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    Les titres du 19 janvier 2011

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    Vers un regain de tension en Asie centrale / Loukachenko n’est pas le bienvenu en Europe / Pas de reprise économique en Russie avant 2012

    Nezavissimaïa gazeta
    Vers un regain de tension en Asie centrale

    Avec le début de la nouvelle année, les représentants de la Direction principale de la coopération militaire internationale du ministère russe de la Défense et les responsables du ministère russe des Affaires étrangères ont accéléré les négociations avec les structures du Kirghizstan et du Tadjikistan sur l’élargissement de la présence militaire russe dans ces pays. Les sources militaro-diplomatiques déclarent que l’activité diplomatique actuelle est liée aux prévisions extrêmement négatives concernant l’évolution prochaine de la situation en Asie centrale. Curieusement, cette situation arrange les  Etats-Unis et l’OTAN qui, par l'intermédiaire des politiciens qui leur sont favorables dans ces pays, s’opposent aux intérêts de la Russie dans la région, écrit mercredi 19 janvier le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Les analystes militaires et politiques n’excluent pas qu’au printemps une nouvelle vague d’affrontements interethniques puisse submerger le Kirghizstan, ce qui pourrait conduire à la scission du pays en deux Etats. Au Tadjikistan on prévoit des attaques des islamistes radicaux cherchant à renverser le régime d’Emomali Rakhmonov. En Ouzbékistan on s’attend également à l’aggravation de la lutte pour le pouvoir en raison de l’état de santé du président Islam Karimov et la nomination probable au poste présidentiel de sa fille Goulnara Karimova.

    Alexandre Kniazev, conseiller à l’Institut des décisions politiques (Alma-Ata) et directeur de recherches à l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie, estime qu’en raison des conflits probables dans les pays d’Asie centrale, l’évolution des événements pourrait suivre le scénario du Kosovo, c’est-à-dire le règlement de ces conflits avec la participation des armées américaine et d’autres pays de l’OTAN.

    Selon des fuites émanant de sources militaro-diplomatiques, les représentants du ministère russe de la Défense et du ministère russe des Affaires étrangères exigent peu de choses de leurs collègues participant aux négociations. Il s’agit du déploiement sur l’aérodrome d’Aïni (Tadjikistan), modernisé avec la participation de la Russie et de l’Inde, du 670ème groupe d’aviation et de la 303ème escadrille détachée d’hélicoptères de la 201ème base militaire russe. Ainsi que la création au Kirghizstan d’un centre de formation militaire russe. Bichkek et Douchanbé n’ont rien contre. Mais ils insistent sur l’augmentation considérable des tarifs de location de ces sites.

    Par exemple, en échange de la présence de la 201ème base militaire au Tadjikistan, Emomali Rakhmonov demande 125 millions de dollars par an ou l’équivalent de cette somme en aide militaire. Toutefois, la Russie est non seulement hostile à l’augmentation de la rente, mais est également contre la création du centre de formation russe à Kyzyl-Kiya, dans la région d’Och (à environ 60 kilomètres au Sud de Fergana), point sur lequel insistent depuis longtemps les autorités kirghizes. Moscou estime que Kyzyl-Kiya est une région instable et que les tâches du centre militaire de formation seraient rendues difficiles, ce qui pourrait porter préjudice aux intérêts militaires de la Russie, mais également du Kirghizstan. La communauté des experts suppose que les problèmes du déploiement et du fonctionnement des sites militaires russes au Kirghizstan et au Tadjikistan sont dus aux politiciens proaméricains de ces pays. Au Kirghizstan, on estime que la présidente Otounbaïeva en fait partie. Selon les nombreuses publications de WikiLeaks, à l’époque de l’administration de Bakiev, Mme Otounbaïeva, qui faisait partie de l’opposition, consultait fréquemment l’ambassade américaine. Et lorsque les événements d’Och ont éclaté, elle a ouvertement demandé l’aide des Etats-Unis.

    Il existe également un lobby proaméricain dans l’entourage du président Rakhmonov. Le ministre tadjik des Affaires étrangères, Khamrokhon Zarifi, ancien ambassadeur du Tadjikistan aux Etats-Unis, exige fermement l’augmentation du prix du bail de la 201ème base russe. Selon les informations de WikiLeaks, c’est Washington qui a suggéré sa nomination au poste de ministre des Affaires étrangères du Tadjikistan.

     
    Novye Izvestia
    Loukachenko n’est pas le bienvenu en Europe

    Les autorités polonaises ont apparemment offert un "cadeau" au président biélorusse réélu pour un nouveau mandat: selon les informations officieuses, elles sont prêtes à interdire à Alexandre Loukachenko l’entrée sur le territoire de son voisin occidental, écrit mercredi 19 janvier le quotidien Novye Izvestia. Si cette information était officiellement confirmée, on pourrait constater la fin de la courte amélioration des relations de Minsk non seulement avec Varsovie, mais également avec Bruxelles.

