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    La Russie vue par la presse francophone le 5 octobre

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    La "poubelle nucléaire" russe fait peau neuve dans l'Arctique/ L'ex-maire de Moscou va créer son propre parti politique/ Russie: le torchon brûle entre le Kremlin et son allié bélarusse/ Le russe Vimpelcom met la main sur Orascom

    Le Monde

    La "poubelle nucléaire" russe fait peau neuve dans l'Arctique

    Sur le mur d'une rue passante, le panneau donne la température, la vitesse du vent et... la radioactivité. Dans le nord-ouest de la Russie, la péninsule de Kola porte les stigmates d'une époque, peut-être bientôt révolue, qui l'a vue devenir la "poubelle nucléaire" de l'ex-URSS.

    Lourdement militarisée à cause de sa proximité immédiate avec l'Otan, cette région de l'Arctique a hérité d'un legs encombrant après l'implosion de l'Union soviétique: des sous-marins atomiques en fin de vie par dizaines et du combustible nucléaire usé dans des containers pas toujours hermétiques.

    Autant de menaces pour l'environnement près des eaux poissonneuses de la mer de Barents mais aussi d'aubaines pour trafiquants sans scrupules.

    Deux décennies et deux milliards de dollars --essentiellement occidentaux-- plus tard, la "poubelle" a meilleure allure.

    "Le plus positif, ou peut-être devrais-je dire le moins négatif, c'est que la situation est sous contrôle pour ce qui est de la sûreté nucléaire", dit Sergueï Javoronkine.

    "Ca n'a pas toujours été le cas", précise ce responsable du Conseil public pour l'utilisation sûre de l'énergie nucléaire à Mourmansk, le chef-lieu de la péninsule.

    Finies les décharges de déchets radioactifs en mer qui avaient cours jusqu'au milieu des années 1980. La grosse centaine de submersibles qui rouillaient à quai ont presque tous été envoyés à la casse.

    Isolés, inoccupés et exposés aux intrus, les phares alimentés par des "générateurs thermoélectriques radio-isotopiques" (GTR) radioactifs tournent maintenant à l'énergie solaire.

    "La situation a changé dans le bon sens", admet Alexandre Nikitine, ancien officier de la flotte sous-marine soviétique arrêté par le FSB (ex-KGB) en 1996 pour avoir informé l'ONG environnementale norvégienne Bellona --pour qui il travaille aujourd'hui-- sur la pollution causée par les sous-marins.

    "Mais de notre point de vue, il y a encore des problèmes", ajoute-t-il.

    Tout en haut des motifs persistants de préoccupation, la baie d'Andreïeva abrite 30 tonnes de déchets radioactifs et du combustible usé des sous-marins et brise-glaces nucléaires, à quelque 40 km de la frontière norvégienne.

    Les 21.000 "crayons" nucléaires, petits tubes de combusible, stockés sur place dans des citernes et containers douteux représentent une radioactivité totale de 850.000 térabecquerels. L'équivalent de neuf Tchernobyl près des rives de la mer de Barents.

    "Ce sont les mêmes citernes que dans les années 1980. Ils ont juste construit un toit au-dessus pour les protéger de la pluie et une barrière pour tenir les personnes indésirables à distance", explique Igor Koudrik, un chercheur de Bellona.

    Selon Valery Panteleyev, directeur de SevRao, l'organisme public chargé du "nettoyage" de la péninsule, un premier lot de "crayons" a été acheminé par voie ferroviaire vers l'usine de retraitement de Mayak, dans l'Oural, en juin.

    "Le plus facile", selon Igor Koudrik. "Ils ne savent toujours pas comment vider les citernes".

    Autre point noir, le Lepse, un navire de soutien aux brise-glaces atomiques, attend depuis 20 ans à Mourmansk que l'on trouve une solution pour sa cargaison de tubes de combustibles, brisés ou endommagés pour bon nombre et donc difficiles à extraire.

    Véritable épave flottante, le bateau construit en 1936 menace de sombrer.

    Bien que les autorités professent officiellement "la transparence", de nombreux sites restent fermés aux journalistes étrangers.

    A Mourmansk, la radio continue de mentionner le niveau de radioactivité dans ses bulletins météo et à la toute proche frontière russo-norvégienne, des portiques de détection scannent les véhicules pour détecter d'éventuelles sorties frauduleuses de matières radioactives.

    L'Express

    L'ex-maire de Moscou va créer son propre parti politique

    L'ancien maire de Moscou Youri Loujkov veut créer son propre mouvement politique afin de concurrencer le parti Russie unie du président Dmitri Medvedev et du Premier ministre Vladimir Poutine.

