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    Les titres du 9 novembre 2011

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    Nord Stream a été mis en service // Le rapport de l’AIEA ou comment faire du neuf avec de l’ancien // Le début du dégel russo-géorgien

    Kommersant
    Nord Stream a été mis en service

    Hier, Nord Stream, le premier gazoduc qui acheminera le gaz russe directement en Europe en contournant l’Ukraine et la Biélorussie, a été mis en service dans la ville allemande de Lubmin, écrit mercredi 9 novembre le quotidien Kommersant.

    Hier, en Allemagne, le président russe Dmitri Medvedev a participé à la cérémonie d'inauguration du gazoduc Nord Stream entre la Russie et l’Allemagne sous la mer Baltique. Parallèlement, Dmitri Medvedev a résumé sa présidence qui depuis le début était étroitement liée au thème du gaz: en février 2008, en Serbie et en Hongrie, Dmitri Medvedev, alors candidat à la présidentielle, a fait la promotion du projet d’un autre gazoduc russe à destination de l’Europe en contournant les pays de transit, South Stream.

    La cérémonie d’hier ressemblait à l’anniversaire de Dmitri Medvedev. Il a écouté avec plaisir les discours des politiciens européens: la chancelière allemande Angela Merkel, les premiers ministres français et néerlandais François Fillon et Mark Rutte, et Günther Oettinger, commissaire européen à l’énergie. Ils ont qualifié la Russie de principal fournisseur de gaz en Europe et ont prédit pour 2020 une augmentation des besoins de l’UE de 200 milliards de mètres cubes de gaz par an.

    Dans son discours, le président russe a souligné le fait que désormais le gaz russe serait acheminé en UE directement. "La partie sous-marine passe par les zones économiques de cinq pays de la région baltique. Le gaz naturel russe permettra d’assurer un approvisionnement fiable des consommateurs du continent et rendra la vie des gens plus confortable", ne cessait pas de sourire Medvedev. Il a également mis l’accent sur le fait que Nord Stream avait des motivations purement économiques.

    Le président russe a mentionné les fournitures directes à juste titre, mais il a certainement biaisé en parlant de motivations purement économiques. Car l’une des raisons ayant poussé Moscou à se lancer dans les projets Nord Stream et South Stream a été le refus des pays de transit, l’Ukraine et la Biélorussie, de céder à Gazprom le contrôle de leurs systèmes de transport de gaz. Et si avec Minsk la question du passage de la compagnie biélorusse Beltransgaz sous le contrôle de la Russie doit être réglée avant la fin de l’année, Kiev reste intransigeant.
     
    Moskovskie Novosti
    Le rapport de l’AIEA ou comment faire du neuf avec de l’ancien

    Le nouveau rapport de l’Agence internationale d’énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien, dont l’annonce est attendue avant la fin de la semaine, ne contient aucun nouveau détail ou précision, a annoncé Anton Khlopkov, directeur du Centre d’analyse, de stratégie et de technologies, qui a pris connaissance du rapport.

    "La nouvelle analyse du problème iranien n’apporte rien d’utile aux spécialistes", affirme Anton Khlopkov.

    Le service de presse de l’AIEA a expliqué que le rapport ne serait pas dévoilé à un large public, écrit mercredi 9 novembre le quotidien Moskovskie Novosti. "Le rapport sera diffusé dans les jours à venir seulement parmi les délégations des pays membres. Les diplomates devront eux-mêmes décider s’il est nécessaire de transmettre les détails à la presse ou non. Les experts de l’AIEA ne sont pas habilités à le faire", a expliqué Giovanni Verlini, porte-parole de l’agence.

    Anton Khlopkov explique le bruit fait autour du nouveau rapport sur l’Iran par des raisons politiques: "Certains membres tentent d’interpréter différemment les informations déjà connues pour renforcer la pression sur le régime iranien."

    La nouvelle de l’apparition du nouveau rapport a déjà provoqué un scandale. Samedi, le président israélien Shimon Peres a déclaré que l’armée israélienne pourrait attaquer l’Iran.

    "Sur le plan militaire, Israël est capable de mener seul une telle opération. Mais il devra en payer le prix fort. Par ailleurs, les Iraniens rétabliront le programme nucléaire en peu de temps", a déclaré le docteur Ely Karmon de l’Institut pour l’antiterrorisme d'Herzliya. Ely Karmon, qui est également conseiller du ministre israélien de la Défense, estime qu’il ne faut pas écarter le scénario militaire en raison de l’imprévisibilité du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

    Israël a déjà pilonné un site nucléaire trente ans auparavant. En juin 1981, l’armée de l’air israélienne a détruit le réacteur nucléaire d'Osirak en Irak pendant l’opération Babylone. On ignore combien exactement de réacteurs de ce type se trouvent en Iran.

