L'Alexandre Nevski et le Novomoskovsk : deux SNLE pour le premier ministre

© RIA Novosti/Avrora Sergey Razbakov, Michail KartavychLe sous-marin nucléaire russe Alexandre Nevski
Le sous-marin nucléaire russe Alexandre Nevski - Sputnik Afrique
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La visite du premier ministre russe Vladimir Poutine, qui s’est rendu le 13 décembre 2010 à Sevmach, l’un des principaux groupes de constructions navales de Russie, a coïncidé avec le complètement important des forces nucléaires stratégiques de Russie.

La visite du premier ministre russe Vladimir Poutine, qui s’est rendu le 13 décembre 2010 à Sevmach, l’un des principaux groupes de constructions navales de Russie, a coïncidé avec le complètement important des forces nucléaires stratégiques de Russie. Quelques jours auparavant, l’usine avait mis à l’eau deux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE): le K-407 Novomoskovsk entièrement restauré et le nouveau K-550 Alexandre Nevski.

Le Novomoskovsk fait partie du projet 997BDRM, et Alexandre Nevski appartient au projet 955 Boreï. Les sous-marins de ces deux classes constitueront la base des forces nucléaires stratégiques à moyen terme.

L'Alexandre Nevski: la suite de la série princière

L'Alexandre Nevski est le second lanceur d’engins du projet construit à Sevmach. Le premier, le Iouri Dolgorouki, a demandé 11 ans de construction, entre 1996 et 2007, et termine actuellement la phase finale des essais. La construction de l'Alexandre Nevski a été lancée en 2004. Actuellement se poursuit la construction du Vladimir Monomakh, lancée en 2006, ce sous-marin devrait entrer en dotation en 2012, et du Saint-Nicolas. La construction de ce dernier sous-marin a débuté en 2009 et les travaux devraient demander cinq ans.

La tendance de la réduction des délais de construction des SNLE a été rendue possible grâce au rétablissement du financement rythmique des contrats de défense et à la mise en place de la coopération industrielle. L’objectif de la réduction des délais de construction a été également fixé par Vladimir Poutine. Dans l'idéal, la construction d’un SNLE devrait demander 4-5 ans, et ces délais devraient être respectés.

Le missile Boulava, dont les essais rencontrent des difficultés et ne sont pas terminés, est le principal problème du Dolgorouki, du Nevski et de leurs confrères lanceurs d’engins. Le prochain lancement du Boulava devrait avoir lieu dans les semaines à venir depuis le Iouri Dolgorouki. Si le lancement est couronné de succès, ce sera le troisième tir réussi, ce qui permettrait de parler de règlement des principaux problèmes concernant la production de ce type de missiles.

En tout, au cours des 10 prochaines années, 8 SNLE du projet 955 devraient être terminés, et à partir du quatrième sous-marin, les SNLE devraient être construits selon le projet modernisé 955U. Selon les informations disponibles, les sous-marins de cette classe transporteront 20 missiles, au lieu de 16 sur les premiers sous-marins.

Le Novomoskovsk: une fiabilité qui a fait ses preuves

Contrairement aux nouveaux sous-marins du projet 955, la marine a testé et s’est familiarisée depuis longtemps avec les SNLE modernisés du projet 667BDRM. Leur construction s'est déroulée dans la seconde moitié des années 80, et ils ont été la dernière étape de développement de la nombreuse famille des 667. Actuellement, 4 sous-marins de cette classe sur 6 ont été réarmés par le missile Sineva, le modèle amélioré du missile R-29RM testé. Deux autres sous-marins devraient être dotés de Sineva dans les 3-4 prochaines années.

Le missile Sineva a une portée bien plus importante que le missile R-29RM (plus de 11.000 kilomètres contre 8.300), une meilleure précision, et il est également doté de moyens plus sophistiqués pour pénétrer la défense antiaérienne. Dans sa version de base, le missile est muni de quatre têtes nucléaires d’une puissance de 100 kilotonnes chacune. De plus, il est possible de doter ces missiles de têtes nucléaires foncièrement nouvelles d’un calibre très faible (jusqu’à quelques dizaines de tonnes en équivalent TNT), ce qui permettrait de les utiliser pour éliminer avec précision des objectifs particulièrement stratégiques.

Les sous-marins du projet 667BDRM dotés de nouveaux missiles pourront rester en dotation pendant 15-20 ans, ce qui détermine leur statut en tant que bases des forces nucléaires stratégiques, ainsi que des nouveaux sous-marins du projet 955, à court terme.

Les sous-marins en tant que base du potentiel nucléaire

En se référant aux informations ci-dessus, il est facile de calculer qu’à la fin des années 2010, la marine russe disposera de 14 lanceurs d’engins des projets 955 et 667BDRM. Ils transporteront 244 missiles balistiques et près de 1.000 têtes nucléaires ce qui constituera près de la moitié de l’arsenal stratégique total de la Russie en termes de lanceurs, et de deux tiers en termes d’ogives nucléaires. Une telle proportion signifie que pour la première fois de l’histoire, la flotte sous-marine deviendra la base des forces nucléaires stratégiques de la Russie. Cela fait reposer une lourde responsabilité sur les autres forces de la marine qui doivent assurer le service actif des SNLE et les protéger des éventuelles attaques.

Une plus grande responsabilité reposera sur le budget de la marine. Afin de pouvoir remplir les missions, les SNLE doivent effectuer des sorties en mer régulièrement et y passer une majeure partie du temps. Une telle intensité ne pourra être assurée que grâce aux investissements importants dans l’infrastructure, des centres de formation aux usines d’entretien, ce qui permettra de maintenir les sous-marins en état de disponibilité permanente.

On sait qu’une base pour les derniers SNLE est actuellement en construction au Kamtchatka, à Vilioutchinsk, où sont basés les sous-marins nucléaires de la flotte du Pacifique. Les investissements dans l’infrastructure pourrait finalement atteindre le coût des SNLE (le Dolgorouki et l'Alexandre Nevski coûtent environ 25-30 milliards de roubles chacun), mais grâce à l’exploitation intensive des sous-marins, ces dépenses devraient être rentabilisées plusieurs fois.

Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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