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    Les titres du 4 octobre 2011

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    Londres prend fait et cause pour Magnitski / L’opposition syrienne réclame une intervention étrangère / Les Etats-Unis menacent Israël de l'isoler internationalement

    Moskovskie Novosti
    Londres prend fait et cause pour Magnitski

    Chris Bryant, ancien vice-ministre britannique des Affaires étrangères, a déclaré hier que la version britannique de la liste Magnitski était effectivement entrée en vigueur. Il en aurait été informé par Damien Green, ministre britannique de l’Immigration, écrit mardi 4 octobre le quotidien Moskovskie Novosti.

    "Selon la pratique établie, le gouvernement britannique ne fait jamais de commentaires publics sur ce genre de mesures à l’égard de certaines personnes, a déclaré Chris Bryant. Cependant, il est clair que les personnes impliquées dans la mort de Sergueï Magnitski et mêlées à des affaires de corruption qu’il avait exposées ne sont pas les bienvenues au Royaume-Uni. Je suis content que ces individus soient inclus dans cette liste secrète des personae non gratae en Grande-Bretagne."

    Chris Bryant, député travailliste et ministre de la Justice du cabinet fantôme, s’occupe de l’affaire Magnitski depuis longtemps. En début d’année, il a transmis à Theresa May, ministre britannique de l’Intérieur, un dossier de 1.000 pages sur cette affaire en exigeant de reconnaître, en vertu de la loi sur la lutte contre le terrorisme, les figurants dans l’affaire en tant que "terroristes économiques" et les interdire de séjour dans le pays.

    Chris Bryant estime que ces sanctions secrètes sont une demi-mesure. "Nous devons agir comme les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Union européenne, qui étudient la possibilité d’instaurer une interdiction officielle et de publier la liste. Les Russes doivent savoir que s’ils sont impliqués dans la corruption et l’assassinat, ils ne sont pas les bienvenus en Grande-Bretagne."

    Les compagnies privées qui travaillent dans le domaine de la sécurité financière se sont également intéressées à la liste Magnitski, qui inclut les cadres des services d’enquête, du Service fédéral de sécurité (FSB), de l’inspection fiscale et des tribunaux de diverses instances de Russie. Londres a exigé la prise de sanctions contre les personnes impliquées dans l’affaire de l’avocat Sergueï Magnitski au mois de février. A l’époque, 22 députés de divers partis ont exhorté le gouvernement non seulement à interdire de séjour les figurants de cette affaire, mais également de geler leurs comptes et dépôts dans les banques britanniques.

    A la veille de la visite du premier ministre britannique David Cameron à Moscou en septembre, les sénateurs américains ont à nouveau appelé à soulever cette question avec les autorités russes. Le premier ministre britannique ne l’a pas fait, bien que selon les sources du parlement britannique, l’affaire Magnitski ait été mentionnée pendant l’entretien au Kremlin.

    Les noms de 60 fonctionnaires russes impliqués dans l’affaire Magnitski pourraient compléter la longue liste de personnes du monde entier, interdites de séjour en Grande-Bretagne. Cela concerne, par exemple, l’ancien terroriste numéro un Oussama Ben Laden, le rappeur américain Snoop Dog, le président zimbabwéen Robert Mugabe, le poète chilien Pablo Neruda, le fondateur du mouvement extrémiste Nation de l’islam Louis Farrakhan et même le compositeur soviétique Dmitri Chostakovitch, pour lequel à une époque les portes du Royaume-Uni étaient fermées.
     
    Kommersant
    L’opposition syrienne réclame une intervention étrangère

    Les représentants des principaux mouvements d’opposition syriens ont créé un Conseil national, qui compte s’emparer du pouvoir après le renversement du régime de Bachar al-Assad, écrit mardi 4 octobre le quotidien Kommersant.

    Le congrès constitutif du Conseil s’est tenu à Istanbul. Prochainement, il se réunira une nouvelle fois pour élire le président et le comité exécutif qui deviendra une sorte de gouvernement en exil. A la rencontre d’Istanbul ont participé les délégués de tous les mouvements d’opposition, dont les adeptes des idées diamétralement opposées: les Frères musulmans interdits par Bachar al-Assad, les libéraux pro-occidentaux, les partis kurdes et assyriens.

    Jusqu’à présent l’opposition antigouvernementale respectait le principe des trois non: non à la violence, non au conflit interethnique et non à l’intervention étrangère. Cependant, les opposants ont désormais revu leurs positions. L’un des leaders du Conseil national, le professeur Burhan Ghalioune, qui vit en France, a lu aux journalistes le manifeste constitutif: "Le Conseil national appelle les organisations internationales à assumer leur responsabilité envers le peuple syrien et à œuvrer pour le protéger de la guerre, en faisant cesser les crimes et les violations des droits de l'Homme perpétrées par le régime illégitime."

