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    Le mur des pleurs de Berlin

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    Le 13 août était le jour du 50e anniversaire de la construction du mur de Berlin. Au XXe siècle il est devenu l’un des plus grands symboles de la confrontation entre deux systèmes politiques : l’Union soviétique et l’Occident.

    Le 13 août était le jour du 50e anniversaire de la construction du mur de Berlin. Au XXe siècle il est devenu l’un des plus grands symboles de la confrontation entre deux systèmes politiques : l’Union soviétique et l’Occident.

    Le principal champ de bataille

    La Seconde guerre mondiale a uni l’Europe, l’URSS et les Etats-Unis dans la lutte contre le IIIe Reich. Mais après la victoire les alliés de la coalition antihitlérienne ont à nouveau adopté des positions opposées. En mars 1946 déjà, l’ex-premier ministre britannique Winston Churchill avait fait remarquer que « "de Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique un rideau de fer s’est abattu sur le continent" . Le discours de Churchill a marqué le début d’une longue confrontation entre l’Occident et l’Union soviétique.

    L’Allemagne, divisée en République fédérale d’Allemagne et République démocratique allemande, est devenue le premier "champ de bataille" de la guerre froide. Berlin-Ouest, de la RDA avec un statut politique particulier, était la pierre d’achoppement. L’enclave est apparue sur le territoire des secteurs américain, français et britannique d’occupation de la capitale allemande en 1949 et a existé jusqu’aux années 90.

    Berlin-Ouest ne faisait pas partie de la RFA, mais la monnaie était le deutschmark, il n’y avait pas de conscription et le socialisme soviétique n’était pas imposé. Cette partie de la ville semblait plus attrayante pour travailler aux yeux des habitants de Berlin-Est, et rapidement les habitants de la RDA ont commencé fuir massivement vers la RFA via Berlin-Ouest. Entre 1949 et 1961  2,7 millions de personnes ont quitté la République démocratique allemande. Par ailleurs, les alliés occidentaux ont envahi Berlin-Ouest avec leurs troupes et les agents des services de renseignement.

    L’une des opérations les plus connues des services secrets – de la CIA et du MI-6 – a été la construction d’un tunnel au début des années 50 entre Berlin-Ouest et Berlin-Est afin d’avoir accès aux communications téléphoniques de l’état-major soviétique en Allemagne. Le tunnel a été découvert en avril 1956, mais quelques années plus tard les services de renseignement occidentaux sont arrivés à la conclusion qu’il avait cessé d’être secret bien avant d’être détecté.

    La doctrine Hallstein

    En 1957, le gouvernement de la RFA a mis en œuvre la doctrine Hallstein, selon laquelle la RFA n'entretenait de relations diplomatiques qu'avec les pays qui ne reconnaissaient pas la RDA. Une exception a été faite seulement pour l’URSS. En réponse, le gouvernement de la RDA a déclaré en 1958 qu’elle considérait Berlin-Ouest comme son territoire. Cette affirmation a été soutenue par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, qui a, toutefois, proposé aux Etats-Unis, à la
    Grande-Bretagne et à la France de transformer l’enclave en une sorte de ville démilitarisée libre. Les puissances occidentales ont catégoriquement rejeté sa proposition.

    Comment était-il possible d’y répondre? Par un blocus? Mais il avait déjà existé dans l’histoire de Berlin-Ouest à l’époque de Staline. En 1948-1949 l’Union soviétique a privé les alliés occidentaux de tous les accès ferroviaires, fluviaux et routiers à la ville, et a coupé l’électricité. En réponse, les alliés ont mis en place un pont aérien efficace en fournissant à Berlin-Ouest plus de 2 millions de tonnes de marchandises grâce à l’aviation de transport américaine et britannique.

    En été 1961 la situation a commencé à ressembler à une fenêtre ouverte : chaque jour près de mille personnes, avant tout des jeunes, fuyaient vers Berlin-Ouest.

    Fermer la fenêtre

    Il était nécessaire de trouver un moyen de stopper d’urgence le flux de la population du socialisme vers le capitalisme.

    Théoriquement, les mesures économiques qui auraient assoupli le régime en RDA auraient pu contribuer à colmater la fuite. Mais c'était inadmissible pour Khrouchtchev, et encore plus inacceptable pour le dirigeant de la RDA Walter Ulbricht, staliniste convaincu, dont la politique sociale a conduit le pays à la révolte de 1953, réprimée par l’armée soviétique.

    Il restait le moyen mécanique consistant à "fermer la fenêtre". Et le 13 août 1961, en dépit des accords de Postdam prévoyant la libre circulation en ville, la construction d’un mur de béton, concrétisation bien visible de la thèse du rideau de fer, a commencé à Berlin.

    Le mur a séparé Berlin-Ouest et Berlin-Est, en coupant non seulement les lignes de métro et les rues, mais également la vie des gens. Dans la matinée du 14 août, les habitants de Berlin-Est qui voulaient se rendre à leur travail ont été dispersés au poste de contrôle par des canons à eau.

    Le 28 octobre 1961, les Américains ont essayé de détruire les barrières frontalières en plaçant des bulldozers et des chars au check point Charlie. Mais les blindés soviétiques les y attendaient et ont bloqué le matériel des américains en laissant passer les véhicules de reconnaissance. Pendant 24 heures les chars soviétiques et américains sont restés sur la Friedrichstrasse avec des canons pointés les uns sur les autres. Heureusement, les politiques des deux camps ont eu assez de présence d’esprit pour ne pas transformer la guerre froide en Troisième guerre mondiale.

    La chute du mur de Berlin en novembre 1989 a été le grand symbole de la fin de la guerre froide. Durant l’existence de cet édifice, les tentatives pour passer à Berlin-Ouest ont coûté la vie à plus de cent personnes. La dernière victime a été Chris Geoffroy, tué le 6 février 1989.

    L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction


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