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La Lybie, catalyseur des relations Russie-UE

La Libye, catalyseur des relations Russie-UE

© Sputnik. Andrey Stenin
Opinion
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Apparemment, les événements en Libye sont en train de devenir un puissant catalyseur de l’amélioration des relations entre la Russie et l’Union européenne, du moins en termes de relations économiques.

Apparemment, les événements en Libye sont en train de devenir un puissant catalyseur de l’amélioration des relations entre la Russie et l’Union européenne, du moins en termes de relations économiques. Jugez par vous-mêmes. Après une longue interruption, les discussions sur l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avant 2012 ont repris. Et ce n’est plus le chef de la délégation russe Maxim Medvedkov, mais les patrons du milieu des affaires européen qui en font l'annonce.

Le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso a fait preuve d’une extraordinaire tolérance face aux dures remarques du premier ministre russe Vladimir Poutine lors de leur récente rencontre à Bruxelles. Rappelons que l’invité russe a qualifié le troisième paquet énergétique de l’UE, qui oblige Gazprom à faire participer des partenaires supplémentaires étrangers inutiles, de "confiscation des biens." Toute allusion à l’ingérence gouvernementale dans les droits de propriété dans l’Europe contemporaine est considérée comme une accusation très grave. Néanmoins, cette fois M.Barroso n’a pas riposté aux propos caustiques de Poutine, mais a déclaré que l’UE comprenait les préoccupations de la Russie et allait tenter d’accéder à sa volonté.

Que ce passe-t-il? Bien sûr, il n’est pas question de l’abandon par les représentants de l’Union européenne de leur vision de la Russie contemporaine, une opinion totalement négative, remplie de stéréotypes de la rhétorique antisoviétique obsolète.

Tout simplement la menace de la suspension des approvisionnements en hydrocarbures en provenance de Libye, et à l’avenir d’Algérie et d’Egypte, a dégrisé les "eurocrates." Des coups aussi durs contraignent les cerveaux occultés par l’idéologie rigoureusement fausse des membres de la Commission européenne à reconnaître la réalité. Lorsqu’en Libye on bombarde les manifestants, et que Kadhafi menace de détruire les sites pétroliers occupés par les rebelles, toutes les discussions au sujet d’un "embargo énergétique" en provenance de la Russie "hostile à la démocratie" paraissent ce qu’elles sont: une absurdité.

En effet, la Russie voudrait recevoir plus d’argent ou d’actifs économiquement intéressants pour ses hydrocarbures, où qu’ils soient fournis, en Allemagne, en Ukraine ou même en Biélorussie, alliée de la Russie. Mais pour cela la Russie n’a pas l’intention de faire du "chantage" à qui que ce soit, bien que la presse européenne en parle depuis une quinzaine d’années. Aujourd’hui, lorsque l’UE est confrontée à un véritable chantage de Kadhafi qui, contrairement à la Russie, n’a pas été victime de discrimination européenne depuis quelques années, les porte-paroles idéologiques de l’Union européenne ont dû revenir à la réalité oubliée depuis longtemps.

"Les conflits de transit avec l’Ukraine ont été entièrement réglés, les conflits de transit avec la Biélorussie ne sont possibles que sous la forme de prises de bec mutuelles intermittentes; la construction du gazoduc Nord Stream progresse et prochainement renforcera le soutien de l’UE par le gaz russe."

Aujourd’hui, ce résumé des relations économiques entre la Russie et l’Union européenne est fait par le porte-parole bruxellois de l’UE New Europe. Le journal se permet même de parler de South Stream, longtemps ignoré par l’UE, dans un contexte positif: "South Stream, dont la fin de la construction est bien plus plausible que Nabucco qui bat de l’aile, fournira à l’Europe 33 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires. Et étant donné que le gaz de schiste s’est avéré une alternative bien moins abordable pour l’UE qu’il n'avait semblé, la compétition des prix du gaz de schiste en provenance des pays de l’UE et du gaz naturel en provenance de Russie est peu probable à court terme."

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les Etats-Unis aient également décidé de prendre en compte les intérêts des alliés européens et ont activé les négociations concernant l’adhésion de la Russie à l’OMC. (La Secrétaire d’Etat adjoint Judith McHale a qualifié l’adhésion de la Russie à l’OMC de "priorité" pour les Etats-Unis lors du forum russo-américain à Boston). C’est d’autant plus important qu’auparavant les Etats-Unis étaient le principal obstacle à l’adhésion de la Russie à cette organisation.

"La stratégie américaine jusqu’à dernièrement consistait à donner la préférence à l’Ukraine. Au final, l’Ukraine a adhéré à l’OMC plus tôt [que la Russie]", a déclaré une source du siège de l’OMC à Genève. Notons que l’adhésion de l’Ukraine à l’OMC n’a pas protégé l’Ukraine de la paupérisation et de l’augmentation des prix des services publics: l’adhésion à l’OMC profite aux économies puissantes, ouvertes à leurs voisins. Pendant la présidence de Iouchtchenko (ancien président) et de Timochenko (ancienne première ministre), l’Ukraine ne faisait pas partie de telles économies.

Aujourd’hui, la tâche de la Russie consiste à utiliser la conjoncture favorable à l’intensification des relations avec l’UE pour obtenir l’ouverture des marchés européens aux produits russes et pour se joindre aux alliances économiques, auxquelles on lui fermait l’accès auparavant. Très prochainement, la conjoncture pourrait encore changer. Bien sûr, défavorablement pour la Russie.


Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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