    Jusqu’à dernièrement, la question de l’intervention militaire étrangère était une pierre d’achoppement entre les opposants émigrés et les "révolutionnaires" qui sont restés en Syrie. Les premiers s’opposaient à l’intervention étrangère. Les seconds, subissant depuis six mois la confrontation éprouvante contre l’armée d’al-Assad, affirmaient que les forces étaient inégales et qu’il serait impossible de renverser le gouvernement actuel sans l’ingérence de pays tiers.

    Les événements récents dans la ville d’Al-Rastan ont apporté des arguments supplémentaires en faveur des partisans de l’intervention. Pendant plusieurs jours, l’armée gouvernementale a attaqué les quartiers résidentiels où se cachaient les déserteurs qui avaient quitté l’armée pour rejoindre l’opposition. 250 chars et véhicules blindés ont participé à l’opération. La révolution syrienne n’avait encore jamais atteint une telle ampleur. Selon les témoins, beaucoup d’immeubles de la ville sont détruits, des dizaines de civils ont été tués. Les officiers et les commandants des "déserteurs révolutionnaires" ont annoncé un "repli organisé d’Al-Rastan afin de ne pas mettre en péril la population civile." Ils ont promis de continuer à "lutter pour la liberté."

    Selon les experts, les forces de sécurité de Bachar al-Assad feront tout leur possible pour retrouver les fugitifs et éradiquer la révolte armée. Jusqu’à présent l’armée restait fidèle au gouvernement et donnait une impression de cohésion. Mais les événements à Al-Rastan sont un signal d’alarme pour le régime. Si l’opposition d’al-Assad parvenait à prendre position à Homs, Hama, Al-Rastan et d’autres villes, en créant au moins un semblant d’armée insurgée, les événements pourraient commencer à évoluer selon le scénario libyen. Avec pour seule différence le fait qu’il n’y aura plus de résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies autorisant l’utilisation de la force étrangère. L’Occident et les pays arabes opposés à al-Assad devront trouver d’autres arguments pour justifier une intervention.
     
    Izvestia

    Les Etats-Unis menacent Israël de l'isoler internationalement


    Leon Panetta, secrétaire américain à la Défense, qui s’est rendu lundi au Moyen-Orient, a fait une série de déclarations virulentes contre Israël, écrit mardi 4 octobre le quotidien Izvestia. Le chef du Pentagone a presque ouvertement menacé de rompre l’union stratégique entre Washington et Tel-Aviv si Israël ne rétablissait pas les négociations de paix et ne normalisait pas, par ailleurs, ses relations avec la Turquie et l’Egypte.

    L’administration de Barack Obama semble être réellement prête à renoncer au soutien inconditionnel accordé à Israël. Les révolutions du printemps arabe et le renforcement significatif de la Turquie ont poussé Washington à revoir ses priorités dans la région.

    "Obama a décidé de mener à son terme la rupture avec Israël, prévue dès l’époque de Bill Clinton, affirme Evgueni Satanovski, président de l’Institut du Proche-Orient. Ce n’est pas par hasard que l’épouse de Clinton, Hillary, dirige le département de politique étrangère dans son administration, et le Pentagone est dirigé par Leon Panetta, qui a commencé sa carrière politique également à l’époque de Clinton au poste de chef de cabinet de la Maison Blanche."

    Le besoin d’Israël en tant qu’allié stratégique au Moyen-Orient n’est plus pertinent pour les Etats-Unis suite à la fin de la guerre froide, l’effondrement de l’URSS et l’affaiblissement considérable de l’influence de Moscou dans cette région. A l’époque, Washington a renoncé à la nécessité de soutenir les régimes autoritaires laïques du Moyen-Orient, qui étaient jusqu’au printemps dernier le seul obstacle sur la voie de l’islamisation de la région.

    "Depuis le début du printemps arabe, les Américains ont toléré le renversement d'alliés de longue date, tels que Hosni Moubarak en Egypte ou Ben Ali en Tunisie, a rappelé Frank Bournois, analyste de l’Institut Choiseul pour la politique internationale et la géoéconomie. On aurait pu penser que Washington n’avait pas la force pour résister à la pression des islamistes, mais en réalité ce n’est pas le cas."

    En encourageant ou, du moins, ne s’opposant pas aux islamistes qui aspirent au pouvoir au Maghreb, les Etats-Unis affaiblissement objectivement l’Union européenne, affirme le politologue français.

    "Si les événements suivaient le scénario actuel, les Européens devraient lancer toutes leurs forces pour défendre leurs frontières sud dans la Méditerranée, affirme Frank Bournois. Quoi qu’il en soit, il leur faudra oublier le rôle du nouveau centre global d’influence en tant qu’alternative aux Etats-Unis."

    En ce qui concerne le lobby israélien aux Etats-Unis, qui devrait en théorie protéger les intérêts de Tel-Aviv, Evgueni Satanovski considère son niveau d’influence comme surestimé.

    Le renforcement de l’isolation d’Israël au Moyen-Orient, dont a parlé Leon Panetta, est aujourd’hui visible à l’œil nu. Prochainement, l’Etat hébreux devra chercher de nouveaux alliés capables de garantir sa sécurité dans ce monde changeant.



    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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