    Les médias polonais ont annoncé que la Pologne avait dressé une liste noire des fonctionnaires biélorusses avant même que la Commission électorale centrale de Biélorussie eût annoncé l’investiture d’Alexandre Loukachenko prévue le 21 janvier. Bien sûr, ce n’est pas une coïncidence mais un signal adressé à Minsk. Varsovie est indigné par la répression brutale de l’opposition biélorusse et les accusations directes adressées aux autorités polonaises, qualifiées à la télévision biélorusse d’instigateurs de la tentative de coup d’Etat en Biélorussie. La Pologne annoncera officiellement sa position sur cette question le 31 janvier, lorsque la liste des fonctionnaires biélorusses interdits de séjour sur le territoire polonais sera publiée.

    Pour l’instant on ne peut que parler des fuites dans les médias, selon lesquelles Alexandre Loukachenko fait partie de la liste noire. Mais ce ne serait pas le cas du ministre biélorusse des Affaires étrangères, Sergueï Martynov. La visite du ministre biélorusse en Pologne est déjà prévue pour la seconde moitié de janvier, et comme l’a déclaré son homologue polonais, Radoslaw Sikorski, la Pologne n’a aucune intention de rompre les relations diplomatiques avec son voisin oriental. La date choisie pour la publication officielle de la liste noire, le 31 janvier, est très révélatrice. C'est à cette date que les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent débattre de la question des sanctions envisageables contre Minsk et certains fonctionnaires biélorusses. "Nous sommes unanimement d’accord sur le fait qu’il faut malheureusement en parler en raison de la situation en Biélorussie", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. Toutefois la presse polonaise déclare que les gouvernements des pays Baltes invitent Bruxelles par des voies officieuses à ne pas se hâter de prendre des "décisions radicales."

    Dans l’ensemble, la liste noire de la Pologne est une mesure préventive. Si d'ici le 31 janvier les membres de l’UE n’étaient pas unanimes (comme ce fut le cas à plusieurs reprises dernièrement), les Polonais pourraient eux-mêmes sanctionner Alexandre Loukachenko. Car la Pologne fait partie de l’espace Schengen, et l‘interdiction d’entrer dans ce pays fermerait automatiquement aux fonctionnaires biélorusses "punis" l’accès à la majorité des pays de l’Union Européenne. En fait, le ministère biélorusse des Affaires étrangères a fait preuve de retenue en réagissant à l’établissement de la liste noire polonaise. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Andreï Savinykh, s’est contenté de dire que des consultations avec les autorités polonaises se tiendront prochainement.

     
    RBC Daily
    Pas de reprise économique en Russie avant 2012

    La Russie ne parviendra pas à retrouver les indices d’avant la crise cette année. Au moins 1-2 années supplémentaires seront nécessaires pour le rétablissement complet de l’économie selon la majorité des indicateurs, écrit mercredi 19 janvier le quotidien RBC Daily.

    En faisant le bilan de l’année 2010 en Russie, les économistes l’ont qualifiée de période de rétablissement de la dynamique positive des principaux indices du développement socio-économique après la régression de 2009. Toutefois, selon les calculs, les indices d’avant la crise ne pourront pas être atteints avant la fin 2012-2013.

    En tentant de déterminer la manière dont le rétablissement du pays aura lieu, l'Institut de l'économie en transition Gaïdar a identifié deux scénarios les plus probables: le scénario basique (qui correspond selon la majorité des facteurs à la version modérément optimiste du ministère russe du Développement économique) et le scénario de sortie longue de la crise (la "seconde vague"). Dans le cadre du dernier on adopte la vision pessimiste de l’évolution des événements dans l’économie mondiale et, par conséquent, russe.

    Dans le cadre du  premier scénario, le rétablissement du PIB et des investissements réels dans le capital principal au niveau d’avant la crise ne surviendrait que fin 2012, voire en 2013. De plus, l'Institut de l'économie en transition pronostique un rythme de diminution de l’inflation plus lent que celui prévu par le ministère du Développement économique.

    Le scénario de la "seconde vague" est caractérisé comme une période de stagflation prolongée. Dans ce cas, la nouvelle période de croissance stable ne commencera pas avant 2014. Selon ce scénario, en 2011-2012 le déficit du budget fédéral dépassera considérablement les modalités de la loi sur le budget fédéral, ce qui pourrait signifier la nécessité de réduire les dépenses nominales du budget fédéral. "Dans le cas contraire, le risque de croissance incontrôlable du déficit budgétaire deviendrait un facteur négatif supplémentaire du déclin de l’économie russe", prédit Sergueï Drobychevsky de l'Institut de l'économie en transition.

    Le centre d’études économiques de l’Académie financière et industrielle de Moscou (MFPA) ne s’attend pas à la seconde vague de la crise. "Nous sommes plutôt en faveur du premier scénario", déclare l’économiste de la MFPA, Evgueni Pichtchouline. Nous miseront sur le renforcement du rouble." Selon M.Pichtchouline, l’héritage de la crise sera surmonté début 2012.



    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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