    S'exprimant pour la première fois depuis son limogeage mardi dernier par Medvedev, Loujkov, 74 ans, a assuré que sa carrière politique était loin d'être terminée.

    "Entrer en politique, cela veut dire travailler à établir les bases juridiques d'une société démocratique. Aujourd'hui, notre société a des lois mais celles-ci ne sont pas démocratiques", dit-il dans une interview au magazine d'opposition Les Temps nouveaux.

    Il précise que le mouvement qu'il va fonder fera campagne pour que les responsables régionaux et municipaux, comme par exemple le maire de Moscou, soient de nouveau élus par le peuple.

    Vladimir Poutine, alors président de la Fédération de Russie, avait aboli ces scrutins locaux en 2004 afin de renforcer son pouvoir.

    Youri Loujkov, qui jusqu'à mardi dernier appartenait encore à Russie unie, s'est attiré la haine de l'opposition en raison de sa politique répressive car il envoyait systématiquement les forces de l'ordre disperser les manifestations anti-gouvernementales.

    Ces mêmes opposants peuvent trouver aujourd'hui paradoxal de le voir s'ériger en avocat de la démocratie.

    Les analystes pensent que son initiative peut modifier la donne dans l'optique de l'élection présidentielle de 2012.

    "Loujkov a un sacré atout dans son jeu", explique le politologue Kyrill Rogov. "Le Kremlin n'est guère rassuré car entre 70 et 80% des gens veulent élire directement les maires et les gouverneurs."

    Quel successeur à Moscou?

    Youri Loujkov ne doute pas qu'il pourra rassembler autour de lui les retraités et les intellectuels qui "pensent que leur espace de liberté se réduit de plus en plus".

    Il estime que son nouveau parti pourra déjà faire parler de lui lors des élections législatives de l'an prochain.

    Interrogé sur son renvoi de la mairie de Moscou, il estime inutile de contester cette décision devant la Cour suprême, comme le bruit en a couru, car cette instance est, selon lui, sous la coupe du Kremlin et ne rendra jamais un jugement en sa faveur.

    Dans cette interview, Youri Loujkov désigne nommément la porte-parole de Medvedev, Natalia Timakova, et le numéro deux de l'administration du Kremlin, Vladislav Sourkov, comme les responsables de la campagne qui a abouti à son limogeage.

    Il évite toute critique directe de Vladimir Poutine tout en dénonçant certaines de ses décisions, comme la législation de 2006 sur les forêts, qui selon de nombreux observateurs a aggravé les conséquences des incendies de l'été dernier.

    Medvedev et Poutine ont laissé entendre l'un comme l'autre qu'ils pourraient se présenter à la présidence en 2012, mais pas l'un contre l'autre. Le choix du prochain maire de Moscou sera probablement un indice important pour savoir lequel des deux sera en lice.

    "La décision sera un signe fort. Si c'est un homme de Poutine, il est probable que Poutine retournera au Kremlin", dit l'analyste Olga Krichtanovskaïa. "Si c'est un homme de Medvedev, les chances de ce dernier seront renforcées."

    Pour succéder à Loujkov, qui a été maire de la capitale pendant 18 ans, la presse avance les noms de Sergueï Sobianine, le directeur de cabinet de Poutine, du ministre de la Défense, Anatoli Serdioukov, et du premier vice-Premier ministre Igor Chouvalov.

    Sobianine, ancien gouverneur de la région pétrolifère de Tioumen, est le seul des trois à avoir dirigé une grande région et travaillé pour le gouvernement fédéral. Il a donné ce week-end une interview à la télévision russe, alors qu'il participait à un forum économique à Singapour. Interview au cours de laquelle il a été interrogé sur les problèmes de circulation à Moscou...

    romandie.com

    Russie: le torchon brûle entre le Kremlin et son allié bélarusse

    Les relations entre le Kremlin et l'autoritaire président du Bélarus ont atteint un point de non retour ce lundi. Moscou a menacé de peser contre la réélection de l'actuel président bélarussse, Alexandre Loukachenko, après l'avoir soutenu pendant seize ans sans réussir pour autant à s'en faire un allié fiable.

    M. Loukachenko a multiplié les déclarations agressives ces dernières semaines à l'égard de Moscou, qu'il a encore accusé vendredi de financer l'opposition contre son régime. Il a aussi indiqué avoir envoyé une lettre de soutien au maire de Moscou Iouri Loujkov, démis par le Kremlin au terme d'un vif conflit politique.

    "Compte tenu des derniers commentaires faits par le président du Bélarus, il est évident que les relations ne seront plus comme avant", a mis en garde ce lundi la porte-parole du Kremlin, Natalia Timakova.

