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    La CEI cherche sa place dans l'espace économique commun

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    Le 19 novembre à Saint-Pétersbourg se tiendra la réunion du Conseil des chefs de gouvernement de la Communauté des Etats indépendants (CEI).

         Le 19 novembre à Saint-Pétersbourg se tiendra la réunion du Conseil des chefs de gouvernement de la Communauté des Etats indépendants (CEI), plus de 20 documents sont inclus à l’ordre du jour de la réunion.

        Un certain délai sera imparti au Conseil pour discuter de la coopération économique. Les questions les plus importantes concernent la création et le fonctionnement de la zone de libre-échange, du marché de la viande et du lait, de l’amélioration de la sécurité alimentaire au sein des pays de la Communauté, de la production et de la consommation des ressources énergétiques.

        Cette année, placée sous le signe de la science et de l’innovation, est présidée par la Russie. Mais il est encore difficile de parler des résultats concrets du débouché des pays de la CEI sur la voie du développement des innovations. Jusqu’à présent, dans le cadre de la CEI, en dépit des nombreux documents, aucun projet novateur réussi n’a été réalisé.

        Il faut reconnaître que le niveau scientifique des pays de la CEI en 2010 a continué de chuter. Selon le premier ministre ukrainien Nicolaï Azarov, en Ukraine, la science est dans un état de délabrement avancé, le départ des chercheurs pour l’étranger se poursuit. En Ukraine, les dépenses de la science en 2010 n’ont été que de 0,43% du PIB, c’est l’indice le plus faible du pays depuis les dix dernières années et le plus bas parmi les pays européens. Selon le président de l’Académie des sciences du Kazakhstan Mourat Jourinov, aujourd’hui le Kazakhstan alloue à la science 0,26% du PIB. Dans l’ensemble, en 2010, les dépenses pour la recherche fondamentale et appliquée ont été réduites dans tous les pays, à l’exception de la Biélorussie. A titre de comparaison : l’Union Européenne dépense pour la science et la recherche 1,85% du PIB.

        Dans ces conditions, on pourrait difficilement parler de création à grande échelle de nouvelles technologies au sein de la Communauté. Aucune expertise objective des projets proposés pour la commercialisation dans le cadre du programme de la coopération dans le domaine des innovations n’a été effectuée. Il n’existe toujours pas de réglementation commune destinée à créer une zone juridique commune de développement de la science et d'introduction des innovations. Et comme le montre l’expérience de l’UE, le développement novateur des associations d’intégration est impossible en l’absence d’une base juridique détaillée.

        Cette année a marqué les esprits par la sècheresse, les mauvaises récoltes et la flambée de prix de certains produits alimentaires au sein de la Communauté, ce qui a engendré une tension supplémentaire dans le secteur économique et a montré l’absence de mécanismes concrets de sécurité alimentaire dans la CEI. Les pays de la Communauté agissaient séparément en tentant de surmonter le déficit alimentaire et de réduire la demande qui s’emballait.

        Actuellement, la Doctrine de la sécurité alimentaire de la Russie et la Conception de la sécurité alimentaire de la Communauté économique eurasienne sont en vigueur. Cependant, en 2010, le travail sur la Conception de la sécurité alimentaire de la CEI n’a pas pu être terminé. L’adoption d’un document vital pour la CEI a été à nouveau reportée. Il a également été impossible de concerter les principes de la création d’un fonds d’intervention commun et les bases de la fixation des prix communs pour la production agricole. Apparemment, les participants au prochain Conseil des chefs de gouvernement devront accorder une attention particulière à toutes ses questions en suspens.

        Au début de la présidence actuelle de la Russie au sein de la CEI, la création d’une zone de libre-échange multilatérale a également été ajoutée aux priorités. L’Ukraine insistait et insiste sur l’idée d’une zone de libre-échange, aspirant à remédier aux conséquences pénibles de la crise économique grâce aux exportations actives. Mais après l’instauration en juillet 2010 de l’Union douanière regroupant la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan et représentant un format de libre-échange plus avancé, l’idée d’une zone de libre-échange multilatérale a considérablement perdu de sa pertinence.

