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    Les USA appellent Moscou à stopper les fournitures d'armes à la Syrie

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    Contestation en Syrie (1168)
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    La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a exhorté la Russie à cesser d’approvisionner la Syrie en armes. "Nous voudrions que la Russie cesse de vendre des armes au régime de Bachar al-Assad", a déclaré Hillary Clinton dans une interview sur la chaîne CBS.

    La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a exhorté la Russie à cesser d’approvisionner la Syrie en armes. "Nous voudrions que la Russie cesse de vendre des armes au régime de Bachar al-Assad", a déclaré Hillary Clinton dans une interview sur la chaîne CBS.

    Les exportations d'armes russes en Iran et en Libye sont déjà suspendues. Désormais, les autorités américaines soulèvent la question de la coopération entre Moscou et Damas.

    Les exportations d'armements russes en Syrie sont un thème très sensible surtout dans une affaire aussi délicate telle que la coopération militaro-technique. Israël et les Etats-Unis portent atteinte aux intérêts des producteurs d’armements russes et à la politique moyen-orientale complexe du gouvernement russe.

    Des exportations d'armes aléatoires

    Au cours des dernières années, les liens militaro-techniques entre la Russie et la Syrie ont souvent fait l’objet de critiques de la part de Tel-Aviv et de Washington. Souvent le gouvernement russe a dû annuler les contrats préparés après avoir évalué les perspectives de l’exacerbation des relations.

    Même cas de figure pour la commande du système tactique de missiles Iskander-E
    (code OTAN SS-26), annulée en 2005. De temps à autre surviennent, sans confirmation par la suite, des déclarations sensationnelles sur les fournitures à la Syrie d'avions modernes
    (des chasseurs Su-30, code OTAN Flanker-C ou des intercepteurs de défense antiaériens
    MiG-31E, code OTAN Foxhound) et des systèmes sol-air S-300 PMU-2 Favorit
    (code OTAN SA-20B).

    A l’heure actuelle, l’existence de trois contrats russo-syriens en vigueur sur la fourniture d’armes, dont le montant pourrait être supérieur à 2,5 milliards de dollars, selon les estimations du Centre d’analyses des stratégies et des technologies, a été officiellement confirmée. Un accord sur la fourniture à Damas de 24 nouveaux chasseurs MiG-29M/M2 a été signé. Les systèmes de défense antiaérienne Buk-M2E (code OTAN SA-17 Grizzly) devraient être envoyés en Syrie. Un programme de modernisation d’environ 1.000 chars syriens T-72M pour passer à la version T-72M1M a également été adopté.

    Mais ce n’est pas tout. Il est également question de la fourniture d’un système de missiles sol-mer Bastion qui perdure depuis 2007. Il s’agit d’un système moderne doté de missiles supersoniques Iakhont. Leur version en service en Russie, Onyx (code OTAN SS-N-26), deviendra prochainement la base de l’armement antinavire aussi bien des bâtiments de surface que des sous-marins nucléaires de la marine russe.

    Le gouvernement russe, qui s’est retrouvé dans une situation complexe, tantôt réfute l’existence du contrat de fourniture des Bastions, tantôt insinue qu’il sera tout de même exécuté. Cela est compréhensible : l’argent des "armuriers" aime le silence, et il y a déjà beaucoup trop de politique dans cette question.

    L’argent et la politique

    La Russie a déjà adhéré aux sanctions sur les fournitures d'armes frappant l’Iran et la Libye, en gelant les contrats en vigueur pour la fourniture de matériel militaire. Dans le cas de la Libye, la situation ne semble pas être une grande perte dans le contexte des manœuvres de Kadhafi qui promettait beaucoup de choses à Moscou, mais qui tentait parallèlement d’obtenir un maximum d’avantages des entreprises d’armement européennes. Par contre, la rupture des accords iraniens a causé un préjudice significatif aux revenus de l’industrie de défense, notamment aux concepteurs des systèmes de défense antiaérienne. Le contrat portant sur la fourniture de
    5 divisions de S-300PMU (code OTAN SA-10 Grumble) aurait pu dépasser 800 millions de dollars, et le dédit atteignait 400 millions de dollars.

    À l’époque soviétique la coopération militaro-technique avec la Syrie compliquait déjà les relations entre l’URSS et les Etats-Unis. Après l’effondrement de l’Union soviétique, le régime de Hafez al-Assad (puis de son fils) était prêt à acheter à Moscou des armements dont le volume dépassait les capacités d'exportation de la Russie.

    L’exacerbation de la situation en Syrie en août 2011 a compliqué des contradictions déjà complexes. La Russie pourrait se retrouver dans une position proche du zugzwang aux échecs, lorsque la position du joueur empire quel que soit le coup joué par ce dernier.

    Si le Kremlin suivait la recommandation de la Maison blanche, la Russie pourrait perdre de l’argent et une part de marché dans les exportations mondiales d’armements high-tech. Et en renonçant démonstrativement à coopérer, la Russie pourrait compliquer l’ordre du jour déjà tendu des relations bilatérales avec les Etats-Unis et l’OTAN sur les questions de la défense antimissile (ABM) et des armements nucléaires. En jouant ainsi contre la politique du "reboot" et en renforçant l’aile des faucons de l’opposition politique américaine à la veille de la présidentielle de 2012.

    L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

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    Contestation en Syrie (1168)

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