    A l'avenir, "les représentants du pouvoir russe ont l'intention d'entrer en relations avec l'ensemble du spectre de l'opinion publique du Bélarus", a ajouté Mme Timakova. Une allusion à peine voilée à l'opposition bélarusse dont les membres ont été récemment qualifiés par M. Loukachenko d'"ennemis du peuple".

    "Les observateurs russes donneront une appréciation adéquate" sur le scrutin de décembre, a également averti une "source" au Kremlin citée par l'agence publique Ria Novosti.

    Les scrutins par lesquels M. Loukachenko s'est maintenu au pouvoir ont été critiqués notamment par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), mais la Russie avait observé jusqu'à présent une bienveillante neutralité dans ce domaine.

    Dimanche soir, dans un message vidéo adressé autant aux citoyens du Bélarus qu'à ceux de Russie même, le président Dmitri Medvedev a suggéré au président Loukachenko d'"enquêter enfin sur les nombreuses disparitions de personnes" dans son pays, une référence à plusieurs leaders de l'opposition bélarusse qui ont disparu à la fin des années 1990.

    Les Echos

    Le russe Vimpelcom met la main sur Orascom

    En rachetant la majorité des actifs d'Orascom Telecom et l'intégralité du deuxième opérateur mobile italien, Wind, Vimpelcom explose hors des frontières de la Communauté des Etats Indépendants et se classe au cinquième rang mondial des opérateurs.

    D'un seul coup, Vimpelcom surgit sur la scène mondiale des télécoms... à la cinquième place des opérateurs mobiles. Le deuxième opérateur russe a annoncé hier le rachat de la majeure partie des actifs télécoms du magnat égyptien, Naguib Sawiris. Cette opération va transformer Vimpelcom, détenu conjointement par l'opérateur norvégien Telenor et par le milliardaire Mikhail Fridman (Altimo), en un géant pesant 21,5 milliards de dollars avec un excédent brut d'exploitation de 9,5 milliards de dollars. Bref, c'est un géant fort de 174 millions de clients mobiles qui est né hier.

    Techniquement, l'opération prend la forme d'un apport par les actionnaires de Weather Investments -le fonds d'investissement de Naguib Sawiris (conseillé par Lazard) et d'autres -de leurs actifs à Vimpelcom. Le russe va donc détenir 51,7% d'Orascom et 100% de Wind, l'opérateur mobile italien. L'achat est payé en cash, à hauteur de 1,8 milliard de dollars et en actions. Les actionnaires de Weather Investments vont détenir 20 % du capital de Vimpelcom à l'issue de la transaction. Seules les filiales grecques, égyptiennes et nord-coréennes, sont exclues de l'opération.

    Hors de la grande Russie

    Pour Vimpelcom, qui réalisait les trois quarts de son chiffre d'affaires en Russie, c'est l'occasion de se diversifier à grande vitesse et de rentrer dans la cour des grands. Ukraine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Géorgie, Arménie, Kirghizstan... le groupe peinait à sortir de la Communauté des Etats indépendants malgré des incursions au Vietnam et au Cambodge. En acquérant 51 % du capital d'Orascom Telecom et 100 % de Wind Italie, qui est le deuxième opérateur de la péninsule, il établit sa présence sur trois continents : Europe, Asie, Afrique. Orascom comptait 73 millions de clients en juin (hors Egypte), du Bangladesh à la Tunisie en passant par le Pakistan. Il a également posé des ajlons en Centrafrique, au Rwanda, au Burundi.

    «Cette opération confirme que le gros du potentiel télécoms dans les prochaines années sera en Afrique et au Moyen-Orient», commente Mehdi Ben Said, analyste chez Pyramid Research : entre 2010 et 2015, on attend une croissance moyenne annualisée de 7 % du nombre d'abonnés, et de 4 % des revenus. L'été dernier l'indien Bharti a créé un mastodonte en achetant les actifs africains de Zain. Cette montée en puissance de géants des télécoms issus des pays émergents ne sera peut-être pas sans poser problème aux opérateurs occidentaux, tels qu'Orange ou Vodafone, qui veulent se développer sur les marchés en forte croissance. Orange vient ainsi de racheter 40 % du capital de Meditel, le deuxième opérateur mobile marocain. Le groupe veut doubler son chiffre d'affaires africain d'ici à 2015. Il devra compter avec un géant de plus sur son terrain de chasse africain.

    A moins qu'Alger ne fasse capoter la fusion Vimpelcom/Orascom. Le gouvernement algérien réclame en effet des arriérés fiscaux à Djezzy, la filiale d'Orascom. Gageons que la visite mercredi à Alger du président russe, accompagné du patron de Vimpelcom, saura aplanir les difficultés.

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