régler leurs problèmes. Si au contraire il renonçait à effectuer ce voyage, il serait accusé de faiblesse et d'être trop conciliant à l'égard de Tokyo.

     
    Vremia novosteï
    Un ministère des Forêts pourrait voir le jour en Russie

    Le passage de l'Agence fédérale des forêts (Rosleskhoz) sous la tutelle directe du gouvernement n'est pas la dernière étape des réformes de cette institution, écrit jeudi le quotidien Vremia novosteï.

    Les transformations qu'il a fallu aborder à la suite de l'été catastrophique doivent finalement aboutir à la formation d'un établissement unique chargé de tous les domaines du secteur forestier, a déclaré hier le Premier ministre Vladimir Poutine.

    Parlant des incendies de l'été dernier, le Premier ministre a essayé de défendre le Code forestier : ‘’ Les changements survenus conformément au Code forestier (y compris le passage de l'état des forêts sous la surveillance des régions, des exploitants, etc. - NdlR) n'ont pas détérioré la situation. Serait-ce mieux si tout cela restait entre les mains des organes du pouvoir fédéral? A vrai dire, j'en doute ‘’. Cette intercession du Premier ministre ne concerne pas, semble-t-il, Rosleskhoz qui a déjà fait l'objet de critiques.

    Vladimir Poutine a rappelé que l'Agence fédérale des forêts a été placée sous la tutelle directe du gouvernement il y a un mois et a évoqué les projets immédiats : ‘’ Nous envisageons de créer un régulateur unique, de concentrer les pouvoirs et la responsabilité de l'état du secteur forestier dans un seul organisme fédéral ‘’. Ce faisant, personne n'a l'intention de léser les droits des régions, elles continueront à exercer leurs fonctions principales en bénéficiant, comme par le passé, des subventions du budget fédéral.

    Rappelons que le ministère des Forêts, qui existait à l'époque soviétique et dans les premiers mois qui ont suivi la désintégration de l'URSS, a été très vite aboli et ses fonctions ont été transmises au Comité des forêts faisant partie du ministère de l'Ecologie et de l'Utilisation de la nature (devenu le ministère des Ressources naturelles). Le Comité a également existé pendant moins d'un an : en 1992, dans le cadre de la réforme du ministère, le secteur forestier en a été retiré et le Service fédéral des forêts a fait son apparition. Ce service, comme Rosleskhoz actuellement, était subordonné directement au premier ministre. Ce service a fonctionné ainsi le plus longtemps : huit ans.

    Au cours de la réforme administrative de 2004, on a mis en place un système à trois niveaux ‘’ ministères-agences-services ‘’ et le secteur forestier a été confié à l'Agence fédérale dépendant du ministère des Ressources naturelles. En 2008, après l'arrivée de Vladimir Poutine à la Maison Blanche (siège du gouvernement russe), Rosleskhoz a été subordonné au ministère de l'Agriculture. Il y a un mois, l'Agence fédérale des forêts a de nouveau été placée sous la tutelle directe du chef du gouvernement et Viktor Masliakov a été nommé le nouveau chef de l’agence. Le premier vice-Premier ministre Viktor Zoubkov, qui supervise toujours l'agence, a chargé M. Masliakov de préparer, dans un délai d'un mois, un plan d'action précis et, en cas de besoin, des propositions sur les décisions qui pourraient être prises par le gouvernement. Un mois s’est déjà écoulé, mais le plan d'action n’a pas encore été rendu public.

     
    Izvestia
    Un milliard pour la société civile

    Cette année, des subventions présidentielles seront attribuées à 606 associations russes à but non lucratif. Cet argent leur sera transféré d’ici fin novembre, écrit jeudi 30 septembre le quotidien Izvestia.

    Globalement, le soutien de l’Etat à la société civile s’élèvera à un milliard de roubles (près de 25 millions d’euros). Cinq organisations opératrices étaient chargées de déterminer l’importance sociale des projets présentés au concours et de distribuer les subventions gouvernementales. Cette année, le concours a été remporté par 606 ONG. Les subventions les plus considérables seront allouées, notamment, au partenariat non lucratif des concepteurs de technologies innovantes NAIRIT (41,4 millions de roubles), à l’Union des retraités de Russie (9 millions) et au Fonds russe pour les élections libres (8 millions). Parmi les organisations bien connues de défense des Droits de l'Homme, c’est le Groupe Helsinki de Moscou qui a remporté le concours en gagnant ainsi 1,1 millions de roubles pour le développement du contrôle civil du système judiciaire.

    La qualité des requêtes présentées cette année a baissé, affirment les opérateurs. ‘’ De nombreuses ONG font seulement l’apprentissage de la présentation correcte des dossiers et de la justification de leurs objectifs et missions ‘’, explique Alexandre Brod, directeur du Bureau de Moscou pour les droits de l’Homme. ‘’ Certains projets montraient clairement que les ONG [qui les présentaient] ne cherchaient qu’à obtenir de l’argent ‘’, ajoute Maria Slobodskaïa, directrice de l’Institut des problèmes de la société civile. De nombreuses ONG sollicitaient un financement pour le fonctionnement des organisations elles-mêmes : pour payer le loyer, les ordinateurs etc., mais pas pour la société civile, fait remarquer Alina Kabaïeva, députée de la Douma (chambre basse du parlement russe) et membre du jury du fonds Club d’Etat. ‘’ Ou alors il y en a qui demandent des millions pour des projets d’envergure dans les régions russes tandis que les effectifs de l’ONG ne comptent que deux personnes. La mise ne place du projet n’est pas claire. Nous sommes prêts à assister les ONG, mais à condition que celles-ci aient la volonté de travailler et de se développer ‘’, ajoute-t-elle.

    Il est curieux que les projets s’étendant à l’Abkhazie et à l’Ossétie du Sud aient pour la première fois remporté le concours et obtenu des subventions. ‘’ Ce sont des projets d’enseignement, surtout de la langue russe ‘’, explique Maria Slobodskaïa. Il est également intéressant que le mouvement de jeunesse russe Nachi (Les nôtres), traditionnellement bénéficiaire des subventions, ne figure pas parmi les gagnants. Selon Maria Slobodskaïa, cette année, le Fonds subventionnera avant tout l’élaboration et la mise en pratique de découvertes scientifiques tangibles.

    Les priorités de cette année comprenaient non seulement la modernisation dans les domaines les plus divers, mais aussi le développement du Nord-Caucase, notamment la prévention de l’extrémisme. Les projets s’y rapportant constituent près de 10% de tous les projets approuvés. Ainsi, le concours a été remporté par un projet prévoyant la mise en place d’un réseau de centres d’information et d’enseignement pour les adolescents vivant dans des localités isolées du Daguestan. Toutefois, Maria Slobodskaïa estime que le concours a démontré la quantité insuffisante des ONG au Nord-Caucase ainsi que leur activité trop faible.


    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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