    Toutefois, le gouvernement israélien n’a pas l’intention de renoncer à l’option militaire malgré le prix fort et la pression de la communauté internationale. Les spécialistes israéliens indiquent objectivement que le mauvais exemple dans le cas de l’Iran pourrait être contagieux, et que d’autres pays du Proche-Orient pourraient chercher à obtenir des technologies nucléaires.

    Lundi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné qu’une attaque militaire contre l’Iran serait une "énorme erreur susceptible d'avoir des conséquences imprévisibles."
     
    Nezavissimaïa gazeta
    Le début du dégel russo-géorgien

    Aujourd’hui, à Genève se terminent les négociations russo-géorgiennes sur l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce. Pour la première fois depuis août 2008 les deux pays ont trouvé un terrain d’entente sur une question concrète, écrit mercredi 9 novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Ce progrès a été rendu possible grâce à la médiation active de la Suisse et après une certaine pression sur la Géorgie de la part de l’Occident, avant tout des Etats-Unis, qui protègent Tbilissi mais sont à la fois intéressés par l’adhésion de la Russie à l’OMC. Faut-il s’attendre à la poursuite de l’amélioration des relations ou est-ce un épisode ponctuel?

    On pourrait supposer que la situation sociale pousse la Géorgie à normaliser les relations avec la Russie. Il est évident que le gouvernement est allé trop loin à une époque en accusant Moscou de tous les péchés possibles et imaginables, et au final il a obtenu le résultat inverse. Le Géorgien moyen qui arrive à peine à joindre les deux bouts est arrivé à la conclusion que si la Russie était responsable de tous les problèmes, il faudrait trouver un terrain d’entente avec elle, car les Etats-Unis n’ont pas réussi à remplacer la Russie en tant que partenaire commercial fiable. Ces dispositions ont été perçues par l’opposition, et sans craindre d’être inscrits sur la liste des ennemis du peuple, tous les hommes politiques plus ou moins haut placés et les représentants de l'opinion publique ont commencé à parler de la nécessité d’ouvrir un dialogue avec Moscou, chose impensable il y a seulement un an.

    L’Occident pousse également Tbilissi à ouvrir les négociations. Même le président géorgien Mikhaïl Saakachvili s'est récemment déclaré prêt à le faire.

    La position de la Russie est claire: tant que Saakachvili est au pouvoir, il est hors de question de rétablir les relations. Mais le fait est que Saakachvili pourrait rester à la tête de la Géorgie pendant longtemps. Son mandat présidentiel expire en 2013, et la constitution lui interdit de se représenter pour un troisième mandat. Cependant, rien ne l'empêche d’occuper le poste de premier ministre, dont les prérogatives seront supérieures à celles du président grâce aux amendements à la constitution. Les chances de l’opposition d’empêcher Saakachvili de faire sa manœuvre paraissent faibles, en tout cas aujourd’hui, même malgré le dynamisme du milliardaire Bidzina Ivanichvili et la consolidation prévue d’une partie de l’opposition autour de lui. Dans le contexte du règne prolongé de Saakachvili, la thèse du gouvernement russe concernant la volonté d’être "ami avec la population mais pas avec le gouvernement géorgien" a grand besoin d’une base concrète.

    Paradoxalement, la perspective de la normalisation de la situation pourrait apparaître après le retour de Vladimir Poutine au poste présidentiel en Russie. Les relations personnelles hostiles entre le premier ministre russe et le président géorgien ne sont pas un secret. Mais la riposte militaire contre Tbilissi a été ordonnée par Medvedev. C’est lui également qui a signé l’acte de reconnaissance de la souveraineté de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Et bien que Poutine et Medvedev aient laissé entendre qu’ils avaient le même point du vue sur le problème géorgien, Poutine a une marge de manœuvre plus grande que celle de Medvedev qui a pris des décisions fatidiques et qualifié Saakachvili d’infréquentable. La Russie et la Géorgie coexistent depuis plus de 3 ans dans des dimensions parallèles mais il est toujours possible de trouver des motifs de contact, qui sont absents à première vue après le règlement de la question concernant l’OMC. C’est à cela que sert la politique.



    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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