        La hausse des échanges commerciaux entre les pays de la CEI est le seul résultat positif indiscutable de l’année 2010 pour l’union d’intégration. Par exemple, les échanges commerciaux entre la Russie et l’Ukraine, multipliés par deux par rapport à 2009, qui devraient atteindre 35 milliards de dollars en fin d’année, paraissent impressionnants. Les échanges entre la Russie et la Biélorussie ont également significativement augmenté (pratiquement de 30%). A la fin de l’année, ils devraient s’élever à 30-32 milliards de dollars, ce qui équivaudrait à l’indice d’avant la crise.

        Mais l’augmentation des échanges commerciaux reste instable car elle principalement due à l’augmentation de la demande solvable en Russie. La part des hautes technologies dans le commerce mutuel dans la CEI reste particulièrement basse. Dans les prochaines années il ne faudrait pas s’attendre à des changements radicaux de la structure du commerce mutuel dans la Communauté : en 2010, la restructuration économique n’a commencé dans aucun des pays de la CEI.

        Premièrement, les pays de la CEI ne disposent pas des moyens nécessaires à la modernisation de l’économie et à la création d’une nouvelle structure technologique. Deuxièmement, les économies des pays de la CEI (y compris de la Russie) ne créent pas de demande pour les innovations. Des progrès ponctuels dans la modernisation ne peuvent pas changer le tableau d'ensemble.

        Il faut reconnaître que le format de la CEI devient de moins en moins compétitif dans l’espace postsoviétique.

        En 2011, devait être formé le noyau du projet concurrentiel d’intégration : l’Espace économique commun de la Communauté économique eurasienne. L’Union douanière de la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan, dont le lancement a été relativement réussi en juillet 2010, est la première étape de la création de l’Espace économique commun.

        Ce n’est probablement pas par hasard que les projets des accords fondamentaux de la création de l’Espace économique commun ont été publiés à la veille de la réunion du Conseil des chefs d’Etat à Saint-Pétersbourg. Même à première vue on comprend que les normes de création et de fonctionnement de l’Espace économique commun entrent en contradiction avec les accords conclus dans le cadre de la CEI.

        Ainsi, l’accord sur la migration du travail dans l’Espace économique commun introduit la notion d’immigrants ‘’ intérieurs ‘’ du travail. Autrement dit, en Russie, le statut des immigrants du travail, des citoyens biélorusses et kazakhs, sera très différent du statut des autres immigrants du travail en provenance des pays de la CEI, y compris d’Ukraine.

        L’accord sur un règlement commun de l'aide gouvernementale à l’agriculture établira un marché agricole commun de l’Espace économique commun (et la CEI n’y parvient pas depuis 1992) et introduira des barrières protectrices contre les produits agricoles importés des pays tiers (y compris des pays de la CEI).

        Les pâtisseries et le sucre ukrainiens, les vins et les fruits moldaves, la laine kirghize, par exemple, pourraient faire l’objet de mesures anti-dumping dans l’Espace.

        Les accords sur les conditions paritaires de fonctionnement du complexe industriel dans l’Espace économique commun seront contraignants pour les pays du trio d’intégration. Ces accords entrent également en contradiction avec ceux précédemment signés par la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan dans le cadre de la CEI.

        De plus, les membres de l’Union douanière visent à créer un espace commun des innovations. L’objectif principal dans un premier temps consiste à assurer le transfert (l’introduction) des technologies d’innovations présentes en Russie, en Biélorussie et au Kazakhstan avec un coefficient d’efficacité important. Le Centre de transfert des hautes technologies fonctionne déjà dans le cadre de l’Espace économique commun. Et dans ce cas, la concurrence avec le programme d’innovation de la CEI est évidente.

        Le 19 novembre, à Saint-Pétersbourg, la Biélorussie devrait annoncer le début de la ratification des accords de création de l’Espace économique commun.

        Le Conseil des chefs de gouvernement examinera également le projet du plan d’actions prioritaires, dans le cadre de la coopération humanitaire entre les pays membres de la CEI pour 2011-2012, comportant plus de 150 projets. Dans un avenir proche, la CEI pourrait probablement trouver sa place en tant qu’espace humanitaire des anciennes républiques soviétiques.

    Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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